logoCollectif de Recherche International et de Débat sur la Guerre de 1914-1918

Bio-bibliographie: Cédric Marty

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Prisons et prisonniers militaires, par Valériane Milloz


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Né le 14 décembre 1981, à Toulouse.

Professeur certifié d’histoire-géographie depuis 2005.

Doctorant à l’université de Toulouse II.

Mon intérêt pour la Grande Guerre est né de la lecture des carnets de guerre de Louis Barthas, en licence d’histoire, en 2003, à l’université Toulouse le Mirail où j’ai effectué l’ensemble de mon cursus universitaire. Cette guerre qui m’apparaissait pour la première fois à hauteur d’homme faisait résonner à la célèbre phrase de Marc Bloch : « le bon historien ressemble à l’ogre de la légende. Là où il flaire la chair humaine, il sait que là est son gibier. » Et Louis Barthas venait de m’ouvrir l’appétit.

En juin 2002, j’ai donc décidé d’entreprendre une maîtrise sous la direction de Rémy Cazals portant sur « la baïonnette en 14-18 : mythes et réalité ». Cette première approche de la recherche m’a permis de me confronter à la multiplicité et à la diversité des sources exploitables pour un tel sujet : en effet, si la baïonnette peut passer pour un anachronisme en 1914, elle a suscité un grand nombre de représentations tout au long du conflit.

Aussi était-il logique de poursuivre plus en avant sur cet objet d’étude – la baïonnette en 1914-1918 –, d’abord par un DEA soutenu en 2004, puis, après une année de préparation du CAPES d’histoire-géographie et une première année de stage, par une thèse, entamée en 2006.

« La baïonnette en 14-18 : utilisations, représentations et pratiques culturelles ».
A leur entrée en guerre, les fantassins français sont équipés, depuis 1886, du fusil Lebel et de sa baïonnette, une aiguille quadrangulaire de 52 centimètres. La plupart des historiens reconnaissent la rareté des rencontres à la baïonnette dans la Grande Guerre. En effet, cette excroissance métallique fixée au bout du fusil ne pèse pas lourd sous le feu ennemi. Pourtant, cette arme ne disparaît pas des représentations, matérielles ou non, de la guerre. Ainsi, d’innombrables biens culturels mettent en avant la charge ou le combat à la baïonnette. Dans les images et dans les mots, celle-ci impose régulièrement sa présence.
Mes recherches visent à donner du sens à cette présence : s’explique-t-elle simplement par l’inadéquation entre les codes esthétiques et littéraires par lequel le combat était traditionnellement représenté et la réalité de la guerre moderne ? Par la difficulté du commandement à accepter cette réalité des combats ? Par le désir de soutenir le moral des populations, civiles et combattantes, en offrant de la guerre une vision convenue et rassurante ? Par le besoin de soutenir la place de l’homme dans la bataille ? Quelques pistes de réflexion parmi d’autres pour tenter de comprendre la force des imaginaires, en s’appuyant sur les regards et les pratiques des acteurs du conflit autour de cette arme, tantôt héroïque, tantôt brutale, selon qui l’utilise et qui la regarde.

Publications :

« Lettres des nôtres sur le front : correspondance de poilus tarnais publiés dans le Journal du Tarn (1914-1917) », Revue du Tarn, n°196, hiver 2004, pp.729-737.
Entre 1914 et 1917 une rubrique intitulée « Lettres des nôtres sur le front » occupa régulièrement les colonnes du Journal du Tarn. On pouvait ainsi lire les dernières nouvelles du front rapportées par des enfants du « pays ». Mais cette démarche, courante dans la presse pendant la guerre pose plusieurs questions : quels objectifs le journal poursuivait-il en publiant ces lettres ? Ces dernières étaient-elles authentiques ? Comment étaient-elles choisies ? Quelles représentations de la guerre véhiculaient-elles ? Et quelles réactions soulevèrent-elles dans le lectorat du journal ? 

Avec Benoist Couliou, « La représentation de la charge à la baïonnette : entre affirmation nationale et affirmation de soi » in La Grande Guerre. Pratiques et expériences de R. Cazals, E. Picard et D. Rolland (dir.), Actes du colloque de Craonne – Soissons, Toulouse, Privat, 2005, pp. 149-158.
De toutes les images produites pendant la Grande Guerre, l'une des plus marquante met en scène une irrésistible marée humaine déferlant sur des ennemis en déroute, blessés ou déjà morts : la charge à la baïonnette. De quelles logiques sa production relève-t-elle ? Comment expliquer qu'elle ait pu, malgré son éloignement manifeste des réalités du front, se maintenir tout au long du conflit ? Quelles réactions a-t-elle suscité chez les combattants ?
Au-delà de la simple exaltation patriotique, cette image témoigne de points de rencontre inattendus entre les postulats implicites qu'elle véhicule et ce que les soldats nous ont livré de leur expérience.

« Une prise de parole : soldats du Midi, 1914-1918 », Annales du Midi, tome 120, n° 262, avril-juin 2008, pp. 237-248.
La Grande Guerre a généré une vague de témoignages de combattants sans précédent. Ces sources, désormais incontournables, sont le plus souvent mobilisées par les historiens pour ce que les hommes disent. Or, il semble tout aussi essentiel de s'interroger sur le sens et les conditions de ces prises de parole. Le cas des soldats du Midi est particulièrement éclairant pour tenter de comprendre ce qui pèse sur leurs prises de parole, et ce que ces dernières révèlent des bouleversements de la guerre sur la structuration des échanges dans l'armée. Quelques pistes de réflexion peuvent ensuite être posées sur les fonctions de la parole, sur les plans individuel et collectif. Comme souvent, les pratiques et les apports d'autres champs du savoir sont précieux pour aider l'historien à avancer dans l'étude des témoignages, à s'attarder sur le dire pour mieux éclairer le dit.

« Un point de fuite dans le réel ? Les représentations de combats  dans les journaux illustrés (1914-1918) », Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 91, juillet-septembre 2008, pp. 62-66.
Vecteur privilégié des images en 1914-1918, les journaux illustrés constituent une source précieuse pour aborder les représentations de combats. A travers trois hebdomadaires largement diffusés mais très différents par les publics visés et le type d’images publiées – le Supplément illustré du Petit Journal, L’Illustration et Le Miroir – nous pouvons noter la filiation forte entre les gravures publiées pendant le conflit et la peinture traditionnelle des batailles. Par ailleurs, une analyse de la photographie, support a priori plus assujetti au réel, permet de constater qu’en ce qui concerne les combats, l’imaginaire prend souvent le pas sur l’image. Loin d'une opposition entre photographies et illustrations, ces images, aussi différentes soient-elles, participent en effet d’une même difficulté des contemporains à représenter le réel et à s'affranchir d'un certain nombre de figures imposées. Si les évènements poussent à une évolution vers des images de guerre plus proches de la réalité, reste longtemps présent, comme un point de fuite, un espace imaginaire dans lequel la décision, dans la bataille, appartient toujours aux individus.

Avec Benoist Couliou, « Une mémoire de demain ? A propos de quelques représentations artistiques de la Grande Guerre » in La Grande Guerre aujourd'hui : Mémoire(s), Histoire(s) d'A. Lafon, D. Mastin et C. Piot (dir.), Actes du Colloque d’Agen-Nerac (14-15 novembre 2008), pp. 247-265.
Quatre-vingt dix ans après l'armistice, la forte présence de la Grande Guerre dans le paysage artistique – romans, films, bandes dessinées – est pour le moins frappante. Mais il est tout aussi frappant de constater à quel point certaines de ces créations entrent en résonance les unes avec les autres : des interrogations, des figures, des utilisations communes du temps et de l'espace courent d'un auteur à l'autre et d'un support à l'autre. Ces liens soulèvent un certain nombre de questions : jusqu'à quel point le présent – dans lequel sont pensées, réalisées et reçues de telles oeuvres – peut-il s'affranchir d'un événement passé pour lui imposer ses propres préoccupations ? Est-on condamné à une forme de hiatus perpétuel entre ce que les hommes ont vécu, et ce que leur histoire évoque, interpelle et bouscule chez ceux qui, par leurs créations, se posent en passeurs de mémoire ? Et de quelle mémoire parle-t-on ?

Autres :

Le crid1418 m’a toujours offert un cadre très stimulant pour enrichir mes recherches. Outre les rencontres et les débats qu’il permet, il s’inscrit dans une démarche d’ouverture intéressante entre les exigences de la recherche et celles de l’enseignement. C’est dans cet esprit que j’ai ainsi proposé une séquence de première autour d’une utilisation raisonnée des témoignages en classe (http://www.crid1418.org/espace_pedagogique/cours/premiere.htm)

 

 

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