{"id":107,"date":"2008-05-13T07:58:07","date_gmt":"2008-05-13T06:58:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/05\/13\/hugo-jean-1894-1984\/"},"modified":"2021-09-09T17:10:15","modified_gmt":"2021-09-09T16:10:15","slug":"hugo-jean-1894-1984","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/05\/13\/hugo-jean-1894-1984\/","title":{"rendered":"Hugo, Jean (1894-1984)"},"content":{"rendered":"<p>1. &nbsp; Le t\u00e9moin<\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Paris le 19 novembre 1894, l&rsquo;arri\u00e8re-petit-fils de Victor Hugo, Jean Hugo, peintre et d\u00e9corateur de th\u00e9\u00e2tre, a \u00e9t\u00e9 un acteur et un t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 des milieux litt\u00e9raires et artistiques. Mais il a \u00e9t\u00e9 aussi un acteur et un t\u00e9moin de la Grande guerre. Ses souvenirs rassembl\u00e9s dans <em>Le Regard de la m\u00e9moire<\/em> d\u00e9butent pr\u00e9cis\u00e9ment au moment o\u00f9 la Premi\u00e8re Guerre mondiale vient l&rsquo;arracher \u00e0 un s\u00e9jour effectu\u00e9 par la famille Hugo \u00e0 Guernesey \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;inauguration d&rsquo;une statue de Victor Hugo sur l&rsquo;\u00eele. Le 5 ao\u00fbt, il rentre sur Paris avec sa m\u00e8re, sa grand-m\u00e8re et la femme de chambre de celle-ci. L&rsquo;aisance de la famille est patente&nbsp;: r\u00e9sidences diverses, automobile, repas fr\u00e9quemment pris au restaurant, fr\u00e9quentation assidue des caf\u00e9s, domesticit\u00e9, etc. La famille de Jean Hugo poss\u00e8de des relations haut plac\u00e9es. En mai 1917, sa m\u00e8re obtient de son ami Poincar\u00e9, la mutation de Jean en tant qu&rsquo;interpr\u00e8te aupr\u00e8s des troupes am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>Le 4 septembre, Jean Hugo re\u00e7oit sa feuille de route pour le 36<sup>e<\/sup> de ligne, \u00e0 Caen (p. 15).<\/p>\n<p>Sa qualit\u00e9 de bachelier le fait d\u00e9signer pour le peloton des officiers (p. 18). Il suit son instruction \u00e0 Bernay. Il \u00e9choue&nbsp;; il est tout de m\u00eame nomm\u00e9 caporal, puis sergent en avril 1915. Le 20 mai de la m\u00eame ann\u00e9e, il rejoint le 36<sup>e<\/sup> de ligne alors stationn\u00e9 \u00e0 Fismes en Champagne. D\u00e8s le 24 il est transf\u00e9r\u00e9 avec son r\u00e9giment en Artois et cantonne \u00e0 Sus-Saint-L\u00e9ger.<\/p>\n<p>Fin Mai 1915&nbsp;: mont\u00e9e en ligne en <strong>Artois<\/strong>, au village de la Targette, non loin de Neuville-Saint-Vaast (p. 30). 4 juin 1915&nbsp;: bless\u00e9 lors de son premier assaut. Evacu\u00e9 sur l&rsquo;h\u00f4pital de Saint-Malo, puis \u00e0 Meudon.<\/p>\n<p>11 octobre 1915, d\u00e9part du d\u00e9p\u00f4t avec un renfort du 36<sup>e<\/sup> (p. 42).<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 <strong>Verdun<\/strong>, d\u00e9but avril 16&nbsp;; plusieurs attaques.<\/p>\n<p><strong>Chemin des Dames<\/strong>, \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de l&rsquo;offensive Nivelle. T\u00e9moin du mouvement de mutineries.<\/p>\n<p>29 juillet 1917&nbsp;: mutation \u00e0 Gondrecourt, QG de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> division am\u00e9ricaine. Hugo traducteur du G\u00e9n\u00e9ral Sibert. Mutation obtenue par les relations de sa m\u00e8re avec Poincar\u00e9.<\/p>\n<p>Avril 1918&nbsp;: affectation \u00e0 un bataillon d&rsquo;infanterie, le 1<sup>er<\/sup> du 28<sup>e<\/sup> r\u00e9giment U.S. (Bois l&rsquo;Ev\u00eaque) (p. 102). 28 mai 1918, attaque bois de Saint-Eloi pr\u00e8s de Cantigny. (p. 104).<\/p>\n<p>Termine la guerre aupr\u00e8s de la 99<sup>e<\/sup> escadrille am\u00e9ricaine qui ne combattit pas.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p>Dans <em>Le Regard de la m\u00e9moire<\/em>, Jean Hugo jette un regard r\u00e9trospectif sur trente ann\u00e9es d&rsquo;une vie riche en rencontres (Satie, Picasso, Cocteau, Radiguet, Cendrars, Dullin, jouvet, Proust, Colette, Maritain, Dreyer, Max Jacob, etc.), born\u00e9e par les deux guerres mondiales. Plusieurs indices permettent d&rsquo;indiquer que les passages regardant la Grande Guerre ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9s apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale&nbsp;: \u00ab&nbsp;On m&rsquo;affecta bient\u00f4t au 3<sup>e<\/sup> bureau, charg\u00e9 des op\u00e9rations [&#8230;]. Son chef \u00e9tait le jeune major Marshall, qui devint plus tard c\u00e9l\u00e8bre&#8230;&nbsp;\u00bb (p. 94)&nbsp;; \u00ab&nbsp;enfin le 3 septembre [1918], je passai le commandement \u00e0 Koenig, qui restait dans l&rsquo;arm\u00e9e o\u00f9 il devait faire une carri\u00e8re glorieuse et devenir le vainqueur de Bir Hakeim&#8230;&nbsp;\u00bb (p. 128). Nous ne disposons pas d&rsquo;informations pr\u00e9cises sur la r\u00e9daction de ces m\u00e9moires. Nous ignorons \u00e9galement si le r\u00e9dacteur a pu s&rsquo;appuyer sur les notes d&rsquo;un journal. Toutefois, certaines pr\u00e9cisions de dates, de noms de lieux, de noms de camarades laissent \u00e0 penser que malgr\u00e9 leur r\u00e9daction tardive, ces souvenirs se sont appuy\u00e9s sur des notes pr\u00e9cises.<\/p>\n<p>Une partie&nbsp; de ces souvenirs ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s une premi\u00e8re fois en 1976 chez Fayard sous le titre <em>Avant d&rsquo;oublier<\/em>. En 1984, l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de ces m\u00e9moires ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s par les \u00e9ditions Actes sud sous le titre <em>Le Regard de la m\u00e9moire<\/em>. L&rsquo;\u00e9dition utilis\u00e9e ici est une \u00e9dition de poche de la collection Babel des \u00e9ditions Actes sud parue en 1989. Cette \u00e9dition s&rsquo;accompagne d&rsquo;un avant-propos sign\u00e9 Raymond Jean.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage int\u00e9ressant l&rsquo;histoire de la Grande Guerre court de la page 11 \u00e0 la page 109 d&rsquo;un ouvrage qui en compte 585.<\/p>\n<p>3. &nbsp; L&rsquo;analyse<\/p>\n<p>Le <strong>d\u00e9part<\/strong> des r\u00e9servistes en gare de Granville, le 6 ao\u00fbt 1914&nbsp;: \u00ab&nbsp;[&#8230;] le r\u00e9giment de r\u00e9serve du 2<sup>e<\/sup> de ligne, le 202<sup>e<\/sup> , s&#8217;embarquait. Les hommes avaient des barbes de plusieurs jours et des fleurs au bout de leur fusil. Sur les wagons, orn\u00e9s de branchages, des guirlandes entouraient les mots \u00ab\u00a0\u00e0 Berlin\u00a0\u00bb, \u00e9crits \u00e0 la craie&nbsp;\u00bb (p. 12)<\/p>\n<p>Un mois plus tard, l&rsquo;ambiance n&rsquo;est plus aussi enthousiaste&nbsp;: Jean Hugo rapporte des propos que sa grand-m\u00e8re aurait entendu durant une halte nocturne \u00e0 Poitiers&nbsp;le 3 septembre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Toute la nuit des trains de bless\u00e9s pass\u00e8rent. Elle entendit des femmes crier dans la rue&nbsp;: &#8211; Assez&nbsp;! On tue tous nos enfants&nbsp;! On tue tout, et quand m\u00eame l&rsquo;ennemi avance&nbsp;! \u00c7a ne peut pas durer&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p><strong>ARTOIS<\/strong><\/p>\n<p>Fin Mai 1915&nbsp;: mont\u00e9e en ligne en Artois, au village de la Targette, non loin de Neuville-Saint-Vaast (p. 30).<\/p>\n<p>Dans un abri, sous un bombardement&nbsp;; Hugo est secou\u00e9 par l&rsquo;explosion d&rsquo;un obus qui tue un homme \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s (p. 31-32)&nbsp;; les difficult\u00e9s d&rsquo;\u00e9vacuation du cadavre (p. 33)<\/p>\n<p><strong>Le 4 juin, mont\u00e9e en premi\u00e8re ligne <\/strong>et le premier <strong>Assaut<\/strong> : \u00ab&nbsp;Les soldats se lamentaient&nbsp;: &#8211;&nbsp;C&rsquo;est-il pas malheureux de faire massacrer les bonhommes comme \u00e7a&nbsp;!<\/p>\n<p>Des objets passaient de main en main&nbsp;: des lettres, des grenades, un vieux fromage presque liquide [&#8230;]. Les canons fran\u00e7ais tiraient un peu court&nbsp;; parfois un obus tombait dans le verger. Nous regardions voler les torpilles&nbsp;; elles s&rsquo;arr\u00eataient en l&rsquo;air, ind\u00e9cises, comme des \u00e9perviers, puis piquaient du nez, et tout tremblait&#8230;&nbsp;\u00bb (p. 35)<\/p>\n<p>La blessure. (p. 36-37)<\/p>\n<p><strong>Religion et religiosit\u00e9<\/strong> : Hugo est \u00e9vacu\u00e9 sur l&rsquo;h\u00f4pital de Saint-Malo&nbsp;; les infirmi\u00e8res&nbsp;: \u00ab&nbsp;[&#8230;] Les religieuses me firent chanter des cantiques, \u00e0 la messe, et le <em>clairon<\/em> de D\u00e9roul\u00e8de.&nbsp;\u00bb (p. 38)<\/p>\n<p>Ambulance am\u00e9ricaine du Chesnay&nbsp;: \u00ab&nbsp;Soeur Marthe me donna un <em>paroissien du soldat<\/em>. Cette semaine de douceur au Chesnay fut ma premi\u00e8re rencontre avec la Sainte-Vierge&nbsp;\u00bb (p. 41).<\/p>\n<p>Messe&nbsp;: \u00ab&nbsp;La Toussaint tombant un lundi, tout le r\u00e9giment assista \u00e0 la messe trois jours de suite. Beaucoup y allaient pour passer le temps&#8230;&nbsp;\u00bb (p. 45.)<\/p>\n<p><strong>Rituels<\/strong> :<\/p>\n<p>13 octobre 1915&nbsp;: une <strong>ex\u00e9cution<\/strong> : \u00ab&nbsp;L&rsquo;homme s&rsquo;\u00e9tait enfui de la ligne de feu lors de l&rsquo;attaque du 25 septembre.&nbsp;\u00bb (p. 44)<\/p>\n<p>Autre prise d&rsquo;armes, huit jours plus tard&nbsp;; remise de d\u00e9corations (p 44). A ce sujet, voir Marie-Anne Paveau, \u00ab&nbsp;Citations \u00e0 l&rsquo;ordre et croix de guerre. Fonctions des sanctions positives dans la guerre de 1914-1918&nbsp;\u00bb, in R\u00e9my Cazals, Emmanuelle Picard, Denis Rolland, <em>La Grande Guerre Pratiques et exp\u00e9riences<\/em>, toulouse, Privat, 2005, p. 247-258.<\/p>\n<p>25 octobre&nbsp;: embarqu\u00e9s \u00e0 Fr\u00e9vent pour Ailly-sur-Noye en \u00ab&nbsp;wagons \u00e0 bestiaux&nbsp;\u00bb (p. 44)<\/p>\n<p><strong>Bordels militaires<\/strong> : Bordel d&rsquo;Ailly (p. 44)&nbsp;; Toul, janvier 1918&nbsp;: \u00ab&nbsp;[&#8230;] Dans la rue voisine, comme au XV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, se trouvait le bordel avec sa fa\u00e7ade en damier jaune et vert, le gros num\u00e9ro au milieu. Un phonographe chantait derri\u00e8re les fen\u00eatres grill\u00e9es. Tout un bataillon am\u00e9ricain descendu les tranch\u00e9es emplissait la rue&nbsp;; chaque soldat attendait son tour.&nbsp;\u00bb (p. 101)<\/p>\n<p><strong>La boue&nbsp;:<\/strong><\/p>\n<p>14 novembre, d\u00e9part d&rsquo;Ailly-sur-Noye&nbsp;; passage \u00e0 Gentelles&nbsp;; d\u00e9cembre&nbsp;: Fontaine-les-Cappy &nbsp;(p. 47). \u00ab&nbsp;[&#8230;] Parfois quelques torpilles tombaient et \u00e9clataient \u00e0 grand bruit&nbsp;: les trous qu&rsquo;elles faisaient devenaient vite des lacs. L&rsquo;\u00e9paisse bouillie p\u00e9n\u00e9trait partout. Les fusils \u00e9taient inutilisables. D&rsquo;ailleurs nous n&rsquo;\u00e9tions l\u00e0 que pour sauter en l&rsquo;air, dans un geyser de boue, si les sil\u00e9siens sous nos pieds triomphaient des Flamands&#8230;&nbsp;\u00bb (p. 48-49)<\/p>\n<p><strong>Soldats originaires des Alpes.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Ils ne savaient ni lire ni \u00e9crire et ne parlaient gu\u00e8re le fran\u00e7ais. Ils se mettaient en cercle et se racontaient en proven\u00e7al des histoires de leurs montagnes&#8230;&nbsp;\u00bb (p. 51)<\/p>\n<p><strong>Patrouille<\/strong> : \u00ab&nbsp;un soir de janvier [1916], j&rsquo;allai en patrouille avec le lieutenant Cabouat et quelques hommes. Arriv\u00e9s devant le r\u00e9seau de fils de fer allemand, nous nous m\u00eemes \u00e0 plat ventre sur l&rsquo;herbe rase. La sentinelle, \u00e0 dix pas de nous, toussait et se mouchait&#8230;&nbsp;\u00bb (p. 52-53)<\/p>\n<p><strong>Civils<\/strong> dont certains sont peu hospitaliers&nbsp;: 14 f\u00e9vrier, repos \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re. Rainecourt&nbsp;; Renancourt (faubourgs d&rsquo;Amiens)&nbsp;; Grandvilliers-aux-Bois, (p. 55)<\/p>\n<p><strong>VERDUN<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9putation de <strong>Verdun<\/strong> : \u00ab&nbsp;enfin Bettencourt-la-Longue, en Lorraine. L\u00e0, les automobilistes qui faisaient le service de Verdun nous disent&nbsp;:<\/p>\n<p>&#8211; Nous revenons toujours avec la moiti\u00e9 des camions vides.&nbsp;\u00bb (p. 56)<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 Verdun, d\u00e9but avril 16&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous voyions passer devant la porte les troupes qui descendaient de la bataille&nbsp;; un adjudant et dix soldat hagards, c&rsquo;est tout ce qui restait d&rsquo;une compagnie&nbsp;\u00bb (p. 57)&nbsp;; mont\u00e9e en ligne&nbsp;durant la nuit (p. 58-59).<\/p>\n<p><strong>Euph\u00e9misation&nbsp;?<\/strong> \u00ab&nbsp;Un grand infirmier noueux et barbu faisait dans les bois la chasse aux cadavres. Ses mains et ses v\u00eatements sentaient la pourriture. Il retrouvait sous les ronces les morts des premiers jours de la bataille, vieux d&rsquo;un mois et demi, d\u00e9j\u00e0 secs et coll\u00e9s \u00e0 la terre. Il ramassait aussi des mains et des pieds d\u00e9pareill\u00e9s, des lambeaux de capote o\u00f9 adh\u00e9raient d&rsquo;informes quartiers de viande humaine&#8230;\u00bb (p. 59)&nbsp;; (p. 61)&nbsp;; \u00ab&nbsp;Devant la premi\u00e8re ligne, des cadavres allemands tout secs et noirs, semblables \u00e0 des parapluies cass\u00e9s, \u00e9taient rest\u00e9s accroch\u00e9s aux fils de fer&nbsp;\u00bb (p. 79).<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;angoisse des hommes avant l&rsquo;attaque<\/strong> (p. 60).<\/p>\n<p>L&rsquo;assaut&nbsp;du 13 avril 1916&nbsp;(p. 62-63)&nbsp;; la contre-attaque allemande (p. 63)&nbsp;: \u00ab&nbsp;On fit le bilan. Ma compagnie avait perdu la moiti\u00e9 de son effectif et presque tous ses cadres. [&#8230;] Nous avions fait des prisonniers, l&rsquo;ennemi nous en avait fait&nbsp;; nous avions conquis un bout de terrain, l&rsquo;ennemi nous l&rsquo;avait repris. Il ne faut pas chercher \u00e0 comprendre, dit l&rsquo;adage militaire.&nbsp;\u00bb (p. 65)<\/p>\n<p>Tourn\u00e9e du <strong>chansonnier Botrel<\/strong> aux Arm\u00e9es&nbsp;qui fait un flop lorsqu&rsquo;il veut faire reprendre en choeur aux soldats ses refrains patriotiques (p. 67)<\/p>\n<p>Croix de guerre&nbsp;; c\u00e9r\u00e9monie&nbsp;; peu apr\u00e8s&nbsp;(mai 1916): \u00ab On nous embarqua dans les camions, \u00e0 Tannois dans la vall\u00e9e de l&rsquo;Ornain. Les soldats murmuraient&nbsp;: &#8211; C&rsquo;est toujours les m\u00eames qui se font tuer..&nbsp;\u00bb&nbsp;(p. 67);<\/p>\n<p>Cantonnement \u00e0 Dugny&nbsp;; puis Fleury-devant-Douaumont&nbsp;;<\/p>\n<p><strong>Mont\u00e9e en ligne le 22 mai 1916<\/strong> ; violent bombardement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Se faire tuer sur place, dit-on. Mais l&rsquo;eussions-nous voulu, il n&rsquo;y avait pas moyen de fuir.&nbsp;\u00bb (p. 69)<\/p>\n<p>Un des sergents perd la raison (p. 69)<\/p>\n<p>Repos \u00e0 la Houpette, hameau \u00e9tir\u00e9 en longueur de chaque c\u00f4t\u00e9 de la grand-route de Saint-Dizier \u00e0 Ligny (p 74).<\/p>\n<p><strong>Th\u00e9\u00e2tre aux Arm\u00e9es<\/strong>, <strong>Marguerite Moreno<\/strong> (p. 74)<\/p>\n<p><strong>Mont\u00e9e en ligne dans les for\u00eats des Hauts-de-Meuse<\/strong> ; village de Mouilly&nbsp;; \u00e9t\u00e9-automne-hiver&nbsp;; tranch\u00e9es de Sommi\u00e8re-du-Loclont&nbsp;; Les Eparges&nbsp;(p. 80);<\/p>\n<p><strong>CHEMIN DES DAMES<\/strong><\/p>\n<p>1917&nbsp;: en marge de l&rsquo;offensive du <strong>Chemin des Dames<\/strong> (p. 84-85)&nbsp;; Le 16, d\u00e9part d&rsquo;Arcis-le-Ponsart&nbsp;;&nbsp; \u00ab&nbsp;nous n&rsquo;all\u00e2mes pas plus loin que Breuil-sur-Vesles&nbsp;\u00bb. Marches et contre-marches. (p. 85)<\/p>\n<p><strong>Mutineries&nbsp;:<\/strong> (p. 87-90)&nbsp;; apr\u00e8s la reprise en mains, mont\u00e9e en ligne dans le secteur d&rsquo;Essigny-le-Grand&nbsp;(juillet 1917): \u00ab&nbsp;Nous allions en patrouille chaque soir&nbsp;: il fallait faire des prisonniers, pour r\u00e9habiliter le r\u00e9giment&nbsp;\u00bb (p. 90).<\/p>\n<p><strong>Mutation&#8230; <\/strong>: \u00ab&nbsp;Apr\u00e8s la mutinerie du mois de mai, humili\u00e9 et d\u00e9go\u00fbt\u00e9, j&rsquo;avais demand\u00e9 \u00e0 ma famille d&rsquo;essayer d&rsquo;obtenir mon changement de corps. Painlev\u00e9, que ma m\u00e8re connaissait bien, \u00e9tait alors ministre et la chose fut facile. Mais, maintenant que mon r\u00e9giment avait repris le combat et que ses faiblesses paraissaient oubli\u00e9es, je n&rsquo;avais plus envie de le quitter. Dire adieu au commandant M\u00e9nager, \u00e0 mes fr\u00e8res d&rsquo;armes La Crou\u00e9e et Gerdolle, \u00e0 mon ordonnance, le brave et fid\u00e8le Besnard, \u00e0 mes soldats que j&rsquo;aimais tant, dont certains \u00e9taient avec moi depuis 1915 &#8211;&nbsp;j&rsquo;en avais le c\u0153ur fendu. Je dus cependant repartir aussit\u00f4t, et retourner \u00e0 Paris. \u00ab\u00a0Il s&#8217;embusque\u00a0\u00bb, ont d\u00fb penser mes camarades&nbsp;\u00bb. (p. 91)<\/p>\n<p><strong>Avec les Am\u00e9ricains<\/strong> : le g\u00e9n\u00e9ral Sibert demande \u00ab&nbsp;Comment chauffe-t-on les granges l&rsquo;hiver&nbsp;?&nbsp;\u00bb (p. 92)&nbsp;; Affect\u00e9 au 3<sup>e<\/sup> bureau, charg\u00e9 des op\u00e9rations. \u00ab&nbsp;Son chef \u00e9tait le jeune major Marshall, qui devint plus tard c\u00e9l\u00e8bre. Je traduisais en soupirant des circulaires et des r\u00e8glements&nbsp;\u00bb (p. 94)&nbsp;; \u00ab&nbsp;en octobre [1917], la division Bordeaux prit les tranch\u00e9es, dans ce qu&rsquo;on appelait le Grand Couronn\u00e9 de Nancy. A la Toussaint, on lui donna quelques bataillons am\u00e9ricains qui occup\u00e8rent le secteur d&rsquo;Arraucourt et du ruisseau de la Loutre Noire. Je fus envoy\u00e9 aupr\u00e8s du g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Sommerviller, village situ\u00e9 sur la rivi\u00e8re S\u00e2non et le canal de la Marne au Rhin, non loin de Saint-Nicolas-du-Port.<\/p>\n<p><strong>Attaque<\/strong>, 28 mai 1918, bois de Saint-Eloi (p. 104)&nbsp;; l&rsquo;entrain des Am\u00e9ricains pour l&rsquo;assaut&nbsp;; des prisonniers \u00e9gorg\u00e9s&nbsp;\u00e0 la sortie de leur abri&nbsp;(p. 104); la difficult\u00e9 des Am\u00e9ricains \u00e0 supporter passivement un bombardement&nbsp;; leur panique&nbsp;: \u00ab&nbsp;[&#8230;] Je mena\u00e7ai les fuyards et je tirai en l&rsquo;air. D&rsquo;autres parurent. Le jeune capitaine les injuria et d\u00e9chargea sur eux son gros pistolet&nbsp;; bon tireur, comme tous ses compatriotes, il brisa la jambe \u00e0 l&rsquo;un d&rsquo;eux&#8230;.&nbsp;\u00bb (p. 104)<\/p>\n<p>La nouveaut\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e par le bombardement a\u00e9rien&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;[&#8230;] Jusque-l\u00e0 l&rsquo;aviation s&rsquo;\u00e9tait born\u00e9e \u00e0 des transports de photographes, \u00e0 des combats d&rsquo;oiseaux dans le ciel et \u00e0 quelques massacres de femmes et d&rsquo;enfants. Elle entrait maintenant dans notre vie de fantassins. Le je ne sais quoi de hasardeux des bombes d&rsquo;avion est plus \u00e9nervant que le tir des canons, dont on peut, ou dont on croit pouvoir deviner le champ d&rsquo;action. Et puis la guerre durait et le courage s&rsquo;use. Je ne me sentais pas tr\u00e8s brave dans ce village de folleville&nbsp;\u00bb (p. 105)<\/p>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Rousseau, mai 2008.<\/p>\n<p><strong>Identification du fr\u00e8re d&rsquo;arme \u00ab\u00a0La Crou\u00e9e\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ayant r\u00e9cemment pris connaissance de la publication en ligne du t\u00e9moignage de Jean Hugo, je peux l&rsquo;enrichir en compl\u00e9tant le nom d&rsquo;un de ses fr\u00e8res d&rsquo;arme, qu&rsquo;il cite dans le passage relatif \u00e0 sa mutation, apr\u00e8s une mutinerie.<\/p>\n<p>En effet, je suis le petit-fils de celui qu&rsquo;il nomme \u00ab\u00a0<strong>La Crou\u00e9e<\/strong>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Mon grand-p\u00e8re : <span style=\"text-decoration: underline;\">G\u00e9rard Thi\u00e9bauld de la Crou\u00e9e<\/span>, \u00e9tait capitaine au 36\u00e8me R.I. et avait \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9 \u00e0 Caen (classe 1906), comme Jean Hugo.<\/p>\n<p>Il fut tu\u00e9 le 20 mai 1918, en m\u00eame temps que son lieutenant (Gerdolle), lors d&rsquo;un assaut pour la prise du Mont Kemmel. Tous deux reposent dans le cimeti\u00e8re de Lyssenthoech (Belgique).<\/p>\n<p>Mon grand-p\u00e8re habitait \u00e0 Caen, chez son p\u00e8re, lequel \u00e9tait peintre (comme Jean Hugo) ainsi que sculpteur, d&rsquo;o\u00f9 probablement des affinit\u00e9s artistiques.<\/p>\n<p>Cet additif apportera aussi une r\u00e9ponse \u00e0 la question qui \u00e9tait pos\u00e9e en septembre 2008, par Geoffroy de la Crou\u00e9e.<\/p>\n<p>Vous remerciant de rattacher cette information \u00e0 ladite publication.<\/p>\n<p>Et vous faisant part de ma consid\u00e9ration, au regard du large int\u00e9r\u00eat que pr\u00e9sentent les diffusions de votre site.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Exp\u00e9diteur <\/span>: Christian Thi\u00e9bauld de la Crou\u00e9e (<a href=\"mailto:christian.thiebauld@outlook.fr\">christian.thiebauld@outlook.fr<\/a>)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. &nbsp; Le t\u00e9moin N\u00e9 \u00e0 Paris le 19 novembre 1894, l&rsquo;arri\u00e8re-petit-fils de Victor Hugo, Jean Hugo, peintre et d\u00e9corateur de th\u00e9\u00e2tre, a \u00e9t\u00e9 un acteur et un t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 des milieux litt\u00e9raires et artistiques. 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