logoCollectif de Recherche International et de Débat sur la Guerre de 1914-1918

Charte scientifique du CRID 14-18

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Le collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918 (CRID 14-18) est un collectif de chercheurs dont la vocation est de travailler au progrès de la connaissance historique sur le phénomène de la Première Guerre mondiale. Association à but scientifique, il se veut le cadre d’échanges et de débats permettant l’enrichissement de la démarche de recherche de tous ses membres. Il se donne pour objectif l’organisation de colloques scientifiques, l’animation de groupes de travail thématiques, le lancement d’enquêtes collectives et de publications, initiatives au sein desquelles chaque membre peut participer selon ses compétences, sa disponibilité et l’intérêt qu’il y porte, sur un strict pied d’égalité. Les principes qu’il met en œuvre sont ceux de la recherche scientifique, l’utilisation et la critique de tous les documents disponibles sans aucun a priori, la confrontation rigoureuse des travaux déjà publiés, la construction des objets historiques en s’appuyant sur les acquis des sciences sociales.

Le CRID 14-18 a pour origine la rencontre d’universitaires, d’historiens non professionnels et de membres de sociétés savantes sur le terrain même des combats de 1914-1918. S’il manifeste son attachement durable à ce terrain par l’installation de son siège à Craonne (Aisne), le CRID 14-18 n’entend pratiquer aucune restriction de lieu et il se donne au contraire pour objet de contribuer aux études historiques sur la Guerre de 1914-1918 sur l’ensemble du territoire (sur les lieux de l’ancien front comme dans les autres départements, en métropole comme dans les DOM-TOM, et l’ensemble des anciennes colonies) et au-delà dans tous les pays avec lesquels il a l’occasion d’entretenir des liens.

Association d’historiens et de chercheurs en sciences sociales dont la vocation est avant tout scientifique, le CRID 14-18 entend mener une histoire ouverte de la Première Guerre mondiale. À une histoire confinée, sûre d’elle et fermée aux échanges dont la fermeture même obère les résultats, il préfère pratiquer une « science de plein air » qui implique les acteurs de terrain, les sociétés savantes et les connaisseurs non professionnels.

Le CRID 14-18 prend acte et se félicite de la place croissante de 14-18 dans l’espace public et constate qu’elle procède largement sur le terrain du travail d’associations locales qui suscitent et relayent la curiosité grandissante des générations actuelles pour ce moment de leur passé.

À l’écart de toute logique médiatique et tout en défendant les exigences spécifiques de la recherche historique, le CRID 14-18 inscrit volontiers son action dans ce mouvement et se donne pour objet, entre autres, de travailler avec ces associations de même qu’avec les autres institutions (archives, musées…) au service d’une compréhension du premier conflit mondial mieux étayée sur les sources et la prise en compte du terrain. Refusant toute forme d’opposition tranchée entre l’histoire des historiens et celle des témoins, le CRID 14-18 s’efforce au contraire de lutter contre la confiscation du discours sur la guerre par les historiens de profession.

Ouvert à toutes les formes d’histoires sans aucune exclusive, le CRID 14-18 a néanmoins la volonté de mettre au cœur de son travail les pratiques et les expériences des acteurs de la guerre. Sans nier les apports de l’histoire culturelle à laquelle il entend lui aussi contribuer, il constate le caractère souvent artificiel d’études essentiellement fondées sur les discours et les représentations. C’est à ce titre qu’il voudrait travailler à donner toute sa place à l’histoire sociale dans la compréhension de la guerre, à une histoire sociale renouvelée par les apports des autres sciences sociales depuis une vingtaine d’années. Au-delà du caractère évidemment spécifique de l’événement 1914-1918, il juge indispensable d’inscrire les pratiques et les expériences de tous les acteurs de la guerre dans le temps long de leurs trajectoires sociales, sans céder à l’exotisme que suscite trop souvent cet événement étudié pour lui seul et sous l’angle de l’exception.

Constatant l’immensité du travail qui reste à accomplir pour comprendre ce qui s’est passé entre 1914 et 1918, le CRID 14-18 se refuse à toute forme de mise en scène de la « rupture » historiographique. C’est en s’appuyant notamment sur les travaux précieux des historiens du passé (y compris ceux qui avaient directement vécu la guerre) qu’il entend faire progresser la connaissance historique, renouveler des questions déjà bien débattues comme ouvrir de nouveaux chantiers jusqu’ici délaissés.  

Le CRID 14-18 a vocation à s’ouvrir à tous ceux qui se reconnaissent dans ces principes et qui désirent le rejoindre pour accomplir un travail vraiment collectif sur la Première Guerre mondiale

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