Bienvenue sur le site du Crid 14-18

Né en 2005, le Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918 est une association de chercheurs qui vise au progrès et à la diffusion des connaissances sur la Première Guerre mondiale. Pour cela, il met à la disposition de tous des textes et des outils scientifiques et pédagogiques, ainsi qu’un dictionnaire en ligne des témoignages. On peut accéder à ces différentes rubriques par le menu latéral.

Hugh Sebag-Montefiore, Somme. Into the Breach

Hugh Sebag-Montefiore, Somme. Into the Breach, Penguin Books, 2017, 645 pages (ISBN 978-0-141-04332-6).

C’est la version paperback du livre paru en 2016 pour le centenaire de la bataille qui dura quatre mois et demi. Nombreuses cartes. 65 photos. Très important index des personnes, des lieux, des unités engagées et des thèmes. Une introduction nouvelle tient compte des questions et remarques que l’auteur a reçues entre les deux éditions. L’ouvrage a obtenu des comptes rendus très favorables, notamment de Max Hastings (« le meilleur nouveau récit de la bataille »).

L’auteur a voulu examiner de plus près la version traditionnelle qui évoque les pertes inutiles, les hommes envoyés à l’assaut sans préparation suffisante par des généraux britanniques incompétents. Ses recherches lui ont fait découvrir que les attaques qui avaient obtenu quelque succès n’ont pas été exploitées.Les rapports des services de renseignement montrant les points faibles de la ligne allemande ont été négligés. Les chefs n’ont pas davantage tenu compte des avis d’un expert en artillerie demandant davantage de canons lourds pour détruire les nids de mitrailleuses. Des soldats anglais, capturés avant l’offensive, avaient livré des informations : Hugh Sebag-Montefiore en a retrouvé les traces dans les archives allemandes. Le message du général Rawlinson annonçant l’attaque aux troupes britanniques a été intercepté par les Allemands. En France, il était de notoriété publique qu’on devait tenir ferme à Verdun jusqu’au 1er juillet, date d’une offensive alliée qui allègerait la pression allemande. Voir là-dessus Marie-Louise et Jules Puech, Saleté de guerre ! correspondance 1915-1916, éditions Ampelos, 2015.

Si Hugh Sebag-Montefiore a « remis de l’humanité dans la bataille » (GerardDegroot), c’est qu’il a utilisé tous les témoignages de combattants britanniques, y compris ceux de tous les Dominions. Un détail intéressera particulièrement les historiens qui travaillent sur le témoignage : beaucoup de récits de soldats anglais sont perdus parce qu’ils les ont faits oralement à leur famille, lors des permissions qu’ils passaient chez eux. Mais les Australiens et les Néo-Zélandais qui, en permission, ne quittaient pas le territoire britannique, ne pouvaient raconter que par lettres dont beaucoup sont conservées. L’auteur a également consulté toutes les archives d’Angleterre, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, et son introduction fait le récit de ses recherches et du bonheur de ses découvertes. Dans une correspondance avec moi, Hugh a regretté de ne pas pouvoir disposer d’une quantité suffisante de témoignages français. S’il les avait utilisés, le déséquilibre aurait été trop fort. Son livre ne décrit donc la bataille qu’entre Britanniques et Allemands.

On peut consulter son site : www.hughsebagmontefiore.com

Rémy Cazals

En territoire ennemi

Vient de paraître, sous la direction de James Connolly, Emmanuel Debruyne, Élise Julien et Matthias Meirlaen, En territoire ennemi. Expériences d’occupation, transferts, héritages (1914-1949), aux presses du Septentrion, publication de communications présentées lors de journées d’études à Paris et Lille. Continue reading « En territoire ennemi »

Parution : La crise de La Courtine (mai-septembre 1917)

Le livre de Maxim Chiniakov, maître de conférences à l’université pédagogique d’Etat de Moscou, vient de sortir, en russe (ISBN 978-5-94845-281-4). La traduction du titre est : La crise de La Courtine (mai-septembre 1917). Monographie, 308 pages. En français, une table des matières et un résumé permettent d’en comprendre le sens général et l’articulation. Un premier chapitre décrit ce qui précède la crise de La Courtine. Il présente le corps russe envoyé en France (soldats et officiers), la révolution de février, les soviets de soldats, la bataille du Chemin des Dames… Le chapitre 2 porte sur les phases successives de l’affrontement à La Courtine. Le chapitre 3 en expose les suites : les pertes humaines, l’enquête, la conscience révolutionnaire, et il donne la biographie de quelques leaders de la révolte. Les sources russes consultées sont abondantes. La bibliographie inclut de nombreux ouvrages en français, parmi lesquels le livre collectif du CRID 14-18 sur le Chemin des Dames, les colloques du même collectif, la thèse d’André Loez sur les mutineries, le témoignage de Louis Barthas, le journal de Gavrilenko, etc.

Rémy Cazals

Colloque du CRID 14-18 : Comment écrire la guerre ?

Comment écrire la guerre ? Sans frontières. La réponse s’est construite au fil des quatre sessions du colloque du CRID tenu à Laon les 10 et 11 novembre 2017 pour s’imposer comme une évidence. D’un apparent habit d’Arlequin a pu naitre alors une stimulante histoire en miettes. Continue reading « Colloque du CRID 14-18 : Comment écrire la guerre ? »

Parution : Athènes 1917, le regard de l’armée d’Orient

 

photos commentées par Tassos Anastassiadis, Lena Korma et Manolis Korres,
École française d’Athènes & Melissa Publishing House,
avec la participation de la Mission du Centenaire, 2017, 240 pages.

Photos de l’ECPAD remarquablement restaurées ; texte en français, grec et anglais. Un plan ancien (p. 235) indique la localisation des 110 photos. Le commentaire signale les maisons et coins de rues encore visibles aujourd’hui. Les photos de 1917 montrent l’état de la restauration des édifices de l’Antiquité, de la mosquée Disdaraki, des petites églises byzantines.
L’occupation d’Athènes par les troupes françaises suit les Noemvriana (jours de novembre 1916 dans le calendrier julien, de début décembre dans le calendrier occidental), période d’affrontement entre les partisans du roi Constantin et ceux de Venizelos soutenu par les forces franco-anglaises. On voit ainsi des soldats français, baïonnette au canon, montant la garde sur l’Acropole, tandis qu’un vélo est négligemment couché sur les marches du petit temple d’Athéna Victorieuse ; d’autres installant leur popote sur la colline des Muses, avec le Parthénon en arrière-plan ; d’autres encore bivouaquant ou faisant la sieste dans le théâtre de Dionysos. Le 14 juillet 1917, la fête nationale est célébrée devant une importante affluence endimanchée dans le stade olympique. Des enfants, souvent pieds nus, entourent les soldats. L’un d’eux s’est couvert la tête d’un casque Adrian et s’est assis sur un tambour de colonne. Dans les rues, se côtoient bourgeois et mendiants, chèvres et brebis ; en pleine chaleur, les cireurs de chaussures font la sieste. Les dernières photos du livre montrent les monuments antiques sous la neige.
Le livre est une réussite.

Rémy Cazals

Parution de Guerre et transgressions

Vient de paraître aux Presses Universitaires de Grenoble, Guerre et transgressions. Expériences transgressives en temps de guerre de l’Antiquité au génocide rwandais, sous la direction de Laurent Douzou, Sylvène Édouard et Stéphane Gal. Il s’agit des actes d’un colloque qui s’est tenu en 2015 à Lyon.

Présentation :

Qu’est-ce que transgresser ? En quoi consistent les pratiques transgressives ? Qu’impliquent-elles réellement ?

La transgression traverse et interroge toutes les époques et toutes les sociétés. Transgresser, c’est aller au-delà de limites juridiquement, politiquement et socialement établies ; c’est aussi s’aventurer hors du territoire dessiné par le code moral de chacun. Au-delà de cette définition sommaire, comment définir en toute rigueur, à partir de cas précis, ce que transgresser veut dire ?
La question de savoir ce que la notion de transgression désigne et implique se pose de manière particulièrement aiguë en temps de guerre. D’où le parti d’aborder cette expérience de la transgression dans une perspective pluridisciplinaire à partir d’une observation sur le temps long, de la Grèce antique à l’expérience contemporaine de la guerre civile au Rwanda.

Ont contribué à l’ouvrage : Guillaume Ancel, Patrice Arnaud, Loïc Cazaux, Sébastien Chatillon, Pauline Flepp, Véronique Garrigues, Charlotte Gobin, Alexandre Jakubiec, Aude-Marie Lalanne Berdouticq, Valéria Pansini, Laurence Prempain, Delphine Richard, Philippe Salson, Morgane Walter, Stéphane Weiss.

 Commander l’ouvrage :

Journée d’étude : Les troupes « étrangères » dans les conflits en Europe au XXème siècle

Troupes « étrangères » dans les conflits en Europe : mémoires, histoire et fiction au XXème siècle

Journée d’étude organisée par le laboratoire ERIAC à l’Université de Rouen, le jeudi 16 novembre 2017 en salle des associations (MDU). Continue reading « Journée d’étude : Les troupes « étrangères » dans les conflits en Europe au XXème siècle »

Colloque : Être à la guerre sans être à la guerre

Appel à communications pour le colloque « Être à la guerre sans être à la guerre », organisé à l’Université Sorbonne-Nouvelle, les 22-23 juin 2018.

La date limite pour envoyer vos propositions de communication est le 20 novembre 2017.

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Jean Jaurès, Combat pour l’humanité

Parution du livre Jean Jaurès. Combat pour l’humanité de Rémy Cazals.

Présentation de l’ouvrage :

Jean Jaurès fut le plus grand homme d’État de la Troisième République. Ayant combattu sans répit pour le maintien de la paix, son assassinat, le 31 juillet 1914, signifiait qu’il n’y avait plus d’obstacle au déchainement de la guerre apportant les malheurs qu’il avait annoncés.

Durant sa vie politique, Jaurès n’a cessé de lutter pour améliorer le sort de l’humanité : pour la République démocratique contre les monarchistes ; pour la justice et la vérité dans l’affaire Dreyfus ; pour les retraites ouvrières, la diminution de la journée de travail, la sécurité des mineurs ; pour le mouvement syndical, les coopératives, la Verrerie ouvrière d’Albi ; contre l’obscurantisme pour une éducation guidée par la raison et les Lumières ; en faveur des Arméniens persécutés et des peuples soumis à la domination coloniale ; contre les antisémites ; contre la peine de mort.

Cette biographie nouvelle veut à la fois être complète et accessible à un large public. Elle souligne la construction dans le temps de la personnalité et des convictions socialistes de Jaurès. Elle montre son rôle national et international sans oublier son ancrage régional dans le Tarn, à Toulouse, dans le Midi occitan. Elle donne largement la parole à celui qui a tant écrit et qui s’est tant de fois adressé aux électeurs, aux députés, aux instituteurs, aux syndiqués, aux assemblées d’ouvriers en grève. Elle apporte une attention particulière à un aspect jusqu’ici négligé : l’humour et l’ironie du grand homme qu’il faut percevoir plein d’énergie et de verve dans ses combats.

Le dernier chapitre du livre recense les opinions des combattants de 1914-1918 sur l’homme qui avait compris ce que serait l’horreur d’une guerre européenne.