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BOCK Fabienne, Un parlementarisme de guerre (par Nicolas Offenstadt)

UN PARLEMENTARISME DE GUERRE, 1914-1919, de Fabienne Bock, préface de Jean-Jacques Becker, Paris, Belin,  » Histoire et société. Temps présents « , 2002, 352 p.

Entre les prétendues  » dictature de Chantilly  » (celle du Commandement militaire au début de la guerre) et  » dictature clémenciste  » (à partir de la fin 1917), la place du Parlement dans la Grande Guerre pourrait sembler bien effacée, d’autant plus que les assemblées ne siègent pas dans les premiers mois du conflit. Or, souligne Fabienne Bock, dès le début 1915, l’institution entend bien reprendre ses droits, et, progressivement, le Commandement doit céder du terrain. Le contrôle aux armées, que souhaitent développer les parlementaires, suscite de fortes réticences chez les militaires mais l’échec de l’offensive Nivelle et les mutineries en 1917 notamment, permettent, de le faire avancer. C’est à travers les grandes commissions en particulier (celles de l’Armée au premier chef), véritable troisième pouvoir dont les débats ne sont pas publics, que les Chambres interviennent. Leurs membres jouent un rôle d’  » aiguillon  » de l’exécutif – tous les gouvernements se plaignent du contrôle parlementaire – et participent à l’organisation de la défense nationale, tant dans le domaine de l’armement que dans celui des marchés publics pour les services de la Guerre. L’historienne étudie encore en détail la question de la mobilisation des parlementaires (dix députés meurent au combat). On pourra regretter la portée limitée des conclusions d’ensemble, sans doute parce que le sujet a été traité sans véritables perspectives analytiques.

Nicolas Offenstadt

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