Une réunion au Service Historique de la Défense (SHD) de Vincennes

La salle de lecture actuelle des archives de l’armée de terre
Lundi 31 mars se tenait une réunion organisée par le Département des publics et de la valorisation au Service Historique de la Défense à Vincennes. Des lecteurs du SHD y étaient conviés dans le cadre de la réorganisation et de la mise en œuvre de la « Charte Marianne », destinée à améliorer le fonctionnement du service et l’accueil des publics. Nous avons donc pu y assister et participer à une discussion fructueuse. En voici un compte-rendu partiel avec les quelques informations glanées depuis la salle.
L’exposé initial de la situation du SHD et des archives est d’un très grand intérêt : on savait le site inadapté, cela a été confirmé. Le pavillon des armes, salle de lecture actuelle des archives de l’armée de terre, est dans un état de vétusté et de sécurité qui limite le nombre quotidien de lecteurs. Surtout, la dispersion et l’éclatement tant des dépôts que des salles de consultation et de communication (bibliothèques, salles de lecture) et des services techniques (reliure, reproduction, etc.) génère de la confusion et des flux incessants – que tous les utilisateurs connaissent, qui ont vu des militaires traverser en tous sens les cours du château et les camionnettes transporter les cartons d’archives d’un point à un autre. De plus, le site est partagé entre le ministère de la Défense et celui de la culture qui gère et fait visiter le Donjon et la Sainte-Chapelle (monuments historiques) ce qui peut être source de difficultés supplémentaires pour les publics et les agents.
Ces publics sont justement d’une grande diversité. On a ainsi appris qu’il y avait 5.011 lecteurs inscrits, pour plus de 20.000 visites annuelles au SHD. Parmi eux, 1312 inscrits depuis plus d’un an. La composition de ce public est intéressante : 53% de généalogistes (!) contre 12% d’universitaires et étudiants, et 11% de chercheurs étrangers.
Un débat vif et vivant s’est instauré pour présenter les besoins voire les doléances de ces différentes catégories de lecteurs. Les responsables des archives ont indiqué qu’ils souhaitaient, conformément à la loi, assurer l’équité dans la communication des documents, en restant souples afin de permettre aux chercheurs et étudiants de consulter en cas de besoin (séjours parisiens limités, travaux universitaires à rendre…) des documents plus nombreux que les 3 règlementaires.
En tant que membre du Crid 14-18 et pensant à tous les collègues, provinciaux notamment, frustrés lors de séjours brefs, on a tenté d’attirer l’attention sur les difficultés qui peuvent alors se présenter : problèmes de réservations, de limites à la consultation de documents, d’accès aux cotes, etc.
Des suggestions et propositions ont ainsi été avancées depuis la salle. L’idée d’une ouverture « nocturne » (17-20h au moins) un jour par semaine a été avancée : cela permettrait à tous ceux qui travaillent de ne pas avoir à systématiquement prendre un jour de congé pour venir aux archives ! Comme pour l’ouverture hypothétique le samedi, toutefois, on se heurte là à des problèmes de personnel, dans un contexte peu propice aux recrutements
Plusieurs lecteurs, en particulier généalogistes, ont fait valoir la nécessité d’un système d’échanges ou de consultation à distance de documents (par chercheurs interposés – et éventuellement rémunérés) comme cela se fait, semble-t-il, à l’étranger. La difficulté est que le SHD n’a pas le droit d’orienter d’éventuelles demandes vers tel ou tel. On propose alors d’intégrer au site Internet du SHD un forum de discussion. La difficulté est, là encore, que le SHD n’aura pas forcément les ressources pour l’animer et le modérer. D’ici là, on peut en parler sur le Forum du Crid 14-18 par exemple !
On suggère aussi, concernant les nouvelles technologies, l’accès au WiFi dans les salles (envisageable, mais des problèmes de sécurité se posent) et un meilleur contrôle de la photo numérique, source souvent de nuisances sonores pour les autres lecteurs.
La grande question est celle de la numérisation des inventaires et des instruments de recherche. Pour certains d’entre eux (Ancien Régime) elle est sensible et coûteuse. On a pu (re)découvrir à cette occasion que de nombreux inventaires sont déjà en ligne, dont, ce qui est crucial pour la Grande Guerre, ceux de la série N.
Changements à l’horizon L’amélioration des services avec l’application de la « charte Marianne » est déjà sensible : ouverture le lundi des archives du SHD-terre depuis fin 2007. D’autres changements sont prévus : un déplacement de cette salle de lecture vers le Pavillon du roi (2e cour, à droite) à l’horizon 2009, où toutes les places seront équipées d’une prise électrique (!), ainsi que l’acquisition de 75 km linéaires supplémentaires de magasins au Fort Neuf de Vincennes (toujours un problème de flux à prévoir…).
La question des réservations qui focalise les critiques va être prise en compte : un standard et des postes Internet sont en cours d’installation au secrétariat, permettant de répondre plus facilement aux demandes. Dans l’ensemble, on doit souligner la grande disponibilité et le pragmatisme souriant et efficace des responsables du SHD, dans le fil du travail remarquable de ses agents. N’ayant pu assister à l’ensemble de la réunion, on indiquera simplement pour finir que le SHD souhaite continuer à s’améliorer en lien avec ses lecteurs, dont les associations qui peuvent constituer un relais et un interlocuteur. Au Crid 14-18, nous serons très heureux d’y travailler, d’autant que nous réalisons un Guide des sources de la Grande Guerre.
André Loez
Crid 14-18

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One thought on “Une réunion au Service Historique de la Défense (SHD) de Vincennes”

  1. Bonjour, mes deux grands-pères étaient des « Poilus », l’un Emile Sourigues a eu une conduite héroïque durant le combat des Dardanelles.
    L’autre s’appelait Charles Benatte; j’ignore tout de lui et je ne sais pas où il a servi ni son affectation.

    Charles Benatte est né vers 1880 soit à Paris, soit en Seine et Oise d’alors (Paris, Sèvres, Puteau) il est décédé vers 1930 j’ignore où. Les mairies ne me répondent pas et la famille me fait un barage total.

    Emile Sourigues est né en 1880 à Paris dans le 15è et habitait le 18è je pense lors du conflit.Là aussi j’ai une sorte de blocus quant aux informmations que je pourrais avoir de façon directe.

    Ayant de sérieux problèmes de santé, il m’est très délicat de me déplacer.

    Seriez-vous assez aimable pour me donner quelques pistes ?

    En tout cas, je vous remercie infiniment de votre attention.

    Or je ne retrouve aucune trace d’eux dans les archives

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