« Planifier, combattre, occuper : nouvelles perspectives de l’histoire des opérations militaires (XIIe-XXIe siècles) ». Journée d’étude, SHD, 26 septembre 2017

Le Service Historique de la Défense (SHD) organise une journée d’étude consacrée aux opérations militaires et organisée par ses doctorants allocataires (dont deux sont membres du CRID 14-18) sous la direction d’Hervé Drévillon.

Elle s’intitule « Planifier, combattre, occuper : nouvelles perspectives de l’histoire des opérations militaires (XIIe-XXIe siècles) » et se tiendra au château de Vincennes, le mardi 26 septembre 2017.

Pour consulter le programme, cliquez ici.

Appel à communications : Sortie de guerre et colonie

Emprunt National 1920 (Source : IWM PST 10753)

Outre-mers, la revue d’histoire de la Société française d’histoire des outre-mers organise une journée d’étude, à l’automne 2017, portant sur les sorties de guerres aux colonies, sous un angle comparatif incluant l’espace colonial français et les espaces coloniaux des autres pays. Quatre axes sont privilégiés :

1/ La démobilisation des troupes coloniales

Une première analyse sur les démobilisations souhaiterait questionner à la fois le moment et les modalités des « retours au pays ». Il s’agit d’abord de s’interroger sur le moment où les soldats sortent effectivement de la guerre et de se demander si les guerres coloniales qui se poursuivent en Orient (Syrie) ou en Afrique du Nord (Rif) n’entraînent pas de nouveau des recrutements importants alors même que la démobilisation des Blancs s’effectue en Europe. Il serait également souhaitable de questionner la manière dont les tirailleurs ont été maintenus sur le Rhin, alimentant, comme on le sait déjà, les fantasmes sur la ‘honte noire’. Dans ce contexte, et à titre d’exemple, quel a été le sort du petit contingent siamois déployé à la fin du conflit, quel a été celui des prisonniers indiens du camp de Wünsdorf ? Globalement, ces hommes ont-ils été les premiers à partir, ou au contraire les derniers à quitter la métropole après avoir enseveli les corps, retrouvé les disparus, subi pour certains vexations et accusations, mais aussi fait des rencontres nouvelles ? En d’autres termes, a-t-il existé pour les troupes dites de couleur une autre démobilisation, une sorte de démobilisation-seconde qui aurait transformé leur retour au pays en une véritable odyssée à l’instar de celle qu’a vécue Ulysse en revenant de Troie ?

2/ Les retombées économiques de la Première Guerre mondiale dans les colonies

Au-delà de la question des flux des rapatriements, des transferts d’un front à un autre qui amènent à reconsidérer la géographie des démobilisations selon un schéma d’histoire globale, l’on souhaiterait scruter également les modalités de transition de la guerre à la paix au début des années 1920 dans les colonies. On s’interrogera ainsi sur les suites sanitaires pour les blessés et mutilés de guerre dans leur vie outre-mer, sur l’accueil des « gueules cassées » des colonies, sur la reprise et la récession de l’économie dans les outre-mers, sur les espoirs d’investissements de « mise en valeur » nourris au tournant de ces années 1920, sur les retombées des avancées technologiques (armement surtout) dans la conduite des opérations. Y-a-t-il eu, sur ce point, transfert d’une technologie à des fins de coercition, utilisation d’un mythe de la puissance dépassant largement la force réelle du colonisateur ou, au contraire, un abandon progressif des colonies à leurs difficultés de développement ?

3/ L’impact politique de la Première Guerre mondiale

Deux thématiques pourraient se dessiner ici. On se penchera tout d’abord sur la sortie de guerre comme moment de transition juridique du protectorat vers le mandat, de mise en œuvre – au moins par le discours – d’une tutelle coloniale compatible avec la Société des Nations. Se pose alors la question de la réception des mandats dans un monde arabe qui se pensait à l’abri de la colonisation mais également dans des ex-colonies allemandes en Afrique qui passent sous un nouveau régime. À l’échelle impériale, la classification des mandats (A, B, C) avait-elle un sens ? Se pose aussi la question de l’action des pays colonisés dans la création de la SDN, et à l’inverse du rôle que joue l’organisation internationale dans le réinvestissement de la géographie coloniale, dans l’acceptation des frontières avant la réclamation d’une autonomie plus grande. On s’interrogera donc aussi sur le rôle des colonisés dans les mouvements politiques qui ont émergé après 1918. Les mouvements pan-noirs des années 1920-1921, les mouvements-jeunes d’Afrique et du monde arabe ou les mouvements communistes en Asie ont joué certes un rôle important, mais nous souhaiterions aussi mettre en relief celui des anciens combattants de retour chez eux, voire celui des travailleurs. Ont-ils été porteurs d’ouvertures et de réflexions intellectuelles plus larges (comme celles de l’accession aux droits) ou au contraire se sont-ils faits les thuriféraires de la Plus Grande France ou du Greater Britain ? Enfin, comment sur fond de réflexions oscillant entre séparatisme ou coopération, la nouvelle idéologie, le bolchevisme, a été reçue aux colonies ?

4/ Mémoires de la Première Guerre mondiale dans les empires

Nous souhaiterions enfin poser la question des modalités de la mise en place d’une mémoire de guerre, celle des traces de la Grande Guerre dans les empires. Trouve-t-elle sa place au sein des garnisons coloniales ou l’école devient-elle l’un des vecteurs de la mémorialisation ? Quelle est la place des villes et des villages dans l’érection des lieux de mémoire, celle des manuels scolaires ?  Au-delà, quand et comment et par qui ont été entreprises les commémorations de la Grande Guerre dans l’ensemble des colonies ? Des études spécifiques sur les processus mémoriels aux colonies – l’India Gate à Dehli ou le mémorial indien de Neuve-Chapelle (Pas de Calais), le Monument aux Héros de l’Armée Noire de Bamako et sur le rôle éventuel des associations d’anciens combattants – seraient les bienvenues. On souhaiterait aussi pouvoir questionner la part prise par les « arts premiers » dans ces processus commémoratifs. Fait-on une distinction entre les grands artistes et les « petits artistes » de la mémoire ?  Dans le(s) discours, trouve-t-on dans les colonies, comme en France et en Europe, des propos pacifistes qui s’opposeraient à un discours sacrificiel ? La commémoration apparaît-elle, enfin, comme un moment de rapprochement entre colonisés et colonisateurs ou débouche-t-elle plutôt sur la prise de conscience des écarts entre les groupes ?

Modalités de participation :

Une proposition de communication de 300 mots environ et une courte présentation des auteurs doit être envoyée à Julie d’Andurain avant le 30 mars, délai de rigueur. Les propositions des jeunes chercheurs seront particulièrement bienvenues et valorisées.

Le Comité de rédaction se prononcera sur les candidatures au début du mois d’avril pour annoncer au 15 avril les candidatures retenues. Le programme prévoit d’organiser une journée d’étude sur un jour ou deux à Paris en novembre 2017 avec les candidats retenus, puis de publier les articles dans Outre-Mers. Revue d’histoire en décembre 2018.

Journée d’étude sur le rapport à l’ennemi dans les conflits contemporains

Anne-Sophie Anglaret (CRID 14-18) et Dimitri Chavaroche, tous deux doctorants à Paris 1 Panthéon-Sorbonne/UMR IRICE (Alya Aglan, Nicolas Offenstadt) organisent samedi 13 décembre de 13 h 45 à 18 h une journée d’étude intitulée « En face-à-face », salle Picard de la Sorbonne.

Les études historiques portant sur le rapport et la confrontation à un ennemi dans les conflits contemporains ont surtout été menées dans une perspective d’histoire culturelle. Si ces travaux ont l’intérêt de replacer les représentations de l’adversaire comme éléments fondamentaux de compréhension du déroulement des conflits et des conduites des hommes au combat, ils restent cependant essentiellement discursifs et n’épuisent pas le sujet. L’ennemi combattu est-il toujours une masse aux yeux de celui qui combat ? Peut-on supposer l’unanimité au sein d’un camp, en particulier en ce qui concerne la conception de l’ennemi et son rapport à lui ? La démarche culturelle a finalement laissé peu de place à l’étude des pratiques, de l’expérience, de l’échange aussi divers soient-ils, que la rencontre entre deux individus peut engendrer. Elle a également peu pris en compte la dimension diachronique, les évolutions possibles des représentations et des jugements de l’ennemi.

Les interactions ne sont qu’une approche parmi d’autres de l’étude des rapports entre adversaires. Elles restent néanmoins un moment privilégié pour observer les évolutions et expliquer la diversité des considérations de l’ennemi. Toutes les formes de conflits sont susceptibles de donner lieu à des situations où la question de l’adversité se pose à un micro-niveau. Il est donc possible, dans une perspective d’histoire sociale, de ne pas considérer l’individu en guerre comme le réceptacle passif d’une représentation dominante de l’ennemi, mais d’examiner plus précisément ce qu’il mobilise lors de la rencontre avec l’adversaire, et en retour l’expérience qu’il en tire. Il ne s’agit pas ici de supposer toujours à l’individu une liberté de choix, notion hautement problématique dans une situation de conflit, mais plutôt de prendre en compte son expérience concrète. Que se joue-t-il lors de ces rencontres ? Le face-à-face est-il un moment où s’entretiennent des rapports préconçus ou un lieu de redéfinition et de création de nouveaux liens ou de nouveaux affrontements ? Ces questions permettent d’embrasser des affrontements très différents et d’importants débats historiographiques.

Quelles sont les pratiques du combat sur les champs de bataille ? Comment se comporte une population civile face à une armée d’occupation ? Longtemps après le conflit, est-il réellement possible de commémorer ensemble, au-delà d’un côte à côte affiché ? Sans surinvestir le face-à-face, il nous semble utile de l’interroger parce qu’il met en prise directe des individus dans un moment particulier, réduit au laps de temps d’une rencontre. Il doit être envisagé dans son contexte spécifique. Le face-à-face permet ainsi de replacer la notion d’ennemi dans une relation non figée et dépendant de multiples facteurs. Si ces problématiques ont été pensées à partir de recherches sur les deux guerres mondiales, nous souhaitons ouvrir ces questionnements à l’ensemble des formes de conflits de la période contemporaine.

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« Du front à l’asile. Expériences de la folie de la Grande Guerre aux années 20 » – Journée d’étude au Mans

Mercredi 20 octobre 2010 – Du front à l’asile.

Expériences de la folie de la Grande Guerre aux années vingt

Bibliothèque universitaire Vercors – Salle Pierre Belon

Comment l’asile a-t-il traversé la Grande Guerre ? Est-il possible de parler de l’expérience des soldats internés durant le conflit et parfois pour de longues années ? L’historiographie la plus récente et la mémoire professionnelle, insistant toutes deux sur le rôle majeur de la Seconde Guerre mondiale comme matrice de la révolution psychiatrique du 20e siècle, ces questions portant sur la période précédente sont pour l’essentiel restées sans réponse.

Cette journée d’études prospective propose d’interroger la place de la Grande Guerre dans cette histoire en s’ouvrant aux autres disciplines.

Seront notamment abordés les thèmes suivants :
• l’expérience institutionnelle asilaire de la guerre et son impact dans l’entre-deux guerres,
• la description de l’expérience individuelle et familiale de la folie du front à l’asile.

Benoist Couliou, membre du CRID 14-18, interviendra sur le thème suivant :
« Il y a de quoi devenir fou ». Étienne Tanty et la guerre, ou la dépression contre la folie »

voir le Programme de la journée

contact : Université du Mans

Le Crid 14-18 aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois

Cette année, les Rendez-vous de l’Histoire de Blois ont pour thème: « Faire justice ». (14-17 octobre).

Comme les années précédentes, le Crid 14-18 sera présent à travers un stand au salon du Livre en partenariat avec Edhisto (Yann Prouillet), où vous pourrez trouver nos ouvrages et venir discuter autour d’un café, avec les nombreux membres du Crid présents durant les Rendez-vous : André Bach, Rémy Cazals, André Loez, Nicolas Mariot, Nicolas Offenstadt, Jean-Marc Olivier…

Ils participent à plusieurs débats et conférences :

  • JUSTICE EN GUERRE, JUSTICE MILITAIRE (DE L’ANTIQUITÉ À NOS JOURS)
    Vendredi 15 octobre, Amphi de l’Antenne Universitaire, 15h30 à 17h
    INTERVENANTS : HERVÉ DRÉVILLON, professeur à l’université de Poitiers, LOÏC CAZAUX, allocataire moniteur en histoire médiévale aux universités de Paris I et de Cergy, NICOLAS OFFENSTADT, maître de conférences à l’université de Paris I, HERVÉ DRÉVILLON, professeur à l’université de Poitiers, SYLVIE THENAULT, chargée de recherches au CNRS, ANDRÉ LOEZ, professeur de lycée, chargé de cours à l’IEP
  • QUELLE PLACE POUR LES FUSILLÉS DE 14-18 DANS LA MÉMOIRE NATIONALE ?
    Samedi 16 octobre De 14h à 15h30 – Château royal de Blois
    Carte blanche à la DMPA (Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives)
    INTERVENANTS : ANDRÉ BACH, général, SERGE BARCELLINI, contrôleur général des armées, directeur  de la Mission histoire de la Meuse, ANDRÉ LOEZ, professeur de lycée, chargé de cours à l’IEP, NICOLAS OFFENSTADT, maître de conférences à l’université de Paris I,  JOSEPH ZIMET, directeur adjoint de la DMPA
  • LES JUIFS DE LENS FACE A LA PERSECUTION, Conférence de Nicolas Mariot et Claire Zalc, Dimanche 17 octobre 9h à 10h, salle Lavoisier du Conseil Général.
  • LA GRANDE GUERRE AUJOURD’HUI, Café littéraire à la Halle aux grains, Dimanche 17 octobre de 16h30 à 7h30, avec Didier Daeninckx et Nicolas Offenstadt

Voir le site des Rendez-vous

Voir le programme détaillé (format pdf)

Table ronde sur les apports de l’archéologie à la connaissance de l’alimentation du combattant pendant la Première Guerre Mondiale, 26-27 mars 2010, Sarreguemines

Depuis quelques années, les recherches sur l’alimentation du combattant pendant la
Première Guerre Mondiale se sont développées (opérations archéologiques, publications et
travaux universitaires). L’objectif de la table ronde de Sarreguemines est de permettre aux
chercheurs travaillant ou intéressés par ces problématiques de se rencontrer pour la
première fois afin d’engager une réflexion commune. Après une présentation des recherches
développées sur l’alimentation des troupes allemandes, un rapide état de la documentation
et de la recherche sera présenté pour chaque région et pour chaque belligérant.

Voir le programme détaillé (format .pdf)

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1914-1918, L’oeil en guerre Peinture publique, photographie privée (Journée d’étude et de débats à Laffaux, 27 juin 2009)

Conférence :  1914-1918, L’oeil en guerre
Peinture publique, photographie privée

Lieu : Mairie de Laffaux

Samedi 27 juin – 10 à 19 heures : Rencontres autour de la donation d’un tableau de guerre de Léon Printemps (1871-1945) à la commune de Laffaux.

>10 heures : présentation du tableau de guerre de Léon Printemps, donné à la commune de Laffaux et inauguration par Jean-Pierre Leguiel, Maire et Jacques Noireau, petit-fils du peintre et auteur du catalogue Léon Printemps

>10 h 30 – 11 h 30 : inauguration et présentation de l’exposition « Raoul Berthelé, un photographe amateur, entre le front et l’arrière » par Rémy Cazals, Professeur à l’Université de Toulouse II.

>11 h 30 – 12 heures : dédicace par l’auteur, de 1914-1918 Images de l’arrière-front. Raoul Berthelé, lieutenant et photographe (2008).

>14 heures – 18 heures : Peinture publique, photographie privée, 1914-1918 conférences et discussion

-Introduction par Nicolas Offenstadt, Maître de Conférences à l’Université de Paris I ;

-Marie-Claude Genet-Delacroix, Professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université de Reims, « Le peintre et la guerre » ;

– Benjamin Findinier, Directeur des musées de Noyon, « La peinture de guerre au musée » ;

– Discussion ;

– Alexandre Lafon, Université de Toulouse II, « Regards sur la guerre : questions autour des photographies privées de soldats » ;

– Anna Fouquere, Université de Paris I, « Léon Lecerf, un médecin photographe dans la Grande Guerre ».
>18 h 30, projection de L’Aisne dévastée 1918, documentaire de 37 minutes réalisé à partir de séquences de 1918 et 1919.

>Toute la journée, stand librairie (Librairie Bruneteaux, Laon) et dédicaces.

>Tout le week-end l’exposition Raoul Berthelé accessible au public à la Mairie de Laffaux.

Organisé par la commune de Laffaux et le CRID 14-18 avec le soutien du Conseil général de l’Aisne.

Soirée Conférence « 1914-1918 à Montauban et sa région : quelles traces ? »

Vendredi 28 novembre 2008  à 18h30

à l’Ancien collège (2, rue du Collège) – Montauban

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Marie Llosa, doctorante à l’Université Toulouse Le Mirail, animatrice culturelle.

Que reste-t- il à Montauban de la Guerre de 14-18 en 2008?

En août 1914, les casernes ont accueillis de nombreux soldats et le passage de ces troupes de 1914 à 1919 a laissé des traces dans la ville. Un square, une avenue, portent le nom de personnalités de cette époque. De même, dans certains lieux publics, les monuments construits en la mémoire des disparus, font partis intégrante du paysage. 90 ans plus tard, les empreintes de cette période sont assez nombreuses. Ces traces visibles s’effacent au gré du temps et deviennent muettes pour l’éternité, comme le dit si bien Roland Dorgelès dans Les Croix de Bois : « On oubliera. Les voiles du deuil comme les feuilles mortes, tomberont. L’image du soldat disparu s’effacera lentement…Et tous les morts mourront pour la deuxième fois. ». Nous avons choisi de faire un tour d’horizon de ces témoignages laissés dans le paysage urbain pour rappeler 90 ans plus tard l’histoire de ce que fut la Grande Guerre à Montauban.

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Rémy Cazals, Professeur, Université Toulouse Le Mirail (Framespa – CNRS)

« Témoignages écrits de la Grande Guerre »

Chaque année, et pas seulement en 2008, sont publiés des témoignages écrits (lettres ou carnets) de combattants de 14-18. D’autres sont seulement transcrits dans le cadre familial ou mis en ligne. Le phénomène est intéressant à plusieurs titres. Il montre la présence actuelle de la Grande Guerre dans « l’espace public ». Comme il s’agit souvent d’écrits provenant de familles de milieux populaires, ils viennent rétablir un équilibre dans une documentation disponible qui faisait jusqu’ici trop de place aux intellectuels et aux officiers. Face à cette abondance de sources nouvelles, l’historien doit utiliser ses méthodes critiques pour établir le contexte de chaque témoignage : qui écrit ? quel âge avait l’auteur ? quel était son niveau d’études ? où se trouvait-il pendant la guerre ? Ainsi fera-t-il progresser la connaissance de ce phénomène d’une extrême complexité que fut la Grande Guerre.

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Cédric MARTY, Doctorant à l’Université Toulouse II Le Mirail, enseignant,

« Vaincre, c’est attaquer, planter sa baïonnette dans le ventre de l’ennemi :

Histoire d’un axiome (1870-1914) »

« Vaincre, c’est attaquer, planter sa baïonnette dans le ventre de l’ennemi. » Cet axiome du combat, posé par le capitaine breveté Billard en 1913 (Éducation de l’Infanterie), est pleinement en accord avec le règlement de manoeuvres d’infanterie alors en cours. Pourtant, la guerre de 1870 avait mis l’armée française devant la prépondérance du feu au combat et la difficulté d’une troupe à progresser sous les tirs ennemis. Au moment où l’usage de l’arme blanche au combat se raréfiait et où l’on découvrait progressivement le visage meurtrier de la guerre moderne, la présence de la baïonnette au coeur des réflexions militaires de cet entre-deux guerres peut paraître curieuse. La Grande Guerre fera d’ailleurs de cette arme l’un des symboles des illusions d’avant-guerre.

Comment s’est construite une telle illusion? Telle sera la question à laquelle nous tenterons de répondre, pour comprendre comment les jeux de pouvoirs entre les différents pôles de réflexion et de décision de l’armée française, le poids de la tradition, du contexte culturel et de contraintes pratiques dans l’instruction des recrues, ont pu déboucher sur l’idée ainsi formulée par le règlement de manoeuvre de l’infanterie à partir de 1913 : « la baïonnette est l’arme suprême du fantassin. Elle joue le rôle décisif dans l’abordage vers lequel doit tendre résolument tout mouvement offensif, et qui, seul, permet de mettre l’adversaire hors de cause. »

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Benoist COULIOU, Doctorant à l’Université Toulouse II Le Mirail, enseignant,

Nous serons de retour pour les vendanges. Genèse d’une illusion tragique (1870-1914).

Qu’elle soit considérée comme une simple éventualité ou une quasi-certitude, la menace d’un nouveau conflit contre l’Allemagne est omniprésente au tournant des 19e et 20e siècles en France. Après les désillusions de l’ « année terrible » vécues en 1870, il appartient aux militaires, et notamment à l’Etat-major, de préparer au mieux cette guerre annoncée. Des milliers de pages sont alors rédigées pour tenter de donner l’image la plus exacte possible des conditions dans lesquelles les armées en viendront à s’affronter. Et dans ce cadre, une certitude, très largement partagée, émerge : la guerre future sera de courte durée. « Le sort de la guerre sera décidé moins d’un mois après l’ouverture des hostilités » écrit ainsi le général Bonnal.

Quels arguments, militaires, économiques, politiques, ou encore psychologiques a-t-on développé pour contribuer à ancrer cette prédiction? A-t-il existé des voix discordantes, et si oui, pourquoi n’ont-elles pas été écoutées? Quel sort les terribles combats de l’été 1914 ont-ils réservé à cette croyance d’un conflit de courte durée?

Si l’argumentation en faveur d’une guerre courte s’appuie essentiellement sur des arguments « rationnels », on verra aussi tout ce que cette idée doit à l’imaginaire d’un groupe social, celui des officiers de l’armée française. Imaginaire pour lequel les premiers affrontements constitueront une douloureuse mise à l’épreuve.

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Les interventions seront ponctuées de lectures de témoignages locaux de la Première Guerre mondiale par des comédiens et de projections de documents et d’archives.

Elles seront suivies d’une dédicace d’ouvrages.

Samedi 8 novembre: La Grande Guerre aujourd’hui. 14-18 dans le monde social

La Grande Guerre aujourd’hui.14-18 dans le monde social

Rencontres, Samedi 8 novembre 2008

Amphithéâtre Turgot, Université de Paris I Panthéon-Sorbonne

17 rue de la Sorbonne, Paris, 9 h 30 – 18 h 30

Entrée libre dans la mesure des places disponibles

Télécharger le programme au format .pdf

La Grande Guerre ne cesse de nourrir notre présent. Artistes, romanciers, cinéastes la mettent en scène, amateurs et passionnés entretiennent les sites du conflit ou recherchent les traces de leur ancêtre dans les tranchées et les expéditions. Les gouvernements ne manquent pas une occasion de célébrer la bataille de Verdun voire les soldats fusillés.

Comment comprendre cette force des mémoires de 14-18 dans la société française ? Comment la Première Guerre mondiale parle-t-elle au présent ?

Pour saisir ces enjeux historiens, artistes, journalistes et « praticiens » de la Grande Guerre exposent, dans cette journée, ouverte à la discussion, leurs approches contemporaines de la « der des ders ».

I) ENJEUX ET DÉBATS

Présidence de séance : François Cochet, Université de Metz

9 h 30 -13 h 00

Ouverture par Frédéric Rousseau, Président du Crid 14-18
Faut-il encore des témoignages combattants ? Chercher, publier, comprendre les récits des témoins de 14/18, Rémy Cazals, Université de Toulouse-Le Mirail
La Grande Guerre vue des sciences sociales, Nicolas Mariot, CNRS
La Grande Guerre sur internet, André Loez, Crid 14-18-Université de Montpellier III
– Cérémonies d’aujourd’hui ? Les obsèques du dernier poilu, Nicolas Offenstadt, Université de Paris-I ; Réhabiliter les fusillés? par André Bach, général E.R., Crid 14-18
La place de la Grande Guerre dans l’école en France, Benoît Falaize, Chercheur à l’Institut National de la Recherche pédagogique
« Couvrir » la Grande Guerre au quotidien, Benoît Hopquin, journaliste au Monde,
12 -13 h Discussion

II) LES LIEUX DE LA GRANDE GUERRE, 14 H -18 h 30
Présidence : Christian Chevandier, Université de Paris I
Grande Guerre et muséographie ou Comment faire un musée sur la Grande Guerre aujourd’hui. Le cas du centre Marne 14/18, Philippe Olivera, Crid 14-18
Filmer la Grande Guerre, Gabriel Le Bomin, cinéaste, auteur des Fragments d’Antonin
La Grande Guerre comme fiction, Didier Daeninckx, écrivain, auteur notamment de Le der des Ders et Varlot soldat
La Grande Guerre dans le Rock et la Pop française aujourd’hui, Nicolas Offenstadt
– 15 h 20 pause
Ce que l’art peut dire de la Grande Guerre, Christian Lapie, sculpteur, auteur de Constellation de la Douleur en hommage aux Tirailleurs sénégalais
Créer des lieux. Le Patrimoine 14/18 dans les Vosges, usages d’aujourd’hui, Yann Prouillet, Crid 14-18
Que faire de Verdun au XXIe siècle ? Serge Barcellini, contrôleur général des armées, chargé de Mission pour Verdun par le Conseil général de la Meuse
– 17 h Discussion générale
17 h 45 : Conclusions de la journée :
– Elise Julien, Institut d’Etudes Politiques de Lille : La Grande Guerre aujourd’hui dans le monde social : qu’en est-il en Allemagne ?
– Jean Birnbaum, Le Monde : La Grande Guerre dans le contemporain

Contact : nicolas.offenstadt@univ-paris1.fr

Débat: la « culture de guerre » (24 janvier 2008)

Table ronde dans le cadre des « Lundis de la BDIC »
Jeudi 24 janvier 2008

Existe-t-il une culture de guerre ? A propos d’un conflit d’interprétation autour de la Première Guerre mondiale

Peut-on expliquer la « brutalisation » et la durée du conflit par l’intensité du sentiment national et la haine de l’ennemi ? Peut-on opposer à la notion de « culture de guerre » une « culture de paix » ?

Table ronde avec le général André Bach, auteur de Fusillés pour l’exemple, 1914-1915 ; Jean-Jacques Becker, historien, Université Paris-X ; Gerd Krumeich, historien, Université de Düsseldorf ; Nicolas Offenstadt, historien, Université de Paris I.

Modérateur : Aldo Battaglia

Attention : cette séance a lieu au Musée d’Histoire Contemporaine (MHC-BDIC), Hôtel national des Invalides

17h – 19h