Né le 10 juillet 1974.
Professeur certifié d’histoire et de géographie.
Administrateur de l’ONAC (Office National des Anciens Combattants)
« Pour concevoir le rapport entre la recherche et son auteur, ni l’auto-(analyse) ni l’égo-(histoire) ne sont vraiment adéquates. Mieux vaut entreprendre un travail sur soi, en mobilisant les outils d’enquête que nous utilisons, habituellement, quand nous analysons les autres ».
Penser avec, penser contre , Gérard Noiriel, Paris, Belin, 2003, p.190.
Parcours « sensible » et parcours universitaire
- Né à Nancy et élevé en partie à Verdun, les paysages meusiens dévastés par la Grande Guerre m’ont très tôt fascinés. Casques, baïonnettes et obus en tout genre (souvent encore amorcés) ont fait parti de l’univers de l’enfance, comme la peur que pouvait m’inspirer la route qui traversait le bois des Caures… Les monuments venaient rappeler à chaque détour le déroulé dramatique et « héroïque » de la guerre, relayés par la mémoire familiale (deux arrières grands-pères n’en étaient pas revenus, mon grand père « chipait » de la nourriture aux Allemands alors cantonnés à Montmédy, ville fortifiée par Vauban).
Bref, un terreau qui m’a conduit à l’histoire, et à la volonté de comprendre, à l’échelle des hommes, le pourquoi d’une telle somme de souffrances endurées.
1992 : Inscription en Deug d’Hitoire et Deug d’histoire de l’Art, option archéologie en deux ans à Toulouse (déménagement à Mazamet, Tarn).
1995 : Licence.
1996 : Maîtrise d’histoire sous la direction de M. Ducellier portant sur la naissance du monachisme byzantin (là encore, volonté de comprendre ce qui pouvait pousser des hommes à partir (volontairement ?) « au désert » et à devenir « combattant » de Dieu).
1997 : CAPES.
- Parenthèse du Service militaire : Répétiteur d’anglais, professeur d’histoire et de géopolitique (préparation des hommes aux opérations extérieures menées par l’armée française dans le cadre de traités internationaux de coopération). Les questions de défense deviennent pour moi un objet d’étude, et me pousse vers l’IHEDN en qualité d’auditeur-jeune. Dans le cadre du trinôme académique (armée, Education nationale et IHEDN), je travaille sur les liens armée - « nation » depuis la suspension du Service militaire. L’enjeu citoyen reste pour moi un aspect fondamental dans l’idée de défense, qui concerne beaucoup plus que l’idée de guerre : défendre (concept malheureusement opérationnel) en devant se battre le moins possible ou dans le cadre d’institutions contrôlées au plus près par le peuple : un enjeu de taille… Voir 1914-1918 et l’expérience combattante…
- La lecture de plusieurs ouvrages, dont les Carnets de guerre de Louis Barthas et Ceux de 14 de Maurice Genevoix, ainsi que les débats suscités autour du livre de Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker 14-18, retrouver la guerre font remonter à la surface mon intérêt jamais éteint pour le premier conflit mondial.
Prise de contact à l’université avec Rémy Cazals (dont j’avais suivi certains cours de préparation à l’agrégation, et lu le livre Avec les ouvriers de Mazamet) :
2003 : DEA d’histoire contemporaine – Université Toulouse II – Le Mirail : sujet portant sur le passage du soldat au combattant lors de l’épreuve du feu, à partir notamment de sources dites directes (carnets, correspondances…).
Septembre 2004 : Inscription en thèse d’histoire contemporaine – Université Toulouse II – Le Mirail sous la direction de M. Rémy Cazals..
Axe de recherche portant sur la camaraderie au front pendant la Grande Guerre.
Ecriture et expériences autour de la Grande Guerre
1) Participation au dossier 14-18 dans Patrimoine Midi – Pyrénées, octobre 2003, sous la direction de Rémy Cazals.
2 ) Plusieurs articles dans la Revue de l’Agenais (Société Académique du Lot et Garonne) : Le monument aux morts de la ville d’Agen, la première épreuve du feu des combattants lot et garonnais à partir des sources « directes ». Quelques exemples :
- LAFON A., « Combattants lot et garonnais à l’épreuve du feu, août-septembre 1914 », dans ‘Actes du Congrès d’Agen-Moissac, Fédération historique du Sud-Ouest et Midi-Pyrénées 23-24 mai 2004’, Revue de l’Agenais, 132 e année, N°1, 2005.
- LAFON A., « Une correspondance de guerre », dans Revue de l’Agenais, Avril-Juin 2005. Article dans lequel j’étudie un corpus de cartes postales rédigées par un combattant issu du monde rural. La problématique porte notamment sur la forme de l’iconographie du recto des cartes : choix ou nécessité ? Place de l’iconographie patriotique ? Quelle rôle joue l’iconographie dans le rapport émetteur/ récepteur ?
- Un ouvrage construit à partir de témoignages locaux : LAFON A. et SOLES B., Agen et les Agenais dans la Grande Guerre, Saint-Cyr-sur-Loire, Editions Alan Sutton, 2004. Photographie issues du fonds Balistai, photographe dans le civil et mobilisé au 9 ème de ligne d’Agen. Comparaison entre vie du front et de l’arrière, et étude des échanges, communications, liens entre les deux.
- Participation au Colloque de Soissons - Craonne de novembre 2004 et présentation d’un article écrit avec Fabrice Pappola, publié dans les actes du colloque. Rencontre avec les membres du Collectif, qui n’était alors pas une entité structurée, mais à l’état de projet lié à des rencontres, à un vécu commun autour de l’étude de la Grande Guerre.
- Article en cours de publication : « Agen dans la Grande Guerre, la vie militaire », dans les Annales du Midi. Analyse du mouvement liés à l’état de guerre des hommes, soldats et combattants, notamment entre front/arrière, qui anime une ville de province, éloignée de plusieurs centaines de kilomètres du front (blessés, mobilisés, permissionnaires, corps…).
En guise de conclusion…
Les études menées sur la Grande Guerre méritent d’être diffusées, de revêtir une utilité sociale en étant « entendues sur la place publique », d’être fédérées en donnant voix aux acteurs pluriels de la recherche.
Ainsi, plusieurs expositions en direction du public, adulte et scolaire ont été montées dans l’Agenais, avec projection de film, interventions, livres, discussions…
Plusieurs voyages scolaires à Verdun, dans l’Argonne ou dans les Vosges ont été mis en place. Beaucoup n’auraient pu voir le jour ou en tout cas, laisser une empreinte aussi marquante dans l’esprit des élèves, à travers la découverte de sites liés aux combats de la Grande Guerre, monuments, éditions de livres, sans le travail de fourmi, des associations, bénévoles, historiens sérieux et documentés sur place, qui animent sites et publications.
Enfin, mon travail au Service éducatif des Archives départementales permet de mettre les documents à la disposition du public et des enseignants, de chercher les « traces » de 14-18 auprès des familles, pour que le vœux de Jean Norton Cru se réalise : faire sortir des armoires carnets et correspondances, afin d’écrire l’histoire de la Grande Guerre à partir de sources populaires et combattre le phénomène « guerre » générale, par l’étude et l’éducation.


