{"id":1005,"date":"2013-01-07T22:36:07","date_gmt":"2013-01-07T21:36:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1005"},"modified":"2021-09-14T19:37:29","modified_gmt":"2021-09-14T18:37:29","slug":"danre-nee-darras-therese-1883-1978","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/01\/07\/danre-nee-darras-therese-1883-1978\/","title":{"rendered":"Danr\u00e9 (n\u00e9e Darras), Th\u00e9r\u00e8se (1883-1978)"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9r\u00e8se Darras, n\u00e9e le 6 novembre 1883 \u00e0 Villers-Saint-Frambourg (Oise), dirigeait avec son mari Paul Danr\u00e9 la grosse ferme de Puiseux, \u00e0 peu de distance du d\u00e9partement de l\u2019Aisne. Cette ferme, qui appartenait au couple, comptait une cinquantaine de domestiques pour s\u2019occuper des champs et d\u2019un cheptel important et vari\u00e9. Son mari mobilis\u00e9, Th\u00e9r\u00e8se resta \u00e0 Puiseux avec ses quatre enfants pour essayer de d\u00e9fendre son bien. Elle \u00e9crivit au jour le jour, du 1er septembre 1914 au 2 avril 1915, t\u00e9moignant de sentiments patriotiques et catholiques.<br \/>\nLes Allemands apparurent le 1er septembre, dans leur marche vers Paris, mais cela n\u2019interrompit point les moissons. Th\u00e9r\u00e8se pensait avec inqui\u00e9tude \u00e0 son mari et \u00e0 ses parents, et pla\u00e7ait sa confiance dans la protection divine. Ainsi, le 10 septembre : \u00ab Je suis dans l\u2019anxi\u00e9t\u00e9. J\u2019ai peur de me trouver en pleine bataille ; mais j\u2019ai confiance en Dieu, je lui recommande toute ma maisonn\u00e9e. Il la prot\u00e8gera comme il l\u2019a fait jusqu\u2019ici. \u00bb Parmi les Allemands, certains sont brutaux et pillards ; d\u2019autres plus sympathiques. Plusieurs parlent fran\u00e7ais. Les Fran\u00e7ais reviennent le 13 septembre, dans le prolongement de la victoire de la Marne. La ferme se trouve alors au c\u0153ur des combats. Les bless\u00e9s et les enfants sont mis \u00e0 l\u2019abri dans les carri\u00e8res proches : \u00ab Toujours dans l\u2019isolement ! Quelle \u00e9preuve ! Nous logeons toujours dans la carri\u00e8re. Le soir, nous mettons nos matelas sur la paille et nous nous y \u00e9tendons tout habill\u00e9s. Des moutons sont \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nous, enferm\u00e9s derri\u00e8re les claies ; nous avons aussi une vache de peur qu\u2019on nous la prenne. \u00bb Th\u00e9r\u00e8se participe aux soins des bless\u00e9s, en ayant pris des le\u00e7ons aupr\u00e8s des soldats eux-m\u00eames, puis d\u2019un major.<br \/>\n\u00c0 partir du 20 septembre, la ferme reste aux mains des Allemands, mais le front est trop proche et il faut \u00e9vacuer, vers Nampcel. La cohabitation avec les Allemands est supportable : ils distribuent du caf\u00e9, du sucre, du sel, de la viande de cheval ; on peut se procurer du pain. On peut aussi discuter avec eux, m\u00eame si c\u2019est pour que chacun affirme le droit de sa patrie. Ainsi cet Allemand, qui s\u2019en va et dit au revoir aux enfants, ajoute : \u00ab Ces petits vont dire encore des cochons d\u2019Allemands. \u00bb Ou bien, lorsque le petit Lucien est mont\u00e9 sur les \u00e9paules d\u2019un Allemand, que r\u00e9ussira-t-on \u00e0 lui faire crier : \u00ab Vive la France \u00bb ou \u00ab Vive l\u2019Allemagne \u00bb ou \u00ab Vive la France et l\u2019Allemagne \u00bb ? Th\u00e9r\u00e8se est \u00e9galement capable d\u2019observer, le 31 janvier 1915, par exemple, que les Allemands sont tristes de repartir vers les tranch\u00e9es. Elle n\u2019est pas d\u00e9nu\u00e9e d\u2019humour lorsque, les femmes \u00e9tant conduites \u00e0 la messe par un soldat, elles lui demandent s\u2019il est catholique. Sur sa r\u00e9ponse : \u00ab protestant, ajoutant pour s\u2019excuser que ce n\u2019\u00e9tait pas sa faute \u00bb, elles d\u00e9cident \u00ab de prier pour sa conversion \u00bb (3 novembre 1914).<br \/>\nTh\u00e9r\u00e8se et ses enfants sont \u00e9vacu\u00e9s tr\u00e8s t\u00f4t (le 15 mars 1915) vers la Suisse o\u00f9 ils arrivent le 17 mars, opposant l\u2019accueil chaleureux re\u00e7u dans le pays neutre \u00e0 celui, \u00ab glacial \u00bb de la France \u00e0 \u00c9vian. Mais c\u2019est beaucoup mieux en Lot-et-Garonne, derni\u00e8re \u00e9tape avant les retrouvailles familiales dans la r\u00e9gion parisienne et la cl\u00f4ture du journal personnel. En France, Th\u00e9r\u00e8se a pu recevoir une citation \u00e0 l\u2019ordre de la VIe arm\u00e9e pour les soins donn\u00e9s aux bless\u00e9s.<br \/>\nR\u00e9my Cazals<br \/>\n*\u00ab M\u00e9moires de Th\u00e9r\u00e8se Danr\u00e9 \u00bb, pr\u00e9sent\u00e9es par Robert Attal et Denis Rolland, dans <em>M\u00e9moires du Soissonnais<\/em>, 1999-2001, p. 125-157, illustrations.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e9r\u00e8se Darras, n\u00e9e le 6 novembre 1883 \u00e0 Villers-Saint-Frambourg (Oise), dirigeait avec son mari Paul Danr\u00e9 la grosse ferme de Puiseux, \u00e0 peu de distance du d\u00e9partement de l\u2019Aisne. Cette ferme, qui appartenait au couple, comptait une cinquantaine de domestiques pour s\u2019occuper des champs et d\u2019un cheptel important et vari\u00e9. 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