Chroniques – 4/12 La FAOL

Brefs souvenirs 4/12 La FAOL

Il ne faut pas oublier que c’est la Fédération audoise des œuvres laïques (FAOL), Ligue de l’Enseignement, qui a lancé l’édition de Louis Barthas avec la fabrication artisanale d’une plaquette de format A4 tirée en offset à 500 exemplaires, reprenant sur 72 pages des extraits du manuscrit pour utilisation en classe. La plaquette fut envoyée à François Maspero, et la réponse positive de celui-ci fut immédiate : une édition intégrale s’imposait. La FAOL participa largement à la diffusion et au succès du livre.

La plaquette Barthas avait été précédée d’une autre de même aspect permettant de diffuser les textes écrits pendant la guerre de 1939-1945 par les écoliers d’un village de l’Aude, Tournissan. Cet ouvrage-là a également été repris par un éditeur, d’abord Privat en 1978, puis Vendémiaire récemment sous le titre Il nous tarde que la guerre finisse. Georges Dapot et Daniel Iché, deux secrétaires généraux de la FAOL, doivent être remerciés pour avoir soutenu ce travail et celui qui dut être mené dans la foulée.

En effet, la publication du Barthas suscita des suites intéressantes. C’est d’abord un lecteur d’Aigues-Vives (Gard) qui attira notre attention sur les carnets 1939-1945 de Gustave Folcher que la FAOL a également fait publier par Maspero. Ce texte est reconnu par les historiens spécialistes comme un témoignage de premier ordre sur la captivité en commando agricole et sur la débâcle allemande vue par un PG français, mais aussi sur les combats de 1940. Retenons ici les allusions à la guerre de la génération précédente : les visites peu réjouissantes des cimetières militaires ; la découverte directe de la boue des régions du nord-est, telle que « ceux de 14 » l’avaient décrite. Le 11 avril 1945, tandis que les blindés américains foncent vers Schorsted, le village où Gustave se trouve en commando agricole, un bruit sourd se rapproche. Le fermier lui demande s’il s’agit du canon. « Je lui dis que c’est bien là ce que j’avais entendu sur le front [en 1940]. Lui, qui a fait la guerre de 1914, a bien compris aussi. »

La collection « la mémoire de 14-18 en Languedoc » constitue une autre suite de Barthas. Plusieurs témoins découverts par la FAOL figurent dans le dictionnaire en ligne sur le site du CRID. Ce qui a caractérisé leur édition a été le souci permanent de coopération avec d’autres éditeurs, ou avec la mairie de Fenouillet (Georges Caubet), le moulin à papier de Brousses (qui a fait éditer un timbre-poste en l’honneur de Xavier Chaïla), etc.

En 1992, à l’occasion de la publication du dictionnaire biographique départemental, la FAOL, la Société des études scientifiques et les Archives de l’Aude se sont associées pour organiser et publier successivement dix colloques internationaux parmi lesquels quatre sur la Première Guerre mondiale ou lui faisant une place dans une thématique plus générale. Certains de ces livres figurent parfois sur des sites de vente par correspondance à des prix prohibitifs, alors qu’on peut se les procurer à prix normal ou soldé en s’adressant à la FAOL (www.ligue11.org, rubrique librairie). Dans le catalogue se trouvent aussi les témoignages publiés dont les tirages ne sont pas épuisés.

En parlant de la FAOL, il ne faut pas oublier d’autres associations qui ont eu une intense activité de publication sur la Grande Guerre. Sans chercher à faire liste exhaustive, on peut mentionner au moins Soissonnais 14-18, Bretagne 14-18, Adiamos pour l’Yonne, la Société culturelle du pays de Castres.

Rémy Cazals

Prochaine chronique : Brefs souvenirs 5/12 Deux colloques dans le département de l’Hérault

 

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2 thoughts on “Chroniques – 4/12 La FAOL”

  1. bonjour,
    Mon grand-père a été blessé le 27 août 1914 à l’attaque du Ménil-sur-Belvitte et je recherche une version pdf ou originale, du fameux livre « la bataille de la Mortgne », de l’abbé Collé. pouvez-vous m’aider dans mes recherches ?

    1. Bonjour,

      Je vais transmettre votre requête aux membres du CRID 14-18 qui sont dans le grand Est et qui pourront vous renseigner sans doute.

      Cordialement
      Marie Llosa Membre du CRID 14-18

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