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Yohann CHANOIR

Agrégé de l'Université

Issu d'un petit village du vignoble, dans une famille produisant du champagne depuis plus de deux siècles, rien ne me destinait à servir Clio. Honorer Bacchus eût apparu plus logique. L'Histoire en Champagne est pourtant partout, et notamment la Grande Guerre. Dans mon coin de terre, partagée entre camps militaires et vignobles, on aperçoit le Fort de la Pompelle qui protégeait naguère Reims lors des combats. Plus loin, sur la Montagne de Reims, au milieu de toponymes évoquant la participation de Champenois aux croisades, on lit encore dans le paysage bouleversé les souvenirs de la Grande Guerre. Ainsi, sur le Mont Sinaï, point culminant de notre modeste Montagne, figurent encore l'observatoire des troupes allemandes, quelques fortifications, et un abri rouillé. J'ai pu aussi touché, enfant, un morceau de la toile d'un Aviatik, trouvé par un de mes oncles sur une de nos terres, vestige aujourd'hui exposé au musée du Fort. Tels furent mes premiers contacts avec l'Histoire.

Après la classe préparatoire à l'Institut d'Etudes Politiques, le choix de l'Histoire ne s'est pas imposé de suite. J'ai ainsi goûté un peu à la philosophie et au plaisir de manier des concepts. Les premières initiations à la recherche étaient bien éloignées de la Grande Guerre. En Licence, il y a eu l'écriture d'un mini-mémoire sur Guy Lemonnier, un homme de gauche passé sous Vichy au Rassemblement National Populaire. Ill y eut aussi un travail sur la représentation de Nasser dans le cinéma contemporain égyptien. C'est d'ailleurs l'image cinématographique qui allait guider mon choix de sujet de maîtrise. Membre de la seconde vague d'étudiants Erasmus (promotion 1990-1991), j'ai étudié en Angleterre, à l'université de Reading (Berkshire) sur l'image de l'Autre (America goes to war ! la représentation de l'ennemi dans le cinéma hollywoodien, Reims-Reading, 1991). Là encore, la Grande Guerre n'était pas très loin. Dans mon premier Hall, The Red Old Building, autour d'un cloître, il y avait un campanile, avec le nom des Tommies tombés aux fronts durant la Grande Guerre, terrible et longue liste qui se poursuivait jusqu'au sommet. Le DEA, qui à cette époque, était le complément naturel, nécessaire et presque évident d'un mémoire de maîtrise, était articulé autour d'une analyse comparative des représentations cinématographiques, de ce que j'avais appelé deux guerres taboues, la guerre d'Algérie en France et la Guerre du Viet-Nam aux Etats-Unis. Mais à cette époque, l'image cinématographique avait du mal à se faire accepter comme véritable et vénérable source historique. Aujourd'hui, la situation est bien différente. J'ai pu ainsi écrire une contribution sur la guerre froide au miroir du cinéma américain de science-fiction, sans que personne ne remette en cause la pertinence historique de la source analysée. De même, l'image, quelque soit sa nature, est devenue dans un monde marqué par sa profusion, un document historique majeur, y compris les images satiriques (Un exemple de manipulation durant la guerre Froide. Le Plan Marshall au miroir d'une caricature soviétique, Blois 2007; La Guerre Froide... un concept toujours d'actualité ? in Historiens et Géographes, 2008, analyse d'une caricature allemande). Elle me fournit donc aujourd'hui de nombreux sujets d'investigation. J'ai délaissé un temps l'histoire contemporaine pour aborder l'histoire ancienne, le temps d'écrire un autre DEA (Musique et musiciens dans la littérature latine du premier siècle de notre ère, Reims,1995) et d'enseigner la méthode en histoire ancienne à des étudiants de L1. J'ai été confronté ainsi à cette solide et rigoureuse tradition d'analyse critique des sources propre aux antiquisants, incarnée dans mon alma mater par une de ces "chers professeurs", Mademoiselle Nicole Moine. Il n'y a pas de cursus universitaire sans ces grands professeurs, qui vous montrent ce qu'il y a de meilleur, ce qu'il peut y avoir de plus élevé et de merveilleux dans un magistère, ce qui vous fait franchir, non seulement le Rubicon,  mais aussi les étapes du cursus honorum.

Après, il y eut le passage des concours. L'enseignement n'était pas la voie a priori choisie. Je suis ainsi, par le hasard d'une réussite, entré dans l'Education nationale. J'ai entrepris une sorte de longue marche dans les institutions de ce ministère, puisque j'ai enseigné de la maternelle à la Terminale, sans oublier les lycées professionnels et la formation pour adultes.

Lauréat de l'agrégation d'Histoire, j'ai mis à profit une pratique ancienne de la langue allemande pour obtenir une affectation sur un poste à exigences particulières, en classe européenne. J' enseigne, aujourd'hui encore,  en partie, dans un lycée centenaire et prestigieux, qui porte le nom de Jean Jaurès... Mon temps est aussi nourri d'une charge d'enseignement  à l'Université  en Histoire contemporaine et de diverses responsabilités régionales et nationales au sein de l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie (APHG).

Peut-on enseigner notre matière sans tenter de participer à sa défense et à sa valorisation ? Dans cette vieille dame, bientôt centenaire, qu'est l'APHG, j'occupe donc des responsabilités au sein de la régionale de Champagne-Ardenne (chargé de la trésorerie et des questions européennes). Ces responsabilités se complètent par celles exercées au niveau national, avec l'appartenance à la commission nationale Europe de l'Association. Par ailleurs, je suis membre du comité de rédaction de la revue Historiens et Géographes, rédigeant des articles et des compte-rendus et participant aux diverses taches qui incombent aux membres du comité rédactionnel. Cela me permet de retrouver de temps en temps ma, notre chère Sorbonne, et de participer aux manifestations internationales de l'APHG.

L'Europe et le franco-allemand constituent depuis le début de ce siècle mes champs de compétence et de recherches. Quand on enseigne en section européenne, l'Europe est un horizon obligé. Et il y a assurément une continuité entre mes années Erasmus et Comenius et mon poste en classe européenne. On peut être critique sur la manière dont l'Europe est construite aujourd'hui, mais contribuer modestement à en bâtir une autre avec ses élèves et ses étudiants et des collègues dans des enceintes diverses. C'est ainsi que depuis une année, je dirige la part française d'un séminaire de formation de professeurs francophones en Albanie. Deux fois par an, nous gagnons l'Albanie montrer comment on peut enseigner l'histoire en section bilingue. Le prochain séminaire est ainsi prévu en octobre 2008 et sera ouvert pour la première fois à des professeurs macédoniens enseignant en français. Nous présenterons à nos amis albanais un manuel d'histoire en français rédigé par des membres de l'APHG, embrassant toute l'histoire de France de la Gaule romaine à la Cinquième république. J'ai la lourde tache d'écrire le premier chapitre sur la Gaule romaine et celui sur la France durant la Guerre Mondiale, hélas la Seconde... L'Europe, c'est aussi un combat pour la francophonie. Je travaille également, avec différents membres de l'APHG, à la préparation d'un atlas géopolitique sur l'Albanie. Mais l'Europe offre aussi un changement d'échelle, qui nous interroge sur notre métier et sur ses conditions d'exercice. Au sein de la commission Europe, nous  avons lancé un gros travail d'études sur les guerres mémorielles en Europe. Pour ma part, j'ai rédigé une contribution sur les temps de Katyn (à paraître dans Historiens et Géographes). Parallèlement, nous menons une enquête sur les conditions dont bénéficie l'histoire-géographie chez nos voisins européens. De l''Europe aux Européens, la transition est directe, et la filiation évidente... La prochaine session des rendez-vous de l'Histoire de Blois sur ce thème sera l'occasion pour moi de présenter une contribution sur "Les jeunes Européens. Passeurs de culture, faiseurs d'histoire ? "

Le franco-allemand représente le second volet de mes recherches. La cohérence d'une carrière se dessine parfois bien des années plus tard. J'ai ainsi ponctuellement pu mener des travaux de recherche mêlant l'image et le l'histoire-géographie allemande ou l'enseignement franco-allemand (De la risible.... à l'irrésistible intégration : la représentation du Turc dans le cinéma contemporain allemand, Strasbourg, 2007). C'est le terrain de l'histoire locale qui m'a fourni la toute première occasion de me frotter à la Grande Guerre, en évoquant dans un article, le statut particulier de Reims, comme lieu de mémoire franco-allemand, entre 1914 et 1962. Si la sortie du premier manuel franco-allemand m'a ouvert le monde des colloques, des séminaires, et des tables rondes... de l'autre côté de la salle, l'enseignement en section européenne m'a permis de "retrouver..." la Grande Guerre. Il s'agissait d'un colloque binational à Nancy sur Enseigner la Première Guerre Mondiale dans la langue du partenaire (2007). Nous y avons forgé une séquence d'enseignement, que mes élèves ont expérimentée avec courage, le samedi matin de 11h00 à 12h00 de longues semaines. J'ai y rencontré aussi  notre ami Frédéric Rousseau, qui y défendait le CRID et ses actions. C'est ainsi que j'ai proposé le résumé de ce colloque pour le site et sollicité l'honneur d'y adhérer. Ce qui fut fait l'année passée. Travailler sur la Grande Guerre n'était alors plus qu'une question de temps et d'occasion. Ce fut encore une fois le franco-allemand qui me fut favorable. La sortie du manuel de première a été l'occasion pour moi de présenter la vision de la Grande Guerre dans ce manuel (présentation accessible sur le site http://www.crid1418.org/agenda/?p=48), puis d'être retenu, sur proposition de notre ami Alexandre Lafon, pour une contribution au colloque d'Agen en novembre 2008 sur le regard croisé franco-allemand de la Grande Guerre dans cet ouvrage. Parallèlement, je participe à la confection  d'un dossier pour Historiens et Géographes sur la Grande Guerre, constitué d'abord, du résumé du colloque trilatéral Catastrophe fondatrice, Grande Guerre ou guerre d’indépendance ? La Première Guerre mondiale en cours d’histoire en Allemagne, en France, et en Pologne) (Genshagen, 2005), puis, d'une série d'articles sur les mutations historiographiques et sur les pratiques pédagogiques, de ce qui représente désormais un de mes objets historiques. Enfin, au sein de l'Institut Universitaire du Temps Libre, j'ai proposé, pour l'année 2008-2009, une série d'interventions sur la Première Guerre Mondiale vue par les Allemands, ce qui peut se lire comme une synthèse de tout ce qui précède.

* PUBLICATIONS

2008 :             "Les temps de Katyn. Un exemple de guerre mémorielle européenne", in Historiens et Géographes, à paraître.

2008 : « Pour une lecture plurielle du nouveau manuel franco-allemand », in Historiens et Géographes, n° 403, juillet 2008, à paraître.

2008 : « Mythe et réalités du modèle scolaire finlandais », in Historiens et Géographes, n°403, juillet 2008, à paraître.

2008 : « De l’ennemi qui venait du froid à celui qui venait d’ailleurs, le film de science-fiction hollywoodien, reflet et auxiliaire de la Guerre Froide », in Historiens et Géographes, n°402, mai 2008, pp.65-69.

2008 :             « La Guerre Froide... un concept toujours d'actualité ? »  in Historiens et Géographes, mai 2008, n°402, pp.69-70. [article en français et en allemand]

2008 :             La Guerre Froide, compte-rendus en collaboration avec MICOLON, Daniel, in Actes du colloque trilatéral pour professeurs d’histoire, Genshagen, Allemagne, 9-10 février 2007, in Historiens et Géographes, n°402, mai 2008, pp.55-65.

2008 :             Compte-rendu du livre de GRASS, Günther, Pelures d'oignon, Seuil, Paris : 2007, in Historiens et Géographes, mai 2008, n° 402, p.402.

2008 : Reims, un lieu de mémoire franco-allemand. D'une mémoire conflictuelle à une mémoire de la réconciliation, 1914-1962, in Historiens et Géographes, n° 401, février 2008, pp.39-42.

2007 : Compte-rendu du livre de D’ALMEIDA, Francis, Brève histoire du XXIe siècle, in Historiens et Géographes, à paraître.

2007 :             « L’Albanie, territoire en mutations dans le miroir d’un polar », in Atlas géopolitique de l'Albanie, à paraître.

2007 :             « Un exemple de manipulation de l’opinion durant la Guerre Froide : le Plan Marshall au miroir d’une caricature soviétique », in Historiens et Géographes, n°400, octobre–novembre 2007, pp.67-69.

2007 :             Compte-rendu du livre de DIXMIER, Michel, GUIGNARD, Bruno, TILLIER, Bertrand, Quand le crayon attaque : images satiriques et opinion publique en France, 1814-1918, Paris : Editions Autrement, 2007, in Historiens et Géographes, à paraître.

2007 : « Die Veränkerung der BRD im Westen Block. Exemple de l’utilisation du manuel franco-allemand en classe européenne », in La coopération intellectuelle franco-allemande, cinquantième anniversaire de la coopération des Universités de Tübingen et d´Aix en Provence, Colloque d’Aix-en-Provence, 17 octobre 2007. Accessible en ligne : http://www.aphgaixmarseille.com/spip.php?page=imprimer&id_article=553 (consulté le 26 juillet 2008)

2007 : Compte-rendu de la conférence, en collaboration avec VERRON, Jean-Marc,  Réalités et Mémoires de la Première Guerre Mondiale à Nancy, dans le cadre du colloque franco-allemand « Enseigner la Première Guerre Mondiale » 21-23 mars 2007, in Historiens et Géographes, n° 399, juillet-août 2007, pp.19-22.

2007 :             « Le manuel des Autres, das Schulbuch der Anderen » (lectures du manuel franco-allemand) in Enseigner l’Histoire de l’Autre dans la salle de classe, Actes de l’Atelier Européen n° 115 du Conseil de l’Europe, Donaueschingen, 20-24 mai 2007, à paraître.

2007 :             Compte-rendu du livre de COSSERON, Serge, Les mensonges du Troisième Reich, Paris : Perrin, 2007, in Historiens et Géographes, n° 400, octobre-novembre 2007, pp.399-400.

2006 :             Compte-rendu, en collaboration avec VERRON Jean-Marc, du manuel franco-allemand de Terminale, Histoire/Geschichte- Europa und die Welt seit 1945, Nathan/Klett : Leipzig/Stuttgart, 2006, in Historiens et Géographes, n°395, juillet-août 2006, pp.379-380.

* COMMUNICATIONS

2008 : "Les Jeunes Européens. Passeurs de culture, faiseurs d'Histoire ?", Débat organisé par l'APHG, onzième Rendez-vous de l'Histoire de Blois, octobre 2008.

2008 : "Les camps : creuset des Européens ?", Débat organisé par l'APHG, onzième Rendez-vous de l'Histoire de Blois, octobre 2008.

2007 :             « De la risible… à l’irrésistible intégration. La représentation du Turc dans le cinéma contemporain allemand » in L’image des étrangers en France et en Allemagne, XIXe-XXe  siècles, Atelier pédagogique « Travailler en classe sur l’image des étrangers en France et en Allemagne », Colloque de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, Strasbourg, Premier Décembre 2007. A paraître courant 2008 dans le catalogue de l’exposition.

2007 :             « Un exemple  de l’utilisation du manuel franco-allemand en classe de section européenne. Die Konsolidierung in Ost und West, 1949-1963 ». Journée franco-allemande, Mémorial de Caen, 9 novembre 2007.

2007 :                        Images et mots de la Guerre Froide, ou l’opinion manipulée : un axe d’enseignement. Débat organisé par l’A.P.H.G., L’Opinion : information, rumeur, propagande , Dixième Rendez-vous de l’Histoire, Blois19 octobre 2007.

* FORMATIONS DISPENSEES

 

2008 :             Organisation et participation à un séminaire de formation pour les professeurs albanais enseignant l’Histoire-Géographie en section francophone, Tirana, Albanie, 9 juin-14 juin 2008, sous le haut-patronage de l’Ambassade de France d’Albanie et de l’Association des Professeurs de langue française albanaise

2007 :             Organisation et participation à un séminaire de formation pour les professeurs albanais enseignant l ‘Histoire-Géographie en section francophone, Tirana, Albanie, Premier-Trois novembre 2007, sous le haut patronage de l’Ambassade de France d’Albanie et de l’Association des Professeurs de langue française albanaise

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