« Ma petite Jeannie chérie », exposition à la Médiathèque de Sète

Du 1er au 16 septembre 2017 le service des archives municipales de Sète présente une exposition sur une correspondance à la Médiathèque François Mitterrand.

 

Avant d’être mobilisé en 1914 à l’âge de 33 ans, Joseph Albert Bernard COLLIN travaillait à la Station Zoologigue de Cette. Mobilisé dès le début de la guerre au sein du 21ème régiment d’infanterie, il est envoyé dans la région Nord Pas de Calais où il restera jusqu’à sa mort à Souchez en septembre 1915.

A partir d’août 1914 jusqu’à la mort de Bernard, le 27 septembre 1915, le couple s’écrira quasiment tous les jours. Ce sont plus de 600 lettres qu’ils vont échanger, de très belles lettres intelligentes et sensibles. Bernard envoyait aussi des lettres et des dessins à sa fille Jeannie née en août 1911. Magali parlait très souvent de leur fille et détaillait au quotidien l’évolution physique et psychologique de l’enfant. Elle lui envoyait des transcriptions des petits messages que la fillette destinait à son père.

Plus d’informations : http://www.tourisme-sete.com/exposition-ma-petite-jeannie-cherie-sete.html

 

Des voix et des choix. Hexham, Metzingen et Noyon, trois villes dans la Grande Guerre

Du 14 janvier au 15 avril 2017, l’exposition « Des voix et des choix. Hexham, Metzingen et Noyon, trois ville dans la Grande Guerre » est à voir à la Galerie du Chevalet à Noyon. Thierry Hardier s’est occupé des recherches et de la réalisation de la partie consacrée justement à Noyon tandis que les élèves du collège Paul Eluard ont prêté leur voix pour faire entendre des témoignages dans les 3 langues.

Les trois villes jumelées d’Hexham,
Metzingen et Noyon ont connu des destins
variés au cours de la Première Guerre mondiale.
Tandis que Noyon était le théâtre d’opérations
militaires, les villes anglaises et allemandes
fournissaient des contingents composés
d’hommes quittant bien souvent pour la
première fois leur terre natale. Les témoignages
laissés par tous ces protagonistes reflètent la
confrontation avec le front ou l’occupation. Pour
certains, le refus de porter les armes montre
une résistance à la guerre ; pour d’autres, le
choix dépendait du contexte où ils se trouvaient.
Autant de voix et de choix à entendre et
comprendre à travers cette exposition.

Informations pratiques :

  • Exposition du 14 janvier au 15 avril 2017
    Noyon – Galerie du Chevalet
    Place A. Briand – 60 400 NOYON
  • Entrée libre et gratuite
  • Renseignements :
    www.ville-noyon.fr
    03 44 93 28 20

Exposition à Figeac : « Cacher – Coder »

Le Musée Champollion de Figeac (Lot) présente une exposition “Cacher – Coder ; 4000 ans d’écritures secrètes” à laquelle plusieurs membres du CRID 14-18 ont apporté leur concours. Ouverte du 10 juillet au 1er novembre 2015, on peut y voir, entre autres choses, différentes machines à coder, françaises et allemandes, et différents moyens de décoder, utilisés au cours des deux guerres mondiales. Voici la présentation qu’en fait le musée :

Le codage appliqué à l’écriture à des fins de dissimulation du sens, tout autant que la dissimulation d’écritures, semblent aussi anciens que l’invention de l’écriture elle-même. C’est le versant peu connu de cette histoire que cette exposition veut aborder, en s’intéressant ainsi aux différents procédés que l’homme, depuis la naissance même de celle-ci, s’est ingénié à mettre au point afin de cacher la signification exacte de ses écrits, ou la présence même des messages qu’il cherchait à ne transmettre qu’à quelques-uns, et surtout pas à la majorité.

Afin d’illustrer cette thématique, cette exposition aura recours à une majorité d’œuvres originales prêtées par de grandes institutions (Bibliothèque nationale de France, Archives Nationales, Musée du Louvre, Service historique de la Défense, musée national de la Renaissance, etc.), parmi lesquelles des lettres codées de l’empereur Napoléon et de Marie-Antoinette, une machine Enigma, la boîte à chiffrer d’Henri II, des micrographies hébraïques…

Plus d’infos :

Musée Champollion : 05-65-50-31-08 | www.musee-champollion.fr

Colloque international : Guerre des Vosges, Guerres des montagnes

Archives départementales des Vosges, 132Fi20/260 : la Roche Mère-Henry. Des officiers allemands observent la vallée de Senones depuis le sommet du rocher (1914-1915)

« Le massif vosgien fut le seul théâtre de la guerre de montagne sur le sol français pendant le premier conflit mondial. Cette guerre des Vosges, déclinaison montagnarde des techniques et stratégies utilisées sur les autres fronts, témoigne des visions, projets, essais, tâtonnements et finalement des ordres et des réalisations des deux camps face à un terrain et à un ennemi de natures toutes particulières.
C’est ce sujet, encore largement méconnu, que les Départements du Haut-Rhin et des Vosges, entourés des universités de Lorraine et de Strasbourg et des associations et sociétés savantes, ont choisi de placer au cœur des manifestations de l’année 2015 qui marque symboliquement le centenaire des combats des Vosges. »

Les Conseils départementaux des Vosges et du Haut-Rhin (Archives départementales), la Société Philomatique Vosgienne et la maison d’édition Edhisto dirigée par le Cridien Yann Prouillet organisent un colloque international intitulé Guerre des Vosges, Guerres de montagne à Épinal et Colmar du 21 au 23 mai 2015.

Ouvert au grand public comme au public spécialisé, ce colloque, le premier sur cette référentielle thématique, est accompagné de plusieurs manifestations associées (inauguration d’exposition, concert, visites de sites de mémoire). Toutes ces manifestations sont gratuites (voir les détails pratiques).

Déroulé des journées :

Archives départementales du Haut-Rhin, 2Fi1069/193 fonds Boesch-Weckerlin : le Hartmannswillerkopf et ses entrées de galeries souterraines

Jeudi 21 mai 2015 – Épinal (Vosges)

  • 8h30 : Conseil Départemental des Vosges

Colloque – Partie 1 : Évolution des hommes et des combats (les troupes et le matériel, le côté allemand, l’arrière)

  • 17h45 : Musée Départemental d’Art Ancien et Contemporain

Inauguration de l’exposition « Arrête-toi, passant »

  • 20h30 : Salle de La Louvière

Concert du groupe Ozma

Vendredi 22 mai 2015 – Sites mémoriels de la Cote 627 – La Fontenelle (Vosges) et du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin)

  • 10h00 : Nécropole et plateau mémoriel de La Fontenelle – Ban-de-Sapt

Visite guidée du site de mémoire, ancien champ de bataille de la Cote 627

  • 14h30 : Plateau mémoriel du Hartmannswillerkopf

Visite guidée du site de mémoire, ancien champ de bataille du HWK-HK

Samedi 23 mai 2015 – Colmar (Haut-Rhin)

  • 8h30 : Pôle Média Culture

Colloque – Partie 2 : Les autres fronts de montagne (l’Europe, le front d’Orient, le front russo-roumain, l’espace perso-ottoman, l’Empire français)

Colloque – Partie 3 : La patrimonialisation (traces de guerre, muséologie et tourisme de mémoire)

Conclusion du colloque

L’ensemble des communications de ce colloque sera publié dans un volume d’actes à paraître en 2016… à suivre donc, mais vous pouvez d’ores et déjà le réserver auprès de vos Archives Départementales et partenaires de l’événement.

Pour toutes précisions utiles :

Archives départementales des Vosges
03.29.81.80.70

ou auprès d’Edhisto

 

Exposition au musée du Noyonnais « Louis Leclabart, un artiste picard dans la Grande Guerre »

Affiche exposition Leclabart

Louis Leclabart (1876-1929), un artiste picard dans la Grande Guerre, à Noyon

Du 18 septembre au 24 décembre 2010 au Musée du Noyonnais et à la galerie du Chevalet

En ce mois de septembre 2010, les musées de Noyon proposent de découvrir un artiste picard du début du XXe siècle : Louis Leclabart. Sculpteur mais aussi dessinateur, Louis Leclabart nous laisse en plus de son œuvre artistique un témoignage direct sur le quotidien des tranchées de la Grande Guerre.

Ses dessins à la mine de plomb immortalisent ses compagnons d’armes comme les officiers. Objets et  scènes du quotidien complètent ses vues sur les combats, tandis que son trait rigoureux et réaliste retranscrit les aspects plus techniques de cette guerre comme la naissance de l’aviation.  Mais la spécificité de Leclabart, c’est aussi le regard quasi unique qu’il porte en tant que soldat et artiste français sur les cimetières et monuments aux morts érigés par l’ennemi allemand. Nombres de ces constructions ayant disparu pendant ou juste après la guerre, les croquis de Leclabart sont souvent les seules représentations qui nous soient parvenues. Cependant l’artiste n’oublie pas sa vocation première, la sculpture, et produit en 1916 quatre  œuvres monumentales, aujourd’hui toujours visibles dans les environs de Noyon à la carrière dite du Chauffour. Dans l’immédiat après-guerre, Leclabart continuera à mettre son art au service du souvenir de ses compagnons d’armes, à travers les monuments aux morts qu’il réalisera en Picardie. Le plus célèbre demeure le monument aux morts d’Abbeville dont une étude préparatoire en plâtre sera présentée. Ces œuvres monumentales seront le point final de la production artistique, le sculpteur décédant fin 1929, à peine âgé de 53 ans.

Cette exposition permettra au public de redécouvrir un artiste reconnu en son temps mais désormais oublié, du fait notamment que la majorité de ses œuvres demeure au sein de collections privées. Cette présentation n’aurait ainsi pu être réalisé sans  l’important prêt consenti par les héritiers du sculpteur. Quatre-vingt dessins à la mine de plomb constituent l’essentiel de cette exposition. Quatre études en plâtre ainsi que des photographies donnent un aperçu des sculptures de l’artiste. Photographies  et imprimés d’époques viennent compléter cette première rétrospective.

renseignements : DRAC, Conservation des musées – tel 03 44 44  03 59

www.ville-noyon.fr – courriel : assist.musees@noyon.fr –

Le catalogue de l’exposition, Louis Leclabart (1876-1929), un artiste picard dans la Grande Guerre publié sous la direction de Thierry HARDIER, est disponible en envoyant le bon de commande suivant : bulletin d’achat_Leclabart

Exposition « Raoul Berthelé – Vision de guerre, Aisne 1917 »

Du 18 au 20 juin à la Chapelle Saint-Charles, 9 rue de Panleu,  à Soissons seront présentés des clichés de Raoul Berthelé.

Horaires d’ouverture de 14h à 18h – entrée libre.

Lien internes :

– Voir la notice sur Raoul Berthelé : Fiche témoignage

– Voir le descriptif de l’ouvrage :Images de l’arrière front

– Le fonds conservé aux Archives municipales de Toulouse : Fonds Raoul Berthelé

Exposition « La Grande Guerre s’affiche » à Tarbes

Du 19 au 25 avril 2010, aura lieu à la salle des fêtes de la Mairie de Tarbes, l’exposition : « La Grande Guerre s’affiche … 14-18 par les affiches et l’artisanat de tranchée ». Cette exposition est organisée par l’association Grande Guerre en Gascogne et de la Ville de Tarbes.

L’inauguration officielle est le 19 avril à 19h en présence du maire de Tarbes. Le 21 avril, une visite guidée est proposée ainsi qu’une conférence.

L’affiche et le programme sont disponibles sur le lien suivant :

http://www.ac-toulouse.fr/web/ia-hautes-pyrenees/7267-les-infos-de-l-onac-65.php


Exposition : « Après la guerre. Aisne 1919…» (Caverne du Dragon)

L’exposition intitulée « Après la guerre. Aisne 1919…» sera présentée à la Caverne du Dragon, musée du Chemin des Dames, du 16 avril au 15 décembre 2009.

Le 11 novembre 1918, à Rethondes est signé l’Armistice. Pour des millions de combattants et leurs familles, c’est un immense soulagement.

Cet événement annonce la signature de la Paix, dont les réflexions commencent par la réunion de Commissions interalliées venues constater l’ampleur des dégâts dans les zones de combat.

Après la signature du Traité de Versailles avec l’Allemagne vaincue le 28 juin 1919, a lieu le 14 juillet 1919 un gigantesque défilé de la Victoire, hommage à l’ensemble des troupes alliées. Symboliquement, le cortège est ouvert par une délégation de mille mutilés de guerres et blessés, qui rappelle le coût humain de la Grande Guerre.

La paix, c’est aussi le retour tant attendu pour les soldats démobilisés, et la possibilité de rentrer au pays pour des centaines de milliers de civils chassés ou évacués par la guerre de la zone des combats. En France seule, deux millions de personnes sont concernées.

Les premiers réfugiés commencent ainsi à revenir sur l’ancienne ligne de front du département de l’Aisne. Ils y découvrent des villages en ruines, l’aspect lunaire du champ de bataille, les cimetières provisoires.

Quelle fut leur expérience ? Comment s’organise la vie sur ces territoires ?

C’est à ces questions que tentera de répondre l’exposition organisée à la Caverne du Dragon.

Celle-ci ne traite pas du thème de la Reconstruction à proprement parler mais suit des parcours humains dans l’après-guerre.

Elle ne vise pas à présenter exhaustivement la situation d’après guerre, mais à faire des focus sur certains aspects de la vie quotidienne des populations à l’issue des hostilités.

Il s’agit de porter un autre regard sur la guerre, vue depuis la période postérieure : l’Aisne est encore un champ de bataille, un département à reconstituer. Toutes les questions posées aux autorités et aux populations sont celles qui ont trait à la guerre : que faire des morts ? Que faire des traces des combats? Que reconstruire, où, comment ?

Comment vit-on dans un pays tout juste sorti de la guerre, pas encore en paix au début de 1919, un pays ravagé, « aplati » selon l’expression de Roland Dorgelès, frappé par l’ampleur des destructions de la zone du front ?

C’est ce à quoi l’exposition présentée à la Caverne du Dragon, musée du Chemin des Dames, du 16 avril au 15 décembre 2009, tente de répondre.

Au choc des ruines qui frappe les réfugiés de retour dans leur petite patrie, succède l’accommodement à une vie au provisoire, fragile et précaire.

Avant la Reconstruction, il y a donc ce temps suspendu où la population revient, de manière inégale selon les villages, où l’on s’organise, où certains aussi, découragés, quittent pour toujours leur ancien pays.

Les défis sont multiples : il faut consolider ce qui tient encore debout, récupérer les matériaux là où ils se trouvent, soit sur le champ de bataille même ; lieu de tous les dangers pourtant, faire preuve d’imagination, obtenir réparation via les dossiers de dommages de guerre.

Au milieu de ce chaos, des éléments forts émergent : le maire s’emploie à trouver les solutions au relogement de sa population, les villageois s’organisent au sein des coopératives de reconstruction, le préfet et les députés s’attachent à faire parler l’Etat d’une voix forte.

C’est ce miracle de la reconstitution sociale, où émergent anciens et nouveaux notables (les entrepreneurs de la Reconstruction), qu’évoque l’exposition.

Y sont reconstitués des lieux emblématiques de cette vie au provisoire, mairie, café, bureau d’entrepreneur, église, baraques, pour mieux faire sentir ce que fut cette période de « Far West », front pionnier où tout devient possible.

Informations pratiques:

Ouverture
avril et octobre à décembre :
du mardi au dimanche
mai à septembre : tous les jours
Horaires
Toute l’année de 10h à 18h
Juillet-août : 10h à 19h
Visites guidées uniquement
Tarifs
Individuels : 6 € / réduit : 3 €
Groupes (> 30 personnes) : 5 €
Tarifs spéciaux : nous consulter

Accès

Chemin des Dames – R.D. 18
02 160 Oulches la Vallée Foulon
Tél : 00 33 (0)3 23 25 14 18
Fax : 00 33 (0)3 23 25 14 11
caverne@cg02.fr

Depuis Paris : direction Soissons, puis Laon
(RN2), RD18 Chemin des Dames
Depuis Lille : A26 direction Reims, prendre sortie
n°14 puis direction Chemin des Dames.
Services
Accès handicapés – cafétéria – boutique

Parution : Images de l’arrière-front, Raoul Berthelé

Présentation de l’éditeur
Un corpus photographique, accompagné des éléments possibles de compréhension des clichés, peut s’avérer comme un véritable témoignage, aussi complet qu’un récit. C’est le cas des photographies réalisées par le lieutenant Raoul Berthelé pendant la Première Guerre mondiale, prises dans cette zone, située à quelques kilomètres des lignes de feu, que l’on peut dénommer  » l’arrière-front « , une zone où sont localisées l’intendance et les ambulances. La situation particulière dans cet entre-deux, qui fait partie de la zone des armées sans être constamment exposé, permet assurément à un officier, amateur de photographies dès avant la guerre, de livrer un témoignage visuel abondant et précieux. Ce remarquable ensemble de photographies, réalisées par un homme curieux de ses semblables et des événements qu’il côtoyait et vivait, se regarde avec un intérêt renouvelé à chaque vision. II permet de mieux saisir la Première Guerre mondiale dans ses diverses dimensions et sa complexité.

Voir la notice de Raoul Berthélé sur le dictionnaire des témoignages.

Voir l’exposition et le fonds Berthelé aux archives de Toulouse.

Soirée Conférence « 1914-1918 à Montauban et sa région : quelles traces ? »

Vendredi 28 novembre 2008  à 18h30

à l’Ancien collège (2, rue du Collège) – Montauban

Télécharger le programme (pdf)

Marie Llosa, doctorante à l’Université Toulouse Le Mirail, animatrice culturelle.

Que reste-t- il à Montauban de la Guerre de 14-18 en 2008?

En août 1914, les casernes ont accueillis de nombreux soldats et le passage de ces troupes de 1914 à 1919 a laissé des traces dans la ville. Un square, une avenue, portent le nom de personnalités de cette époque. De même, dans certains lieux publics, les monuments construits en la mémoire des disparus, font partis intégrante du paysage. 90 ans plus tard, les empreintes de cette période sont assez nombreuses. Ces traces visibles s’effacent au gré du temps et deviennent muettes pour l’éternité, comme le dit si bien Roland Dorgelès dans Les Croix de Bois : « On oubliera. Les voiles du deuil comme les feuilles mortes, tomberont. L’image du soldat disparu s’effacera lentement…Et tous les morts mourront pour la deuxième fois. ». Nous avons choisi de faire un tour d’horizon de ces témoignages laissés dans le paysage urbain pour rappeler 90 ans plus tard l’histoire de ce que fut la Grande Guerre à Montauban.

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Rémy Cazals, Professeur, Université Toulouse Le Mirail (Framespa – CNRS)

« Témoignages écrits de la Grande Guerre »

Chaque année, et pas seulement en 2008, sont publiés des témoignages écrits (lettres ou carnets) de combattants de 14-18. D’autres sont seulement transcrits dans le cadre familial ou mis en ligne. Le phénomène est intéressant à plusieurs titres. Il montre la présence actuelle de la Grande Guerre dans « l’espace public ». Comme il s’agit souvent d’écrits provenant de familles de milieux populaires, ils viennent rétablir un équilibre dans une documentation disponible qui faisait jusqu’ici trop de place aux intellectuels et aux officiers. Face à cette abondance de sources nouvelles, l’historien doit utiliser ses méthodes critiques pour établir le contexte de chaque témoignage : qui écrit ? quel âge avait l’auteur ? quel était son niveau d’études ? où se trouvait-il pendant la guerre ? Ainsi fera-t-il progresser la connaissance de ce phénomène d’une extrême complexité que fut la Grande Guerre.

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Cédric MARTY, Doctorant à l’Université Toulouse II Le Mirail, enseignant,

« Vaincre, c’est attaquer, planter sa baïonnette dans le ventre de l’ennemi :

Histoire d’un axiome (1870-1914) »

« Vaincre, c’est attaquer, planter sa baïonnette dans le ventre de l’ennemi. » Cet axiome du combat, posé par le capitaine breveté Billard en 1913 (Éducation de l’Infanterie), est pleinement en accord avec le règlement de manoeuvres d’infanterie alors en cours. Pourtant, la guerre de 1870 avait mis l’armée française devant la prépondérance du feu au combat et la difficulté d’une troupe à progresser sous les tirs ennemis. Au moment où l’usage de l’arme blanche au combat se raréfiait et où l’on découvrait progressivement le visage meurtrier de la guerre moderne, la présence de la baïonnette au coeur des réflexions militaires de cet entre-deux guerres peut paraître curieuse. La Grande Guerre fera d’ailleurs de cette arme l’un des symboles des illusions d’avant-guerre.

Comment s’est construite une telle illusion? Telle sera la question à laquelle nous tenterons de répondre, pour comprendre comment les jeux de pouvoirs entre les différents pôles de réflexion et de décision de l’armée française, le poids de la tradition, du contexte culturel et de contraintes pratiques dans l’instruction des recrues, ont pu déboucher sur l’idée ainsi formulée par le règlement de manoeuvre de l’infanterie à partir de 1913 : « la baïonnette est l’arme suprême du fantassin. Elle joue le rôle décisif dans l’abordage vers lequel doit tendre résolument tout mouvement offensif, et qui, seul, permet de mettre l’adversaire hors de cause. »

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Benoist COULIOU, Doctorant à l’Université Toulouse II Le Mirail, enseignant,

Nous serons de retour pour les vendanges. Genèse d’une illusion tragique (1870-1914).

Qu’elle soit considérée comme une simple éventualité ou une quasi-certitude, la menace d’un nouveau conflit contre l’Allemagne est omniprésente au tournant des 19e et 20e siècles en France. Après les désillusions de l’ « année terrible » vécues en 1870, il appartient aux militaires, et notamment à l’Etat-major, de préparer au mieux cette guerre annoncée. Des milliers de pages sont alors rédigées pour tenter de donner l’image la plus exacte possible des conditions dans lesquelles les armées en viendront à s’affronter. Et dans ce cadre, une certitude, très largement partagée, émerge : la guerre future sera de courte durée. « Le sort de la guerre sera décidé moins d’un mois après l’ouverture des hostilités » écrit ainsi le général Bonnal.

Quels arguments, militaires, économiques, politiques, ou encore psychologiques a-t-on développé pour contribuer à ancrer cette prédiction? A-t-il existé des voix discordantes, et si oui, pourquoi n’ont-elles pas été écoutées? Quel sort les terribles combats de l’été 1914 ont-ils réservé à cette croyance d’un conflit de courte durée?

Si l’argumentation en faveur d’une guerre courte s’appuie essentiellement sur des arguments « rationnels », on verra aussi tout ce que cette idée doit à l’imaginaire d’un groupe social, celui des officiers de l’armée française. Imaginaire pour lequel les premiers affrontements constitueront une douloureuse mise à l’épreuve.

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Les interventions seront ponctuées de lectures de témoignages locaux de la Première Guerre mondiale par des comédiens et de projections de documents et d’archives.

Elles seront suivies d’une dédicace d’ouvrages.