Parution : Stefanie Prezioso, Contre la guerre 14-18. Résistances mondiales et révolution sociale

 Cet ouvrage invite à une réflexion sur la place de ce conflit dans le temps présent, et sur les questions qu’il soulève à l’échelle nationale et transnationale. Cette anthologie contribue à une histoire de celles et ceux qui ont refusé la Grande Guerre, sous toutes ses formes. Elle place au cœur de la réflexion ces voix rebelles et ce que les mondes ouvriers, les peuples opprimés, les dominés ont produit comme critiques du premier conflit mondial en tant que fait total : politique, économique, culturel et social. L’auteure nous fait parcourir les divers lieux – des États-Unis à la Chine –, les genres, les attentes et les expériences de celles et ceux d’en bas, dessinant ainsi une carte des résistances et des  débouchés révolutionnaires. Dans le panorama des publications actuelles sur ce conflit mondial, Contre la guerre 14-18. Résistances mondiales et révolution sociale est à tout point de vue novateur.

Traductions de Stéfanie Prezioso, Hans-Peter Renk et Pierre Vanek.

Stéfanie Prezioso est historienne, membre du Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918 (CRID 14-18) ; ses travaux portent sur la génération de 1914, les expériences de guerre dans la première moitié du XXe siècle et le fascisme ; elle est professeure associée à l’Institut d’études politiques, historiques et internationales de l’université de Lausanne.

Table des matières 

Résister à l’irrésistible…

Chapitre premier. Apocalypse ?

Chapitre II. « Si demain la guerre éclatait… »

Chapitre III. Guerre et révolution

Chapitre IV. Résistances intimes et refus déclarés

Chapitre V. Féminismes en guerre et front interne

Chapitre VI. Colonisés, opprimés, dominés face au conflit

Chapitre VII. Transformations des imaginaires ?

Chapitre VIII. « J’étais, je suis, je serai »

Stefanie Prezioso, Contre la guerre 14-18. Résistances mondiales, révolution sociale, La Dispute, 2017, 424p.

 

Pour se souvenir d’André Bach (1943-2017), de nos travaux et de nos luttes communes au sein du Crid 14-18

Dès l’origine, André Bach fut l’un des piliers de cette curieuse bande d’historiens plus ou moins franc-tireurs qui, un beau jour de 2005, décidèrent de former le Crid 14-18 pour mener le combat contre un tour que prenait l’histoire de la Grande Guerre qui les indisposait au plus haut degré.

André était là comme par une évidence, comme historien des fusillés. Cette figure du fusillé de la Grande Guerre, durable, excessive et démesurée même – comme il le disait encore à l’occasion de la grande exposition de 2014 à l’Hôtel de Ville de Paris dont il avait dirigé la partie scientifique –, était celle à laquelle il avait consacrée l’essentiel de son travail d’historien. Et au Crid 14-18, face au courant dominant des historiens qui demandaient qu’on tourne la page des objets « brûlants » de la Grande Guerre, André Bach retrouvait ceux qui refusaient, comme lui, l’idée d’une contradiction entre l’histoire et le profond respect de ceux qui l’avaient vécue. Si les fusillés avaient à ce point occupé le terrain de la mémoire de la guerre et s’ils l’occupent encore, c’est qu’au-delà des chiffres, ils nous disent beaucoup de ce que fut la pire guerre vécue par les Français.

André avait, comme chacun de nous, ses raisons particulières pour s’intéresser aux révoltes et à la discipline. Mais de fait, il était le seul d’entre nous à avoir connu ce que voulaient dire le commandement, l’obéissance et la discipline sous les armes et sous le feu. Il en parlait très peu d’ailleurs, et pour le peu en question, avec beaucoup de pudeur. Mais en nous disant toujours combien cela avait pesé dans son intérêt d’historien pour le fusillé.

Était-ce pour cette raison d’une expérience un peu différente ? Ou parce qu’il était l’un de nos aînés ? André Bach, en tout cas, servait de point de référence lorsqu’il fallait discuter de la manière de monter au combat, puisque le Crid en était un.

Il était un peu notre sage. Qui répétait combien il fallait d’abord travailler, plutôt que de polémiquer. À ce sujet, c’était d’ailleurs un fin renard, qui nous expliquait après coup combien la stratégie de l’apaisement servait avant tout à déstabiliser l’adversaire. Car enfin, au moins autant que tous les autres membres du Crid 14-18, il menait son travail d’historien comme un combat.

Le preuve ? Alors qu’une vieille idée reçue (et bien souvent constatée) veut qu’avec l’âge vienne le temps du compromis et de l’oubli de la révolte, André a mené le chemin strictement inverse. Sans se disperser dans les effets de manche qu’il détestait, il n’a cessé d’être toujours plus intransigeant face aux personnes et aux idées en place. Ces derniers mois, il disait sans diplomatie sa profonde colère contre la vacuité des commémorations de 14-18. Il avait trouvé avec ses amis du groupe de Prisme 14-18 un lieu propice au prolongement du combat pour une histoire aussi rigoureuse qu’ancrée dans la vie.

Ces dernières années, André ne venait plus aux assemblées du Crid 14-18. En partie pour des raisons de santé. Mais il était toujours présent par l’écriture : les longs messages d’André, depuis sa « thébaïde arcachonienne » comme il disait ! Quel meilleure signe de sa totale générosité, de son optimisme indéfectible au nom des valeurs auxquelles il croyait fermement. Généralement, le message partait vers 1h50 du matin ; il nous rappelait – sans jamais faire la leçon – aux idéaux d’ouverture, de « science de plein air » comme le dit la charte du Crid qu’il aimait citer sur ce point, et d’esprit collectif. Jusqu’au bout, et même de loin, il nous faisait profiter de ce qu’il appelait son « utopie créatrice ».

Dans les mots qu’il écrivait et qui suivent, on peut remplacer avec la malice qui le caractérisait « interdisciplinarité » par « indiscipline », et retrouver toute la fougue de son combat d’historien :

L’interdisciplinarité est mon credo, j’aime embrasser l’histoire sous toutes ces facettes et dans toutes ces périodes, mais j’appelle de mes vœux un CRID regroupé, musclé, appelé à être un des acteurs de cette période où on parlera plus que jamais de 14-18, un 14-18 que j’espère dégagé de la gangue hagiographique qui l’enserre encore, dégagement auquel le CRID se devrait de contribuer.

Merci André. Et comme tu le disais à la fin de presque tous tes messages : « continuons le débat ».

P.Olivera

Hommage au général André Bach, 1943-2017

André Bach à Craonne. Photo : Chemins de Mémoire Sociale.

Le général André Bach est décédé dans la nuit du 18 mai 2017 au terme d’une maladie. Avec lui, la communauté des chercheurs et passionnés de la Grande Guerre perd un savant de premier plan et un homme remarquable. Ceux qui l’ont rencontré garderont le souvenir d’un militaire qui fut aussi un historien et un citoyen, à la fois humaniste, curieux et généreux. Le Crid 14-18 est en deuil et lui rend ici hommage.

Né en 1943 à Perpignan, André Bach sort de Saint-Cyr en 1966 comme officier d’infanterie parachutiste. Il connaît différentes responsabilités dans l’armée, aussi bien auprès d’états-majors que sur le terrain, en Nouvelle-Calédonie ou encore à Soissons, et au feu, en particulier en 1986 au Liban (bataillon français de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban). Cette même année il débute un long enseignement à l’école supérieure de guerre, nourri d’une passion précoce pour l’histoire, avant de faire partie de la direction du Service d’informations et de relations publiques des armées (SIRPA), puis de devenir le chef du Service Historique de l’Armée de Terre (devenu Service Historique de la Défense, à Vincennes) entre 1997 et 2000.

C’est là qu’il entame véritablement un parcours d’historien, au contact d’archives, en particulier celles de la Grande Guerre dont il éprouve la richesse, et dont il souhaite améliorer le classement et élargir l’accès. De très nombreux chercheurs lui doivent d’avoir pu consulter des dossiers longtemps difficilement consultables, pour la Justice militaire en particulier.

Ce domaine retient son attention pour un ouvrage majeur, paru en 2004 : Fusillés pour l’exemple (éd. Tallandier), première somme parfaitement documentée qui mesure et dévoile de façon systématique les mécanismes des exécutions militaires dans l’armée française en 1914-1915. Le livre est à la fois le fruit d’une très fine connaissance de l’institution militaire, et de l’interrogation d’un citoyen qui eut à commander des combattants sur la peine de mort en temps de guerre. L’enquête trouvera des prolongements dans un second volume tout aussi riche en citations de sources primaires, Justice militaire 1915-1916 (éd. Vendémiaire, 2013), puis dans une série de publications en ligne avec un groupe de travail composé pour partie de non-professionnels de la recherche, le « Prisme 14-18 ». Cette dernière démarche illustre aussi le souhait qui fut le sien de discuter largement questionnements et matériaux avec des chercheurs de tous horizons, au sein comme en dehors de l’université, ce qu’il accomplit aussi au sein du Crid 14-18, dont il fut l’un des fondateurs, une cheville ouvrière, et le vice-président depuis l’origine, en 2005. On doit aussi à l’historien l’une des rares synthèses sur l’institution militaire au XIXe siècle, L’armée de Dreyfus. Une histoire politique de l’armée de Charles X à l »Affaire » (éd. Tallandier, 2004). On pourra lire ici et ici deux entretiens récents qui illustrent les démarches, centres d’intérêt et méthodes du chercheur.

Par ses propres travaux d’ampleur et surtout par l’énergie mise à partager et rendre accessibles de précieux documents, stimulant pour toute une communauté savante de nouvelles interrogations, ses contributions à l’histoire de la Grande Guerre sont de première importance.

Le Crid 14-18 perd un de ses piliers, et avant tout un ami. Avec de très riches souvenirs de marches, de dialogues, de chansons, avec gratitude pour le savoir et les conseils partagés, avec surtout une profonde tristesse, l’association et ses membres s’associent à la douleur de ses proches.

 

 

Bienvenue sur le site du Crid 14-18

Né en 2005, le Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918 est une association de chercheurs qui vise au progrès et à la diffusion des connaissances sur la Première Guerre mondiale. Pour cela, il met à la disposition de tous des textes et des outils scientifiques et pédagogiques, ainsi qu’un dictionnaire en ligne des témoignages. On peut accéder à ces différentes rubriques par le menu latéral.

« De la guerre comme affrontement historiographique… » RV de Blois en vidéo & audio

Vidéo du débat du jeudi 10 octobre, « De la guerre comme affrontement historiographique » avec Damien BALDIN, Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, André LOEZ, professeur en classes préparatoires à Paris, membre du CRID 14-18, Nicolas MARIOT, chargé de recherches, CNRS, Hervé MAZUREL, maître de conférences à l’université de Bourgogne, Emmanuel SAINT-FUSCIEN, maître de conférences, EHESS.

Nicolas Mariot à la « Fabrique de l’Histoire » : à (ré)écouter ici

Vivre en temps de guerre. L’Aude de 1914 à 1918. Exposition présentée aux Archives départementales de l’Aude à Carcassonne, du 9 avril au 14 juin 2013

Vivre en temps de guerre. L’Aude de 1914 à 1918

 

Exposition présentée aux Archives départementales de l’Aude à Carcassonne, du 9 avril au 14 juin 2013

 

expo Vivre en temps de guerre (pdf)

Au cours des vingt dernières années, les Archives départementales de l’Aude ont à diverses reprises organisé des manifestations autour de l’histoire de la Première Guerre mondiale (expositions, lectures d’archives, conférences et colloques). L’importance de ce premier conflit mondial, guerre totale qui vit périr des millions d’hommes et dont on mesure seulement aujourd’hui l’impact diplomatique, politique et économique, explique pour une large part l’intérêt porté par les générations actuelles à ce passé pourtant déjà lointain. Les productions littéraires (romans, bandes dessinées, travaux scientifiques, etc.) et cinématographiques, les sites internet consacrés à ce thème mêlant généalogie et histoire locale, les publications de lettres et de journaux de guerre sont autant de témoignages de la vitalité de la mémoire de 14-18 en ce début du XXIe siècle.

 

Au moment où nous apprêtons à commémorer le centenaire du premier conflit mondial, il a semblé nécessaire d’aborder un aspect moins connu de la Première Guerre mondiale : la vie à l’arrière du front. Comment vivait-on la guerre dans l’Aude ? Tel est le thème abordé dans l’exposition présentée aux Archives départementales du 9 avril au 14 juin 2013. Au travers de documents d’archives (et notamment des très belles affiches de propagande commandées par l’Etat à de grands artistes comme Poulbot, Adler ou Jean Droit ; livres d’or tenus par les instituteurs à la demande d’Albert Sarraut en 1914, etc.), d’objets, de cartes postales et de photographies, l’exposition évoque l’Union sacrée qui abolit un temps les clivages politiques ; les mesures d’exception (mise en place d’un régime de censure et de propagande, surveillance des étrangers) ; l’ombre que fait peser la guerre sur la vie de tous (arrivée des réfugiés, relations des familles avec les soldats sur le front, installation d’hôpitaux pour accueillir les blessés) et la mobilisation de tous ceux de l’arrière pour assurer la victoire (emprunts, front économique, ravitaillement, œuvres de guerre).

 

L’exposition est complétée par la publication d’un catalogue richement illustré (20 €).

 

Entrée libre du lundi au jeudi de 8 h 30 à 17 h 30 et le vendredi de 8 h 30 à 16 h 30
Pour plus d’informations se renseigner auprès des Archives départementales

Le portail de la Mission du Centenaire est ouvert : www.centenaire.org

Une Mission pour le centenaire

2014 verra démarrer le cycle commémoratif du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Dans ce cadre, un Groupement d’intérêt public (GIP) intitulé Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale est chargé par le gouvernement de mettre en œuvre les commémorations à l’échelle nationale et des territoires, en lien avec les pays inscrits dans cette dynamique mémorielle.

Plusieurs membres du CRID1418 sont impliqués à la fois dans l’organisation de cette Mission du centenaire de ma Première Guerre mondiale et dans la multitude des projets et manifestations prévues pour 2014.

Un portail dédié

Le portail officiel du Centenaire de la Grande Guerre est désormais accessible dans une première version. Edité par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, il propose des informations culturelles, scientifiques, pédagogiques et touristiques.

L’objectif du portail centenaire.org est d’offrir aux internautes des ressources à la fois pratiques et historiques dans le cadre d’un événement mémoriel majeur. Il s’adresse à tous les publics, du passionné des enjeux de mémoires, au spécialiste de 14-18, en passant par l’enseignant et l’amateur d’histoire.

La structure de centenaire.org sera régulièrement mise à jour tout au long de l’année 2013 et proposera de nouveaux outils. Il s’enrichira notamment des projets portés par l’ensemble des personnes, établissements et structures engagés dans le Centenaire. Dès 2014, le portail sera en ordre de marche pour devenir le principal support numérique du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Alexandre Lafon

« 14-18 à hauteur d’homme : les combattants dans la Grande Guerre » – rencontres à Nailloux (Haute-Garonne), 22 février 2013

22 février 2013 à Nailloux

« 14-18 à hauteur d’homme : les combattant22ans la Grande Guerre »

Rencontres autour des carnets de guerre de Gaston Mourlot (éd. Edhisto)

Programme

–          Présentation du témoignage de G. Mourlot, par P. Molin, son petit-fils.

–          1916, Verdun à hauteur d’homme. Travail réalisé par des élèves de troisième du collège Condorcet de Nailloux (31), présenté par C. Marty.

–          Intervention de R. Cazals sur les témoignages de combattants.

 

 

Gaston Mourlot, un ouvrier-artisan en guerre

Un ouvrier-artisan en guerre – Les témoignages de Gaston Mourlot 1914-1919, édition Edhisto, 2012, 559 p.

Texte présenté par Jean-François JAGIELSKI, Alexandre LAFON et Marie LLOSA
Cartes réalisées par Philippe OLIVERA ; édité par Yann PROUILLET
Postface par Rémy CAZALS  aux éditions Edhisto

Gaston Mourlot, artisan-ouvrier parisien, combattant d’infanterie puis soldat du Génie mobilisé en première ligne, simple fantassin puis sergent, a laissé de sa guerre plusieurs témoignages : 10 carnets de guerre, des dizaines de croquis, des centaines de photographies mais aussi de l’artisanat de tranchée et même un herbier.
Mis à disposition d’un large public sous l’égide du CRID 14-18, ce corpus exceptionnel, révélant le parcours de guerre de Gaston Mourlot, devient un des témoignages les plus complets édités pour la période 1914-1919.

Un ouvrier-artisan en guerre est un livre de 559 pages, 315 illustrations et 4 cartes, format 21×30 cm
Prix unitaire : 25 € (port offert)

Pour en savoir plus, consulter le Dossier de presse

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