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Séminaire mensuel: la Grande Guerre comme rupture? Mise à l’épreuve d’un lieu commun historiographique

La grande guerre comme rupture ?

Mise à l’épreuve d’un lieu commun historiographique (1850-1950)

Séminaire mensuel

Organisateurs :

François Buton (CNRS/CEPEL) frbuton@gmail.com,

André Loez (professeur d’histoire) andre.loez@yahoo.fr,

Nicolas Mariot (CNRS/CURAPP) nicolas.mariot@ens.fr,

Philippe Olivera (professeur d’histoire) philippeolivera@orange.fr.

Présentation du séminaire

Le séminaire souhaite mettre à l’épreuve un lieu commun de l’historiographie selon lequel la guerre de 1914-1918 constitue une rupture historique, en ce qu’elle marque la « naissance du XXe siècle », l’« entrée dans la modernité », la « matrice » d’une ère de catastrophes, la « brutalisation des sociétés européennes », etc.

Les séances interrogeront ce lieu commun à la fois par un retour sur les termes, les concepts et les théories employés par historiens et sociologues pour le désigner et le qualifier, et par la mise à l’épreuve historiographique et empirique d’objets spécifiques tels que l’État, la citoyenneté, la vie politique, les empires coloniaux, les groupes sociaux, les rapports de classe et de genre, les savoirs, etc.

Il suffit en effet de consulter des historiographies spécialisées pour réaliser que la Grande Guerre, quand elle est mentionnée (la Grande Guerre peut aussi être une simple « parenthèse » dans le récit), ne fait pas toujours office de rupture décisive : la période 1914-1918 est aussi traversée par des continuités, marquée par l’accélération ou à l’inverse l’infléchissement discret de transformations déjà en cours, ou encore définie comme le point d’aboutissement de processus anciens. Dans le sillage de certains travaux pionniers comme ceux de C. Charle sur les sociétés impériales, le séminaire entend réfléchir à la place spécifique de la Grande Guerre dans l’historicité de différents mondes sociaux constitués en objets de recherche, en rejetant les « bilans » commodes et les comparaisons faciles (avant/après) au profit d’enquêtes qui se donnent les moyens empiriques d’étudier leur objet dans un cadre élargi (1850-1950 environ) permettant d’évaluer le moment 14-18 dans une séquence longue (comme c’est le cas pour la Révolution française, par exemple, depuis plusieurs années).

En toute cohérence avec le séminaire précédent (« La guerre des sciences sociales », 2006-2011) et avec la même appétence pour les échanges entre les disciplines (histoire, sociologie, science politique, anthropologie), ce nouveau séminaire pluri-annuel privilégiera les recherches qui produisent leurs propres données en accordant un soin particulier à la mesure des phénomènes observés (séries, indicateurs, corpus), qui prêtent attention aux institutions au principe de l’ordre social autant qu’aux individus, qui s’attachent enfin à décrire les comportements plutôt qu’en demander raison à leurs « auteurs ».

Formation habilitée de la Mention « Pratiques de l’interdisciplinarité en sciences sociales » (ENS/Jourdan) du Master en sciences sociales de l’EHESS, le séminaire est ouvert à des participant/es de tout niveau et de toute discipline, notamment aux étudiants de Master et aux doctorants qui souhaitent réfléchir sur les enjeux de la périodisation, mais aussi, dans le prolongement des séminaires précédents (« Méthodes et pratiques de la socio-histoire », « Introduction à la socio-histoire », « La guerre des sciences sociales »), travailler à la mise en perspective critique des sources, des objets et des catégories d’analyse des sciences sociales et historiques.


La Grande Guerre comme rupture ?

Mise à l’épreuve d’un lieu commun historiographique, 1850-1950.

Séminaire de recherche mensuel organisé par François Buton (CNRS), André Loez (professeur d’histoire), Nicolas Mariot (CNRS), Philippe Olivera (professeur d’histoire), membres du CRID 14-18

Les séances ont lieu un lundi chaque mois, 17h-19h. ENS campus Jourdan, 48 bd Jourdan, 75014 Paris (RER B Cité U ou M° 4 Porte d’Orléans).

Programme 2012-2013 (deuxième année)

12 novembre 2012 (salle 8)

14-18, quelles transformations du monde rural ? Tour d’horizon historiographique.

André Loez

10 décembre 2012 (salle 8)

La Grande Guerre et les mutations de la classe ouvrière.

Antoine Prost (Professeur émérite Paris-I, Président du comité scientifique de la mission Centenaire 2014)

14 janvier 2013 (salle 8)

La guerre a-t-elle vraiment marqué le début d’un renforcement du pouvoir exécutif en France ?

Nicolas Roussellier (Sciences Po Paris)

11 février 2013 (salle 8)

La Grande Guerre et la naissance de l’État-providence.

Paul-André Rosental (Sciences-Po Paris) et Vincent Viet (CNRS – Cermes3)

18 mars 2013 (salle F bat F)

Policiers en guerre : les forces de l’ordre à l’épreuve du conflit.

Christian Chevandier (Le Havre)

8 avril 2013 (salle F bat F)

La Grande Guerre et les reconfigurations des politiques de santé.

François Buton et Sylvain Bertschy (Montpellier 3)

13 mai 2013 (salle 8)

« L’Algérie révélée » par la guerre 14-18 ?

Emmanuel Blanchard (UVSQ-CESDIP) et Julien Fromage (EHESS).

3 juin 2013 (salle 10)

La Grande Guerre comme un révélateur ? Les intellectuels dans la main de l’État.

Philippe Olivera et Nicolas Mariot

Télécharger au format pdf :

ProgrGGR_2012-2013

Voir le programme de la première année du séminaire :

ProgrGGR_2011-2012

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