{"id":1065,"date":"2013-01-25T18:12:30","date_gmt":"2013-01-25T17:12:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1065"},"modified":"2021-09-14T19:40:27","modified_gmt":"2021-09-14T18:40:27","slug":"vuillermet-charles-1890-1918","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/01\/25\/vuillermet-charles-1890-1918\/","title":{"rendered":"Vuillermet, Charles (1890-1918)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/CharlesVuillermet.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1066\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/CharlesVuillermet-232x300.jpg\" alt=\"\" width=\"232\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/CharlesVuillermet-232x300.jpg 232w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/CharlesVuillermet-793x1024.jpg 793w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/CharlesVuillermet.jpeg 1376w\" sizes=\"auto, (max-width: 232px) 100vw, 232px\" \/><\/a><br \/>\nCharles Vuillermet photographi\u00e9 en atelier \u00e0 Belley \u00e0 la veille de la Grande Guerre (page 30)<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Charles Vuillermet na\u00eet le 12 janvier 1890 \u00e0 Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) d\u2019une famille franco-suisse dont nombre de membres sont des artistes reconnus. Son grand-p\u00e8re est photographe, comme son p\u00e8re, Constant Vuillermet, qui a \u00e9pous\u00e9 \u00e9pouse une Thononaise, Marie Chavanne qui a repris l\u2019atelier familial. Le couple aura cinq enfants : Andr\u00e9 en 1879, Catherine en 1881, Antoinette en 1886, Charles en 1890 et Joseph en 1896. Ce dernier, 2<sup>e<\/sup> classe au 3<sup>e<\/sup> zouaves, est tu\u00e9 le 26 octobre 1918 dans les Ardennes. Evoluant \u00ab <em>des deux c\u00f4t\u00e9s du lac<\/em> \u00bb L\u00e9man dans un milieu cultiv\u00e9 et bourgeois, Charles est initi\u00e9 au dessin et \u00e0 la peinture dans une \u00e9ducation stricte. Il fait ses \u00e9tudes au coll\u00e8ge Saint-Joseph de Thonon puis se destine lui aussi \u00e0 la photographie. Il voyage beaucoup ; en 1910, il a un atelier \u00e0 Lausanne puis vit \u00e0 Vichy puis Paris o\u00f9, en 1911, il est rattrap\u00e9 par ses obligations militaires. Le 9 octobre de cette ann\u00e9e, il est incorpor\u00e9 \u00e0 133<sup>e<\/sup> RI de Belley (Ain). Promu caporal le 12 avril 1912 et sergent le 25 septembre suivant, l\u2019artiste en devenir change de voie et s\u2019engage dans la vie militaire comme sous-officier le 17 avril 1913. Il se sp\u00e9cialise alors dans l\u2019emploi des mitrailleuses et est affect\u00e9 \u00e0 la section du 2<sup>e<\/sup> bataillon. En juin 1914, le r\u00e9giment est en man\u0153uvres lorsque survient la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale. Il est donc avec son homologue de la 82<sup>e<\/sup> brigade d\u2019infanterie, le 23<sup>e <\/sup>RI imm\u00e9diatement pr\u00eat \u00e0 rejoindre la fronti\u00e8re comme r\u00e9giment de couverture. C\u2019est ainsi qu\u2019on le retrouve au sein de la 41<sup>e<\/sup> division sur les cols vosgiens d\u00e8s le 5 ao\u00fbt 1914. A la suite des combats pour la reprise de la Fontenelle (Vosges) en juillet 1915, Vuillermet est nomm\u00e9 sous-lieutenant \u00e0 titre temporaire (le 28) et adjoint au commandant de la 2<sup>e <\/sup>compagnie de mitrailleuses en mars 1916. Il passe lieutenant \u00e0 titre temporaire en octobre 1916 puis \u00e0 titre d\u00e9finitif, commandant la 1<sup>\u00e8re<\/sup> compagnie de mitrailleuses, au 1<sup>er<\/sup> juillet 1917, apr\u00e8s l\u2019affaire de la mutinerie des 1<sup>er<\/sup> et 2 juin \u00e0 Ville-en-Tardenois (Marne). C\u2019est \u00e0 ce grade qu\u2019il est tu\u00e9 le 2 juin 1918 \u00e0 Bussiares dans l\u2019Aisne lors de la retraite de l\u2019Ourcq au Clignon.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p>Perrier, Michel, <em>Charles Vuillermet (1890-1918). Carnets et dessins d\u2019un officier savoyard dans la Grande Guerre<\/em>, Annecy, Le Vieil Annecy, 2012, 207 pages.<\/p>\n<p>Charles Vuillermet est engag\u00e9 dans la carri\u00e8re militaire \u00e0 la d\u00e9claration de guerre, avec la sp\u00e9cialit\u00e9 de mitrailleur. Son parcours est donc celui d\u2019un sous-officier qui monte les grades par sa valeur militaire au sein d\u2019un m\u00eame r\u00e9giment. Il occupe dans un premier temps les cols vosgiens et l\u2019Alsace et la cristallisation du front \u00e0 l\u2019Est l\u2019am\u00e8ne \u00e0 \u00ab\u00a0<em>tenir<\/em> \u00bb le secteur de la Fontenelle d\u2019octobre 1914 \u00e0 juin 1916. C\u2019est la majeure partie de la couverture chronologique contenue dans le carnet de guerre de 96 pages qu\u2019il tient du 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1914 au 30 septembre 1916. L\u2019affaire de la mutinerie de juin 1917 va entra\u00eener pour le 133<sup>e <\/sup>de nombreuses sanctions, dont la dispersion des officiers consid\u00e9r\u00e9s comme fautifs. Lui va h\u00e9riter de cette situation du commandement d\u2019une compagnie de mitrailleuses. Ayant abandonn\u00e9 son carnet \u00e0 cette date, l\u2019empreint documentaire effectu\u00e9 par Michel Perrier, le pr\u00e9sentateur du legs de Charles Vuillermet, retrace son parcours par des courriers \u00e9chang\u00e9s avec sa famille et son fr\u00e8re Joseph. D\u00e8s lors, les quelques \u00e9l\u00e9ments que Charles donne dans ses \u00e9crits sont confront\u00e9s au JMO, aux historiques divisionnaire et r\u00e9gimentaire et \u00e0 d\u2019autres t\u00e9moins du \u00ab\u00a0<em>R\u00e9giment des Lions<\/em> \u00bb tels Joseph-Laurent F\u00e9nix ou les officiers que sont les docteurs Joseph Saint-Pierre, Frantz Adam, Andr\u00e9 Cornet-Auquier ou Louis de Corcelles <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>, afin de combler les vides dans le t\u00e9moignage de Vuillermet. L\u2019ensemble est ponctu\u00e9 de dessins et de photographies de l\u2019auteur, formant un corpus assez large de repr\u00e9sentations issus du t\u00e9moin.<\/p>\n<p>3. Analyse<\/p>\n<p>La premi\u00e8re lettre permettant de sonder la vision de la guerre de Charles Vuillermet est dat\u00e9e du 12 septembre 1914, dans laquelle il confie\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Depuis la d\u00e9claration de guerre nous n\u2019avons cess\u00e9 de combattre. <\/em>(\u2026)<em> Je vous assure que la guerre est une chose horrible, il y a des choses qui ne peuvent s\u2019\u00e9crire, mais celui qui combat passe par des transes inexprimables quand les obus et les balles pleuvent de tout c\u00f4t\u00e9, et que l\u2019on voit tomber ses camarades et cela pas un jour mais 8 ou 10 jours de suite et sans recevoir de troupes fra\u00eeches. Enfin je n\u2019esp\u00e8re qu\u2019une chose, avoir le bonheur d\u2019en r\u00e9chapper<\/em> (\u2026)\u00a0\u00bb page 40. Confront\u00e9 \u00e0 la violence et \u00e0 sa mort possible, il revient sur ce sentiment\u00a0: \u00ab\u00a0(\u2026) <em>si j\u2019ai le bonheur de finir la guerre j\u2019esp\u00e8re \u00e9claircir bien des choses \u00e0 mon sujet. Malgr\u00e9 tous les dangers que nous encourrons chaque jour je conserve bon espoir de revoir Thonon <\/em>\u00bb (page 45) et estime la guerre \u00e0 encore quelques mois en octobre 1914. Il s\u2019aguerrit au feu et d\u00e9nonce m\u00eame la monotonie d\u2019un front cristallis\u00e9 \u00e0 l\u2019hiver 1914-1915, esp\u00e9rant obtenir rapidement \u00ab\u00a0<em>l\u2019\u00e9crasement de ces vilains teutons<\/em> \u00bb (page 48). Au fur et \u00e0 mesure des mois, il abandonne la consigne de discr\u00e9tion et ses courriers, plus int\u00e9ressants que son carnet, se font alors plus descriptifs, notamment pour la guerre des mines ou les grandes affaires auxquelles le bataillon pr\u00eate son concours en 1915 comme la reprise de Metzeral (juin), de La Fontenelle (juillet) en 1915 ou l\u2019attaque sur Cl\u00e9ry-sur-Somme (carnet, le 30 juillet 1916). H\u00e9las, ayant abandonn\u00e9 son carnet \u00e0 la fin de 1916, il ne s\u2019exprime pas sur la mutinerie massive de son r\u00e9giment, se bornant le 6 juillet 1917 \u00e0 signaler qu\u2019elle lui a vraisemblablement donn\u00e9 du galon, celui de lieutenant\u00a0: \u00ab\u00a0<em>on vient de me donner le commandement d\u2019une compagnie juste au moment o\u00f9 nous remontions en ligne<\/em>. (\u2026) <em>Je suis content de commander r\u00e9ellement, c\u2019est la perspective du troisi\u00e8me\u00a0!<\/em> \u00bb (page 139). Officier ayant une responsabilit\u00e9 importante, il semble qu\u2019il ait alors de plus en plus remplac\u00e9 l\u2019\u00e9crit par le dessin, multipliant les repr\u00e9sentations des paysages et les sc\u00e8nes de cantonnement avec un r\u00e9el talent d\u2019artiste, qu\u2019il proposera d\u2019ailleurs \u00e0 <em>l\u2019Illustration<\/em>, qui ne retiendra pas ses esquisses.<\/p>\n<p>Yann Prouillet, janvier 2013<\/p>\n<hr size=\"1\" \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Voir leur notice dans le pr\u00e9sent\u00a0dictionnaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Charles Vuillermet photographi\u00e9 en atelier \u00e0 Belley \u00e0 la veille de la Grande Guerre (page 30) Charles Vuillermet na\u00eet le 12 janvier 1890 \u00e0 Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) d\u2019une famille franco-suisse dont nombre de membres sont des artistes reconnus. Son grand-p\u00e8re est photographe, comme son p\u00e8re, Constant Vuillermet, qui a \u00e9pous\u00e9 \u00e9pouse une Thononaise, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/01\/25\/vuillermet-charles-1890-1918\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Vuillermet, Charles (1890-1918)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[176,202,620,3,10,6,15,40],"tags":[499,267],"class_list":["post-1065","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-133e-ri","category-202","category-3e-zouaves","category-carnet","category-combattant-infanterie","category-correspondance-unique","category-officier-infanterie","category-photos","tag-artiste","tag-mutinerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1065","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1065"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1065\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4037,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1065\/revisions\/4037"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1065"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1065"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1065"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}