15 février 2012, Journée d’études « Semaines religieuses et bulletins paroissiaux » : intervention sur la Grande guerre

La journée d’étude organisée le mercredi 15 février 2012 par la Bibliothèque Nationale de France et le Centre d’histoire de Sciences Po comprend une intervention sur la Grande guerre, par André Loez. Voir le programme détaillé (pdf) :

 

Programme semaines religieuses

Le centenaire de la Grande Guerre: parution du rapport de préfiguration, par J. Zimet

Le ministère de la Défense (Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives) a mis en ligne récemment (nov. 2011) le rapport de préfiguration du centenaire de la Grande Guerre, réalisé par Joseph Zimet: « Commémorer la Grande Guerre (2014-2020) : propositions pour un centenaire international »

On peut consulter ici la page de présentation.

Le rapport est téléchargeable ici (au format .pdf)

Ce travail substantiel propose un tour d’horizon très riche des manifestations prévues pour 2014 et pour la période s’ouvrant jusqu’après 2018 (dont les travaux et activités du Crid 14-18), formule des propositions, et constitue désormais le point de repère indispensable pour tous ceux que la présence contemporaine de la Grande Guerre intéresse. C’est notamment l’occasion de saisir les différentes manières dont le centenaire se prépare dans tous les pays ex-belligérants (p. 31-45), révélant de nets décalages dans les rapports entre les sociétés et leur passé.

 

 

Conférences à Agen : La Grande Guerre aujourd’hui : mémoire(s) et histoire(s)

Dans le cadre de conférences organisées à la Chapelle de Martrou à Agen, Alexandre Lafon, docteur en Histoire contemporaine et membre du CRID1418 propose deux interventions portant sur la Grande Guerre aujourd’hui. Quelles traces subsistent du conflit ? Quelle(s) mémoire(s) y sont associées ? Comment enfin, écrit-on l’histoire de la Grande Guerre au moment où l’on prépare le centenaire de son déclenchement ?

Autant de questions abordées en interrogeant les marques laissées dans le paysage de la ville d’Agen et des familles agenaises.

Dimanche 18 décembre – Chapelle des Martou, 16h30 : Traces de la Grande Guerre – Agen et les Agenais 1914-1924

Dimanche 19 févier – Chapelle des Martrou, 16h30 : Parcours de combattants agenais 1913-1920. Pour une histoire sociale du conflit.

Contact et réservation : 05 53 68 04 04

Compte-rendu de la journée d’étude « Témoigner de la Grande Guerre », Noyon, 6/11/2009

Journée organisée par l’action culturelle de l’académie d’Amiens (rectorat d’Amiens), le service éducatif « patrimoine et musées » de Noyon et la conservation des musées de Noyon (ville de Noyon).

Problématique autour du thème:  publier les témoignages.

Pour commencer, deux constats concernant la Grande Guerre :

-         c’est le premier conflit dans l’histoire à impliquer autant de combattants. Pour la France : au total 8 millions d’hommes mobilisés dont 4 millions à être effectivement dans la zone de l’avant.

-         C’est le premier conflit dans l’histoire à impliquer des populations masculines ayant atteint en moyenne un aussi fort taux d’alphabétisation (école obligatoire, etc.).

La conjonction de ces deux faits va générer une masse de productions écrites, inconnue jusqu’alors. Ainsi chaque jour, des millions de lettres vont être échangées entre « l’avant » et « l’arrière ». Par ailleurs, très fréquemment face à une situation exceptionnelle, la guerre, les hommes vont également avoir un comportement exceptionnel par rapport au quotidien de leur vie civile. Ces hommes, pas tous évidemment, vont se mettre à tenir des carnets de route encore appelés  journaux de campagne.

A partir de quand des témoignages sur la Grande Guerre ont-ils été publiés ?

Quelles formes ont les témoignages publiés ?

Peut-on établir une sociologie du témoin ?

Toutes les catégories socio-professionnelles sont-elle représentées ?

Pourquoi publier des témoignages ?

Peut-on évaluer la quantité de témoignages publiés ?

Yann Prouillet.

Membre du CRID 14-18, Yann Prouillet habite les Vosges où il est directeur d’édition. Il a entrepris depuis longtemps d’établir une base de données des ouvrages traitant de la Grande Guerre. Celle-ci avoisine actuellement les 15 000 titres.

Quelles observations a-t-il pu tirer de sa base de données ?

Conférence faite par Yann Prouillet.

Historiographie générale de la Grande Guerre : un essai de bibliographie exhaustive.

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Bernard Devez

Bernard Devez est un ex consultant en marketing et sociologie. Il est bibliophile et bibliographe amateur de la Grande Guerre. Il possède la plus grande bibliothèque privée française de livres consacrés à la Grande Guerre. Sa collection s’élève à près de 10 000 titres. Il va nous présenter ses réflexions concernant la publication de témoignages relatifs à la Grande Guerre.

Conférence faite par Bernard Devez.

Les témoignages dans la bibliographie générale de la Première Guerre mondiale.

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André Sinet

André Sinet habite à Aulnois-sous-Laon dans l’Aisne. Il vient du publier à compte d’auteur le témoignage de son grand-père, Henri Romagny. Ce témoignage mérite, par sa qualité, sa précision et son honnêteté, une attention particulière.

Conférence faite par André Sinet

Un exemple de publication récente : le témoignage de mon grand père, Henry Romagny.

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Thème de l’après-midi : les témoins de la Grande Guerre.

Problématique

Quel est l’intérêt des témoignages émanant des combattants de la Grande Guerre ? Nous reprenons plus largement un questionnement déjà posé par Frédéric Rousseau : « comment écrire l’histoire tragique du XXe siècle ? Est-ce en soupçonnant le témoignage ou en se mettant à son service ? Quel vérité l’historien détient-il par rapport au témoin ? »

 

Conférence faite par Frédéric Rousseau : le cas Jean Norton Cru.

Frédéric Rousseau a repris dans ses grandes lignes son ouvrage publié au Seuil  en 2003 : Le Procès des témoins de la Grande Guerre, l’affaire Norton Cru. Nous renvoyons donc à cet ouvrage.

 

Rémy Cazals

Rémy Cazals est professeur émérite de l’Université Toulouse-Le-Mirail. Il a publié en 1978 les Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier dans la vie civile et caporal d’infanterie durant la guerre, carnets qu’il a préfacés. Depuis 1978, ce livre a été constamment réédité et l’ensemble des éditions atteint lui-même aujourd’hui un tirage de  75 000 exemplaires. Il faut noter que de nombreux extraits de ces carnets ont été et sont encore publiés dans différents manuels scolaires d’histoire. Rémy Cazals nous évoque deux fantassins dans la Grande Guerre, l’un Languedocien, combattant dans l’armée française et l’autre alsacien, Dominik Richert combattant dans l’armée allemande. Cette conférence est suivie d’une « suggestion pédagogique», qui peut très bien être reprise par des professeurs d’histoire-géo dans leurs classes.

. Les Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, Paris, Maspero, 1978 (La Découverte poche 1997 et 2003)

. Traduction française de Beste Gelegenheit zum Sterben. Meine Erlebnisse im Kriege, 1914-1918, de Dominik Richert, sous le titre : Cahiers d’un survivant. Un soldat dans l’Europe en guerre,La Nuée Bleue, 1994.

 

PLAN :

Deux hommes, deux soldats, deux livres

Deux paysans formés à l’école primaire

Deux fantassins de 1914 à 1918

Deux écrivains sans le savoir

L’Alsacien et le Languedocien

 

La question des langues

Dominik Richert est un soldat allemand

Le pays, c’est le village

La vie au front et les souffrances des combattants

La vie

La mort

Leur réflexion sur la guerre

Contre le militarisme, contre la guerre

Consentement, contrainte, engrenage.

 

Suggestion pédagogique:

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La Grande Guerre aujourd’hui – conférences dans le XIe arrondissement, par N. Offenstadt (18 novembre, 12 décembre, 5 janvier)

La guerre de 14-18 – Conférences-débats
Vendredi 18 novembre, la Mairie du 11e vous invite à une conférence, au Palais de la Femme, sur le thème «La grande guerre aujourd’hui. Une mémoire mondiale?», dans le cadre d’ un cycle de rencontres qui abordera cette guerre et sa place dans les mémoires contemporaines.

La guerre de 14-18 aujourd’hui, la Grande Guerre dans les mémoires contemporaines.

Comment comprendre la Grande Guerre aujourd’hui ? Quels en sont les héritages ? Quelle présence a-t-elle encore dans le monde contemporain, dans les différents pays qui y furent engagés ? Ce cycle de conférences invitera à la réflexion.

Quel lieu, mieux que le Palais de la Femme, pouvait accueillir ce cycle de conférences. En effet, en 1914, la Grande Guerre le vide de sa population composée d’hommes célibataires appelés à se battre. Par la suite, il deviendra, provisoirement, un hôpital de guerre.

Vendredi 18 novembre
La Grande Guerre aujourd’hui. Une mémoire mondiale ?
Cette première conférence étudiera comment les traces de la guerre aujourd’hui diffèrent grandement d’un pays à l’autre mais aussi quels sont les traits communs qui peuvent ou pourraient former une mémoire commune en 2014-2018.

Lundi 12 décembre
Les combattants de 14-18 et le souvenir de la guerre. Comment fixer les mémoires du « sacrifice » ? Comme dans une chronologie inversée, il s’agira de s’interroger sur la manière dont les anciens combattants de la Grande Guerre ont voulu donner un sens à leur combat et comment ils en ont perpétué le souvenir.

Jeudi 5 janvier
Paris a-t-il perdu, aujourd’hui, la mémoire de 14-18 ? Au coeur du Paris de 14-18, où sont les traces et les mémoires du conflit dans la capitale des années 2000 ? Quels en sont les enjeux ?

Conférences données par Nicolas Offenstadt, maître de conférences d’histoire du Moyen Âge et d’historiographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et membre du Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918.

Entrée libre à 20h
Palais de la Femme
94, rue de Charonne
75011 Paris
Tél. : 01 46 59 30 00

Parution : 1914-1918, Identités troublées (Actes du colloque de novembre 2010)

En 1914-1918, des millions de soldats sont « morts pour la patrie », dans une guerre qui semble avoir poussé à son paroxysme l’affrontement des nations. Mais ces combattants, comme les hommes et les femmes en arrière du front, ont de multiples identités antérieures : Français ou Allemands, mais aussi Alsaciens, Bavarois ou Parisiens ; nobles, intellectuels, paysans ou artisans ; ils vivent en république, sont sujets d’une monarchie ou d’empires autoritaires ; ils ont des convictions et des engagements politiques et syndicaux, quelquefois pacifistes. Comment la guerre transforme-t-elle ces appartenances ? La loyauté à la nation efface-t-elle les identités sociales, sexuelles, régionales qui ont été construites avant 1914 ? Quelles ruptures la guerre introduit-elle dans la façon de se percevoir et de percevoir les autres ? Quelles tensions opposent, sous le vernis des unions sacrées, les membres des sociétés en guerre ? Sous l’uniforme, quel est le sens de la guerre pour tous ceux, Alsaciens-Lorrains, Corses ou Amérindiens, dont l’appartenance nationale est plus qu’ambiguë ?

Ce volume présente les Actes du colloque de novembre 2010 tenu à Laon et Craonne et organisé par le Crid 14-18.

François BOULOC, Rémy CAZALS et André LOEZ (dir.), 1914-1918, Identités troublées. Les appartenances sociales et nationales à l’épreuve de la guerre, Toulouse, Privat, 2011, 387 p., 25€.

L’article de Jean-Paul Pellegrinetti « Identité et Grande Guerre. Les Corses dans la Première Guerre mondiale » étant paru sans ses notes, nous en proposons ici la version complète en téléchargement (format .pdf)

SOMMAIRE

 

INTRODUCTION p. 7

 

PREMIÈRE PARTIE : LES CLASSES SOCIALES SOUS L’UNIFORME

 

André LOEZ et Nicolas MARIOT

Brassage des corps et distances sociales : la découverte du peuple par la bourgeoisie intellectuelle dans les tranchées de 1914-1918 p. 17

Alexandre LAFON

Être camarade. Identité(s) et liens de sociabilité dans l’armée française (1914-1918) p. 33

Bertrand GOUJON

Insertion et distinction nobiliaires parmi les combattants français de la Grande Guerre p. 47

 

Benoist COULIOU

Ulysse et Damoclès. L’identité sociale des combattants français et leur perception de la durée (août 1914-décembre 1915) p. 61

Cédric MARTY

Le corps à corps au prisme des identités sociales p. 73

 

François BOULOC

La part des aspirations démocratiques dans la parole et l’expérience combattantes p. 85

DEUXIÈME PARTIE : COMBATTANTS ENTRE DEUX APPARTENANCES

 

Yohann CHANOIR

Deutschland über alles ? La Vaterland à l’épreuve des identités régionales durant la Grande Guerre p. 101

Raphaël GEORGES

L’identité tourmentée des soldats alsaciens-lorrains au sortir de la guerre p. 115

 

Jean-Paul PELLEGRINETTI

Les combattants corses dans la Première Guerre mondiale p. 129

 

John Paul NEWMAN

Les héritages de la Première Guerre mondiale en Croatie p. 141

Thomas GRILLOT

Mémoire de la Grande Guerre et négociation identitaire chez les Indiens des États-Unis p. 153

TROISIÈME PARTIE : MÉTIERS ET MILITANTISMES À L’ÉPREUVE DE LA GUERRE

 

Christian CHEVANDIER

Gardiens de la paix dans la Grande Guerre p. 169

David AUBIN, Hélène GISPERT et Catherine GOLDSTEIN

Les mathématiciens français dans la Grande Guerre p. 183

Sylvain BERTSCHY

Grande Guerre et infirmité : la fin des inutiles au monde ? p. 199

 

Vincent VIET

Médecins et médecine de guerre : les origines confisquées de la politique de santé publique en France p. 213

Alain BOSCUS

La perturbation des identités syndicales et militantes p. 227

 

Sean BRADY

Les manifestations populaires et l’expérience italienne de la Grande Guerre : la province sicilienne de Catane (mai-juin 1917) p. 243

 

Anne-Marie SAINT-GILLE

Mutations des identités pacifistes allemandes entre 1914 et 1918-1919 p. 255

 

Béatrice PISA

L’évolution de l’identité féminine en Italie au cours de la Grande Guerre p. 269

 

Stéfanie PREZIOSO

Identités militantes et identités nationales dans le débat italien d’après guerre p. 283

 

QUATRIÈME PARTIE : LES AMBIGUÏTÉS DES IDENTITÉS « NATIONALES »

 

Maurice CARREZ

Première Guerre mondiale et identité nationale en Finlande p. 299

 

Caoimhe GALAGHER

Neutralité éclatée : la réaction de la presse suisse à l’invasion de la Belgique p. 313

 

Rémi DALISSON

Journées de guerre et fêtes nationales : une politique culturelle au service d’une légitimation identitaire (1914-1918) p. 327

 

Marie LLOSA

Le poilu, outil de marketing patriotique p. 341

 

Philippe SALSON

Des identités sociales en crise. Les effets de l’occupation militaire dans le champ social à travers les journaux de civils de l’Aisne p. 355

 

Stéphane BEDHOME

Formation et dynamiques sociales d’une identité : les « sinistrés » du chemin

des Dames (1919-1939) p. 369

 

CONCLUSION p. 383

 

 

 

Identité et Grande Guerre.

Les combattants corses durant la Première Guerre mondiale.

Ressource pédagogique en ligne : analyse du Triptyque de la Guerre d’Otto Dix (1932)

Dans le cadre de la préparation de l’épreuve d’histoire des arts au brevet, on présente ici le travail TICE réalisé par Cédric Marty qui conduit à analyser le tableau d’Otto Dix Triptyque de la guerre (1932) : 

Thèse soutenue: La camaraderie au front, par Alexandre Lafon (Université de Toulouse-II)

Le samedi 24 septembre 2011, Alexandre Lafon a soutenu avec succès une thèse intitulée « La camaraderie au front. Étude de la sociabilité et des pratiques relationnelles du monde combattant 1914-1918″, obtenant la mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité.

La thèse a été soutenue devant un jury composé des professeurs :

Rémy Cazals, Université Toulouse 2 – Le Mirail, directeur de recherches

Christian Chevandier, Université du Havre

John Horne, Trinity College, Dublin

Yves Pourcher, Université Toulouse 2 – Le Mirail

Frédéric Rousseau, Université Montpellier 3 – Paul Valéry

On peut lire son texte de soutenance :

La camaraderie au front (format .pdf)

Séminaire mensuel: la Grande Guerre comme rupture? Mise à l’épreuve d’un lieu commun historiographique

La Grande Guerre comme rupture ? Mise à l’épreuve d’un lieu commun historiographique, 1850-1950.

Séminaire mensuel

Organisateurs : François Buton (CNRS / CEPEL), Nicolas Mariot (CNRS / CURAPP), André Loez (professeur d’histoire), Philippe Olivera (professeur d’histoire). Les organisateurs sont membres du Crid 14-18 : http://www.crid1418.org Les séances ont lieu un lundi chaque mois, 17h-19h. Salle F, bat F, ENS campus Jourdan, 48 bd Jourdan, 75014 Paris (RER B Cité U ou M° 4 Porte d’Orléans). Illustration : 370e RI au repos, Aisne, 1918, autochrome de Fernand Cuville.

Présentation du séminaire

Le séminaire souhaite mettre à l’épreuve un lieu commun de l’historiographie selon lequel la guerre de 1914-1918 constitue une rupture historique, en ce qu’elle marque la « naissance du XXe siècle », l’« entrée dans la modernité », la « matrice » d’une ère de catastrophes, la « brutalisation des sociétés européennes », etc.

Les séances interrogeront ce lieu commun à la fois par un retour sur les termes, les concepts et les théories employés par historiens et sociologues pour le désigner et le qualifier, et par la mise à l’épreuve historiographique et empirique d’objets spécifiques tels que l’État, la citoyenneté, la vie politique, les empires coloniaux, les groupes sociaux, les rapports de classe et de genre, les savoirs, etc.

Il suffit en effet de consulter des historiographies spécialisées pour réaliser que la Grande Guerre, quand elle est mentionnée (la Grande Guerre peut aussi être une simple « parenthèse » dans le récit), ne fait pas toujours office de rupture décisive : la période 1914-1918 est aussi traversée par des continuités, marquée par l’accélération ou à l’inverse l’infléchissement discret de transformations déjà en cours, ou encore définie comme le point d’aboutissement de processus anciens. Dans le sillage de certains travaux pionniers comme ceux de C. Charle sur les sociétés impériales, le séminaire entend réfléchir à la place spécifique de la Grande Guerre dans l’historicité de différents mondes sociaux constitués en objets de recherche, en rejetant les « bilans » commodes et les comparaisons faciles (avant/après) au profit d’enquêtes qui se donnent les moyens empiriques d’étudier leur objet dans un cadre élargi (1850-1950 environ) permettant d’évaluer le moment 14-18 dans une séquence longue (comme c’est le cas pour la Révolution française, par exemple, depuis plusieurs années).

En toute cohérence avec le séminaire précédent (« La guerre des sciences sociales », 2006-2011) et avec la même appétence pour les échanges entre les disciplines (histoire, sociologie, science politique, anthropologie), ce nouveau séminaire pluri-annuel privilégiera les recherches qui produisent leurs propres données en accordant un soin particulier à la mesure des phénomènes observés (séries, indicateurs, corpus), qui prêtent attention aux institutions au principe de l’ordre social autant qu’aux individus, qui s’attachent enfin à décrire les comportements plutôt qu’en demander raison à leurs « auteurs ».

Formation habilitée de la Mention « Pratiques de l’interdisciplinarité en sciences sociales » (ENS/Jourdan) du Master en sciences sociales de l’EHESS, le séminaire est ouvert à des participant/es de tout niveau et de toute discipline, notamment aux étudiants de Master et aux doctorants qui souhaitent réfléchir sur les enjeux de la périodisation, mais aussi, dans le prolongement des séminaires précédents (« Méthodes et pratiques de la socio-histoire », « Introduction à la socio-histoire », « La guerre des sciences sociales »), travailler à la mise en perspective critique des sources, des objets et des catégories d’analyse des sciences sociales et historiques.

Contacts :

Nicolas Mariot <nicolas.mariot[aro]ens.fr>,

André Loez <andre.loez[aro]yahoo.fr >,

François Buton <frbuton[aro]gmail.com>,

Philippe Olivera <philippeolivera[aro]orange.fr>.

 

 

Programme des séances

(télécharger au format .pdf)

Séminaire mensuel organisé par François Buton (CNRS / CEPEL), Nicolas Mariot (CNRS / CURAPP), André Loez (professeur d’histoire), Philippe Olivera (professeur d’histoire). Les séances ont lieu un lundi chaque mois, 17h-19h. Salle F, bat F, ENS campus Jourdan, 48 bd Jourdan, 75014 Paris (RER B Cité U ou M° 4 Porte d’Orléans).

3 octobre 2011

« La Grande Guerre, naissance du XXe siècle » : retour sur un lieu commun historiographique.

(Séance introductive préparée par Philippe Olivera)

 

14 novembre 2011

« La Grande Guerre comme matrice » chez les historiens de 1914-1918.

(Séance introductive préparée par André Loez)

 

5 décembre 2011

Christophe Charle (Paris 1-IHMC)

La notion de « société impériale » aide-t-elle à repenser l’histoire du second XXe siècle européen ?

 

9 janvier 2012

Sandrine Kott (Univ. de Genève)

La Première Guerre mondiale dans la longue durée de la première unification allemande (1860s-1930s)

 

6 février 2012

Blaise Wilfert-Portal (ENS-IHMC)

Nations, nationalismes : la Grande Guerre dans la construction du national et le rôle de la nationalisation des sociétés dans le déclenchement et les formes du conflit

 

19 mars 2012

Yann Potin (Archives nationales)

Une césure différée ? Du versement administratif à la lacune archivistique : la Grande guerre des fonds d’archives (1897-1947)

 

2 avril 2012

Nicolas Roussellier (Sciences Po Paris)

La guerre a-t-elle vraiment marqué le début d’un renforcement du pouvoir exécutif ?

 

14 mai 2012

Emilien Ruiz (Ehess)

La Grande Guerre et la question des effectifs de l’État dans la France du XXe siècle.

 

4 juin 2012

Nicolas Delalande (Centre d’Histoire de Sciences Po)

La Grande Guerre a-t-elle révolutionné l’Etat fiscal (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis) ?

 

Ce séminaire prend la suite du séminaire « La guerre des sciences sociales »

Consulter les anciens programmes:

  • La guerre des sciences sociales. Programme 2010-2011 (pdf)
  • La guerre des sciences sociales. Programme 2009-2010 (pdf)
  • La guerre des sciences sociales. Programme 2008-2009 (pdf)
  • La guerre des sciences sociales. Programme 2007-2008 (pdf)
  • La guerre des sciences sociales. Programme 2006-2007 (pdf)
  • Séminaire: « la Grande Guerre aujourd’hui » – Anne Hertzog et Nicolas Offenstadt

    Dans sa deuxième année, le séminaire « La Grande guerre aujourd’hui. Patrimoines, territoires, tourismes » propose de poursuivre la réflexion sur le sens donné à cet événement dans la France contemporaine en questionnant les processus de constructions mémorielles et patrimoniales associés au conflit.

    Dans la perspective du centenaire de la guerre, qui s’annonce comme un événement majeur et de portée mondiale, il semble plus que jamais nécessaire de s’interroger sur les enjeux, les acteurs et les pratiques que sous tend la patrimonialisation des traces de guerre.

    Chercheurs français et étrangers confronteront leurs regards et leurs approches puisque le séminaire demeure cette année encore fidèle à une approche pluridisciplinaire.

    4 OCTOBRE 2011 : Table ronde : le centenaire de la Grande Guerre, une mondialisation de la mémoire de la guerre ?

    Serge Barcellini (Conseil Général de la Meuse), Anne Hertzog (Université  de Cergy-Pontoise), Nicolas Offenstadt (Université Paris 1 Sorbonne), Joseph Zimet (DMPA, Ministère de la Défense)

    8 NOVEMBRE 2011 : Fêtes et célébrations, l’enjeu national

    Rémi Dalisson (Université de Rouen)  « Célébrer pendant les combats. Identité et république dans les fêtes et journées de guerre, 1914-1918 »

     

    Vera Caroline Simon (Université de Bielefeld) « Quelles célébrations nationales aujourd’hui ? Regards comparés France-Allemagne »

     

    6 DECEMBRE 2011 : Tourisme de mémoire, perspectives européennes

    Mari Carmen Rodriguez (Université de Genève) « Le tourisme de guerre dans l’Espagne franquiste »

    Myriam Jansen-Verbeke (Université de Leuwen) « Heritage of the Great War. Réflexions autour d’une recherche internationale »

    Sarah Notard (Université de Paris 1 Sorbonne) « Le tourisme de guerre en Champagne »

    3 JANVIER 2012 : Nouveaux territoires de la mémoire franco-allemande

    Yann Prouillet (CRID 14-18) « Le Patrimoine de la Grande Guerre dans le massif des Vosges et sa mise en Tourisme en prévision du centenaire de la guerre de 14-18 »

    Anne-Sophie Anglaret (Université de Paris 1 Sorbonne) « Verdun : mémoires d’un affrontement franco-allemand »

    J. Schweitzer (Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg) « Construire une mémoire franco-allemande de la guerre par la numérisation des archives. Le programme Européana 14/18. »

    7 FEVRIER 2012 : Regards sur la Seconde Guerre Mondiale

    Table ronde : « La Résistance aujourd’hui : pratiques mémorielles, usages sociaux

    Alya Aglan (Université de Paris I), Pieter Lagrou (Université Libre de Bruxelles), Gilles Vergnon (Institut d’Etudes Politiques de Lyon)

    6 MARS 2012 : En marge du champ de bataille, patrimoines urbains de la Grande Guerre

    Jean-Yves Bonnard (Centre Départemental de Documentation Pédagogique de l’Oise) « L’architecture de la première reconstruction en Picardie: une patrimonialisation en devenir »

    Romain Fathi (Institut d’Etude Politique de Paris) «Villers-Bretonneux et l’Australie : construction de l’identité nationale et extraterritorialité »

    3 AVRIL 2012 : Collectionner, exposer : montrer la Grande Guerre au musée

    Thomas Thiemeyer (Université de Tübingen) « La Grande Guerre au sein des musées internationaux »

    Michelle Gellereau (Université de Lille 3) « Mémoires de collectionneurs. Réflexion sur la valorisation des collections 14/18 et des collectionneurs en Nord-Pas de Calais et Flandre occidentale »

     

    15 MAI 2012 : Photographies de traces de guerre : passé, présent

    Emmanuelle Danchin (Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Université Catholique de Louvain) « Photographier les traces de la guerre pendant et après la guerre »

    Table ronde : Anne Hertzog (Université de Cergy-Pontoise), Michael St Maur Sheil, Laurent Loiseau : photographier les traces de la Grande Guerre aujourd’hui.

    5 JUIN 2012 : Cimetières, lieux de mémoire

    Nicolas Offenstadt (Université Paris 1), Christian Chevandier (Université du Havre) « Pour une ethnographie de la Grande guerre dans les cimetières municipaux »

     

    Ouvert à tous.

    Horaires : 17h-19h30

    Tous les 1er mardis du mois (sauf mois de mai : séance le 3ème mardi du mois, même heure)

    Lieu : DMPA, Ministère de la Défense, 37 rue de Bellechasse, 75007 PARIS

    Salle Michelet

    Métro : SOLFERINO

    Contacts : hertzog.anne@wanadoo.fr et nicolas.offenstadt@univ-paris1.fr