{"id":103,"date":"2008-04-30T09:04:47","date_gmt":"2008-04-30T08:04:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/04\/30\/constantin-weyer-maurice-1881-1964\/"},"modified":"2021-09-09T17:09:49","modified_gmt":"2021-09-09T16:09:49","slug":"constantin-weyer-maurice-1881-1964","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/04\/30\/constantin-weyer-maurice-1881-1964\/","title":{"rendered":"Constantin-Weyer, Maurice (1881-1964)"},"content":{"rendered":"<p>1.   <strong>Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 le 24 avril 1881 \u00e0 Bourbonne-les-Bains ; d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Vichy le 18 octobre 1964.<\/p>\n<p>A \u00e9migr\u00e9 au Canada en 1904 dans le Manitoba ; install\u00e9 comme agriculteur, il fait faillite puis survit difficilement en tant que journalier jusqu&rsquo;au d\u00e9clenchement de la guerre.<\/p>\n<p>Les renseignements rapport\u00e9s ci-dessous sont ceux distill\u00e9s par l&rsquo;auteur tout au long de son ouvrage : \u00ab J&rsquo;\u00e9tais venu d&rsquo;Am\u00e9rique (Canada), abandonnant l\u00e0-bas tout ce que je poss\u00e9dais. J&rsquo;avais gagn\u00e9 ma m\u00e9daille militaire, la premi\u00e8re de la division, devant Saint-Mihiel et Chauvoncourt, le commandement d&rsquo;une section d&rsquo;infanterie&#8230; \u00bb (p. 67-68).<\/p>\n<p>\u00ab Fils et petit-fils d&rsquo;officier, j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 dans le culte de l&rsquo;arm\u00e9e \u00bb (p. 67).<\/p>\n<p>Sous-lieutenant en f\u00e9vrier 1915. Lieutenant en 1916. Capitaine, commandant la 9<sup>e<\/sup> compagnie du 58<sup>e<\/sup> R.I. le 31 janvier 1917 (p. 53).<\/p>\n<p>1915 : Champagne<\/p>\n<p>Et\u00e9 1916 : Verdun ; \u00ab du 22 juin au 16 ao\u00fbt <em>1915<\/em> \u00bb (en fait, 1916), p. 48.<\/p>\n<p>Novembre 1916 : secteur du Chemin des Dames ; 58<sup>e<\/sup> R.I., 30<sup>e<\/sup> Division, 15<sup>e<\/sup> Corps.<\/p>\n<p>Envoi du r\u00e9giment en Orient, Salonique : \u00ab 17 d\u00e9cembre 1916. Oulchy-Breny. Ordres et contre-ordres. M\u00e9connaissance totale de l&rsquo;\u00e2me de la troupe. Trop peu de permission \u00bb (retranscription du carnet, p 29).<\/p>\n<p>Embarquement \u00e0 Marseille le 16 janvier 1917. D\u00e9barquement \u00e0 Salonique le 25 janvier.<\/p>\n<p>S\u00e9jour de 3 semaines \u00e0 la prison de Salonique apr\u00e8s une altercation avec des soldats ivres. Affect\u00e9 le 19 f\u00e9vrier 1917 au 284<sup>e<\/sup> R.I.<\/p>\n<p>10 mai 1917, attaque au Srka di Legen \u00e0 la t\u00eate de sa compagnie ; bless\u00e9 gri\u00e8vement ; apr\u00e8s dix mois d&rsquo;h\u00f4pital, \u00e0 sa demande, est affect\u00e9 au 19<sup>e<\/sup> bataillon de chars.<\/p>\n<p>Devenu journaliste et \u00e9crivain \u00e0 succ\u00e8s apr\u00e8s la guerre, auteur de 9 livres au moment o\u00f9 para\u00eet <em>P.C. de Compagnie<\/em>. Prix Goncourt 1928 pour <em>Un homme se penche sur son pass\u00e9<\/em>, Ed. Rieder.<\/p>\n<p>Une biographie : Roger Motut, <em>Maurice Constantin-Weyer<\/em>, Saint-Boniface, Manitoba, Canada, Ed. des Plaines, 1982.<\/p>\n<p>2.   <strong>Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p><em>P.C. de compagnie<\/em>, Paris, Les Editions Rieder, 1930, 231 pages.<\/p>\n<p>Le livre est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Joseph Jolinon, l&rsquo;auteur du <em>Valet de gloire<\/em>.<\/p>\n<p>\u00ab Voici des pages sur la guerre. Elles sont extraites de mon carnet de route \u00bb, indique l&rsquo;auteur p. 11. L&rsquo;objet du livre est explicit\u00e9 par l&rsquo;auteur : celui-ci estime que le livre de Jolinon \u00ab est incomplet. Il partage, avec la plupart des livres qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits sur la guerre, cette m\u00e9connaissance du r\u00f4le de l&rsquo;officier qui atteint son maximum dans <em>le Feu<\/em> de Barbusse&#8230; \u00bb (p.15); \u00ab j&rsquo;ai feuillet\u00e9 mon vieux carnet de route, devenu presque illisible. J&rsquo;y ai choisi, justement, ce qui a trait au commandement d&rsquo;une compagnie d&rsquo;infanterie. Un Dorgel\u00e8s, un Duhamel, un Jolinon ont apport\u00e9 sur l&rsquo;<em>homme<\/em> d&rsquo;extraordinaires et \u00e9mouvants documents. Mais on ignore encore ce que pouvait souffrir un officier \u00bb (p. 16).<\/p>\n<p>3.   <strong>Analyse<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;auteur revient sur les \u00ab l\u00e9gendes \u00bb qui ont couru sur le <strong>15<sup>e<\/sup> Corps<\/strong> \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la campagne en Lorraine (p. 20-26). Constantin-Weyer attribue la d\u00e9faillance du d\u00e9but de la guerre \u00e0 la politique de recrutement r\u00e9gional : \u00ab la 15<sup>e<\/sup> r\u00e9gion fait partie de celles o\u00f9 l&rsquo;instruction militaire est la moins pouss\u00e9e. [&#8230;] Le niveau moyen des officiers, au d\u00e9but de la guerre, \u00e9tait certainement moins \u00e9lev\u00e9 au 15<sup>e<\/sup> corps qu&rsquo;au 20<sup>e<\/sup> ou qu&rsquo;au 21<sup>e<\/sup> corps. Et me voici revenu \u00e0 l&rsquo;un des points principaux que je pr\u00e9tends prouver ici : c&rsquo;est qu&rsquo;on ne d\u00e9mocratise pas l&rsquo;arm\u00e9e. L&rsquo;officier doit toujours \u00eatre un homme de l&rsquo;\u00e9lite. Un aristocrate. J&#8217;emploie le mot dans son sens \u00e9tymologique le plus large, me rappelant la fi\u00e8re devise que Glaucos, fils d&rsquo;Hippolochos, re\u00e7ut de son p\u00e8re : \u00ab\u00a0Toujours exceller et s&rsquo;\u00e9lever au dessus des autres\u00a0\u00bb. Favoriser l&rsquo;av\u00e8nement des m\u00e9diocres, c&rsquo;est, de tout temps, pr\u00e9parer de terribles destin\u00e9es \u00e0 ceux dont ils seront les chefs \u00bb (p. 25-26).<\/p>\n<p>Embarquement \u00e0 Marseille, destination Salonique : \u00ab Il y eut, \u00e0 l&#8217;embarquement [&#8230;], le nombre habituel de <strong>d\u00e9serteurs<\/strong>. Un ou deux par compagnie, je crois. J&rsquo;appris que ce d\u00e9chet \u00e9tait largement pr\u00e9vu par les services d&rsquo;Etat-major \u00bb (p. 32).<\/p>\n<p>25 janvier 1917 : Salonique, camp de Zeitenlick. Troupes fran\u00e7aises, britanniques, italiennes, russes et serbes.<\/p>\n<p><strong>Arm\u00e9e et religion<\/strong> :<\/p>\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise en Orient \u00e9tait command\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Sarrail : \u00ab D\u00e8s les premiers jours qui suivirent notre arriv\u00e9e, je remarquai de curieuses \u00e9volutions dans la fa\u00e7on d&rsquo;agir de certains de nos camarades ou de nos chefs. A la 5<sup>e<\/sup> arm\u00e9e, d&rsquo;o\u00f9 nous venions, du front fran\u00e7ais), il \u00e9tait, para\u00eet-il, bien port\u00e9 d&rsquo;aller \u00e0 la messe. Ces m\u00eames, exactement, qui, il y avait un mois  \u00e0 peine, nous faisaient \u00e0 M. et \u00e0 moi, reproche de notre ti\u00e9deur, et qui affectaient de mal comprendre que nous profitassions de la libert\u00e9 des dimanches matin au cantonnement pour tenter de gagner quelques heures de sommeil, cess\u00e8rent d&rsquo;afficher leur z\u00e8le religieux. Nous e\u00fbmes m\u00eame la surprise, d\u00e8s le premier dimanche, de recevoir un tableau d&rsquo;exercices pour la matin\u00e9e, combin\u00e9 de telle fa\u00e7on qu&rsquo;il devenait impossible d&rsquo;entendre le moindre office. C&rsquo;est que nous \u00e9tions \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e Sarrail. [&#8230;] Quoi qu&rsquo;il en soit, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de mes hommes, m\u00eame aussi peu religieux que fussent la plupart d&rsquo;entre eux, la chose prenait la proportion d&rsquo;une brimade&#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Constantin-Weyer effectue un s\u00e9jour \u00e0 la prison de Salonique. Deux femmes sont alors en cellule, \u00ab une espionne serbe et une Fran\u00e7aise. L&rsquo;histoire de la Fran\u00e7aise \u00e9tait singuli\u00e8re. Cette femme, toute jeune, s&rsquo;\u00e9tait \u00e9prise d&rsquo;un aspirant du 61<sup>e<\/sup> de ligne au moment o\u00f9 la division avait cantonn\u00e9 \u00e0 Marseille. Elle avait obtenu, je ne sais comment, des effets de soldat, un sac, un fusil. Ainsi \u00e9quip\u00e9e, elle s&rsquo;\u00e9tait jointe \u00e0 la compagnie de son amant, et avait embarqu\u00e9 en fraude sur le navire. Au d\u00e9barquement, le pot-aux-roses fut d\u00e9couvert, l&rsquo;aspirant avait \u00e9t\u00e9 cass\u00e9, la jeune femme mise en prison, en attendant d&rsquo;\u00eatre rapatri\u00e9e en France&#8230; \u00bb (p. 76).<\/p>\n<p>La vie nocturne \u00e0 Salonique : p. 129-133.<\/p>\n<p>25 f\u00e9vrier 17 : En secteur \u00e0 Lioumnitza, la \u00ab Montagne Rouge \u00bb : \u00ab Au sud, son pied trempait dans la branche droite de la Lioumnitza, maigre affluent du Vardar. [&#8230;] Sur le versant nord, entre nous et la branche gauche de la Lioumnitza, les tranch\u00e9es bulgares, \u00e0 400 m\u00e8tres de nous, environ. \u00bb (p. 153). Nombreux hommes malades du paludisme.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rations sur le m\u00e9tier de \u00ab commandant de compagnie \u00bb (p. 198-200).<\/p>\n<p>L&rsquo;attaque, le 10 mai 1917, des positions bulgares du Srka di Legen (p. 208-216): \u00e9chec ; tirs trop courts de l&rsquo;infanterie fran\u00e7aise ; pertes chez les assaillants ; contre-attaque bulgare ; d\u00e9bandade et une <strong>ex\u00e9cution sommaire<\/strong> pour mettre un terme \u00e0 la panique : \u00ab Je m&rsquo;avance vers le premier fuyard : \u00ab\u00a0Demi-tour et au combat.\u00a0\u00bb Une bouche hagarde me crie une injure. L&rsquo;homme cherche \u00e0 passer. Tirer sur lui&#8230; Un Fran\u00e7ais&#8230; Dieu ! que mon bras est lourd ! J&rsquo;arrache d&rsquo;un coup sec le poids de mon browning. Coup de fouet. Le pauvre diable se tord sur un gen\u00e9vrier&#8230; <em>Instantan\u00e9ment<\/em>, dix, vingt, trente fuyards s&rsquo;arr\u00eatent. Ils ont vu. Et c&rsquo;est de moi seul, maintenant, qu&rsquo;ils ont peur. Plus que les balles et les schrapnells, je domine le champ de bataille. Toujours escort\u00e9 de Maguin, je les place m\u00e9thodiquement. Je colmate le front, entre Cussac et moi. Et, d\u00e8s les premiers coups de feu de cette ligne improvis\u00e9e, la cha\u00eene des tirailleurs ennemis tourbillonne et flotte&#8230; Partie gagn\u00e9e. Ce n&rsquo;est pas le moment, pour moi, qui viens d&rsquo;exercer l&rsquo;acte le plus terrible de commandement, de demeurer coi. A vingt pas en avant des hommes, droit sur un sol de marbre, je m&rsquo;expose \u00e0 la vue de mes hommes Je n&rsquo;ai plus qu&rsquo;une chose \u00e0 faire : servir d&rsquo;exemple \u00bb (p. 215-216) ; Constantin-Weyer est alors atteint d&rsquo;un projectile. Sauv\u00e9 par ses hommes ; rapatri\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re avec un trajet de 5 heures, \u00ab ficel\u00e9 sur un mulet \u00bb tortur\u00e9 par ses blessures (p. 226-229).<\/p>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Rousseau, avril 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 le 24 avril 1881 \u00e0 Bourbonne-les-Bains ; d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Vichy le 18 octobre 1964. A \u00e9migr\u00e9 au Canada en 1904 dans le Manitoba ; install\u00e9 comme agriculteur, il fait faillite puis survit difficilement en tant que journalier jusqu&rsquo;au d\u00e9clenchement de la guerre. 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