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Professeur à l’université Paul Valéry de Montpellier

Chercheur à l’ESID (États-Sociétés-Idéologies-Défense), UMR 5609 du CNRS 

Un champ de recherche : la guerre, dans toutes ses dimensions, anthropologique, militaire, sociale, culturelle et politique...

Depuis 1981, mes travaux de recherches portent essentiellement sur le thème de l’homme et le citoyen confronté au devoir de défense. Au cœur de cet axe de recherche sont notamment interrogées les relations de l’homme et du citoyen avec l’armée et les institutions militaires ainsi que le comportement de l’homme en guerre.

Une étude de la désobéissance militaire au dix-neuvième siècle menée dans le cadre d’un doctorat d’histoire soutenu en 1985 m’a tout d’abord permis d’appréhender les principales raisons qui animaient les jeunes déserteurs et insoumis français (Service militaire au XIXe siècle : de la résistance à l’obéissance. Un siècle d’apprentissage de la patrie dans le département de l’Hérault, Montpellier, ESID-UMR 5609 du CNRS-Université Paul Valéry de Montpellier, 1998). Ce travail a été prolongé par les articles suivants :

« Des communautés et des familles languedociennes face au devoir de défense nationale sous la Révolution et l’Empire », Actes des Journées d’Histoire moderne, Université Montpellier III, 1992, p. 189-203.

« La confrontation de l’Etat et de la société sur la question du recrutement militaire en France de 1793 à 1815 », Journée d’études franco-espagnole, in Histoire et Défense, Montpellier III, 1992, n°25, p. 71-85.

« Armées françaises et vertus républicaines dans la correspondance de Lazare Carnot », Actes du colloque L’Année 1793 et l’Armée, in Histoire et Défense, Montpellier III, 1993, n°27, p. 74-85.

 « Désertion et insoumission au XIXe siècle, l’exemple de l’Hérault », Revue Historique des Armées, n°3, sept. 1993, p. 84-95.

 

Par l’établissement d’une courbe séculaire de la désobéissance militaire il a été possible de rendre compte de la profonde mutation mentale subie par la société française concernant le service militaire et d’en dater les principales étapes. Il s’est ainsi confirmé que le dix-neuvième siècle fut pour les Français celui de l’apprentissage de la patrie. Un siècle d’apprentissage durant lequel les Français sont passés de la résistance massive à la conscription, à l’acceptation quasi unanime du devoir de défense nationale. Ainsi, le succès inespéré de la mobilisation d’août 1914 témoignait-il de l’achèvement de cette mutation séculaire, un point sur lequel les historiens de la Grande Guerre s’accordent ; la plupart estiment en effet que la mobilisation, en France notamment, mais aussi en Allemagne ou en Grande-Bretagne, dut son succès à la vigueur du sentiment national, au chauvinisme, au nationalisme, ainsi qu’au sentiment assez largement partagé d’appartenir à une nation agressée.

Pour autant, une question divisait et divise encore les historiens français, celle de la longue patience et de la ténacité des combattants de 14-18. Les soldats de la Grande Guerre trouvèrent-ils dans le patriotisme la force de tenir durant cinquante mois, dans des conditions presque toujours difficiles et souvent atroces ? C’est notamment pour tenter de répondre à cette question que mon intérêt s’est dans un second temps porté sur les combattants de la Grande Guerre. En même temps, je voulais d’une part mettre à l’épreuve la fameuse affirmation d’Alfred de Vigny selon laquelle, l’homme s’efface sous le soldat (1), et d’autre part échapper à une problématique franco-française. Alors, la recherche ne s’est pas limitée aux soldats français ; des témoins originaires des principaux pays belligérants ont été convoqués. Plusieurs années durant, j’ai ainsi enquêté sur les questions du moral, du comportement et de la psychologie des troupes combattantes européennes de cette guerre ; j’ai tenté d’éclairer les différentes facettes de la guerre entendue comme phénomène humain, culturel, social et politique, et non comme une catastrophe naturelle (2).

Cette recherche a finalement abouti à la publication d’un premier livre intitulé La Guerre censurée. Une histoire des combattants européens de 14-18 paru aux Editions du Seuil au printemps 1999 ; fondée à la fois sur des témoignages du temps de guerre et d’après-guerre (surtout les correspondances, les journaux de guerre, les mémoires, sans négliger les ouvrages de fiction produits par des anciens combattants), une approche du comportement et de la psychologie du combattant de base placé en situation paroxystique a été proposée ; du plus anodin au plus important, les multiples facteurs constitutifs ou dissolvants du moral des troupes ont été recensés ; par ailleurs, le fonctionnement interne des unités de base a été analysé par le biais de l’étude des relations hiérarchiques et humaines existant au sein des escouades, compagnies, régiments ; les ressorts de l’obéissance, mais aussi ceux de l’efficacité et de l’inefficacité au combat ont été activement recherchés  et recensés. De fait, par ce type de questionnement, de tels travaux d’anthropologie historique renseignent également l’histoire militaire. Mais au-delà, ils posent aussi la question de l’obéissance et du devoir « dus » par le citoyen à la nation et à l’Etat, et permettent d’amorcer une réflexion plus ample sur le rôle des sociétés et des gouvernements en temps de guerre. L’étude des hommes en guerre et dans la guerre m’a ainsi entraîné à examiner beaucoup plus en profondeur l’autre bout de la chaîne, à savoir les Etats qui légifèrent, puis qui ordonnent, mobilisent, enrégimentent et maintiennent leurs citoyens dans la guerre. Sans abandonner les dimensions proprement anthropologiques et militaires de la guerre, je m’intéresse d’ailleurs aujourd’hui particulièrement à sa dimension politique, et plus précisément  à ce que j’appelle la dimension disciplinaire de la guerre (au sens donné à cette expression par Michel Foucault à propos de la peste dans Surveiller et Punir). Ainsi, la question de la citoyenneté et celle de la démocratie se retrouvent-elles au cœur de mon travail. Enfin, je voulais donner à voir et à (res)sentir, ce qu’un certain nombre de combattants ont vu et (res)senti durant cette guerre ; — en historien —, je voulais aussi mettre en mots les souffrances endurées par des millions d’Européens...

 

Je dois avouer que si le résultat de cette expérience a été salué à l’étranger, notamment en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis, il a été plus diversement apprécié — l’expression est faible ! — en France (à l’exception notoire du compte-rendu signé par Rémy Cazals dans Historiens-Géographes). Un seul exemple suffira. Même s’il renseigne davantage sur la psychologie et les présupposés idéologiques de son auteur anonyme que sur la Guerre censurée elle-même, le compte-rendu publié par le magazine L’Histoire en mai 1999 témoigne bien du bas niveau atteint par certaines critiques et de la qualité médiocre des échanges entre chercheurs (j’ai néanmoins pu répondre brièvement dans le numéro de juin, ce dont je sais gré à sa rédactrice en chef Valérie Hannin). Après avoir aimablement prédit un grand succès à ce livre à l’odeur de « scandale » (sic), le grand maître cagoulé se demanda si ce livre était bien un livre d’histoire ; ainsi lancée, la procédure de disqualification suivit son cours : les témoins furent déclarés « douteux » (sic), les sources qualifiées de « textes littéraires sollicités » (sic)! Me fut ensuite reprochée mon « obsession sexuelle » (sic), puis mon goût pour la « scatologie » (sic); j’avais, je le confesse bien volontiers, effectivement abordé la question de la sexualité des combattants et celle du genre ; j’avais aussi, je l’avoue, évoqué le fait pourtant bien renseigné par les témoins, que certains combattants ne parvenaient pas toujours à maîtriser leurs fonctions naturelles sous le coup de la terreur ! Parfaitement scandaleux, je le concède ! !

 En réalité, cependant, ces critiques n’étaient que des leurres destinés à camoufler aux yeux des lecteurs non-spécialistes le véritable sujet du scandale : dans La Guerre censurée, la thèse du « consentement patriotique » mise sur le « marché » (sic encore) historiographique par Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker et Jean-Jacques Becker avait été mise en doute... (un passage de La Guerre censurée est en effet intitulé « l’improbable sentiment national »...)

C’est particulièrement désolant. Dans La Guerre censurée, il n’est pas non plus question d’esprit de croisade ; et pas davantage d’attente eschatologique ; la haine de l’ennemi est présente mais voisine avec des gestes de fraternité ; et la brutalisation, vous demandez-vous ? Il n’en est pas davantage question ! Pourquoi ? En partie parce que ce livre ne s’appuie pas exclusivement sur des témoignages d’intellectuels de haute volée.

Bien sûr, ce type de compte-rendu a largement outrepassé ce que l’on était en droit d’attendre d’une véritable recension critique ; et sans doute faut-il regretter qu’aujourd’hui il y ait tant de place accordée dans la section « compte-rendus de lecture » des principales revues d’histoire aux cirages de bottes, aux renvois d’ascenseur et aux règlements de comptes pitoyables. Pour autant, je dois reconnaître que toutes les objections formulées à l’encontre de La Guerre censurée n’ont pas été vaines ; certaines d’entre elles m’ont même stimulé ; si, si ! j’ai tout d’abord été amené à nuancer un certain nombre d’affirmations, trop tranchées peut-être, ou pas assez explicitées dans le livre, sans doute, et à mieux étayer mon argumentation sur tel ou tel point devenu sujet de polémique. Plusieurs communications et articles publiés depuis la sortie de La Guerre censurée m’ont d’ailleurs permis d’affiner mes recherches et mes réflexions sur les principaux thèmes abordés, notamment celui de la ténacité des combattants. En décembre 2000, L’Histoire publiait mon article intitulé « Vivre et mourir dans les tranchées » ; et puis en septembre 2003, les éditions du Seuil rééditaient La Guerre censurée en poche (Point-Seuil) assortie d’une longue préface sur laquelle il est nécessaire de s’arrêter un instant.

L’introuvable École de la contrainte

Le but premier visé par cette préface intitulée « 14-18, continuons le débat ! » était d’essayer de situer le contenu de ce livre dans les débats historiographiques intéressant la Grande Guerre depuis une vingtaine d’années ; le second espérait déchirer l’étiquette de tenant de « l’école de la contrainte ». À lire Penser la Grande Guerre. Essai d’historiographie d’Antoine Prost et Jay Winter (Point-Seuil 2004) et Survivre au front 1914-1918. Les poilus entre contrainte et consentement de François Cochet (14-18 éditions, 2005), je suis forcé d’admettre que j’ai sans doute encore du travail de ce côté-là...

Alors, je le redis, « L’école de la contrainte » que ces auteurs croient pouvoir identifier notamment au travers de mes travaux, n’existe pas ! Qu’ils relisent La Guerre censurée, ils y verront qu’elle-même est loin d’attribuer à la seule contrainte de la discipline la ténacité des combattants. Je rappelle à nouveau que ce livre est en outre intervenu à un moment où non seulement la fable du « consentement patriotique » submergeait médias et librairies mais où aucun historien, à l’exception notoire de Rémy Cazals (notamment lors du colloque de Montpellier de 1998, voir plus bas), n’avait jugé utile d’exprimer son éventuel désaccord avec celle-ci ; il y aurait aussi de quoi interroger ce long consentement historiographique...

Or, en français, le mot « consentement » suppose implicitement une liberté de choix. C’est le sens du consentement demandé aux fiancés lors du mariage ; c’est le sens du consentement demandé aux parents d’enfants mineurs désirant souscrire un engagement pour l’armée ; les uns et les autres ont le choix de dire oui ou non ; ce n’est évidemment pas le cas des mobilisés de 14-18. Pour autant, la question se pose : certains n’ont-ils pas pu obéir, répondre à l’appel de la Patrie, en adhérant — en conscience — à la guerre, à ses buts explicites ou implicites ? La réponse est claire, affirmative et sans ambiguïté. Un certain nombre d’hommes ont effectivement vécu la guerre avec exaltation et on en trouve la trace, le témoignage, dans les écrits de grands intellectuels ou d’officiers (Robert Hertz, Jacques Rivière, Charles de Gaulle...) ; mais qu’en est-il du « consentement patriotique exalté » de ceux qui n’ont pas fréquenté l’École Normale Supérieure, le Grand Séminaire ou l’École de guerre ?

Par ailleurs, il ne s’agit pas de soutenir que les soldats de 14-18 n’étaient pas des patriotes ; la plupart étaient effectivement des patriotes. Mais la question reste entière : leur patriotisme est-il l’élément déterminant qui leur a donné la force de tenir,  et dans le cas spécifique des Français, de gagner la guerre ? Un long compagnonnage avec les témoignages de combattants véritables m’a conduit à proposer une thèse alternative à celle du « consentement patriotique » : celle du « faisceau de facteurs » aléatoires selon les hommes, les périodes, les secteurs. Précisément, la préface de l’édition de poche de La Guerre censurée (Points-Seuil, 2003) développe et soutient cette thèse qui propose d’aborder la guerre comme un phénomène total dans toutes ses dimensions sociales, politiques, militaires, mentales, et culturelles, etc. (voir aussi à ce propos et sur ce site mon rapport de synthèse présenté devant le colloque de Craonne-Soissons le 12 novembre 2004 lors de la session consacrée aux Expériences combattantes). Par ailleurs, qu’il s’agisse de « consentement » et/ou d’obéissance, la démarche entreprise consiste à dépasser ce simpliste constat ; le consensus comme l’obéissance ne sont pas des donnés mais sont au contraire le produit de constructions, de processus longs, de rapports de forces et de dominations en perpétuel mouvement ; ce sont précisément ces processus d’édification qu’il s’agit d’éclairer, d’explorer et de questionner ; rompant avec une histoire des représentations englobante, globalisante, arasante, qui n’est trop souvent que celle des élites bâtie à partir de leurs seuls témoignages, il s’agit de s’intéresser aux pratiques et aux expériences de tous les hommes et de toutes les femmes en guerre, en réinscrivant ces pratiques et ces expériences dans la longue durée.

 

Les témoins et les témoignages

Par ailleurs, après La Guerre censurée, et dans la mesure où mes recherches continuaient de reposer — pour partie — sur l’exploitation des témoignages de combattants, il m’a paru indispensable de poser et d’essayer de clarifier la question des sources. Un certain nombre d’aspects de cette réflexion d’ordre méthodologique ont été abordés dans un petit livre paru à l’automne 2001 (réédité en 2003) aux Editions Privat de Toulouse, 14-18, Le Cri d’une génération (en collaboration avec Rémy Cazals).

Le cri d’une génération, c’est celui poussé par des milliers de poilus, connus ou inconnus, qui, de multiples manières, ont porté témoignage à la fois de leur guerre et de la Grande Guerre : la vie dans les tranchées, la fraternité des poilus ou même avec l’ennemi, la peur, la mort toujours présentes...

Destiné aux amateurs de récits de vie, mais aussi aux étudiants et aux chercheurs, ce livre dresse tout d’abord une typologie des témoignages de guerre, des journaux de tranchée aux carnets de route, des correspondances aux mémoires et romans. Sont ensuite retracées les grandes étapes de cette formidable prise de parole combattante.

Dans l’entre-deux-guerres, l’histoire faite « à l’ancienne » privilégie les papiers de l’état-major, les grands mouvements de troupe... et ne sait pas toujours discerner, lorsqu’elle s’y intéresse, les témoignages les plus fiables. Peu d’anciens poilus se reconnaissent dans cette histoire officielle de la guerre. Quelques-uns, révoltés, tentent d’écrire une autre histoire, fondée sur le témoignage des hommes qui ont fait la guerre en première ligne, les pieds dans la boue et la tête sous les obus (on peut citer Jean Norton Cru, André Ducasse, Jacques Meyer).

Dans le même temps, je commençais aussi à m’intéresser à Jean Norton Cru, à son œuvre et à la réception de son œuvre. Ce fut l’objet du livre Le Procès des témoins de la Grande Guerre. L’affaire Norton Cru (Seuil, 2003).

« J’ai commencé un travail qui ne semble pouvoir être comparé à aucun autre, un élément d’histoire absent de toutes les histoires existantes : les réactions psychologiques du soldat, cet aspect de la guerre qui est le plus humain de tous. Et je crois que cela aidera à montrer la guerre comme elle est réellement, presque autant que l’histoire économique et sociale, quoique dans un champ plus restreint. Bien que je ne sois pas pacifiste, je suis persuadé que si les gens savaient ce que je sais de la guerre, ils ne seraient pas tentés d’entreprendre ce type d’aventure. »

Ainsi parlait l’ancien combattant Jean Norton Cru d’une enquête qui aboutit en 1929, à la publication de son livre, Témoins, Essai d’analyse et de critique des souvenirs de combattants édités en français de 1915 à 1928(Paris, Les Etincelles, 1929, rééd. Nancy, PUN, 1993). Cette publication donna lieu à une immense polémique, « l’affaire Norton Cru », procès d’un homme qui voulait démasquer les faussaires pour mieux instituer les témoins véridiques et dénoncer cette première forme de négationnisme qu’était le travestissement de l’expérience de la guerre dans le but ultime que chacun en comprenne la nature afin d’en éviter le retour.

C’est le destin de la réception de Témoins qu’examine ce livre, depuis les premières réactions à la parution du livre jusqu’aux positions des historiens d’aujourd’hui, dont certains n’ont pas craint de récuser « la dictature du témoin » censée empêcher la bonne histoire. Comment écrire l’histoire tragique du XXe siècle ? Est-ce en soupçonnant le témoignage ou en se mettant à son écoute ? Quelle vérité l’historien détient-il par rapport au témoin ? La « bonne » histoire ne se situe-t-elle pas toujours entre science et mémoire ? Autant de questions fondamentales que posait Témoins et qui continuent plus que jamais à se poser.

Dans le débat d’une violence extravagante qui oppose aujourd’hui certains historiens aux témoins (on pense à l’expression « dictature du témoignage » employée par Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, ou encore à l’assimilation implicite et gratuitement malveillante de l’œuvre de Jean Norton Cru avec les productions négationnistes survenues après 1945 par Christophe Prochasson), ce livre plaide pour l’apport irremplaçable du témoignage : récit de vie et de mort, qui donne du sens et de la chair à la guerre trop abstraite dans les autres types de sources ; indépassable lorsqu’il s’agit de partager, dans la limite du possible, l’expérience humaine des combattants.

 

Articles ayant trait à la Grande Guerre, au témoignage

et à l’enseignement de la Grande Guerre :

 

-« L’électrothérapie des névroses de guerre durant la Première Guerre mondiale », in Guerres mondiales et Conflits contemporains, 1997, n°185, p. 13-27.

Cet article se fonde sur les archives médicales, les revues scientifiques spécialisées européennes (médecine, psychiatrie, neurologie) et les ouvrages écrits par des médecins ayant eu à traiter de nombreux cas de névroses de guerre. Cet article met notamment l’accent sur le fait que lors de cette guerre, les militaires et les psychiatres furent totalement pris au dépourvu par l’afflux considérable de névrosés de guerre. Pour faire face à ce que les militaires prenaient pour de la simulation, voire de la désertion pure et simple, de nombreux psychiatres européens se sont soumis aux objurgations des commandements : reniant leur serment médical, ils ont totalement dévoyé leur art et recouru à la torture à l’électricité afin de convaincre les névrosés de retourner au front...

 

-Compte-rendu du livre de R. van Hartesveldt The Dardanelles Campaign, 1915. Historiography and Annoted Bibliography, 1997, in The Journal of Military History, 1998, p. 645-646 et dans Histoire et Défense, 1999, n°1.

-« Réflexions sur le moral d’un homme mort de la guerre monotone, Eugène Bayle (août 1914-avril 1915) », in Supplément d’âme, Nîmes, 1998, n°3, p. 5-24.

-« Essai d’une histoire européenne de la guerre et de la paix en Europe au XXe siècle. De la Grande Guerre à la guerre de Soixante-dix ans », in Actes du colloque franco-polonais, Guerre et Paix en Europe, Montpellier, juin 1998, Montpellier 2001.

-« Autre point de vue, autres regards. Pour une Histoire européenne de la Grande Guerre », in La Grande Guerre 1914-1918, 80 ans d’historiographie de la Grande Guerre, Actes du colloque international de Montpellier, 18-19 novembre 1998, Montpellier, ESID-UMR 5609 du CNRS, 2003, pp. 393-412.

-La Guerre censurée. Une histoire des combattants européens de 14-18, Paris, Editions du Seuil, 1999, rééd. Point Seuil 2003, 400 pages.

-Compte-rendu du livre de Louis Crocq, Les traumatismes psychiques de guerre 1999, in L’Histoire, 2000.

-« Paroles de femmes de poilus. Jours de guerre au féminin sur le front intérieur languedocien (1914-1918) », in Annales du Midi, tome 112, oct.-déc. 2000, pp. 483-498.

-« Ecrire et enseigner la Grande Guerre, toute la Grande Guerre », in Internationale Schulbuchforschung 22 (2000), Georg Eckert Institut, pp. 333-348.

-« Vivre et mourir au front : l’enfer des tranchées », L’Histoire, n°249, décembre 2000, pp. 60-65.

-« Le devoir de défense en France de la Révolution à la Grande Guerre », Actes du colloque international sur le Devoir de défense, IEP d’Aix-en-Provence, 15 septembre 2000, in Le Devoir de défense en Europe aux XIXe et XXe siècles (J.-Ch. Jauffret dir.), Paris, Economica, 2002, pp. 27-36.

-« Les témoignages : des documents incontournables pour l’écriture d’une histoire des combattants de la Grande Guerre », Histoire et défense. Cahiers de Montpellier, n°41, I/2000, p. 43-56.

-« 14-18 : retrouver les combattants de la Grande Guerre. Discussion de la thèse du consentement patriotique. », article accepté par Les Annales à l’automne 2000, avant d’être finalement rejeté, 4 ans après, sans explication !; à paraître dans les actes du colloque de Reims, La défense en questions

-Compte-rendu du livre de S. Audoin-Rouzeau et A. Becker, 14-18, retrouver la guerre, in Journal of Military History, jan. 2001, pp. 215-216.

-14-18, Le Cri d’une génération. Essai sur la parole combattante (en coll. avec Rémy Cazals), Toulouse, Editions Privat, oct. 2001 (rééd. 2003), 160 pages.

-« Paris durant la Grande Guerre vue au travers des témoignages de contemporains », Actes du colloque de Varsovie, 3-6 juin 2002, à paraître.

-« Enseigner la guerre » et « Les débats historiographiques autour de la Grande Guerre », Conférence présentée devant l’A.P.H.G. d’Aix-Marseille, 29 janvier 2003.

Le Procès des témoins de la Grande Guerre. L’Affaire Norton Cru, Paris, Ed. du Seuil, 2003, 340 pages.

-« Les volontaires du bureau de recrutement de Nîmes : entre patriotisme et stratégie d’évitement (1914-1918) », in Le volontariat, Actes du colloque international de Montpellier, 3-5 avril 2003, ESID UMR 5609 CNRS-Université Montpellier 3, 2006.

-« Mémoires du conflit et conflits de mémoire : autour des cérémonies du 11 novembre », in Les usages politiques du passé dans la France contemporaine des années 1970 à nos jours, Actes du colloque du CHS (Centre d’Histoire Sociale du XXe siècle-Paris 1-CNRS), Paris, 25-26 septembre 2003, à paraître aux Presses Universitaires de Provence.

-La Guerre censurée. Une histoire des combattants européens de 14-18, Paris, Seuil, Coll° Point-Histoire, préface inédite « 14-18, Continuons le débat ! », sept. 2003.

-« Les réfugiés de la Grande Guerre dans le Midi de la France », in Actes du colloque international de Venise, Université Ca’Foscari, 30-31 octobre 2003, à paraître.

-Présentation-Annotation de Roland Dorgelès, Je t’écris de la tranchée. Correspondances de guerre 1914-1917, Paris, Albin Michel, nov. 2003.

-(dir.) Guerres, Paix, Sociétés (1911-1946). Pour une histoire totale, numéro spécial d’HDS (Histoire-Défense-Sociétés), revue de l’ESID UMR 5609 du CNRS, Montpellier, février 2004.

-(dir.) Guerres, Paix, Sociétés (1911-1946), Paris, Ed. Atlande, Coll° Clefs Concours, mars 2004, 745 pages. A noter, une mise au point sur les limites de la notion de « culture de guerre ».

-Le Chemin des Dames et la Grande Guerre (dir. N. Offenstadt), Paris, Stock, 2004 (4 chapitres : Le Chemin des Dames en 1914 : la leçon oubliée ; L’offensive du Chemin des Dames, chapitres d’histoires pour tous ; Chemin des Dames, lieu d’amnésie nationale; Eléments pour une anatomie de la bataille d’avril 1917 (ce dernier article examine la question de la violence interpersonnelle et les affirmations de certains historiens sur le corps à corps)

-Jean Norton Cru (notice) in Christian Amalvi (dir.), Dictionnaire des historiens français, Paris, La Boutique de l’Histoire, 2004.

-« Le moment Norton Cru et l’irruption des témoins dans l’écriture de l’histoire du XXe siècle », in Le Cartable de Clio, n°4-2004, p. 29-36.

-« Les débats historiographiques français autour de la Grande Guerre », Catastrophe fondatrice, Grande Guerre ou guerre d’indépendance ? La Première Guerre mondiale en cours d’histoire, colloque trilatéral pour professeurs d’histoire, Genshagen-Berlin, 11-12 mars 2005.

 

Autres articles sur les hommes en guerre :

-« Leçons sur l’esprit combatif d’un guerrier sans haine, Erwin Rommel », in Les Armes et la Toge, Mélanges offerts à André Martel, (Jean-Charles Jauffret dir.), Montpellier, ESID-Université Paul Valéry, 1997, p. 13-27.

-«  Le Che en Bolivie : une guérilla sans issue », in Revue Historique des Armées, 1998, n°1, p. 61-72.

Cet article s’intéresse à la petite équipe de guérilleros réunie par Che Guevara en Bolivie, lors de sa dernière épopée. Partant du Journal de Bolivie rédigé par le Che lui-même, et d’autres mémoires écrits par ses compagnons d’armes, j’ai analysé le fonctionnement interne de l’unité combattante révolutionnaire. Relations hiérarchiques, conditions du bon et du mauvais moral ont été étudiées dans ce contexte très particulier de la guérilla. En quête d’un monde nouveau, d’un homme nouveau, le Che avait-il généré un type de soldat nouveau ? Telle était la question de fond que nous tentions ici d’aborder. Cette étude montre que l’unité combattante révolutionnaire guévariste connaît un certain nombre de caractéristiques qui la distinguent de l’unité combattante régulière. L’autorité n’est pas fondée sur l’autoritarisme mais plutôt sur l’admiration, l’affection que portent les combattants à leur chef. La hiérarchie est celle du courage et des compétences. Les relations entre les combattants guérilleros sont néanmoins fondées sur l’égalité entre tous les membres de l’unité. La volonté d’éduquer, d’instruire les recrues est une autre composante originale de la guérilla. De même, le respect des civils tranche avec les exactions commises régulièrement par l’armée régulière bolivienne. Pour tous ces éléments, et en dépit de l’échec final, l’unité guévariste peut effectivement apparaître comme une unité combattante qui révolutionne aussi la lutte armée.

-« Des nouveaux mots de la guerre au refus des maux de la guerre : l’Occident sort-il de l’âge guerrier ? », in Danielle Domergue-Cloarec et Antoine Coppolani (dir.), Des Conflits en mutation ? De la guerre froide aux nouveaux conflits, Actes du colloque de 18-20 juin 2001, ESID-Université Montpellier III, Bruxelles, Ed. Complexe, 2003, p. 473-482.

-« Tsushima, défaite russe et stupeur occidentale », in Tsushima, Littérature comparée-Université Montpellier 3, 20 décembre 2003, à paraître in Cahiers de l’exotisme.

 

(1) Alfred de Vigny, Servitude et grandeur militaires, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1992, p. 44.

(2) Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil, Points-Histoire, 1971, p. 151.

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