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Rainer Bendick

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Prisons et prisonniers militaires, par Valériane Milloz


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Né en 1961

Enseignant en histoire et français au Abendgymnasium Sophie Scholl, Osnabrück (Allemagne).

Etudes d’histoire et de français à Freiburg, Berlin et Rennes
Thèse sur la représentation de la Première Guerre mondiale dans les manuels français et allemands

La Grande Guerre m’a intéressé à partir du moment où j’ai pris connaissance, au lycée, des thèses de Fritz Fischer sur les causes de la guerre. On discutait alors les responsabilités de l’Allemagne impériale, ses buts de guerre et la continuité de l’histoire allemande aussi bien que les conditions du traité de Versailles et les interprétations de l’article 231. Instruit de cette approche typiquement allemande, je suis allé en France et ai été assez surpris de voir dans tous les villages, dans toutes les villes des monuments aux morts que je ne pouvais pas traduire autrement que par Kriegerdenkmäler devant lesquels chaque année, le 11 novembre, se rassemblaient des anciens combattants, qui donnaient en allemand ehemalige Frontkämpfer, alte Krieger ou – encore pire – alte Kämpfer. Un vocabulaire allemand qui me renvoyait au militarisme allemand et à l’extrémisme politique de l’entre-deux-guerres, tandis que les manifestations du 11 novembre n’avaient rien à voir avec cela. Apparemment, mes modes de perception et d’interprétation ne produisaient que des court-circuits. Ainsi, j’ai rapidement compris que la Première Guerre mondiale était encore importante pour les deux pays tout en ayant des significations différentes, voire opposées.

C’est probablement cette prise de conscience du fait (bien banal mais surprenant et révélateur pour le jeune étudiant sans expérience que j’étais à l’époque) qu’un même événement peut inspirer des traditions contradictoires qui a réveillé mon intérêt pour la manière dont Français et Allemands ont perçu et interprété la Grande Guerre. L’école et l’enseignement sont devenus mes champs de recherche préférés, car ils sont à la fois produit de l’histoire et facteur d’histoire. Ils témoignent de la façon dont on a expliqué l’histoire à la jeunesse. Ils transmettent les images nationales de l’autre, de l’ennemi, et de la patrie, du propre pays. Comment le voisin est-il devenu l’ennemi ? En quoi l’hostilité consiste-t-elle concrètement ? Qu’est-ce qu’on a fait pour surmonter les malveillances et les ressentiments ? De telles questions appellent des études comparatives sur le contenu de l’enseignement, sur les concepts didactiques et sur les actions des enseignants. Les résultats sont parfois troublants, car ils attestent la haine que Français et Allemands ressentaient entre eux et en même temps les tentatives entreprises pour la surmonter. Ainsi les limites de concepts qui ont leur valeur heuristique incontestable comme celui de la « guerre impérialiste » ou de la « culture de guerre » deviennent visibles. Surtout, la Grande Guerre est saisie dans sa longue durée, dans les conséquences qu’elle a produit sur les images nationales en France et en Allemagne.

En dehors de la discussion proprement scientifique, je tiens à rendre les résultats de mes recherches accessibles aux besoins scolaires de l’enseignement de l’histoire. Le développement de dossiers pédagogiques comparatifs sur l’histoire commune française et allemande est un desideratum didactique à la hauteur des relations franco-allemandes d’aujourd’hui. La Grande Guerre s’y prête tout spécialement, car elle est non seulement l’évènement fondamental du XXème siècle, mais elle illustre aussi les stéréotypes et les traditions nationales que Français et Allemands doivent connaître pour se comprendre.


Thèse:

Kriegserwartung und Kriegserfahrung. Der Erste Weltkrieg in deutschen und französischen Schulgeschichtsbüchern (1900-1939/45)
. Pfaffenweiler 1999.

Edition:

Otto von Bismarck Gesammelte Werke. Neue Friedrichsruher Ausgabe. Abteilung III, Schriften, Band 2: 1874-1876. Paderborn 2005.


Publications scientifiques:

"Zur Wirkung nationaler Kriegskulturen: Die Darstellung des Ersten Weltkrieges in deutschen und französischen Schulbüchern“, in Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Dieter Langewiesche, Hans-Peter Ullmann (dir.), Kriegserfahrungen. Studien zur Sozial- und Mentalitätsgeschichte des Ersten Weltkriegs, Essen 1997, pp. 403-423

"La mémoire scolaire allemande de la Somme“, in Centre de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre Péronne (dir.), La Bataille de la Somme dans la Grande Guerre. Colloque du 80ème anniversaire. Actes du Colloque International du 1er, 2, 3, 4 juillet 1996, pp. 576-590.

"’Im Westen nichts Neues’ und die pädagogisch-didaktischen Diskussionen in Deutschland und Frankreich Ende der 20er/Anfang der 30er Jahre“, in Thomas F. Schneider (dir.), Erich Maria Remarque. Leben, Werk und weltweite Wirkung (Schriftenreihe des Erich Maria Remarque-Archivs, N° 12), Osnabrück 1998, pp. 151-185.

"La question des responsabilités de la guerre (1914-1918). La position de Jules Isaac et les réactions allemandes“, in De l’Affaire Dreyfus à la fin de la Seconde Guerre mondiale (1894-1945). Les Engagements de Jules Isaac. Actes du Colloque International d’Aix-en-Provence remaniés et enrichis, recueillis par Carol Iancu. Cahiers de l’Association des Amis de Jules Isaac, Nouvelle Série, N° 2, 1998, pp. 53-68.

"Zur Bildung und Vermittlung nationaler Kriegslegenden: Was deutsche und französische Schüler von den Kampfhandlungen des Ersten Weltkrieges lernen sollten (1914-1945)“, in Krieg und Literatur. Internationales Jahrbuch zur Kriegs- und Antikriegsliteraturforschung, 3.1997/4.1998 (N° 1), pp. 309-338.

"La réconciliation après la Grande Guerre? De nouveaux concepts pour l’école de l’après-guerre en France et en Allemagne“, in Denis Bousch (dir.), Les écrivains du front. La littérature allemande après 1918 et l´engagement pacifiste, Paris 1999, pp. 8-37.

« L’esprit républicain tenu en échec. L’instruction civique dans la République de Weimar entre l’expérience de la Grande Guerre et le refus du traité de Versailles“ , Le Cartable de Clio, N° 5, 2005, pp. 281-290

En collaboration avec Rainer Riemenschneider:

"La Première Guerre mondiale dans l’enseignement de l’histoire en Allemagne“, in Historiens et Géographes, N° 369/2000, pp. 321-335.

"Wo liegen Deutschlands Grenzen? Die Darstellung des Deutschen Reiches in deutschen und französischen Schulkarten vor und nach dem Ersten Weltkrieg“, in Geschichte in Wissenschaft und Unterricht 51.2000, pp. 17-36.

"Zur historischen Einordnung deutscher Schulkarten – oder: Was dient dem Erkenntnisprozess in der Geschichtswissenschaft?“, in Geschichte in Wissenschaft und Unterricht 51.2000, pp. 550-552.

"Die Schulbücher der Feinde. Wahrnehmung und Wirkung in Deutschland und Frankreich vor und nach 1918“, in Internationale Schulbuchforschung 22.2000, pp. 301-314.

"Jules Isaac und die Entwicklung multiperspektivischer Methoden im Geschichtsunterricht“,
in Wolfgang Essbach (dir.), Welche Modernität? Intellektuellendiskurs zwischen Deutschland und Frankreich im Spannungsfeld nationaler und europäischer Identitätsbilder (Studien des Frankreich-Zentrums der Albert-Ludwigs-Universität Freiburg, N° 7), pp. 231-261.

"Schulen“, in Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Irina Renz (dir.), Enzyklopädie des Ersten Weltkriegs, Paderborn 2003, S. 822-823.

"Irrwege und Wege aus der Feindschaft. Deutsch-französische Schulbuchgespräche im 20. Jahrhundert“, in Kurt Hochstuhl (dir.), Deutsche und Franzosen im zusammenwachsenden Europa 1945-2000 (Werkhefte der staatlichen Archivverwaltung in Baden-Württemberg. Serie A Landesarchivdirektion, N° 18), Stuttgart 2003, pp. 73-103.

"'Faut-il encore torturer les enfants avec les langues de nos ennemis?’. L’enseignement des langues étrangères en Allemagne durant la Première Guerre mondiale. Ravages et limites de la ‘culture de guerre’“, in Histoire, Défense et Sociétés, N°1/2004, pp. 21-38.

"La guerre et la paix dans les manuels scolaires : Allemagne et France (1918-1940)“, in Pietro Causarano, Valeria Galimi, François Guedj (dir.), Le Siècle des guerres. Penser les guerres du premier XXe siècle, Paris 2004, pp. 331-342.

"Faut-il enseigner à l’école la haine des ennemis ? Un débat en Allemagne durant la Première Guerre mondiale“, in Rémy Cazals, Emmanuelle Picard, Denis Rolland (dir.), La Grande Guerre, pratiques et expériences, Toulouse 2005, pp. 159-168.

"L’esprit républicain tenu en échec. L’instruction civique dans la République de Weimar entre l’expérience de la Grande Guerre et le refus du traité de Versailles“, in Le Cartable de Clio, N° 5/2005 (sous presse).

Publications didactiques:

"Nationale Geschichtsbilder. Der Versailler Vertrag in deutschen und französischen Schulgeschichtskarten“, in Praxis Geschichte, juillet 1999, N° 4, pp. 46-50.

"Les cartes scolaires – sources historiques et outils didactiques pour un enseignement européen de l´histoire“, in Euroclio. Bulletin de la Conférence permanente des Associations européennes de professeurs d´Histoire, N° 13-14/2000

"Krieg in der Schule. Was deutsche und französische Schüler über den Ersten Weltkrieg lernen sollten“, in Praxis Geschichte, juillet 2001, N° 4, pp. 35-39.

"Unüberwindbare Feindschaft. Der Friedensvertrag von Versailles in deutschen und französischen Karikaturen“, in Praxis Geschichte, janvier 2004, N° 1, pp. 19-23.

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