Écrire en guerre, 1914-1918, Des archives privées aux usages publics

Dans les actualités éditoriales, on peut noter la publication des actes du colloque tenu à Paris en janvier 2015 sur l’acte d’écrire pendant la guerre de 1914-1918. Cet ouvrage, sous la direction de Philippe Henwood et Paule René-Bazin, comporte en particulier la contribution de Rémy Cazals à propos de Louis Barthas (on peut d’ailleurs renvoyer à sa notice dans le Dictionnaire des témoignages).

Nombre de familles, en France et dans les différents pays ayant participé à la Grande Guerre, conservent des archives de cette période. Cent ans après, ces archives privées éveillent la curiosité émue des générations actuelles et retiennent l’attention des historiens. Ce livre s’adresse aux étudiants en histoire, aux chercheurs et, plus largement, à tous ceux qui ressentent le besoin d’en savoir plus sur les archives de ce conflit mondial qui a tant marqué notre histoire.

Plus d’informations :

Philippe Henwood et Paule René-Bazin (dir.), Écrire en guerre, 1914-1918, Des archives privées aux usages publics, Rennes, PUR, 2016, 198 p., ISBN : 978-2-7535-5199-2.

Le Canada et la France dans la Grande Guerre 1914-1918

Dans les parutions récentes, on peut signaler Le Canada et la France dans la Grande Guerre 1914-1918, sous la direction de Serge Joyal et de Serge Bernier, Montréal, Art Global, 2016, 650 p. Il s’agit des actes du colloque qui s’était tenu à Ottawa en 2014 et à Paris en 2015 avec la contribution d’une vingtaine de chercheurs dont les membres du CIRD 14-18 : Mourad Djebabla, Carl Pépin, avec une introduction de Frédéric Rousseau et une conclusion de Rémy Cazals :

La Première Guerre mondiale fut un évènement total. Elle a eu des effets transformateurs profonds qui se sont répercutés à tous les niveaux de la société et que l’on ressent encore aujourd’hui. On ne peut les ignorer si l’on veut saisir le monde contemporain.
Vue de la France et du Canada, cette guerre représente un fonds d’analyse comparative et complémentaire particulièrement riche pour comprendre comment leurs destins, si différents, en ont été altérés. Pour la France, c’était la continuation d’un conflit engagé en 1870. Pour le Canada, c’était une première avancée sur la scène internationale.

Dans le cadre d’une initiative de commémoration exceptionnelle du centenaire de la Première Guerre mondiale, parrainée par des parlementaires canadiens et français, une vingtaine d’historiens des deux pays se sont réunis en colloque au Sénat, à Ottawa, en novembre 2014 et à l’Assemblée nationale, à Paris, en mai 2015.

Chacun selon sa discipline propre examine un aspect de la Grande Guerre, tels que les finances et l’économie, la censure et la propagande, les changements dans les rapports sociaux et communautaires, la littérature, le rôle des dirigeants politiques et des parlements, la course à l’armement et les progrès scientifiques. D’autres aspects, dont les minorités visibles dans l’armée, l’influence de la religion, la place des Canadiennes dans le conflit, sont également abordés.
De nombreuses photos inédites rehaussent le propos de cet ouvrage unique en y apportant un éclairage différent.

Colloque international : En guerre avec les mots

L’Université de Gênes organise, avec la participation du CRID 14-18 et de plusieurs de ses membres, les 25-28 novembre 2015 un colloque portant sur les lettres, journaux et mémoires de soldats, de femmes et d’enfants durant le premier conflit mondial.

Il se tiendra au Palazzo Ducale, Salone del Minor Consiglio, Piazza Giacomo Matteotti, 9, 16123 Gênes.

En voici une présentation :

Quels sont les sentiments, les perceptions et les attitudes mentales des soldats, mais aussi des civils, des femmes, des enfants, durant la guerre ? Quelles sont leurs stratégies de résistance psychologique à cette déstabilisante expérience ? On peut tenter de répondre à ces questions en se tournant vers l’ample typologie de textes produits par les combattants et la population civile “mobilisée” : lettres, journaux et mémoires qui – encore en partie enfouis dans des tiroirs de famille ou conservés dans des archives d’écriture populaire – expriment des potentialités narratives considérables, mais revêtent aussi d’une part, un fort intérêt historiographique et linguistique. D’un côté, en effet, ils agissent efficacement comme sonde de profondeur et conduisent directement à l’intérieur de l’événement que constitue la guerre, de l’autre, ces textes dressent un instantané de l’état de la langue au début du XXe siècle en Europe. Ce colloque a pour but de se confronter aux questions méthodologiques encore ouvertes, présentant des textes particulièrement significatifs et des résultats de recherche dans ce domaine en croisant les approches scientifiques sur les écrits des soldats des divers fronts en Europe durant le conflit.

Le programme :

25 novembre

Cliquer sur l'image pour télécharger le programme

8.30  Ouverture officielle

  • Luca Borzani, Président de Genova Palazzo Ducale Fondation pour la culture
  • Olivier Brochet, Consul général de France à Milan
  • Francesca Imperiale, Surintendant des archives pour la Ligurie/ Archives d’État de Gênes

9.00-9.30 Conférence inaugurale de Antonio Gibelli (Archivio Ligure della Scrittura Popolare de Genova)

Il diario di guerra dei semicolti: un fiume carsico tornato alla luce

LE LABORATOIRE DE L’ÉCRITURE

Ière session

9.30 : Introduction, Quinto Antonelli (Fondazione Museo Storico del Trentino-Archivio della Scrittura Popolare de Trento)

Le scritture popolari italiane della guerra: il fenomeno, gli archivi, le ricerche

10.00 : Sybille Grosse, Lena Sowada, Université de Heidelberg

Les ego-documents de la Grande Guerre et l’analyse du discours historique : des questions méthodologiques

10.20 : Corinne Gomila, Université de Montpellier

Sur les traces de l’autocensure

10.40 : Teresa Bertilotti, Université de Milan-Bicocca

«Gentili incognite, sconosciuto soldato». Scritture dal fronte e sul palcoscenico

11.10 : Sylvie Housiel, Université de Tel-Aviv

Émotions et perceptions à l’épreuve de la censure et de l’autocensure: les poilus de 1915

11.30 : Chantal Wionet, Beatrice Dal Bo, Université d’Avignon

Correspondances intimes de femmes peu-lettrées pendant la Grande Guerre

IIe session

14.00 Introduction, Agnès Steuckardt (Université Paul Valéry – Montpellier 3)

L’avenir, dans les lettres des Poilus ordinaires

14.30 : France Martineau, Université d’Ottawa

Derrière les lignes : correspondances canadiennes de guerre

14.50 : Gérald Sawicki, Université de Lorraine

Ce que révèlent les mots : l’exploitation des lettres et carnets de notes des soldats allemands par les services de renseignement français (1914-1918)

15.10 : Loredana Trovato, Université d’Enna

Des Poilus et des Boches au miroir, ou de la représentation dans les journaux de tranchées

16.10 : Stefano Vicari, Université de Gênes

“Et alors c’est la vision, si vive qu’elle semble réelle, de vous tous dans les lieux que j’aime tant…” ou comment l’écriture permet aux poilus de s’enfuir de la réalité contingente

16.30 : Sonia Branca-Rosoff, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Discours autre et activité métadiscursive dans les lettres des peu-lettrés pendant la guerre de 1914-1918

17.30 Thierry Vissol, économiste et historien

Présentation du volume Toby, dalla pace alla guerra 1913-1918, Donzelli, 2014

Interviendra avec l’auteur Nancy Murzilli (Université de Gênes/Institut français Italia)

26 novembre

AU CŒUR DE LA GUERRE

Ière session

9.00 : Introduction, John Horne (Trinity College de Dublin)

Publique ou privée ? La correspondance intime pendant la Grande Guerre

9.30 : Jean-Paul Pellegrinetti, Université de Nice

Patriotisme et insularité au miroir de la correspondance des Corses durant la Grande Guerre

9.50 : Simone Attilio Bellezza, Université de Trente

La scrittura come riflessione identitaria: diari e memoriali dei trentini prigionieri in Russia

10.10 : Jacopo Lorenzini, Université de Sienne

F-11, o della memoria obbligata. Gli ufficiali italiani di ritorno dalla prigionia e le loro testimonianze scritte di fronte alla Commissione Interrogatrice dei Prigionieri Rimpatriati.

10.40 : Arabella Hobbs, Université de Pennsylvanie

Shedding words not blood: Jacques Rivière’s Carnets de Captivité and the politics of heroism

11.00 : Francesco Frizzera, Université de Trente

Diari e memorie dei profughi trentini durante la Grande Guerra. Specchio del travaglio identitario di una popolazione costretta a riconsiderare il proprio paradigma di appartenenza

11.20 : Marie-Chantal Lhote-Birot, Université de Lorraine

Auguste Vonderheyden, l’écriture diaristique

IIe session

14.30 : Introduction: Gustavo Corni (Université de Trente)

Voci dalle terre invase. Friuli e Veneto orientale 1917/1918

15.00 : Graziano Mamone, Université de Gênes

Servizio postale e scrittura. Istituzioni, rappresentazioni, immagini

15.20 : Michel Paoli, Université de Picardie

Italophones de l’armée austro-hongroise sur le front russe: les tribulations d’un soldat entre écriture intime et reconstitution historique

15.40 : Alvio Patierno, Université Suor Orsola Benincasa de Naples

Survivre, entre humorisme et satire, dans le Journal de guerre illustré d’Eugène Birsinger, paysan du Sud-Alsace

16.10 : Antonio Petrossi, Université de Naples

Le forme di propaganda nei giornali per l’infanzia durante la Grande Guerra

17.30 : Antonio Gibelli (Archivio Ligure della Scrittura Popolare de Gênes)

Présentation du volume La guerra grande. Storie di gente comune, Laterza, 2014

Interviendront avec l’auteur : Claudio Bertieri et Luigi Giachino. Projection du film La Guerra e il sogno di Momi réalisé et produit par Segundo de Chomòn en 1917.

27 Novembre

Ière session

9.00 : Introduction Fabio Caffarena (Université de Gênes)

Sopra la guerra: testimonianze di aviatori oltre il mito

9.30 : Pierre Allorant, Université d’Orléans

Pont aérien: la Grande Guerre à tire d’ailes jusqu’à elles

9.50 : Andrea Zaffonato, Université de Padoue-Venise-Vérone

Il volto della Patria nei paesaggi di guerra

10.10 : Anna Grillini, Université de Trente

La guerra mentale. Scritture dal manicomi

10.30 : Giovanni Cavagnini, Scuola Normale Superiore de Pise

Parole di fede: voci di chierici dagli archivi del cardinale Pietro Maffi

11.00 : Chantal Dhennin-Lalart, Université de Lille 3

Au cœur de la Grande Guerre: le journal d’une religieuse destiné à sa supérieure

11.20 : Carlo Stiaccini, Université de Gênes

Parole al cielo. Le scritture di guerra inviate agli uffici notizie delle parrocchie e delle diocesi italiane

11.40 : Paola Valenti, Université de Gênes

«Grida d’allarme di un pittore»: la Grande Guerra nella prosa di Ludwig Meidner

IIe session

14.30 : Introduction, Rémy Cazals, Université de Toulouse

La place des femmes dans 500 Témoins de la Grande Guerre

15.00 : Augusta Molinari, Université de Gênes

La scrittura come pratica di assistenza. Un aspetto della mobilitazione femminile in Italia nella Grande Guerra

15.20 : Patrizia Gabrielli, Université de Sienne

La guerra vicina, la guerra lontana. Memorie di donne.

15.40 : Giuliana Franchini, Université de Gênes

La rappresentazione dei lutti di guerra nel Diario delle volontarie dell’Ufficio Notizie di Milano (1915-1919)

16.10 : Christa Hämmerle, Université de Vienne

However, I want the war to be at an end already.” War criticism and the longing for peace in diaries and letters of Austrian women and young girls (1914-1918)

16.30 : Alessia Vezzoni, Université de Sienne

In nomine Matris. Documento e «compromissorietà» nel carteggio bellico di Carlo Emilio Gadda con la madre (1915-1919)

16.50 : Anastasios Zografos, Université Paul Valéry – Montpellier 3

L’amour «occupe» les tranchées sur le front de l’Orient : la correspondance entre les soldats grecs et les marraines de guerre

18.30 : Castello D’Albertis, Musée des Cultures du monde de la Mairie de Gênes)

Présentation, avec projection d’images, du catalogue La collezione di cartoline della Grande Guerra nel Museo Francesco Baracca di Lugo, de Serena Sandri et Patrizia Tamassia avec la collaboration de Daniele Serafini, BUP, 2015. Intervenants : Daniele Serafini, Irene Guerrini et Marco Pluviano

19.00 : Présentation et projection : La I Guerra Mondiale attraverso le immagini inedite dell’Archivio Fotografico del Cap. E.A. D’Albertis

19.15-19.45 : Visite guidée de la demeure du Capitaine D’Albertis

28 novembre

APRÈS LA GUERRE

09.00 : Introduction, Manon Pignot (Université de Picardie)

La guerre après la guerre : les mémoires juvéniles du conflit

9.30 : Ugo Pavan Dalla Torre, Université de Turin

Rielaborare pubblicamente (e collettivamente) l’esperienza di guerra. L’Associazione Nazionale fra Mutilati ed Invalidi di Guerra e la scrittura della memoria della Grande Guerra (1915-1923)

9.50 : Nicola Maranesi, Archivio Diaristico Nazionale de Pieve Santo Stefano

La Grande Guerra. I diari raccontano. Un progetto editoriale in collaborazione tra Archivio diaristico nazionale di Pieve Santo Stefano e Gruppo l’Espresso

10.10 : Patricia Kottelat, Université de Turin

Les JMO, source méconnue de l’édification mémorielle de la Grande Guerre. Parcours diachronique 1918-2014

10.40 : Matthieu Quignard, CNRS de Lyon

«Ma Guerre 1914-1918», de Charles Bruneau. Les mots d’un linguiste sur le front

11.00 : Anna Tylusińska-Kowalska, Université de Varsovie

Ricordi della Grande Guerra di Michał Lityński, un legionario italofilo

11.20 : Piotr Podemski, Université de Varsovie

Un D’Annunzio italo-americano in guerra: mito bellico e success story nell’autobiografia di Fiorello La Guardia

11.40 : Débat

12.10 : Clôture du colloque

Le colloque a été organisé avec le patronage et le soutien de :

Università di Genova ; Dipartimento di Antichità, Filosofia, Storia (DAFIST) et Dipartimento di Lingue e Culture Moderne (LCM) – Università di Genova ; Institut français Italia (IFI) ; Fondazione Museo Storico del Trentino-Archivio della Scrittura Popolare di Trento ; Genova Palazzo Ducale-Fondazione per la cultura ; Institut Universitaire de France ; Castello D’Albertis. Museo delle Culture del Mondo del Comune di Genova ; École française de Rome ; Corpus 14 (Praxiling – Université Paul-Valéry Montpellier, CNRS) ; Laboratoire Framespa-Université de Toulouse 2; Soprintendenza Archivistica per la Liguria/Archivio di Stato di Genova ; Università di Trento ; Alliance Française de Gênes.

Et avec le patronage de :

Archivio Ligure della Scrittura Popolare (ALSP) – Università di Genova ; Centre de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre ; Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918 (CRID 14-18) ; Conservatorio di Musica Niccolò Paganini di Genova ; Dipartimento di Scienze della Formazione (DISFOR) – Università di Genova ; Museo “Francesco Baracca” di Lugo; Università Italo-francese (UIF-UFI); Ufficio Storico Aeronautica Militare.

 

Parution: La vie au quotidien dans les tranchées de 1914-1918

Rémy Cazals, André Loez, La vie au quotidien dans les tranchées de 1914-1918, Pau, Cairn éditions, 2008, 296 p., 20 €.

4 de couverture :

Alors que tous les combattants français de 1914-1918 ont disparu, ce livre s’attache à faire revivre et comprendre leur expérience. Pendant la Grande Guerre, tous les mobilisés n’ont pas combattu, tous les soldats n’ont pas vécu dans les tranchées face aux tranchées allemandes. Ce livre s’intéresse aux hommes des tranchées, les fantassins ; il explore tous les aspects de leur terrible quotidien. Une telle plongée dans l’univers du conflit est rendue possible par les nombreux témoignages que ces hommes ont laissés, carnets, souvenirs et lettres, et qui sortent depuis quelques années des tiroirs où ils dormaient. Ce livre veut donner la parole à ces hommes, directement ; ils ne seront pas vus ici par leurs chefs, par des observateurs prudemment restés à l’arrière, ou par ceux qui étaient sur le front avec l’intention de produire une œuvre littéraire. Ces hommes ordinaires disent avec précision, parce qu’ils l’ont vécue, l’horrible réalité de la vie matérielle, dans la boue, sous les obus ou face aux balles des mitrailleuses, leurs réactions à la violence commandée et subie, l’expression de leurs sentiments, de leurs espoirs, de leur désespoir. Ce qu’ils pensent de la guerre et de la paix, de leurs chefs et des gens de l’arrière. Comment ils se comportent vis-à-vis de leurs ennemis. Les valeurs qui apparaissent dans leurs récits sont celles de la vie civile en temps de paix, confrontée aux exigences d’une guerre inhumaine.

Pour répondre à ces intentions, seront développés les points suivants :

– La « découverte » de la guerre des tranchées, une guerre inattendue, qui a surpris les survivants de la guerre de mouvement de l’été 14, puis les renforts et les jeunes classes mobilisées par anticipation.

– Les formes du combat, la mort à affronter. Les moments les plus critiques : subir les bombardements, sortir de l’abri précaire des tranchées pour passer à l’attaque, « nettoyer » les positions prises à l’ennemi. On évoquera le sort des cadavres, les blessés et le service de santé qui les prend en charge, le moment de la capture, les disparus.

– La vie des tranchées est aussi faite de travail de terrassement pour les construire et les entretenir, de corvées de transport de matériaux, munitions, ravitaillement ; la boue est alors l’ennemi n° 1.

– Vivre dans les tranchées demande une forte capacité d’adaptation à des formes de vie inhumaines (les comparaisons animalières sont fréquentes) ; dormir, manger, boire, se laver… ; vivre au sein d’une nouvelle famille, l’escouade, en conservant un lien ténu mais extrêmement important avec la vraie famille restée « au pays ».

– Ces combattants vivent et meurent sous le regard des autres. Eux-mêmes, les hommes des tranchées, portent un regard parfois confiant, souvent critique sur les chefs, sur l’arrière où l’embusqué est à la fois détesté, méprisé et envié, sur les femmes désirées et absentes. Quant aux relations avec l’ennemi, elles vont des flambées de haine, ponctuelles, aux fréquentes trêves tacites et même, parfois, jusqu’à la fraternisation.

– Dans les tranchées, on cherche à donner du sens à cette vie qui semble n’en avoir point. Lorsque cela devient impossible, on s’effondre, on cherche à échapper de toutes les manières, jusqu’aux refus d’obéissance qui ont pris un caractère collectif en 1917.

– Les hommes des tranchées ont eu le souci de garder trace écrite de leur expérience traumatisante et de la transmettre aux autres et à la postérité, afin de condamner tous les bourrages de crâne qui insultaient leur misère.

– La force et l’originalité de ce livre tiennent à la connaissance solide que les auteurs ont de leur sujet, et à l’utilisation de dizaines de témoignages d’authentiques hommes des tranchées, souvent inédits.

Rémy Cazals et André Loez, historiens, ont écrit de nombreux ouvrages sur la Grande Guerre. Tous deux membres fondateurs du CRID 14-18, ils ont organisé et publié d’importants colloques internationaux d’histoire. Ils nous livrent ici le résultat de leurs recherches, à destination du plus large public.

Parution: Regards du Midi sur la Grande Guerre

Le dernier numéro des Annales du Midi (tome 120, n°262, avril-juin 2008) est consacré à des « regards du Midi sur la Grande Guerre ».

En couverture, le « Monument des Basques » du Chemin des Dames.

Sommaire:

INTRODUCTION

CAZALS (Rémy), D’autres pierres apportées au chantier 1914-1918.

ARTICLES

COULIOU (Benoist), Osciller au bord de l’abîme: la crise de l’été 1974 vue par La Dépêche ( 1er mai-3 août 1914).

LLOSA (Marie), Le travail des femmes dans les usines de guerre de la France méridionale (1914-1918).

LAFON (Alexandre), La camaraderie dévoilée dans les carnets de Louis Barthas, tonnelier (1914-1918).

MARTY (Cédric), Une prise de parole : soldats du Midi, 1914-1918.

PAPFOLA (Fabrice), 1914-1918: la presse toulousaine face au discours dominant.

Diffusion: éditions Privat. 17€.

Journée d’étude: « Relire les témoins », 12 décembre 2007

Relire les témoins :
la mémoire de la Grande Guerre

Dans la France de ces dernières années, une place importante a semble-t-il été accordée aux témoins directs de la Grande Guerre (publication de carnets de combattants, de lettres…). Cette tendance éditoriale est peut-être un effet de mode ; elle est en tout cas concomitante de la disparition des témoins directs (le « dernier poilu ») et elle pourrait être une façon de conjurer la fatale relégation dans l’oubli d’une évènement déjà ancien, et, de bien des manières, déjà dépassé. Cette tendance semble par ailleurs témoigner d’une volonté de renouer avec une mémoire « humaine », vécue, immédiate, par delà les récits nationaux, les re-présentations des historiens — voeu pieux, quand on sait ce que cette guerre doit au mythe, à la fiction, dès ses débuts? Il ne s’agit pas ici de ranimer les querelles sur les témoins, mais bien plutôt d’interroger la mémoire de cette guerre dans le présent. Cette journée d’études voudrait réunir des spécialistes d’histoire, de littérature, de cinéma, d’histoire de l’art afin de voir si le témoignage a le même sens (la même valeur?) dans ces champs divers : il voudrait aussi s’ouvrir à une perspective comparatiste.

Journée d’études organisée par le département Littérature et langages de l’École normale supérieure

Mercredi 12 décembre 2007

École normale supérieure – 45, rue d’Ulm- 75005 PARIS
Salle d’Histoire (escalier D, premier étage)

Matinée
9 h Accueil par Michel Murat, directeur du département.
Introduction par Déborah Lévy-Bertherat (ENS) et Corinne François-Denève (University of Liverpool)

9 h 30 Rémy Cazals (Université de Toulouse II-Le Mirail / Crid 14-18)
« Chercher, publier, exploiter les témoignages de 1914-1918 »

10 h Luc Rasson (Université d’Anvers)
« Quand l’animal témoigne »

10 h 30 Discussion

11h 20 Carole Matheron (Université de Paris III-Sorbonne nouvelle)
« Témoins juifs de la Grande Guerre en Europe orientale »

11h 50 Christophe Mileschi (Université de Grenoble III-Stendhal)
« Le témoignage des « grands » écrivains italiens de la Première Guerre mondiale: silence, enthousiasme et remords. »

12h 20 Discussion

Après-midi

14 h 30 Philippe Dagen (Université de Paris IV-Sorbonne)
« Photographie de guerres : de la preuve au pieux mensonge. »

15h 00 Clément Puget (Université Bordeaux III (ARTES))
« D’Abel Gance à Bertrand Tavernier. (Re)lire les témoignages filmiques/filmés ».

15 h 30 Corinne François-Denève (University of Liverpool)
« Blackadder goes forth, Ben Elton, Anne Perry : témoignages de la Grande Guerre et culture populaire anglaise »

16 h 00 Discussion

16 h30 Conclusion de la journée (Corinne François-Denève et
Déborah Lévy-Bertherat)

Contacts :
Corinne François-Denève : c.francois-deneve@tiscali.fr
Déborah Lévy-Bertherat : levybert@ens.fr

27-28 septembre 2007: colloque sur l’archéologie de la Grande Guerre

« Quelle Archéologie pour les traces de la Grande Guerre »
Colloque de Suippes et d’Arras, du 27 au 29 septembre 2007
Présentation: « Depuis près de 15 ans, quelques archéologues du Nord et de l’Est de la France ont engagé une réflexion sur la nécessité de prendre en compte les vestiges de la Grande Guerre, qui sont souvent omniprésents sur bien des chantiers d’archéologie préventive. Au terme d’expériences très diverses, il semble que certaines problématiques de recherche commencent à émerger dans cette discipline encore peu reconnue par la communauté scientifique. Mais cette dernière, ainsi que le grand public, montrent de plus en plus une curiosité et un intérêt certains pour ces recherches aux résultats souvent étonnants. Après avoir passé de nombreuses années à démontrer le bien fondé de cette démarche et au moment où elle commence à trouver un réel écho auprès de nombreuses personnes, il nous est apparu nécessaire de faire un premier point d’étape sur les problématiques archéologiques directement liées aux vestiges de la Première Guerre mondiale, mais aussi d’enrichir notre réflexion par des échanges avec des personnes étrangères à notre discipline et notamment avec des historiens de cette période, pour l’instant malheureusement absents de nos débats. »

Avec la participation de Rémy Cazals et Nicolas Offenstadt (Crid 14-18)
Voir le programme détaillé.