{"id":1051,"date":"2013-01-18T10:38:22","date_gmt":"2013-01-18T09:38:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1051"},"modified":"2021-09-14T19:38:42","modified_gmt":"2021-09-14T18:38:42","slug":"capel-georges-1887-1915","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/01\/18\/capel-georges-1887-1915\/","title":{"rendered":"Capel, Georges (1887-1915)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<br \/>\nGeorges Capel est n\u00e9 le 17 octobre1887 \u00e0 Saint Val\u00e9rien, canton de Ch\u00e9roy, dans l\u2019Yonne, de Florent Capel, charcutier et de Victorine Larriv\u00e9, sans profession. Lors de son incorporation au service militaire il exerce la profession d\u2019employ\u00e9 de chemin de fer et est domicili\u00e9 \u00e0 Paris (2e arr.). Il a \u00e9pous\u00e9 Jeanne, Aline Daguenet le 11 octobre 1911. Il est mobilis\u00e9 au 289e r\u00e9giment d\u2019infanterie (55e DI), r\u00e9giment de r\u00e9serve du 89e RI de l\u2019Yonne. Georges Capel d\u00e9c\u00e8de le 22 janvier 1915 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital temporaire 22 \u00e0 Cholet (Maine et Loire) des suites de blessure de guerre.<br \/>\n2. Le t\u00e9moignage<br \/>\n<em>Journal de guerre 1914-1915<\/em>. Cet opuscule a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 par Patrick Capel, arri\u00e8re-petit-fils de Georges, \u00e9dit\u00e9 par Editions JPB \u00e0 Villemandeur (45200) Loiret, ISBN 10 : 2-907055-28-3, ISBN 13 : 9782907055284, 1994, 41 pages, \u00e0 partir des notes manuscrites de Georges. Ce document est consultable \u00e0 la Biblioth\u00e8que universitaire Sainte Genevi\u00e8ve \u00e0 Paris. Les notes ont la forme d\u2019un journal quotidien s\u2019\u00e9tendant du 10 ao\u00fbt 1914 au 15 janvier 1915 sans aucun manque. Les apports de l\u2019arri\u00e8re-petit-fils, Patrick Capel, sont limit\u00e9s \u00e0 la d\u00e9dicace, un court \u00ab avis au lecteur \u00bb et quelques lignes en forme d\u2019ex-libris. En outre, le petit-fils Michel Capel a ajout\u00e9 un commentaire de 17 lignes dans lequel il rappelle l\u2019authenticit\u00e9 du texte et pr\u00e9cise que \u00ab l\u2019original s\u2019effa\u00e7ant petit \u00e0 petit a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement recopi\u00e9 mot pour mot par Jeanne Daguenet \u00bb la veuve de Georges. Il termine par un court paragraphe constituant un hommage aux poilus, \u00e0 leurs veuves \u00e0 leurs orphelins (page 41).<br \/>\n3. Analyse<br \/>\nGeorges Capel appartient \u00e0 la classe 1907, il a 27 ans \u00e0 la d\u00e9claration de guerre. Son journal apporte peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments originaux autres que ceux que l\u2019on recueillerait dans le JMO de son r\u00e9giment, ce qui n\u2019est pas sans int\u00e9r\u00eat \u00e9tant observ\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment que le JMO du 289e RI n\u2019appara\u00eet pas dans le site SGA M\u00e9moire des Hommes arr\u00eat\u00e9 malheureusement au 288e RI. On n\u2019y dispose que de ceux de la 109e brigade (\u00e0 laquelle est rattach\u00e9 le 289e RI), de la 110e brigade et de la 55e DIR dont ces unit\u00e9s sont les composantes.<br \/>\nLe 289e RI re\u00e7ut son drapeau lors d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie sur la place de l\u2019Esplanade de Sens le samedi 8 ao\u00fbt 1914 \u00e0 4 heures du soir. Le lieutenant porte-drapeau \u00e9tait un \u00ab enfant du pays \u00bb : M. R\u00e9gnier fils du conseiller g\u00e9n\u00e9ral du canton de Ch\u00e9roy (source : Gaston Gaudaire, <em>Une Ville pendant la guerre, Sens, 1914-1919<\/em>, Charles Lavauzelle &amp; Cie, 1922).<br \/>\nAvec son r\u00e9giment Georges Capel quitte Sens le 10 ao\u00fbt. Son parcours est ensuite celui du 289e RI faisant mouvement vers la Lorraine. Dans tout le journal l\u2019ennemi est d\u00e9sign\u00e9 par le vocable \u00ab les Prussiens \u00bb. Le premier engagement et les premiers morts, dont le commandant Blomme Benjamin Aim\u00e9, tu\u00e9 \u00ab par le premier obus \u00bb (source : Memorialgenweb fiche n\u00b0 A 284265) sont mentionn\u00e9s le 25 ao\u00fbt dans le secteur de Brainville Porcher, dans la Meurthe-et-Moselle (le texte retranscrit porte \u00ab Poncey \u00bb mais il s\u2019agit tr\u00e8s vraisemblablement d\u2019une erreur de retranscription, il s\u2019agirait plut\u00f4t de Porcher \u00e0 6 km \u00e0 l\u2019ouest-nord-ouest de Mars-la-Tour). Apr\u00e8s cet \u00e9pisode de la \u00ab bataille des fronti\u00e8res, le 289e RI se replie sur Saint Mihiel et Sampigny.<br \/>\nEmbarqu\u00e9 par chemin de fer le 28 ao\u00fbt, le r\u00e9giment fait mouvement vers l\u2019Oise \u00e0 Tricot pour faire partie d\u2019une nouvelle arm\u00e9e, dite 6e arm\u00e9e, sous les ordres du g\u00e9n\u00e9ral Maunoury. Puis une marche de 25 km l\u2019am\u00e8ne \u00e0 Roye dans la Somme. C\u2019est \u00e0 nouveau une retraite et, de retour dans l\u2019Oise, le 30 ao\u00fbt \u00ab la moiti\u00e9 de la compagnie est perdue \u00bb.<br \/>\nUne nouvelle marche de \u00ab 40 \u00e0 45 km \u00bb conduit le r\u00e9giment \u00e0 Rantigny \u00e0 7 km au nord-nord-est de Creil le 31 ao\u00fbt. Puis \u00e0 Cinqueux le 1er septembre. Suivent plusieurs d\u00e9placements indiqu\u00e9s par le succession des lieux d\u2019\u00e9tape pour arriver finalement apr\u00e8s un nouveau repli &#8211; \u00e0 pied &#8211; \u00e0 Marly-la-Ville le 3 septembre. Le 6 septembre, Georges note : \u00ab Nous n\u2019avons pas pris part \u00e0 la bataille qui a dur\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 8 heures du soir ; les trois quarts des officiers de la Division (il en reste 17 au r\u00e9giment) sont tu\u00e9s ou bless\u00e9s, la moiti\u00e9 des hommes sont hors de combat. \u00bb<br \/>\nQuittant les approches de Paris, un nouveau mouvement est d\u00e9crit jusqu\u2019au secteur de Soissons atteint le 12 septembre. Le r\u00e9giment conna\u00eet alors une succession de mont\u00e9es en ligne dans le secteur de Crouy (Aisne) et de repos en cantonnements dans divers villages proches de Soissons. Il rel\u00e8ve et, alternativement, est relev\u00e9 par le 246e RI appartenant \u00e0 la m\u00eame 55e DI mais \u00e0 la 109e Brigade. Parfois aussi le 289e RI est relev\u00e9 par le 231e RI de la 110e brigade.<br \/>\nLe 12 janvier 1915, lors de l\u2019attaque \u00ab \u00e0 la ba\u00efonnette \u00bb de la cote 132, le lieutenant est tu\u00e9 et Georges Capel re\u00e7oit une balle dans l\u2019\u00e9paule. Il est \u00e9vacu\u00e9 le lendemain sur l\u2019h\u00f4pital temporaire n\u00b0 22 de Cholet. Il y d\u00e9c\u00e8de le 22 janvier. Sa d\u00e9pouille est ramen\u00e9e \u00e0 Saint Val\u00e9rien le 25 janvier et il y est inhum\u00e9 le 26 janvier 1915.<br \/>\nLes apports originaux ressortant du journal de Georges Capel sont rares. On notera essentiellement les suivants :<br \/>\nUn accident se produit d\u00e8s le d\u00e9part en chemin de fer de Sens le 10 ao\u00fbt 1914 : son train est stopp\u00e9 suite \u00e0 un tamponnement en gare de Sompuis (Marne), causant 7 morts et 54 bless\u00e9s. La cause en est la fr\u00e9quence \u00e9lev\u00e9e des convois allant tous dans la m\u00eame direction.<br \/>\nBien que l\u2019on distingue habituellement une phase initiale qualifi\u00e9e de \u00ab guerre de mouvement \u00bb suivie d\u2019une \u00ab guerre de position \u00bb caract\u00e9ris\u00e9e par la fixation du front et l\u2019\u00e9tablissement de tranch\u00e9es, on voit appara\u00eetre d\u00e8s le 14 ao\u00fbt le recours aux tranch\u00e9es dans le secteur de Vigneulles en avant de Saint Mihiel.<br \/>\nLe 12 septembre il est signal\u00e9 pr\u00e8s de Cravan\u00e7on devant Soissons : \u00ab \u00c0 11 heures nous avons vu fusiller deux Prussiens pour tentative de vol, nous en avons vu passer neuf autres qui doivent \u00eatre fusill\u00e9s pour vol \u00e0 main arm\u00e9e. \u00bb<br \/>\nLe 30 octobre il est fait mention sans le nommer de la mort du g\u00e9n\u00e9ral de brigade. Il s\u2019agit du g\u00e9n\u00e9ral Arrivet Paul, Blaise, Marcel, tu\u00e9  le 29 octobre \u00e0 10h 30 d\u2019une balle dans la t\u00eate lors d\u2019une visite de tranch\u00e9es dans le secteur de Crouy (source : JMO 109e Brigade du 3 ao\u00fbt 1914 au 22 mars 1915, registre 26 N 526\/1 p. 20\/33).<br \/>\nLe 12 janvier 1915, jour de sa blessure par balle \u00e0 l\u2019\u00e9paule, Georges Capel fait \u00e9tat de la mort de son lieutenant. Il est fort probable qu\u2019il s\u2019agisse en fait du sous-lieutenant De La\u00ebt Edmond, Ernest, instituteur, chevalier de la L\u00e9gion d\u2019Honneur, comme le montre sa fiche sur SGA M\u00e9moire des Hommes. La confusion de grade est possible sous la plume de Georges Capel, rappelons que la coutume dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise est d\u2019appeler \u00ab mon lieutenant \u00bb aussi bien les aspirants que les sous-lieutenants et les lieutenants (et m\u00eame les adjudants-chefs dans la cavalerie).<br \/>\nPage 41, Michel Capel, petit-fils de Georges  apporte une pr\u00e9cision sur les convictions de son grand-p\u00e8re : \u00ab Sa femme lui tint la main dans ses derniers moments durant lesquels il garda toute sa lucidit\u00e9. Il refusa d\u2019un geste le Christ que le pr\u00eatre lui pr\u00e9sentait dans sa derni\u00e8re heure. \u00bb<\/p>\n<p>Michel Mauny, janvier 2013<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Georges Capel est n\u00e9 le 17 octobre1887 \u00e0 Saint Val\u00e9rien, canton de Ch\u00e9roy, dans l\u2019Yonne, de Florent Capel, charcutier et de Victorine Larriv\u00e9, sans profession. 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