« 14-18, le bruit et la fureur » : regard critique

Julien Mary, membre du Crid 14-18, propose sur le site du CVUH un compte-rendu critique du documentaire TV de Jean-François Delassus diffusé sur France 2 à l’occasion du 90e anniversaire de l’armistice de 1918:

14-18, le bruit et la fureur : chronique d’une offensive télévisuelle

Voir également, sur Mediapart, Histoire et propagande: généalogie d’un documentaire

Hors-série 14-18 de l’Humanité

Sortie le 4 novembre 2008

20 x 28,5 ; 84 pages 7 euros

Le monde, la France… Tout ce qui changea après la Grande Guerre.

Avec des contributions d’historiens, dont plusieurs membres du Crid 14-18:

Marc Ferro, Serge Wolikow, Nicolas Werth, Raymond Huard, Jean-Louis Robert, Jean-Paul Scot, Rémy Cazals, Françoise Tébaud, Philippe Olivera, Alexandre Courban et Nicolas Offenstadt.

Pour comprendre :

les cartes, les graphiques, les chiffres…

Plus de cent photographies.

AVEC UN POSTER ORIGINAL DE TARDI

Le Monde – Hors-série « Les traces d’une guerre »

Sorti le 16 octobre 2008, le hors-série 14-18 du journal Le Monde (7€) est particulièrement riche.

Outre des présentations de synthèse sur les mots de la guerre, la photo, le cinéma, ou les fusillés, ce hors-série richement illustré comprend des documents inédits notamment des correspondances du front et de l’arrière (un médecin à Verdun, une jeune fille allemande…), un grand entretien avec Antoine Prost et un autre avec le président du Sénégal Abdoulaye Wade.

On y trouve également la photo d’une fraternisation utilisée pour l’affiche et l’ouvrage issus du colloque « Obéir/désobéir, les mutineries de 1917 en perspective » (p. 35).

Signalons une petite erreur, la dénomination du Crid 14-18 étant confondue à la p. 81 avec celle de son quasi-homonyme le Centre de recherche de d’information pour le développement !

Emission de radio : « L’histoire et moi » consacrée à la Grande Guerre (samedi 30/8, 17h05)

L’émission de France Inter reçoit aujourd’hui André Loez  (Crid 14-18) pour évoquer la Grande Guerre. Le principe de l’émission « L’histoire et moi » de Sandrine Mercier et Laurence Giordano est de confronter l’histoire vécue au regard des historiens: ici, la discussion porte sur le soldat Pierre Rouquet, combattant de Verdun et du Chemin des Dames, qu’évoquent son petit-fils et son arrière-petite-fille à partir de documents sonores qui sont commentés et discutés ensemble.

Le samedi 30 août 2008 à 17h05.

Voir le site de l’émission

Écouter l’enregistrement mp3 (clic droit pour télécharger)

Supplément « 1918 » de Libération, 11 juillet 2008

Couverture de la brochure \

Le Conseil Général de l’Aisne renouvelle son effort d’information et de diffusion des connaissances sur la Grande Guerre à travers une importante brochure gratuite. Celle-ci, dont Rémy Cazals a assuré la direction scientifique, sera disponible gratuitement en kiosque avec le quotidien Libération le vendredi 11 juillet 2008 dans les régions Paris-Ile-de-France et Picardie. Elle sera également diffusée largement dans le département de l’Aisne à partir du 12 juillet : Caverne du Dragon – Musée du Chemin des Dames, Familistère Godin, mairie de Craonne, Réseau des Offices de tourisme et syndicats d’initiatives de l’Aisne.

Oeuvre éminemment collective, cet ouvrage n’aurait pu voir le jour sans le concours, l’enthousiasme et l’aide efficace déployés tout au long de l’élaboration de cet ouvrage par de nombreux personnels du Conseil Général de l’Aisne; un merci tout particulier à Damien Becquart, chargé de mission Chemin des Dames/Familistère de Godin; Anne Bellouin, responsable du Musée du Chemin des Dames/Caverne du Dragon; Pascale Cartegnie, responsable du service Communication; François-Xavier Dessirier, photographe et rédacteur, service communication; Laurence Moutarde, graphiste; Annie Beauvillain, chargée de communication.

Pour plus d’informations, contact Conseil général de l’Aisne :servicecom@cg02.fr

Enfin, cette opération est complétée par la mise en ligne sous forme de brochure interactive (feuilletable) de la publication « 1917 Le Chemin des Dames » à partir de juillet 2008 sur les sites suivants : www.aisne.comwww.chemindesdames.fr

www.caverne-du-dragon.fr

De la photo-choc, de la photo–mémoire et de la réalité historique

Les média ont fait part à partir du 10 Mai des interventions de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants qui a annoncé qu’un feu vert est donné  à une étude cas par cas des conditions dans lesquelles ont été jugés, condamnés et fusillés certains des « poilus » de la grande guerre en vue d’un geste éventuel de pardon à l’occasion du 90° anniversaire de la fin de ce conflit.

Le Crid 14-18, dont un des axes de recherche est l’utilisation du témoignage sous toutes ses formes comme sources historiques, ne peut que réagir devant la désinvolture générale avec laquelle la presse se conduit quand il s’agit d’illustrer des informations renvoyant à un passé douloureux.

En effet , en illustration de cette nouvelle, que ce soit sur France-Info, Le Figaro ou le Journal du Dimanche, partout trône la même photo d’un homme à genoux yeux bandés face à un peloton de soldats prêt à faire feu sur lui.

Pour France Info et Le Figaro, la légende est : « Exécution en 1917 à Verdun ». Pour le JDD : « Exécution d’un mutin par un peloton de l’Armée Française en 1917.

Ces légendes et cette photo amènent plusieurs séries de remarques ».

Un rapide coup d’œil au cliché indique que ce dernier ne peut avoir été pris que pendant la première année de la guerre 14-15 alors que la troupe était encore en casquette, pantalon rouge et  capote bleu sombre.

Elle ne peut donc avoir été prise en 1917.

En fait on ne connaît pas l’origine exacte de cette photo dont on pense qu’elle concerne un espion ou « pseudo-espion » fusillé soit à l’arrière des lignes soit à l’intérieur du territoire. Plusieurs centaines de condamnés pour espionnage ont été en effet exécutés dans les régions militaires de l’arrière.

Les exécutions de soldats près du front l’étaient, d’après le cérémonial militaire, en présence d’un important concours de troupe, amené là pour méditer sur le risque de désobéissance. Le carré de troupes, désigné pour cette mission, assistait en spectateur et, du moins dans les premières années de la guerre, présentait les armes puis défilait devant le cadavre du  supplicié entraîné par le son d’une musique militaire, elle aussi toujours présente. Ce cérémonial supposait de choisir un lieu d’exécution permettant ce genre d’évolution.

Ici il s’agit d’une exécution, presque en catimini de l’hiver 1914-1915, photographiée avec l’aval de l’autorité militaire compte tenu de la distance à laquelle la scène a été photographiée.

Étant certainement la seule ou une des seules photos disponibles dans les banques d’images, il est logique qu’elle ait servi d’illustration du fait de son effet naturellement choquant.

Comme dans beaucoup d’autres cas, pour d’autres périodes historiques, on assiste une fois de plus à la tendance, consciente ou inconsciente, de démultiplier l’effet choquant du cliché en le renforçant par des allusions mémorielles.

Ainsi pour le JDD on cible sur «  mutin » et « 1917 » tandis que dans le Figaro on associe  les mutineries (1917) à un lieu qui parle à la mémoire des  Français : « Verdun », même si ce nom de ville renvoie aux événements tragiques de 1916.

Le Crid 14-18 qui milite pour que l’utilisation de la photo comme source le soit avec les mêmes précautions méthodologiques en vigueur dans l’exploitation des archives classiques ne peut que signaler la persistance de la désinvolture dans les légendes, signalée ici, qui ne rend pas service à la recherche historique du fait du côté émotionnel qu’elle véhicule.

André Bach

Bibliographie :

BACH, André, Fusillés pour l’exemple, Paris, Tallandier, 2004, 617 p.

OFFENSTADT, Nicolas, Les fusillés de la grande guerre et la mémoire collective, 1914-1999, Paris, Odile Jacob, 1999, 285 p., édition de poche, Odile Jacob, 2003.