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CESCHIN Daniele, Gli esuli di Caporetto (par Rémy Cazals)

CESCHIN Daniele, Gli Esuli di Caporetto, I profughi in Italia durante la Grande Guerra, Rome/Bari, Laterza, 2006, 314 p.

L’auteur enseigne à l’université de Venise. Il a réalisé des travaux sur les civils pendant la Grande Guerre. Sa recherche en cours porte sur les internés politiques en Italie de 1915 à 1918 (socialistes, anarchistes, catholiques).
Le présent livre concerne la très grave conséquence du désastre de Caporetto sur les civils de la zone envahie ou menacée par les troupes allemandes et austro-hongroises. On connaît l’attaque surprise dans la nuit du 24 octobre, la rapidité de mouvement, les multiples infiltrations dans les lignes italiennes et la réaction tardive du commandement suprême. L’offensive fit 11 000 morts du côté italien, 29 000 blessés, 280 000 prisonniers et 350 000 soldats débandés. La destruction de ponts sur le Tagliamento, pour freiner l’avance ennemie, contribua à l’abandon à leur destin d’un grand nombre de soldats et de civils qui avaient pris la fuite. Au total, ce sont 600 000 civils, femmes, enfants et personnes âgées, qui abandonnèrent les villes et les campagnes de Cividale, Udine, Pordenone, Sacile, Belluno, Conegliano, une marée humaine s’écoulant au milieu des soldats en déroute, parfois en concurrence avec eux pour passer un obstacle ou un pont. Cette grande tragédie collective augmenta l’impression de catastrophe nationale que l’effondrement militaire avait provoqué.
Le sujet n’avait encore pas été traité dans sa totalité. Le livre s’appuie sur des sources encore non utilisées, qui permettent de reconstituer les différentes facettes de cet exode de masse. C’est, d’une part, la découverte que l’Italie, vers laquelle on fuit, est l’unique patrie possible (« exilés vers la patrie »). Pour les Italiens des zones d’accueil, c’est l’arrivée de la guerre elle-même, jusque là lointaine, et l’image permanente de la région occupée. Mais les conditions matérielles des réfugiés sont difficiles. Ils sont parfois mal vus, ils rencontrent de l’hostilité : « En Toscane, on nous prend pour des cannibales. » Il y a une inversion des circuits traditionnels : ce sont des gens du Nord qui doivent émigrer vers le Sud. Une émigration provisoire, puisqu’ils rentrent chez eux après la victoire, mais c’est alors une confrontation avec ceux qui sont restés.
Important appareil critique en fin de volume : 50 pages de notes. Tableaux statistiques par province quittée et par lieux d’accueil. Croquis de localisation. Index des noms.

Rémy Cazals

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