{"id":1008,"date":"2013-01-07T19:01:17","date_gmt":"2013-01-07T18:01:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1008"},"modified":"2021-09-14T19:37:14","modified_gmt":"2021-09-14T18:37:14","slug":"chauvet-felix-1860-1926","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/01\/07\/chauvet-felix-1860-1926\/","title":{"rendered":"Chauvet, F\u00e9lix (1860-1926)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le\u00a0t\u00e9moin<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Chauvet1.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1012\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Chauvet1-180x300.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Chauvet1-180x300.jpg 180w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Chauvet1.jpeg 544w\" sizes=\"auto, (max-width: 180px) 100vw, 180px\" \/><\/a><\/p>\n<p>F\u00e9lix, Louis, Am\u00e9d\u00e9e Chauvet est n\u00e9 en 1860 \u00e0 Paris, de Fran\u00e7ois Chauvet et de Marie Louise Deffauchaux, tous deux aubergistes \u00e0 Bailly (Oise). A 21 ans, il travaille dans l\u2019entreprise familiale et se marie \u00e0 Jeanne Sophie Senez, n\u00e9e \u00e0 Rib\u00e9court (Oise). Trois enfants, Charlotte H\u00e9l\u00e8ne, dite Louise, Maxime F\u00e9lix, dit Lucien et F\u00e9lix L\u00e9on, dit Louis, na\u00eetront de cette union. En 1883, il demeure \u00e0 Paris, puis revient dans l\u2019Oise, \u00e0 Rib\u00e9court en 1911, \u00e0 Dreslincourt, puis \u00e0 Passel, dans la maison de sa m\u00e8re, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1911. C\u2019est l\u00e0 que la guerre trouve F\u00e9lix et Marie. Ils vivent \u00e9galement avec la belle-m\u00e8re de F\u00e9lix, avec laquelle il a des relations manifestement conflictuelles tant elle semble vivre \u00ab <em>pour ainsi dire en dehors des \u00e9v\u00e8nements<\/em> \u00bb (page 46). En 1917, \u00e0 une date non pr\u00e9cis\u00e9e, ils sont \u00e9vacu\u00e9s de Passel et leur maison est enti\u00e8rement d\u00e9truite par les combats de 1918. Vivant sous r\u00e9gime d\u2019occup\u00e9, il n\u2019apprend que tr\u00e8s tardivement que son plus jeune fils L\u00e9on a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 Saint-Thierry, pr\u00e8s de Reims, le 19 septembre 1914. Il sera et ramen\u00e9 au caveau de Passel en 1921. Lucien, prisonnier, survivra au conflit et Louise assistera sa m\u00e8re dans la maison familiale jusqu\u2019\u00e0 sa mort. Un temps conseiller municipal, F\u00e9lix est d\u00e9clar\u00e9 comme rentier au moment de son d\u00e9c\u00e8s. Etant devenu sourd, il meurt le 2 d\u00e9cembre 1926, happ\u00e9 par un train qu\u2019il n\u2019avait pas entendu au passage \u00e0 niveau de Rib\u00e9court. Son \u00e9pouse lui survit jusqu\u2019en 1952, ann\u00e9e de sa mort dans sa 90<sup>e<\/sup> ann\u00e9e.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p>Chauvet, F\u00e9lix, <em>M\u00e9mento de guerre de M. F\u00e9lix Chauvet. Journal d\u2019un habitant de Passel pendant l\u2019occupation allemande<\/em>, Chiry-Ourscamp, Patrimoine de la \u00a0Grande Guerre, 2011, 140 pages.<\/p>\n<p>F\u00e9lix Chauvet, qui habite une grande maison dans le petit village de Passel, d\u00e9bute un journal de guerre le samedi 12 ao\u00fbt 1916, au \u00ab <em>738<sup>e <\/sup>jour de guerre, 708<sup>e<\/sup> jour de l\u2019invasion allemande<\/em> \u00bb, sous forme de \u00ab\u00a0<em>m\u00e9mento de la guerre en souvenir de <\/em>[s]<em>es enfants<\/em> \u00bb<br \/>\n(page 6). Il pense \u00e9crire peu de temps, toujours confiant d\u2019une lib\u00e9ration prochaine, malgr\u00e9 deux ans de guerre d\u00e9j\u00e0\u00a0: \u00ab\u00a0<em>En commen\u00e7ant ces pages, j\u2019avais dans l\u2019id\u00e9e que je ne les ferais pas bien longtemps. Un peu de supputation chez moi. Je me disais \u00e0 ce moment-l\u00e0 que je voulais faire un recueil des \u00e9v\u00e8nements de la guerre si, le cas \u00e9ch\u00e9ant, elle devait se terminer bien vite <\/em>\u00bb (page 29). De fait, la dur\u00e9e de la guerre comme le bruit du canon seront les pr\u00e9occupations r\u00e9currentes de son r\u00e9cit. Il se raccroche ainsi \u00e0 n\u2019importe quel signe qui pourrait \u00eatre annonciateur de la r\u00e9duction de sa peine\u00a0: l\u2019arr\u00eat du travail de la terre par les soldats (page 62), la r\u00e9quisition des vaches (pages 63 et 65), ou m\u00eame les pr\u00e9dications de madame de Th\u00e8bes (pages 128 et 137). Le village, proche de<br \/>\nNoyon, est donc sous l\u2019occupation allemande depuis plusieurs mois et sous la menace d\u2019un front qui se situe \u00e0 moins de dix kilom\u00e8tres. D\u2019ailleurs, il revient sur les mois pr\u00e9c\u00e9dents, formant ainsi une rapide histoire de Passel de 1914 \u00e0 1916. Il termine son r\u00e9cit apr\u00e8s 175 journ\u00e9es le 2 f\u00e9vrier 1917, sans expliquer cette interruption. Madame Jasmine Party, \u00e9pouse de Henri Mills, arri\u00e8re petit-fils de Louis Chauvet \u00e9voque juste une \u00e9vacuation sur Noyon \u00ab\u00a0<em>peu apr\u00e8s la fin de ce journal<\/em> \u00bb (page 138).<\/p>\n<p>3. Analyse<\/p>\n<p>Assez t\u00e9nu, le regard de F\u00e9lix Chauvet ne diff\u00e8re pas fondamentalement des t\u00e9moignages de civils occup\u00e9s, entre claustration, espoir mais aussi menace d\u2019un front trop proche, et brimades (celle d\u2019un \u00ab\u00a0<em>interpr\u00e8te<\/em> \u00bb charg\u00e9 des basses \u0153uvres de l\u2019exhaustion de Passel occup\u00e9e). Ainsi, il r\u00e9siste, cache les pommes de terre puis \u00ab\u00a0<em>tout ce que nous jugeons utile<\/em> \u00bb dans des trous dans le jardin, ou le b\u00fbcher, les outils (pages 42 et 48), etc. Pourtant, le c\u00f4toiement des Allemands, qu\u2019il h\u00e9berge, officiers et ordonnances, \u00e0 la maison, ne lui pose pas de probl\u00e8me insurmontable. Il a fini par apprendre quelques rudiments de langage (page 13), s\u2019en accommode et recherche par fois m\u00eame la compagnie de l\u2019occupant, tant il manque d\u2019un interlocuteur pour converser. Est-ce une raison suppl\u00e9mentaire de la tenue de son journal\u00a0? A l\u2019instar de Cl\u00e9mence Martin-Froment <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>, qui elle sera inqui\u00e9t\u00e9 pour se motif apr\u00e8s-guerre, il dit avec honn\u00eatet\u00e9, parlant des Allemands\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Il y en a parmi eux qui sont bons et qui vivent avec nous sans haine ou du moins, ils ne le font pas voir<\/em> \u00bb (page 101). En tous cas, il semble que les relations tr\u00e8s tendues avec les deux femmes qui partagent sa vie dans la maison familiale g\u00e9n\u00e8rent chez lui un manque de vie sociale qu\u2019il tente de combler par ces pages. Il d\u00e9nonce \u00e0 plusieurs reprises l\u2019absence de solidarit\u00e9 entres les habitants de Passel (pages 42 et 130). Aussi, il a une certaine compassion, notamment \u00e0 l\u2019endroit des filles-m\u00e8res d\u2019enfants allemands (page 95 et 126). Il analyse ainsi leur situation\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Il me semble qu\u2019elles ont droit \u00e0 de l\u2019indulgence car par ces temps que nous vivons, la plupart de ces femmes n\u2019ont succomb\u00e9 que par le besoin. Alors, il arrive ce qui est arriv\u00e9. C\u2019est qu\u2019en \u00e9change d\u2019un peu de bien \u00eatre que les soldats leur donnaient, elles accordaient leur faveur. Quand il faut vivre constamment depuis deux ans et plus, avec des hommes qui, de leur c\u00f4t\u00e9, sont heureux de rencontrer de la sympathie, il est, ou il doit \u00eatre difficile de se garantir contre ces \u00e9v\u00e8nements et, si beaucoup sont rest\u00e9es sages, c\u2019est qu\u2019elles avaient des parent pour les prot\u00e9ger<\/em> \u00bb (page 102).<\/p>\n<p>Yann Prouillet, janvier 2013<\/p>\n<p><a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> Voir dans le pr\u00e9sent dictionnaire sa notice in <a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/09\/26\/martin-froment-clemence-1885-1960\/\">http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/09\/26\/martin-froment-clemence-1885-1960\/<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le\u00a0t\u00e9moin F\u00e9lix, Louis, Am\u00e9d\u00e9e Chauvet est n\u00e9 en 1860 \u00e0 Paris, de Fran\u00e7ois Chauvet et de Marie Louise Deffauchaux, tous deux aubergistes \u00e0 Bailly (Oise). 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