{"id":1045,"date":"2013-01-13T00:06:59","date_gmt":"2013-01-12T23:06:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1045"},"modified":"2021-09-14T19:38:30","modified_gmt":"2021-09-14T18:38:30","slug":"heek-hermann-van-1894-1980","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/01\/13\/heek-hermann-van-1894-1980\/","title":{"rendered":"Heek, Hermann van (1894-1980)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Heek.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1047\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Heek-125x300.jpg\" alt=\"\" width=\"125\" height=\"300\" \/><\/a>Hermann van Heek photographi\u00e9 \u00e0 Karlsruhe en mai 1915<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Hermann van Heek nait le 7 avril 1894 \u00e0 Uedem en Allemagne, dans la r\u00e9gion de Cl\u00e8ves, sur la rive gauche du Rhin. Il est le huiti\u00e8me d\u2019une famille paysanne de onze enfants. Plus tard, son p\u00e8re travaille comme aiguilleur aux chemins de fer. Ses fr\u00e8res deviendront artisans et ses s\u0153urs femmes au foyer. Aid\u00e9 financi\u00e8rement par un riche citoyen, Hermann est le seul enfant de la famille \u00e0 suivre des \u00e9tudes universitaires. Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e d&rsquo;Uedem, il fait des \u00e9tudes au s\u00e9minaire de Gaesdonck puis au lyc\u00e9e d&rsquo;Emmerich et enfin au s\u00e9minaire th\u00e9ologique de M\u00fcnster car il se destine \u00e0 devenir pr\u00eatre. Appel\u00e9 sous les drapeaux en avril 1915, interrompt ses \u00e9tudes. Apr\u00e8s une formation d&rsquo;artilleur \u00e0 Karlsruhe, il est affect\u00e9 au 15. Landwehr Feldartillerie Regiment d\u2019artillerie de r\u00e9serve et part d\u00e9but octobre 1915 sur le front fran\u00e7ais. Son fils, Karl Heinrich van Heek, qui introduit ce t\u00e9moignage, nous \u00e9claire sur la suite de son parcours apr\u00e8s 1916. D&rsquo;avril 1917 \u00e0 janvier 1919, Hermann se bat en Galicie, en Crim\u00e9e et dans le Caucase. Survivant \u00e0 la guerre, il commence en mars 1919 de nouvelles \u00e9tudes, d&rsquo;\u00e9conomie, et obtient son dipl\u00f4me en 1924. Quatre fr\u00e8res, Peter, Heinrich, Josef et Karl, sont \u00e9galement sous l\u2019uniforme\u00a0: les deux derniers cit\u00e9s ne reviendront pas de la guerre.<\/p>\n<p>2. R\u00e9sum\u00e9<\/p>\n<p>Collectif, <em>Un soldat allemand dans le Noyonnais. Hermann van Heek. Mon journal de guerre 1915-16<\/em>. Moyenmoutier, Edhisto, 2007, 101 pages. Cet ouvrage est publi\u00e9 en version bilingue fran\u00e7ais-allemand.<\/p>\n<p>A la suite de sa formation au 14<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019artillerie \u00e0 Karlsruhe, il re\u00e7oit l\u2019ordre de rejoindre le front fran\u00e7ais le 13 octobre 1915. Ainsi d\u00e9bute son journal de guerre, qu\u2019il va tenir jusqu\u2019au 16 septembre 1916. Par Metz, la Meuse et le nord de la Marne, il rejoint l\u2019Aisne et installe une position d\u2019artillerie \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une creute \u00e0 Ostel sur le Chemin des Dames. Mi novembre, il quitte se secteur pour celui de Noyon, installe sa pi\u00e8ce \u00e0 Larbroye, \u00e0 l\u2019ouest de la ville et investit le d\u00e9bit de boissons Masson. Apr\u00e8s des travaux de terrassements pour l\u2019installation des officiers, il va rester \u00e0 Larbroye, son ch\u00e2teau et ses environs, occupant la fonction de t\u00e9l\u00e9phoniste, jusqu\u2019\u00e0 la fin de son journal. Alors qu\u2019en 1916, deux batailles sont d\u00e9clench\u00e9es successivement dans la r\u00e9gion de Verdun et dans la Somme, le Noyonnais reste un secteur relativement calme, seulement anim\u00e9 par quelques coups de main tel celui de la nuit du 29 au 30 avril 1916, qu\u2019il \u00e9voque sommairement.<\/p>\n<p>3. Analyse<\/p>\n<p>Ce journal, publi\u00e9 dans le cadre d\u2019un projet men\u00e9 en histoire et en allemand par deux enseignants avec des \u00e9l\u00e8ves d\u2019une classe de troisi\u00e8me du coll\u00e8ge Paul Eluard de Noyon. couvre la p\u00e9riode du 13 octobre 1915 au 16 septembre 1916, est en fait tenu sur deux carnets\u00a0; un cahier de 18&#215;11,5 cm, termin\u00e9 le 5 mars 1916, dans lequel sont list\u00e9es les unit\u00e9s auxquelles il a appartenu. Le 6 d\u00e9cembre 1915, Hermann commence une autre version du journal, un carnet, d&rsquo;un plus petit format, 8&#215;13 cm, dont les entr\u00e9es sont sensiblement les m\u00eames que dans le cahier mais plus courtes, s\u2019apparentant \u00e0 un rendu au propre de ce qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9crit spontan\u00e9ment dans le premier cahier. Il y restitue d\u2019abord les occupations pr\u00e9cises d\u2019un combattant vers\u00e9 dans l\u2019artillerie et qui exerce principalement la fonction de t\u00e9l\u00e9phoniste. Hermann ne se contente pas de d\u00e9crire ses activit\u00e9s militaires. Il \u00e9voque les liens qu\u2019il \u00e9tablit avec les populations civiles occup\u00e9es et particuli\u00e8rement avec certains habitants de Larbroye. Celles-ci sont tr\u00e8s \u00e9clairantes sur le rapport occupants\/occup\u00e9s et les difficult\u00e9s pour vivre et s\u2019alimenter. Le 23 novembre 1915, il dit\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Ce qu\u2019ils mangent, vraiment je ne le sais pas. En tous les cas, ils prennent avec gratitude ce que nous leur donnons. Ils ont un triste sort, et compar\u00e9s \u00e0 eux, nous vivons dix fois mieux<\/em> \u00bb (page 17). Cette perception peut \u00eatre utilement mise en perspective avec la vision de F\u00e9lix Chauvet <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> qui demeure \u00e0 Passel, commune imm\u00e9diatement limitrophe vers le sud. Il raconte la longueur de sa guerre, att\u00e9nu\u00e9e par des promenades ou encore par des parties de cartes. Il insiste aussi sur \u00ab\u00a0<em>les b\u00e9quilles<\/em> \u00bb qui l\u2019aident \u00e0 traverser le conflit : le soutien de la religion (on se souvient qu&rsquo;il est catholique tr\u00e8s pratiquant puisque se destinant \u00e0 la pr\u00eatrise), la correspondance familiale \u2013 qui lui apprend aussi pendant son s\u00e9jour dans le Noyonnais le d\u00e9c\u00e8s d\u2019un second fr\u00e8re \u00e0 la guerre \u2013 et la joie de pouvoir parler le dialecte de la r\u00e9gion de Cl\u00e8ves lorsqu\u2019il rencontre des camarades du m\u00eame \u00ab\u00a0<em>pays\u00a0\u00bb<\/em>. Au d\u00e9tour, de certains passages, il livre aussi ses r\u00e9flexions sur la guerre.<\/p>\n<p>Yann Prouillet, janvier 2013<br \/>\n<a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Voir son t\u00e9moignage dans le pr\u00e9sent dictionnaire in <a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/01\/07\/chauvet-felix-1860-%E2%80%93-1926\/\">http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/01\/07\/chauvet-felix-1860-%E2%80%93-1926\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Hermann van Heek photographi\u00e9 \u00e0 Karlsruhe en mai 1915 Hermann van Heek nait le 7 avril 1894 \u00e0 Uedem en Allemagne, dans la r\u00e9gion de Cl\u00e8ves, sur la rive gauche du Rhin. Il est le huiti\u00e8me d\u2019une famille paysanne de onze enfants. 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