Parution de Guerre et transgressions

Vient de paraître aux Presses Universitaires de Grenoble, Guerre et transgressions. Expériences transgressives en temps de guerre de l’Antiquité au génocide rwandais, sous la direction de Laurent Douzou, Sylvène Édouard et Stéphane Gal. Il s’agit des actes d’un colloque qui s’est tenu en 2015 à Lyon.

Présentation :

Qu’est-ce que transgresser ? En quoi consistent les pratiques transgressives ? Qu’impliquent-elles réellement ?

La transgression traverse et interroge toutes les époques et toutes les sociétés. Transgresser, c’est aller au-delà de limites juridiquement, politiquement et socialement établies ; c’est aussi s’aventurer hors du territoire dessiné par le code moral de chacun. Au-delà de cette définition sommaire, comment définir en toute rigueur, à partir de cas précis, ce que transgresser veut dire ?
La question de savoir ce que la notion de transgression désigne et implique se pose de manière particulièrement aiguë en temps de guerre. D’où le parti d’aborder cette expérience de la transgression dans une perspective pluridisciplinaire à partir d’une observation sur le temps long, de la Grèce antique à l’expérience contemporaine de la guerre civile au Rwanda.

Ont contribué à l’ouvrage : Guillaume Ancel, Patrice Arnaud, Loïc Cazaux, Sébastien Chatillon, Pauline Flepp, Véronique Garrigues, Charlotte Gobin, Alexandre Jakubiec, Aude-Marie Lalanne Berdouticq, Valéria Pansini, Laurence Prempain, Delphine Richard, Philippe Salson, Morgane Walter, Stéphane Weiss.

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Histoire d’un sacrifice : Robert, Alice et la guerre

Nicolas Mariot vient de publier la correspondance qu’a entretenue Robert Hertz avec sa femme Alice au cours de la guerre.

Mobilisé en août 1914, Robert Hertz a entretenu avec sa femme Alice une correspondance quotidienne où se lit la flamme d’un engagement sans limite. Pour se hisser à la hauteur de son idéal patriotique, Robert se porte volontaire afin de quitter sa première affectation, éloignée des combats, et rejoindre le front où il trouvera la mort quelques semaines plus tard. La guerre de ce jeune sociologue – l’élève préféré de Durkheim – n’aura duré que huit mois.

Les pages de ce livre constituent une longue promenade à travers la forêt de mots fébrilement jetés sur le papier par Robert et Alice Hertz. Elles donnent à lire le pas de deux d’un sacrifice, la fabrique épistolaire d’un martyre. « Aimée, ne crois pas que je gémis et que je doute. J’irai jusqu’au bout, si long que soit le chemin », écrit Robert à sa femme fin octobre 1914. Un mois avant d’être tué encore, le serment est répété : « Nous avons fait vœu d’aller jusqu’au bout. Ce sera encore très long, très dur. » La correspondance creuse un tourbillon de « si je ne reviens pas… »

Il s’agit de faire de cette radicalisation intime le cœur même du livre, de tenter de comprendre pourquoi, à chaque fois qu’il reçoit une mise en garde, Robert passe outre et choisit de franchir un pas supplémentaire dans l’engagement sans retour. Il s’agit de prendre à bras-le-corps ce que veut dire : mourir pour des idées.

Ce livre n’est pas seulement l’histoire d’un couple dans la Grande Guerre. Il est l’histoire d’une radicalisation intime, le pas de deux d’un sacrifice, la fabrique épistolaire d’un martyre. Pourquoi un sous-officier qui avait toutes les ressources pour échapper à l’hécatombe choisit-il la fuite en avant vers la mort ? Comment devient-on un fou de guerre ? La correspondance du sergent Hertz, dans sa singularité même, apporte des réponses à ces questions.

Les références du livre :

Nicolas Mariot, Histoire d’un sacrifice. Robert, Alice et la guerre (1914-1917), Paris, Seuil, coll. « L’Univers historique », 2017, 434 p., ISBN : 978-2-02-134370-0.

Présentation de l’ouvrage et table des matières