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Présentation: Nicolas Offenstadt

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Ce texte présentant Nicolas Offenstadt et ses travaux a été réalisé par Paula Cossart (université Paris-I) dans le cadre d'un séminaire du Groupe de Recherches Interdisciplinaire sur le Politique (GRIP) en mars 2005

Introduction

Votre production est assez imposante et porte sur des époques variées. Du début au milieu des années 1990, vous écrivez et publiez surtout sur la période de l'entre-deux-guerres : l'engagement pour la paix à cette époque-là, est, en effet, le sujet de plusieurs de vos articles (les 1ers sur ma liste : ils y sont classés par ordre chronologique). De la fin des années 1990 jusqu'à aujourd'hui, vous publiez beaucoup sur la Première Guerre Mondiale et sa mémoire. Pour ne parler que des livres : il y a d'abord en 1999, chez Odile Jacob, Les fusillés de la grande guerre et la mémoire collective (1914-1999) ; ensuite, en 2003, chez Grasset, avec Rémy Cazals, " Si je reviens comme je l'espère ". Lettres du front et de l'arrière (1914-1918) (Il s'agit, en fait, de la publication d'une correspondance entre plusieurs membres d'une même famille, 4 frères qui étaient au front, leur sœur, employée de maison à Paris, et leurs parents. Vous en avez fait l'édition et rédigé la postface) ; vous dirigez enfin le livre collectif, paru chez Stock en 2004, Le Chemin des Dames, de l'événement à la mémoire. Troisième champ de recherche, enfin : le Moyen-Age. Vos publications en ce domaine débutent dans les années 2000. Là encore, de nombreux articles, de nombreuses publications dans des ouvrages collectifs. En 2003, vous avez co-dirigé avec Didier Lett, Haro ! Noël ! Oyé ! Pratiques du cri au Moyen Age, paru aux Publications de la Sorbonne. Et c'est, enfin, prochainement que devrait paraître le livre issu de votre thèse, Comment on fait la paix au Moyen-Age.

Un historien du pacifisme.

J'ai dit que vos travaux portent sur des périodes diverses, mais il y a quand même une vraie cohérence à tout cela, puisque la plupart (pas tous) portent sur la guerre et surtout sur la paix, le pacifisme. Ce n'est parfois qu'un aspect de vos textes, ce n'est parfois qu'une entrée vers d'autres questions : mais la paix et le pacifisme restent des thèmes centraux.

Organisation de la présentation.

Je me suis demandé un temps comment organiser tout cela, vu donc cette multiplicité de sujets, d'époques. Plutôt que de parler de vos différents travaux les uns après les autres, ce qui serait plus simple mais moins intéressant, j'ai choisi de chercher les points communs à tout cela, et d'organiser donc la présentation d'aujourd'hui autour de six thèmes transversaux, que l'on retrouve donc dans plusieurs de vos textes, six thèmes transversaux qui sont en fait, pour beaucoup, des notions, des concepts, qui me semblent vous être chers. Beaucoup, voire tous, sont liés, ce qui me fera passer de l'un à l'autre assez naturellement. J'en ai fait une liste : Ressource discursive; Espace public; Rituel; Cris; Genre; et Mémoire collective.

Une ressource discursive

Idée en germe pour l'entre-deux-guerres.

Dans un article que vous avez écrit avec Philippe Olivera en 1993, " L'engagement pour la paix dans la France de l'entre-deux-guerres : un ou des pacifismes ? ", ainsi que dans l'article " Pacifistes " que vous avez écrit pour le dictionnaire dirigé par Azéma et Bédarida, 1938-1948, les années de tourmente, on trouve déjà, même si de façon assez peu formalisée encore, cette idée qu'il faut considérer le pacifisme - à cette époque là - comme un enjeu. En effet, vous affirmez : " le pacifisme devient, après 1918, un élément presque incontournable du discours politique. Aucun groupe, aucun courant, ne semble pouvoir négliger l'enjeu pacifiste ". Ou encore : " Chacun ou presque, des acteurs politiques affirme défendre la seule voie légitime vers la paix ".
La cause pacifiste est donc un enjeu faisant l'objet d'une concurrence entre les acteurs politiques. Vous montrez alors comment la question de la paix est " utilisée " par différents groupes, cherchant à " démontrer " dans l'espace public une capacité particulière pour parler de la paix, cherchant à revendiquer un discours " légitime " en la matière. Je ne crois pas que vous utilisiez l'expression " espace public " à cette époque là… mais l'idée est là. On a déjà ici, à l'état embryonnaire, un thème que vous reprendrez, développerez, affinerez plus tard : celui de la paix comme ressource discursive. En gros, le fait d'œuvrer en faveur de la paix, ou simplement le fait de souhaiter la paix, apparaît comme un élément valorisant les acteurs, qui cherchent alors à démontrer dans l'espace public, à exprimer publiquement, leur attachement à la paix, leur capacité à la défendre, voire les efforts effectifs qu'ils ont fait pour elle.

Ce que veut dire ce concept.

Ce sera un des apports de votre thèse que de creuser cette question - qui est d'ailleurs développée, également, dans l'article de Politix, " Paix de Dieu et paix des hommes. L'action politique à la fin du Moyen Age ". Dans vos travaux sur la Guerre de Cent Ans (1337-1453), vous analysez la paix comme un discours, une ressource discursive. Vous partez pour ce faire d'un constat simple, qui ouvre la 3ème partie de votre thèse, sur " l'ordre du discours " : " La paix, tous les discours le répètent, est un des premiers devoirs du souverain ". De façon sans doute encore plus flagrante qu'après 1918, donc, pendant la guerre de Cent Ans, la parole de paix semble invoquée par tous les acteurs ; et c'est justement cette constance, ces répétitions, qui vont vous intéresser.
Vous vous appuyez notamment en cela sur ce qu'écrit Michel Foucault dans L'Archéologie du savoir, à propos de la nécessité de porter attention à la régularité des énoncés, à la régularité des pratiques discursives. Ce faisant, vous choisissez de vous éloigner définitivement de ce qui aurait pu être une classique histoire des idées, une histoire qui viserait à chercher l'" intention " des énoncés, une histoire qui rapprocherait les propos des grands hommes… Vous êtes ainsi conduit à concevoir les textes dans des séries, à ne pas séparer les différents types de sources, pour mesurer plutôt comment les discours et les énoncés circulent d'un support à l'autre.

L'espace public

Une notion centrale dans vos travaux.

La notion d'espace public est de façon générale une notion centrale dans vos travaux. Dans votre livre sur les fusillés, tout d'abord.
En effet, vous vous y intéressez à la façon dont une image des exécutions de la Première Guerre Mondiale s'impose dans l'espace public, et à la question, aussi, de comment elle y évolue. Vous étudiez ainsi les processus par lesquels, à certains moments, les fusillés vont être de plus en plus présents dans cet espace public, comme c'est le cas notamment dans les années 1990 ; les processus, aussi, par lesquels certaines affaires et pas d'autres émergent dans l'espace public. Vous parlez également, à propos de la défense des officiers ou de la justice militaire, dans l'entre-deux-guerres, d'un " souci de l'espace public "…
Bref, l'espace public est une notion omniprésente dans ce livre. Mais ce n'est toutefois pas là que son utilisation est la plus originale. Ce qui peut étonner bien plus, c'est de parler d'un espace public médiéval.
Prenons le moment de la publication de la paix. Vous montrez, dans votre thèse, que ce qui se joue là c'est bien plus qu'un simple processus d'information. La publication de la paix, c'est un moment particulièrement important pour les relations entre le prince et ses sujets, un moment où se jouent des mécanismes de pouvoir, un moment où se fonde, ou se crée, le lien entre gouvernants et gouvernés, entre dominants et dominés. La place publique au Moyen Age est un lieu de légitimation du pouvoir. Il existe au Moyen Age un espace public de nature politique.
Si je vous ai bien suivi, vous ne prétendez pas pour autant que cet espace public soit fondé sur la libre confrontation d'opinions sous forme de discussions. Dans l'espace public médiéval domineraient les formes de communication non verbales, les gestes et les rituels, dont je vais parler dans un instant.
Ceci va bien sûr à l'encontre des thèses d'Habermas, pour qui l'espace public n'a pas au Moyen Age de domaine propre, en ce qu'il n'est pas différencié de la sphère privée. Pour lui, vous l'écrivez, la sphère publique est alors un lieu de " déploiement unilatéral du pouvoir "devant" le peuple ".

Les rituels

Dans Les fusillés de la Grande Guerre, vous décrivez d'abord la violence du rite de l'exécution, qui, motivé par une pédagogie de l'exemple, se fait en présence des soldats, et qui réussit à imposer un ordre apparent. Mais, " son efficacité n'eut qu'un temps ", car les normes qui le sous-tendaient disparaissent en partie avec la guerre. D'autres rituels apparaissent alors : ceux qu'organisent les défenseurs des fusillés, notamment autour de la tombe du fusillé. Vous semblez voir là un véritable combat de rites, lorsque vous écrivez, " pour défaire le pouvoir maléfique du rite [de l'exécution], il fallu lui en opposer d'autres ", ou bien lorsque vous parlez de " lieux d'opposition rituelle ". En vous lisant, j'ai eu un peu le sentiment que cette interprétation, que vous faites en conclusion du livre, aussi séduisante qu'elle soit, conférait peut-être un peu trop de lucidité aux réhabilitationnistes…
En tous cas, c'est certain, la notion de rituel est un outil important pour vous. J'ai d'ailleurs été étonnée de constater qu'il n'y avait pas d'entrée au terme " rituel " dans votre petit dictionnaire des Mots de l'historien.

Grammaire rituelle de la paix et liberté des acteurs.

Pour le Moyen Age, vous avez cherché à établir ce que vous appelez une " grammaire rituelle " de la paix. Les concepts de " grammaire " et de " répertoire ", que vous utilisez, sont importants, en ce qu'ils soulignent qu'il n'y a pas de cérémonie-type. Vous redonnez ainsi leur liberté aux acteurs, dotés d'une forme de compétence liturgique ; et vous les placez, de cette façon, au cœur de votre analyse. Cela vous pousse alors à privilégier une méthode ethnographique, afin d'opérer une observation fine des interactions entre eux. Si je peux me permettre ce rapprochement, on trouve, en fait, dans tous vos travaux, ce souci de mettre l'acteur au cœur de l'étude pour éviter tout schématisme, cet effort de montrer la flexibilité et la complexité des comportements individuels. Que ce soit dans Le Chemin des Dames, où plusieurs des contributions rassemblées nous amènent tout près du combattant. Que ce soit dans Si je reviens comme je l'espère, où vous laissez bien sûr largement la parole aux acteurs, et où les lettres des soldats montrent que leur rapport à la mort, aux souffrances, à l'horreur, varie selon la situation spécifique de chacun, selon la proximité du danger en particulier.

Les cris

Dans votre observation des rituels, que ce soit ceux de l'époque médiévale ou ceux du XXe siècle, vous attribuez une place fort importante aux divers cris des acteurs prenant part au rite. Ce n'est pas étonnant, puisque le cri est la parole publique par excellence : il vise à rendre public. Vous avez en fait réussi à ériger le cri en véritable objet d'histoire, et l'on est donc loin de ce qui aurait pu n'être une simple description folklorique.
On trouve donc une analyse de cris dans vos travaux sur la 1ère guerre mondiale. Dans Les fusillés de la Grande Guerre, vous étudiez le cri du condamné à mort, au moment du rituel de l'exécution. Sans rentrer dans les détails, sinistres, ce qui est important, c'est que vous montrez que ce cri peut renforcer le rituel. C'est a priori paradoxal, puisque le cri du condamné, écrivez-vous, " apparaît spontané, sans norme ". Mais, en fait, le dernier cri du condamné renforce le rituel en ce que les officiers se montrent inflexibles : ils montrent ainsi, dites-vous, " l'inexorable accomplissement de la justice et la force de l'exemple ".

Le genre

Intérêt peu surprenant étant donné le lien femmes / paix.

Dans l'introduction de Haro, Noël, Oyé, vous insistez sur la nécessité de différencier cris au féminin et cris au masculin, de " genrer " le cri : l'expression n'est pas très belle… Mais passons. Ce qui est important, c'est que vos travaux manifestent une attention récurrente aux questions de genre. Questions de genre que l'on trouve dans votre thèse, et qui sont aussi reprises dans votre contribution à l'ouvrage collectif, paru en 2000, sur Le règlement des conflits au Moyen Age, contribution que vous avez intitulée " Les femmes et la paix à la fin du Moyen Age : genre, discours, rites ".
En fait, il est en quelque sorte assez naturel qu'un historien du pacifisme se pose la question du lien entre la pacification et le sexe féminin, puisque, comme vous l'écrivez vous-même, " de la Grèce ancienne aux temps contemporains, on ne cesse de prêter aux femmes des vertus pacificatrices ". C'est d'ailleurs un émouvant moment de rapprochement de vos sujets de recherche, lorsque vous faites, dans votre thèse d'histoire médiévale, intervenir la parole d'un poilu, qui écrit, en 1917 : " Si les femmes savaient ce qui se passe, elles s'entendraient toutes ensemble pour faire finir la guerre "…

La mémoire collective

La difficile mémorialisation du Chemin des Dames.

Dernier aspect important de vos recherches que je voulais aborder ici, c'est bien sûr la question de la mémoire. Elle tient d'abord une place très importante dans l'essai collectif que vous avez dirigé sur le Chemin des Dames. On y découvre que l'échec de l'offensive sanglante du général Nivelle en 1917 a ouvert la voie à de nombreux débats et discussions ayant rendu la mémoire de l'événement particulièrement trouble. Les multiples analyses qui composent le livre permettent alors de mieux comprendre comment se sont fabriquées histoire officielle et mémoire collective de cette période. J'ai été particulièrement frappée de voir comment les discours officiels ont cherché à diminuer l'importance de l'événement, à minimiser l'échec, à lui donner une sorte de banalité, voire presque à le faire oublier. Une question alors : Pensez-vous qu'un tel poids de l'histoire officielle soit quelque chose qui appartient au passé ? Serait-il encore pensable dans la société actuelle ?
Les contributions que vous avez écrites pour ce livre - outre l'introduction - montrent en fait surtout comment les tensions des discours sur l'événement se traduisent dans, " une mémorialisation lente, étriquée et limitée, constamment réduite ". En effet, la mise en mémoire à travers des monuments, à travers des plaques, est non seulement tardive, mais aussi assez faible.

Les méandres de la mémoire collective des fusillés.

Dans Les fusillés de la Grande Guerre, bien sûr, la mémoire collective est le sujet central, puisque vous vous y intéressez moins à l'événement en tant que tel, qu'à l'enjeu de mémoire qu'il représente. Votre étude s'articule autour de l'analyse de l'évolution de la mémoire de l'événement. C'est encore une fois un regret, mais je n'ai pas le temps ici de reprendre les méandres de cette mémoire collective. Je me contenterai donc de faire deux remarques.
La première, c'est que j'ai été surprise que vous n'étudiez pas plus en détail la manière dont la mémoire de la seconde guerre mondiale, a en quelque sorte, occulté la mémoire de la 1ère… même si vous le dites, bien entendu. Je me demande comment se joue précisément cette forme de concurrence entre les mémoires de deux événements.
L'autre remarque que je veux faire, c'est simplement souligner la place importante qu'a la comparaison dans ce travail. C'est d'ailleurs le cas dans quasiment toutes vos recherches : vous semblez penser que la comparaison peut être souvent très éclairante, qu'il s'agisse d'une comparaison spatiale ou temporelle. Etant vous même spécialiste de plusieurs périodes, cela n'est peut-être pas très étonnant. En tous cas, dans Les fusillés de la Grande Guerre, vous regardez ce qui se passe ailleurs qu'en France - en Grande-Bretagne, surtout, mais aussi en Italie ou en Allemagne - et vous montrez et expliquez les décalages qui ont existé entre ces différents pays dans l'apparition de la question des fusillés dans l'espace public.

 Bibliographie de Nicolas Offenstadt:

1) OUVRAGES :

 - Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Paris, Odile Jacob, 1999, 285 p. Edition de poche (Odile Jacob), 2002, 352 p.

 - Postface et notes (en collaboration) à Marthe, Joseph, Lucien, Marcel, PAPILLON, « Si je reviens comme je l’espère ». Lettres du front et de l’arrière (1914-1918), Grasset, 2003, 400 p., édition France Loisirs, 2004. A paraître en édition de poche en 2005 (Tempus, Perrin).

 - En co-direction avec Didier Lett, Haro ! Noël ! Oyé ! Pratiques du cri au Moyen Age, Paris, Publications de la Sorbonne, 2003, 248 p. [Introduction pp. 5-41].

 - Direction, Le Chemin des Dames, de l’événement à la mémoire, Paris, Stock, 2004, 494 p. [introduction et trois articles]

 - Avec G. Dufaud et H. Mazurel et direction, Les mots de l’historien, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail (collection Les mots de…), 2005, 128 p.

 -Edition et préface à Abel Ferry, Carnets secrets 1914-1918, Paris, Grasset, 2005, 391 p.  

 2) TRAVAUX D’HISTORIOGRAPHIE :

 - Coordination du numéro des Cahiers d'histoire, revue d'histoire critique, sur "Pouvoirs et information", n°66, 1997, Article introductif (p. 5-9).

 - "Les rites et l'histoire. Remarques introductives", Hypothèses 1997. Travaux de l'Ecole doctorale d'histoire. Université de Paris I, Publications de la Sorbonne, 1998, p. 9-14.

 - Avec André Loez, « Un historien dissident ? Entretien avec Arno J. Mayer », Genèses, 49, déc. 2002, p. 123-139.

- F. Audren, S. Kott, A. Lilti, N. Offenstadt et S. Van Damme, « Temps, histoire et historicité : un point de vue historien », in Pascale Laborier et Danny Trom, Historicités de l’action publique, Paris, PUF, 2003, p. 515-528.

 - Avec Frédéric Rousseau, Philippe Olivera, Emmanuelle Picard, « A propos d’une notion récente : la « culture de guerre » », in Frédéric Rousseau éd., Guerres, paix et sociétés, 1911-1946, Neuilly, Atlande, 2004, p. 667-674.

- « Archives, mémoires, oralité. Remarques médiévistes », La Gazette des Archives, 198, 2005, pp. 181-185.

- Introduction à Maryline Crivello, Patrick Garcia, Nicolas Offenstadt éds., La concurrence des passés. Usages politiques du passé dans la France contemporaine, Presses Universitaires de Provence, 2005, à paraître.

 

3) TRAVAUX d’HISTOIRE MEDIEVALE

• Articles et notices de dictionnaire :

 -  "Annoncer la paix. Publication et sujétion pendant la Guerre de cent ans", Cahiers d'histoire, revue d'histoire critique, n°66, 1997, pp. 23-36.

- "Cris et cloches. L'expression sonore dans les rituels de paix à la fin du Moyen Age", Hypothèses 1997. Travaux de l'Ecole doctorale d'histoire. Université de Paris I, Publications de la Sorbonne, 1998, p. 51-58.

 - Contribution à Jean-François Sirinelli, Daniel Couty, éds. Dictionnaire de l'histoire de France, Paris, Armand Colin, 1999 : notices  "guerre privée", "hérauts",  "paix", "propagande", "serment".

 - "La paix d'Arras, 1414-1415 : un paroxysme rituel ?" in Arras et la diplomatie européenne aux XVe-XVIe siècles D. Clauzel, C. Giry-Deloison, C. Leduc éds., Arras, Artois Presses Université, 1999, p. 65-80.

 - "Interaction et régulation des conflits. Les gestes de l’arbitrage et de la conciliation au Moyen Age (XIIIe-XVe siècles)", in R. Jacob, C. Gauvard éds., Les Rites de la justice. Gestes et rituels judiciaires au Moyen Age (cahiers du Léopard d’Or, 9), Paris, Le Léopard d’Or, 2000, p. 201-228.

 - « The Rituals of Peace during the civil War in France, 1409-1419 : Politics and the Public Sphere", Tim Thornton éd., Social Attitudes and Political Structures in the Fifteenth Century, Stroud, Sutton Publishing, 2001, p. 88 -100.

- « Les femmes et la paix à la fin du Moyen Age : genre, discours, rites », SHMESP, Le règlement des conflits au Moyen Age, Paris, Publications de la Sorbonne, 2001, p. 317-333.

-  « Guerres justes et usages du passé », Cahiers de la Villa Gillet, « Penser la guerre aujourd’hui », n° 16, 2002, p. 121-130.

- « Paix de Dieu et paix des hommes. L’action politique à la fin du Moyen Age », Politix. Revue des sciences sociales du politique, n° 58 « Guerres et paix », 2002, p. 61-81.

 - Notices « cérémonies », « cris, crieurs », « information », « suicide » in Dictionnaire du Moyen Age, Claude Gauvard, Alain de Libera, Michel Zink éds., Paris, PUF, 2002.

 - « La paix proclamée. Acteurs, gestes et réception de la publication des accords de paix pendant la guerre de Cent ans » R.M. Dessi éd., Prêcher la paix et discipliner la société. Italie, France, Angleterre (XIIIe-XVe siècle), Turnhout, Brepols, (Collection d'études médiévales de Nice, vol. 5), 2005, pp. 201-224.

 - « Les crieurs publics à la fin du Moyen Âge. Enjeux d’une recherche » C. Boudreau, K. Fianu, C. Gauvard et M. Hébert éds., Information et société en Occident à la fin du Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, 2004, pp. 203-217.

 - « Les fêtes de la paix au Moyen Age », L’Histoire, 301, septembre 2005, pp. 64-67.

 - « Le serment de paix dans le royaume de France à la fin du Moyen Age : remarques sur une pratique politique ». In Serment, promesse et engagement : rituels et modalités. Montpellier, CRISIMA, 2005, à paraître.

  

 •  Comptes-rendus et notes critiques :

 * Dans L'Histoire

- "Ne croyez pas aux larmes des rois!" (Sur G. Althoff, Spielregeln der Politik imMittelalter. Kommunikation in Frieden und Fehde, Darmstadt, Primus Verlag, 1997, 360 p.), n° 229, février 1999    p. 27-28.

 - "Tabou et statistiques. Les suicidés du Moyen Age" (Sur Alexander Murray, Suicide in the Middle Ages. Volume I : The Violent against Themselves, Oxford/New York, Oxford University Press, 1998, 485 p.), n° 241, mars 2000, p. 18-19.

 *  Dans la Revue historique :

 - Sur L' infrajudiciaire du Moyen Age à l'époque contemporaine, sous la direction de Benoît Garnot, Dijon, Editions Universitaires de Dijon, 1996, 480 p., (1999, pp. 583-585).

 - Sur Philippe Buc, Dangereux rituel. De l’histoire médiévale aux sciences sociales, Paris, PUF, 2003, 374 p. (2003, p. 869-871)

 * Dans les Cahiers d'histoire, revue d'histoire critique :

 - Sur Philippe le Bon, sa politique, son action, Paul Bonenfant,, Bruxelles, De Boeck, 1996, 452 p.; Louis XI et Charles le Hardi. De Péronne à Nancy (1468-1477) : le conflit, Jean-Marie Cauchies,  Bruxelles, De Boeck, 1996, 184 p,  Jean le Bel, Le Maître de Froissart, Grand imagier de la guerre de Cent ans, Nicole Chareyron,  Bruxelles, De Boeck, 1996, 362 p. (n°72, 1998, pp. 137-140).

- Sur L’ Etat ou le Roi. Les fondations de la modernité monarchique en France (XIVe-XVIIe siècles) Neithard Bulst, Robert Descimon, Alain Guerreau éds., Paris, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1996, 174 p (n° 70, 1998, pp. 155-158).

 *  Dans Lire les sciences sociales, volume 4, 1997-2004, G. Mauger, L. Pinto éds., Paris, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2005 :

-  « Histoire (s) de l’Etat » : Karl Ferdinand Werner, Naissance de la noblesse et Olivier Christin, La Paix de religion», pp. 305-321.

• Dans Genèses :

 . Sur Alain Guerreau, L’Avenir d’un passé incertain. Quelle histoire du Moyen Age au XXIe siècle ? Paris, Le Seuil, 2001, 348 p. (n°58, mars 2005, p. 166-167).

 

3) TRAVAUX d'HISTOIRE CONTEMPORAINE

 • Sur le pacifisme :

 - Co-direction du numéro de Matériaux pour l'histoire de notre temps n°30, janvier-mars 1993: "S'engager pour la paix dans la France de l'entre-deux-guerres" .

- Articles dans ce numéro:

. "Le pacifisme extrême à la conquête des masses. La Ligue Internationale des Combattants de la Paix (1931-1939) et  la propagande", p.  35-39.

. et en collaboration avec Philippe Olivera : "L'engagement pour la paix dans la France de l'entre-deux-guerres, un ou des pacifismes ?" p. 53-56.

- Co-direction, présentation, et rédaction de plusieurs rubriques du n° spécial du Bulletin de l'Institut d'histoire du temps présent, n°51, mars 1993, "Pour une histoire de l'engagement pacifiste 1919-1939, sources et bibliographie", 98 p.

- "Signer pour la paix en 1938-1939, pétitions et pétitionnaires", Cahiers de l'Institut d'histoire du temps présent, n° 26, 1994, p. 249-263.

- " "Hardi Martin, continue...!" : R. Martin du Gard, le pacifisme et les pacifistes", suivi de l'édition de "Lettres à Robert Tourly", Les cahiers de la Nrf. Roger Martin du Gard, Inédits et nouvelles recherches, Gallimard, 1994, p. 121-135  et 136-138. Complété par : "Roger Martin du Gard et les mutineries de 1917", La Lettre de l'Association des Amis de Roger Martin du Gard, mars 1999, p. 3-4.

- « Pacifistes », in Jean-Pierre Azéma, François Bédarida éds, 1938-1948. Les années de tourmente. De Munich à Prague. Dictionnaire critique. Paris, Flammarion, 1995, pp. 673-681.

" "Contre la guerre. Ce que nous pouvons faire dans nos classes". L'Ecole émancipée et la lutte pour la paix dans l'entre-deux-guerres", Maurice Dommanget (1888-1976), citoyen, pédagogue, historien, Beauvais, Archives départementales de l'Oise, 1996, p. 79-87.

 - « L’image contre la guerre. Autour d’Ernst Friedrich », in Voir. Ne pas voir la guerre. Histoire des représentations photographiques de la guerre, Paris, Somogy, éditions d’Art/BDIC, 2001, p. 271-275.

 - Contribution à Jean-François Sirinelli, Daniel Couty, éds. Dictionnaire de l'histoire de France, Paris, Armand Colin, 1999, notices : "antimilitarisme", "pacifisme".

- Collaboration au Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron et Claude Pennetier, Paris, éditions ouvrières (Plusieurs notices de militants pacifistes publiées dans les volumes 36, 39, 40, 41, 42).

 -  « Les pacifistes », Avec Emmanuelle Picard, in Frédéric Rousseau éd., Guerres, paix et sociétés, 1911-1946, Neuilly, Atlande, 2004, p. 552-573.

 • Sur la Grande Guerre :

- "Construction d'une "grande cause" : la réhabilitation des fusillés pour l'exemple" de la Première Guerre mondiale", Revue d'histoire moderne et contemporaine, 44-1, janvier-mars 1997, p. 68-85. (Abrégé et revu in LDH, « une mémoire pour l’avenir 1898-2004 »,  Hommes et libertés, supp. au n° 128, oct-déc. 2004, p. 37-39)

 - Les "crimes des conseils de guerre". Une campagne d'"opinion" dans la France de l'entre-deux-guerres, Après-Demain, n° spécial "Cent ans de combats pour les droits de l'homme", avril-mai 1998, p. 16-21.

 -  "Enquête sur les fusillés de 1914-1918", L'histoire, novembre 1999, p. 64-69. Article repris actualisé in Les Collections de L'Histoire n° 21, octobre-décembre 2003.

 - Entretien, dossier, « Les mutinés de la Grande Guerre », Historia, n° 659,  novembre 2001, p. 61-62.

- « Les  « crimes des  conseils de  guerre » de la Grande Guerre », in G. Manceron, M. Rebérioux éds., Droits  de l’homme. Combats du siècle, Paris, Seuil/BDIC, 2004, p. 126-141.

 - « La bataille du Chemin des Dames (1917) dans la pierre : silence global, mémoires locales », in R. Cazals, E. Picard, D. Rolland, éds., La Grande Guerre. Pratiques et expériences, Toulouse, Privat, 2005, pp. 335-344.

- « Les mutineries de 1917. Objet historiographique et enjeu mémoriel », postface à Denis Rolland, La Grève des tranchées. Les mutineries de 1917, Paris, Imago, 2005, pp. 415-428.

* Dans la presse :

-  "Pas de pardon pour les fusillés anglais", Libération, 4 septembre 1998

- Avec Odette Hardy, "1914, Six réservistes du Valenciennois, "fusillés pour l'exemple" ", La Voix du Nord  (Valenciennes), 10 épisodes à partir du 10 novembre 1998.

- "Grande Guerre, les mutins sortent de l'oubli", (entretien), Le Temps (Genève), 11 novembre 1998, p. 2.

- "Fusillés : le dernier combat de la Grande Guerre", L'Evénement du Jeudi, 12 novembre 1998, p. 30-31;

- "Mutins et fusillés", Le Monde, 4 décembre 1998.

- « Guerre à la Guerre [Le monument aux morts de Levallois-Perret] », Le Monde, 13 octobre 2000.

- « L’expérience combattante, une histoire en cours », Patrimoine Midi-Pyrénées, 1, octobre 2003, p. 59.

• Compte rendus et notes critiques :

* Dans Genèses :

 - Sur Du Fusil au brancard : vers un nouvel héroïsme. La construction de l’image humanitaire. From gun to strecher : towards a new heroism. The building of humanitarian, Genève, Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, 1997, 128 p. (n° 45, décembre 2001, p. 166).

- Sur Ennemis fraternels 1914-1915. Hans Rodewald, Antoine Bieisse, Fernand Tailhades. Carnets de guerre et de captivité.  Eckart Birnstiel, Rémy Cazals éds., Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2002, 192 p. (n° 50, mars 2003, p. 162-163).

 * Dans la  Revue Historique :

- Sur Benjamin Ziemann éd., Perspektiven der Historischen Friedensforschung, (Frieden und Krieg. Beiträge zur Historischen Friedensforschung, vol. 1.), Essen, Klartext, 2002, 368 p.  A paraître.

 * Dans Vingtième siècle, revue d'histoire.

- Sur Norman Ingram, The Politics of Dissent. Pacifism in France 1919-1939, Oxford, Clarendon Press, 1991, 366 p.  (n° 36, juillet-septembre 1992, p. 129-130).

- Sur Luc Rasson, Ecrire contre la guerre : littérature et pacifisme. 1916-1938, Paris/Montréal, L'Harmattan, 1997, 186 p. (n° 60, octobre-décembre 1998, p. 144-145).

 * Dans  Le Mouvement social :

-  Sur Claude Singer, Vichy, l'université et les Juifs, Paris, Les Belles Lettres, 1992; n° 180, juillet-septembre 1997, p. 224-226.

- Sur Maurice Vaïsse éd., Le pacifisme en Europe des années 1920 aux années 1950, Bruxelles, Bruylant, 1993, 455 p. (n° 182, janvier-mars 1998, p. 140-145)

- Sur Jean-Yves Le Naour, Misères et tourments de la chair pendant la Grande Guerre. Les mœurs sexuelles des Français, 1914-1918, Paris, Aubier, 412 p., n° 209, octobre-décembre 2004, p. 138-140.

- Sur Jules Maurin, Jean-Charles Jauffret, éds., La Grande Guerre 1914-1918, 80 ans d’historiographie et de représentations (colloque international- Montpellier 20-21 novembre 1998), Montpellier, Université Paul Valéry - Montpellier III (E.S.I.D.), 2003, n° 209, octobre-décembre 2004, p. 135-136.

 * Dans Communisme :

- Sur Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, t. 32 Hud à Kwa, Paris, Editions ouvrières, 1988, 416 p.

* Dans Les Annales du Midi :

 - Sur Je suis mouton comme les autres. Du patriote enthousiaste au poilu résigné, 1914-1918. Lettres, carnets et mémoires de poilus drômois et de leurs familles, Jean-Pierre Bernard et alii éd., Valence, Editions Peuple Libre et Notre Temps, 2002, 504 p. A paraître.

 

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