Wannenmacher, Sylvain (1896-19..)
mardi 11 mars 2008 à 22:58
1. Le témoin
Né à Dijon le 7 février 1896. Etudes musicales à Paris. Après la guerre, il devient professeur de violoncelle à St.-Etienne. Marié, sans enfant. Mort à plus de 90 ans.
2. Le témoignage
Notes de guerre mises au propre en 1968 pour le cinquantenaire de l’armistice, avec photos. Ce texte est la propriété de Mme Antoinette Mazeau. Des extraits ont été publiés dans Lettres comtoises, n° 10, septembre 2005, p. 121-158, présentation de M.-Th. Dupuis. On peut regretter qu’il ne s’agisse que d’extraits.
3. Analyse
Mobilisé en avril 1915 au 109e RI de Chaumont. Dans le Pas-de-Calais en décembre. Fait partie d’un contingent qui vient renforcer le 170e RI à Verdun en mai 1916. Il décrit l’arrivée parmi les hommes de son escouade : « Je suis très impressionné par la gravité de leurs regards et de leur comportement. » Au lieu de monter en ligne, le régiment quitte le secteur en camions, ce que les poilus arrosent au pinard. En juin, comme musicien, il est affecté à la CHR. Il est brancardier devant le Fort de la Pompelle. En juillet, dans la Somme, il admire l’équipement et l’organisation des Anglais.
Descriptions classiques des bombardements, des corvées, de l’arrivée difficile du ravitaillement, du plaisir quand enfin on peut se laver et changer de linge… Prise d’une tranchée : « les prisonniers filent au pas de course vers l’arrière ». Travail du brancardier : « Nous continuons toute la nuit à transporter nos blessés, ensuite les blessés allemands, puis les morts. » En septembre, devant le talus de la route de Bouchavesnes, toute une vague de camarades de la classe 16 a été fauchée par les mitrailleuses, marquant le terrain de ses capotes bleues.
Fin septembre, lors d’une permission, en passant à Paris, rage devant l’indifférence des civils « qui prennent paisiblement leur apéritif », devant les « embusqués fringants, bien astiqués ». Quelques jours en famille, mais il faut sans cesse répondre à l’instituteur qui demande dans quelles circonstances est mort son fils : « Il a sans doute été tué devant la route de Bouchavesnes, et dans la nuit où nous relevions nos blessés, je suis sans doute passé près de cette capote bleue, étendue parmi tant d’autres. »
Rémy Cazals, mars 2008

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