Composer avec l’ennemi en 14-18 ? Colloque à Charleroi les 26 et 27 octobre 2017

Comment parvenait-on à travailler en zones occupées ou sur la ligne de front pendant le premier conflit mondial?

Les célébrations du centenaire sont l’occasion de confronter le discours orienté des vainqueurs d’après-guerre (Charles de Kerchove de Denterghem, 1927) à la réalité des faits, à l’aune des sources d’archives toujours disponibles. Dans le secteur verrier par exemple, l’historiographe belge a pour habitude de faire, de l’industriel Emile Fourcault le seul « traître à sa patrie ». Or, les documents d’époque montrent qu’un grand nombre de verreries ont maintenu leur fabrication pendant le conflit. Son retentissant procès n’est-il pas finalement l’arbre qui cache la forêt ? Il paraît désormais évident que l’industrie du verre – qui n’a encore jamais été étudiée à ce jour – ne constitue pas le seul exemple de la poursuite des activités en zones de guerre.

L’occasion est donc ici donnée d’étudier le fonctionnement quotidien de l’industrie pendant le conflit et au-delà, d’estimer à qui finalement, cela a profité, entre redistribution des parts de marché et remise à niveau de l’outil de production.

Le colloque se tiendra les 26 et 27 octobre

au CEME – CHARLEROI ESPACE MEETING EUROPÉEN

144 rue des Français, B-6020 Dampremy (BE)

Le programme du colloque :

JEUDI 26 OCTOBRE 2017

9h : ACCUEIL

9h30 : ALLOCUTION D’OUVERTURE DU COLLOQUE Paul Magnette, Bourgmestre de la Ville de Charleroi

10h : Introduction Jean HEUCLIN, professeur émérite, Université catholique de Lille

10h30-12h SÉANCES DE LA MATINÉE (présidence : Jean HEUCLIN)

  • « La question du charbon pendant la Grande Guerre. Entre régulation, résistance et intérêt public », Guy COPPIETERS, chef de travaux, Archives générales du Royaume, Bruxelles.
  • « Charbon et occupation – Panorama des bassins houillers du Centre et du Couchant de Mons entre 1914 et 1918 », Camille VANBERSY, SAICOM, Centre d’archives privées, site du Bois-du-Luc.

    12h-13h : LUNCH

    13h-16h SÉANCES DE L’APRÈS-MIDI (présidence : Kenneth BERTRAMS, chargé de cours, Université libre de Bruxelles et membre de l’Académie royale de Belgique)

  • « Raoul Warocqué. Un industriel charbonnier dans la guerre.  Une attitude controversée », Yves QUAIRIAUX, conservateur honoraire des collections régionales, Musée royal de Mariemont.
  • « L’usine à gaz de Sedan et le rôle de Louis Busson son directeur dans la résistance face aux occupants », Nicolas CHARLES, Université de Paris-Sorbonne & Jean-Louis MICHELET, ingénieur historien.
  • « Liège, 1914-1918 : complaisances, résistances et contrastes dans un paysage
    industriel occupé », Arnaud PETERS, Centre d’histoire des sciences et des
    techniques, Université de Liège.

PAUSE

  • « Un cas de contre-exemple de la mise en coupe réglée de l’industrie par l’occupant allemand : la verrerie en zone belgo-française », Stéphane PALAUDE, président de l’AMAVERRE.

« Une cristallerie d’art sous la menace du feu : les établissements Gallé et les défis de la production industrielle en zone de guerre (1914-1918) » Samuel PROVOST, maître de conférences, département d’histoire de l’art et d’archéologie, Université de Lorraine.

18h30-22h : DÉCOUVERTE DES COLLECTIONS DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE CHARLEROI ET WALKING-DINNER

VENDREDI 27 OCTOBRE 2017

9h-12h30 SÉANCES DE LA MATINÉE (présidence : Michaël AMARA, Archives générales du Royaume)

  • « Les déportations des ouvriers belges durant la Première Guerre mondiale : logique industrielle ou improvisation ?  L’impact sur la population belge », Arnaud CHARON, chercheur, projet « The Great War from below », Archives générales du Royaume, Bruxelles.
  • « Industrie du Verre en zone « annexée » : les Bezirke de Saarbrücken et de Strasbourg et plus particulièrement la situation de la verrerie Vallerysthal », Luc STENGER, chercheur en histoire.
  • « Industries métallurgiques et constructions électriques (les ACEC) au Pays de Charleroi durant la Grande Guerre », Jean-Louis DELAET, directeur du Bois du Cazier.

PAUSE

  • « Le maintien de la production de la sucrerie belge Couplet au cours de la Grande Guerre », Ludovic LALOUX, maître de conférences, Université de Bordeaux.
  • « L’industrie textile du Nord sous l’occupation, 1914-1918 :  une industrie (presque) inactive », Simon VACHERON, Centre Roland Mousnier, Université de Paris-Sorbonne.
  • « L’industrie sidérurgique belge pendant la Grande Guerre.  Le cas des Forges de Clabecq », Madeleine JACQUEMIN, chef de travaux, Archives générales du Royaume.

    12h30-13h30 : LUNCH

    13h30-16h SÉANCES DE L’APRÈS-MIDI (présidence : Carine GOUVIENNE, archiviste,
    Ville et CPAS de Charleroi)

  • « Les usines belges délocalisées à l’étranger pendant la Grande Guerre », Michaël AMARA, chef de service, Archives générales du Royaume, Bruxelles.
  • « Le cluster du pays de Weppes occupé entre 1914 et 1918 :  une production qui s’est poursuivie ? », Chantal DHENNIN, laboratoire HLLI, ULCO, Université Lille Nord de France.
  • « La répression de la collaboration industrielle dans la province de Liège après la Première Guerre mondiale », Alysson RIMBAUT, historienne agrégée.
  • « La SA Brevets Fourcault : victime de guerre ? », Catherine THOMAS,
    conservateur, Musée du Verre de Charleroi.

    CONCLUSION Stéphanie CLAISSE, Académie royale de Belgique

Parution : L’Aisne occupée, les civils dans la Grande Guerre (P. Salson)

La version remaniée de la thèse de Philippe Salson (CRID 14-18) vient de paraître aux Presses Universitaires de Rennes. Sous le titre L’Aisne occupée, les civils dans la Grande Guerre, l’ouvrage étudie l’expérience des civils occupés en 1914-1918 à plusieurs échelles (départementale, communale, individuelle) et selon plusieurs thématiques (les conditions de vie, les violences, les attitudes face aux ordres, les relations nouées avec les occupants…) :

« L’occupation allemande de la France en 1914-1918 est méconnue du grand public. Pourtant, depuis une quinzaine d’années, plusieurs ouvrages ont été publiés sur le sujet insistant sur l’occupant et la violence qu’il exerce sur les occupés. Philippe Salson renverse ici le regard pour s’intéresser aux civils occupés et à leur quotidien.

Sa micro-analyse dans le cadre du département de l’Aisne combine analyses quantitatives et approches qualitatives.

À partir d’un corpus de 34 témoignages tenus au jour le jour, d’une base de données de récits locaux concernant 452 communes et l’exploitation d’archives municipales, l’auteur opère un carottage au plus profond des mécanismes sociaux à l’œuvre dans les communautés locales. En faisant varier la focale de l’échelle départementale à l’échelle communale et individuelle, avec des comparaisons internationales, il donne la juste mesure des violences subies par les civils, qu’elles soient délibérées ou non, du choc social et économique produit par l’occupation mais également de la diversité et de la complexité des relations entre occupants et occupés. Au cours des quatre années de guerre, contacts et rencontres se nouent entre population civile et soldats allemands, au-delà de la simple confrontation. »

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