{"id":109,"date":"2008-06-03T16:50:41","date_gmt":"2008-06-03T15:50:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/06\/03\/bion-wilfred-1897-1979\/"},"modified":"2021-09-09T17:10:40","modified_gmt":"2021-09-09T16:10:40","slug":"bion-wilfred-1897-1979","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/06\/03\/bion-wilfred-1897-1979\/","title":{"rendered":"Bion, Wilfred (1897- 1979)"},"content":{"rendered":"<p><strong> 1.   Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 aux Indes, Wilfred Bion est revenu en Angleterre \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 8 ans pour y suivre sa scolarit\u00e9. Il s&rsquo;engage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 18 ans au sortir d&rsquo;une <em>public school<\/em> (\u00e9cole priv\u00e9e). Durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, W. Bion sert dans les chars (5<sup>e<\/sup> bataillon de blind\u00e9s) comme sous-lieutenant, lieutenant puis capitaine et re\u00e7oit pour ses actions la <em>Distinguished Service Order<\/em> ainsi que la L\u00e9gion d&rsquo;honneur. Apr\u00e8s la guerre, il effectue des \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 Londres. Au d\u00e9but des ann\u00e9es trente, il d\u00e9bute sa formation de psychanalyste avec notamment John Rickman et plus tard M\u00e9manie Klein.<\/p>\n<p>Batailles : 3<sup>e<\/sup> bataille d&rsquo;Ypres (31 juillet-novembre 1917) ; offensive allemande du printemps 1918 (avril) ; bataille d&rsquo;Amiens (ao\u00fbt 1918)<\/p>\n<p><strong> 2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage <em>M\u00e9moires de guerre. 26 juin 1917-10 janvier 1919 <\/em>est une traduction de <em>Wilfred Bion : War Memoirs, 1917-19<\/em>, London, H. Karnac Books, 1997. L&rsquo;\u00e9dition fran\u00e7aise (Larmor-Plage, Editions du Hublot, 1999) a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e par Francesca Bion, son \u00e9pouse. Cet ouvrage se compose de plusieurs pi\u00e8ces : d&rsquo;une part le \u00ab journal \u00bb qui est en r\u00e9alit\u00e9 une somme de souvenirs mis en r\u00e9cit en 1919 au <em>Queen&rsquo;s College<\/em> \u00e0 Oxford (p. 209). Le r\u00e9cit d\u00e9bute par cet avertissement : \u00ab je ne suis pas absolument s\u00fbr de l&rsquo;exactitude de certaines choses car j&rsquo;ai perdu mon journal. \u00bb (p. 17).<\/p>\n<p>Dans son introduction Francesca Bion pr\u00e9cise : \u00ab Voici le rapport de Bion sur ses \u00e9tats de service en France dans le <em>Royal Tank Regiment<\/em> de juin 1917 \u00e0 janvier 1919. Il le r\u00e9digea peu de temps apr\u00e8s son arriv\u00e9e au <em>Queen&rsquo;s College<\/em> \u00e0 Oxford suivant la d\u00e9mobilisation et l&rsquo;offrit \u00e0 ses parents, sous la forme de trois cahiers cartonn\u00e9s et manuscrits, en compensation de n&rsquo;avoir pas \u00e9crit durant la guerre [<em>In place of letters I should have written !<\/em> \u00e9crit W. Bion] \u00bb (p. 13)<\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage reproduit un certain nombre de croquis et photographies.<\/p>\n<p>Wilfred Bion relut son \u00ab journal \u00bb cinquante-trois ans plus tard, en 1972, au moment o\u00f9 sa femme d\u00e9cide de transcrire le \u00ab journal \u00bb afin d&rsquo;en faciliter la lecture et de pr\u00e9venir la perte de l&rsquo;original. Il a alors 75 ans et une solide exp\u00e9rience en tant que psychanalyste. Cette transcription et relecture donna \u00e0 Bion l&rsquo;id\u00e9e de commenter son \u00ab journal \u00bb ; Francesca publie donc les \u00ab commentaires \u00bb \u00e0 la suite du \u00ab journal \u00bb proprement dit. Cependant, Bion et son \u00e9pouse avaient \u00e9galement effectu\u00e9 un voyage en France en 1958 et visit\u00e9 les champs de bataille o\u00f9 Bion avait combattu pr\u00e8s d&rsquo;Amiens. Le texte inachev\u00e9 issu de ce voyage dans le pass\u00e9 est \u00e9galement publi\u00e9.<\/p>\n<p>Ces t\u00e9moignages successifs se compl\u00e8tent de mani\u00e8re tr\u00e8s attachante et stimulante. Ils ne constituent pas seulement un t\u00e9moignage de plus sur la guerre, mais aussi un document de premi\u00e8re main pour tous les chercheurs travaillant sur le fonctionnement de la m\u00e9moire.<\/p>\n<p><strong>3. L&rsquo;analyse<\/strong><\/p>\n<p>Strat\u00e9gie d&rsquo;\u00e9vitement : un certain nombre d&rsquo;officiers \u00ab avaient connu bien des combats et qui pour s&rsquo;y soustraire s&rsquo;\u00e9taient engag\u00e9s dans les blind\u00e9s \u00bb (p 20).<\/p>\n<p>Chars : description du char Mark IV (p. 25-26) : \u00ab Un des grands inconv\u00e9nients de ce char \u00e9tait que quand on voulait tourner, il fallait s&rsquo;arr\u00eater pour le faire [&#8230;]. Cela vous transformait en cible et parfois quand on mettait du temps pour r\u00e9enclencher la vitesse, c&rsquo;\u00e9tait extr\u00eamement dangereux \u00bb (p. 28) ; le char Mark V Ricardo : plus facile \u00e0 manoeuvrer ; mais gaz toxiques \u00e9manant du moteur qui asphyxient les hommes (p. 123 et 127).<\/p>\n<p>La mauvaise r\u00e9putation des chars : 7 novembre 1917, retour au camp de Wailly ; \u00ab au cours de notre s\u00e9jour, la 51<sup>e<\/sup> division des <em>Highlands<\/em> vint s&rsquo;entra\u00eener avec nous. [&#8230;] Ypres avait d\u00e9truit leur foi dans les chars et ils n&rsquo;avaient que m\u00e9pris pour nous \u00bb (p. 50-51).<\/p>\n<p>12 avril 1918 : \u00ab L&rsquo;ennemi avait perc\u00e9 et n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9. Le corps des blind\u00e9s avait \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 en renfort, mais cette fois en tant que troupes d&rsquo;infanterie &#8211; pas assez de chars n&rsquo;\u00e9taient pr\u00eats et de toute fa\u00e7on le lieu de l&rsquo;action ne pr\u00e9disposait  pas \u00e0 leur d\u00e9ploiement [&#8230;] Notre mission serait de tenir de petits postes isol\u00e9s et d&rsquo;y rester m\u00eame si l&rsquo;ennemi per\u00e7ait. \u00bb (p. 89) ; \u00ab Nous avancions en file qui n&rsquo;en finissait plus, tr\u00e9buchant et jurant, quand l&rsquo;aube commen\u00e7a \u00e0 poindre. On ne savait pas dans quoi on allait se retrouver et on s&rsquo;en moquait &#8211; de toute fa\u00e7on, \u00ab\u00a0gr\u00e2ce \u00e0 dieu, nous n&rsquo;avions pas nos \u00ab f&#8230;s \u00bb chars\u00a0\u00bb \u00bb (p. 91)<\/p>\n<p>Ao\u00fbt 1918 : \u00ab Le corps des blind\u00e9s avait grand besoin de nouvelles recrues, mais nos pertes au combat faisaient mauvaise impression aupr\u00e8s des troupes. [&#8230;] Deux batailles surtout y contribuaient en plus de la bataille du 8 ao\u00fbt. L&rsquo;une \u00e9tait le d\u00e9sastre du 10, l&rsquo;autre la bataille effroyable \u00e0 laquelle avait particip\u00e9 le 1<sup>er<\/sup> bataillon. [&#8230;] Il n&rsquo;y eut aucun survivant en dessous de grade de major. Malheureusement tous ces chars d\u00e9truits \u00e9taient visibles de la route. Le manque de main d&rsquo;\u0153uvre ne permit pas d&rsquo;enterrer les morts et pendant des jours, ces chars rest\u00e8rent l\u00e0 o\u00f9 ils avaient \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s &#8211; un spectacle effroyable pour chaque soldat qui empruntait cette route pour monter au front. Le r\u00e9sultat fut que tout le monde \u00e9tait convaincu que les chars \u00e9taient des pi\u00e8ges mortels. \u00bb (p. 149)<\/p>\n<p><em>Les devoirs des chefs :<\/em><\/p>\n<p>30 juillet 1917, d\u00e9part pour Hazebrouk ; la troisi\u00e8me bataille d&rsquo;Ypres et Passchendaele est d\u00e9clench\u00e9e le 31 juillet. D\u00e9barqu\u00e9s \u00e0 6 km du front, en pleine nuit ; la n\u00e9gligence et l&rsquo;incomp\u00e9tence des chefs r\u00e9voltent officiers et soldats (p. 33) ; (p. 51) ; (p. 52)<\/p>\n<p>Avril 1918 : remonter le moral des hommes : \u00ab [&#8230;] Plaisanter b\u00eatement au mess, afficher sa peur, tout \u00e7a contribuait \u00e0 d\u00e9truire le moral et comme vous allez le voir, le mien \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien bas \u00bb (p. 101) ; enrayer une panique par l&rsquo;exhibition de leurs revolvers (p. 117) ; un officier m\u00e9pris\u00e9 : (p. 120).<\/p>\n<p><em>Esprit de comp\u00e9tition entre unit\u00e9s: <\/em>p. 33 ; p. 51, idem. D\u00e9corations : \u00ab La plupart d&rsquo;entre nous se firent tuer alors qu&rsquo;ils tentaient de m\u00e9riter une d\u00e9coration \u00bb (p. 214).<\/p>\n<p><em>3<sup>e<\/sup> bataille d&rsquo;Ypres :<\/em><\/p>\n<p>Pr\u00e9paration de l&rsquo;assaut sur Zonnebeke, 23-25 septembre 1917 (p. 33-39) : \u00ab Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi nos <strong>pigeons<\/strong> arriv\u00e8rent&#8230; \u00bb (p. 38-39)<\/p>\n<p><em>D\u00e9part pour la bataille :<\/em> \u00ab A 19 heures 30 on monta dans des camions qui nous amen\u00e8rent au canal. La tension diminuait &#8211; les hommes \u00e9taient tr\u00e8s gais et chantaient. La travers\u00e9e d&rsquo;Ypres les fit taire cependant. On nous arr\u00eata et il nous fallut mettre nos casques et pr\u00e9parer nos masques \u00e0 gaz. La d\u00e9solation s&#8217;empara alors de nous et \u00e0 partir de l\u00e0, il y en eut tr\u00e8s peu qui continu\u00e8rent \u00e0 parler. On s&rsquo;arr\u00eata au canal car il \u00e9tait dangereux de continuer en camion. [&#8230;] On nous donna notre ration de rhum par char. Au contraire de l&rsquo;infanterie, nous ne pouvions la consommer avant le combat, car le rhum avait tendance \u00e0 endormir les hommes dans la chaleur du char. Au mess, on avait d\u00e9j\u00e0 surnomm\u00e9 le rhum le \u00ab\u00a0passeur de canal\u00a0\u00bb, car il \u00e9tait suppos\u00e9 donner suffisamment de courage pour franchir le canal d&rsquo;Ypres. Le nom lui resta. \u00bb (p. 39)<\/p>\n<p><em>Attaque de chars :<\/em> (p. 40-47) ; l&rsquo;enlisement dans la boue, sous les obus et la mitraille ; les chars doivent \u00eatre abandonn\u00e9s ; deux chars seulement ont atteints leurs objectifs ; un mort, plusieurs bless\u00e9s ; mais le lendemain, il faut tenter de r\u00e9cup\u00e9rer les chars enlis\u00e9s (p. 48)&#8230;<\/p>\n<p><em>Acc\u00e8s de folie :<\/em> p. 49 ; folie meurtri\u00e8re : p. 294 ; Shell-shock : p. 76-77 ; perte croissante de sang froid : p. 168 ; p. 236-237 ; p. 245 ; p. 296-297<\/p>\n<p><em>Doutes et r\u00e9flexions sur le bien-fond\u00e9 de la guerre : <\/em>septembre 1917 : (p. 40) ; ao\u00fbt 1918 : (p. 137) ; paix : (p. 203) ; d\u00e9mobilisation (11 janvier 1919): \u00ab On d\u00e9barqua \u00e0 Folkestone o\u00f9 l&rsquo;organisation \u00e9tait excellente. On nous donna \u00e0 tous, officiers et hommes de troupe, des biscuits et une grande tasse de th\u00e9. On marcha ensuite jusqu&rsquo;au camp de Shorncliffe. Je crois que d&rsquo;une certaine fa\u00e7on nous \u00e9tions d\u00e9prim\u00e9s par le manque d&rsquo;accueil. Personne ne nous pr\u00eata attention, personne ne semblait savoir que nous revenions du front et que nous \u00e9tions contents de rentrer \u00bb (p. 205)<\/p>\n<p><em>D\u00e9moralisation :<\/em><\/p>\n<p><em>No\u00ebl 1917,<\/em> une grande beuverie signe d&rsquo;une profonde d\u00e9moralisation ; sentiment d&rsquo;abandon : \u00ab Une \u00e9quipe d&rsquo;officiers incomp\u00e9tents en France, et chez nous un pays qui ne se rendait compte de rien &#8211; tel semblait \u00eatre notre soutien. Quant \u00e0 la religion, s\u00fbr qu&rsquo;elle n&rsquo;avait rien \u00e0 voir avec la guerre. \u00bb (p. 79-81) ; l<em>&lsquo;offensive allemande du printemps 1918 :<\/em><strong> <\/strong>Bion apprend la nouvelle de l&rsquo;offensive allemande pendant sa permission \u00e0 Londres (d\u00e9but mars 1918) ; une curieuse ambiance \u00e0 la gare Victoria : \u00ab Tout le monde \u00e9tait terriblement enjou\u00e9. Tous \u00e9taient convaincus que c&rsquo;\u00e9tait la fin et faisaient des plaisanteries sur le retour aux camps et aux tranch\u00e9es maintenant \u00e0 des kilom\u00e8tres derri\u00e8re les liges allemandes \u00bb (p. 87) ; de retour sur le front : \u00ab [&#8230;] Je me surpris souhaiter \u00eatre tu\u00e9 car au moins alors je me serais d\u00e9barrass\u00e9 de cette intol\u00e9rable d\u00e9tresse&#8230; \u00bb (p. 105-106) ;<\/p>\n<p><em>Les ravages de la guerre sur les corps<\/em> (p. 137.) [Bion revient sur un \u00e9pisode particuli\u00e8rement traumatisant dans le texte <em>Amiens<\/em>, p. 262-263. Voir plus bas.]<\/p>\n<p>Photographie 39 : \u00ab Les effets d&rsquo;un obus britannique sur un groupe de soldats allemands aux avant-postes. La photo a \u00e9t\u00e9 prise sur un chemin donnant sur la route Amiens-Roye \u00bb (p. 139) ; au premier plan, un corps auquel manquent la t\u00eate et une jambe..<\/p>\n<p><em>Combattre dans les chars :<\/em> (p. 138-137) ; la photographie 41 montre un \u00ab Char frapp\u00e9 de plein fouet. Cette photo d\u00e9peint en fait l&rsquo;engagement de Zonnebeke, le 26 septembre 1917. C&rsquo;est l\u00e0 que ce char fut touch\u00e9 par un obus d&rsquo;un calibre plus gros que d&rsquo;habitude. C&rsquo;est une sc\u00e8ne qui m&rsquo;est famili\u00e8re et qui continue \u00e0 me remplir d&rsquo;horreur. Bien entendu, apr\u00e8s un tel coup au but, il n&rsquo;est pas imaginable que l&rsquo;\u00e9quipage en r\u00e9chappe. M\u00eame avec un obus de 18 livres, les chances de survie \u00e9taient limit\u00e9es &#8211; surtout si le char \u00e9tait touch\u00e9 au niveau du si\u00e8ge du conducteur ou de celui du chef de char. Mais cet obus devait \u00eatre un 150. C&rsquo;est \u00e0 ce genre de spectacle que l&rsquo;infanterie canadienne fut confront\u00e9e au cours de la bataille du 8 ao\u00fbt. La peur d&rsquo;\u00eatre ainsi touch\u00e9 rendait le travail des blind\u00e9s d\u00e9plaisant. Chaque fois que je partais au combat dans un char, je craignais que l&rsquo;un de ces obus ne p\u00e9n\u00e8tre \u00e0 tout instant, et le si\u00e8ge de l&rsquo;officier n&rsquo;en devenait que plus solitaire et plus expos\u00e9 de minute en minute \u00bb (p. 143) ; Photographie 48 : \u00ab Une photo d&rsquo;un char du 5<sup>e<\/sup> bataillon progressant dans la brume du 29 septembre au petit matin. Remarquez l&rsquo;officier et le soldat qui suivent le char. C&rsquo;\u00e9tait la technique employ\u00e9e pour autant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une situation du genre suivez-le-guide : on ne laissait dans le char que le nombre d&rsquo;hommes n\u00e9cessaire \u00e0 son fonctionnement ; les autres suivaient, les mains dans les poches et les \u00e9paules courb\u00e9es \u00bb (p. 163)<\/p>\n<p>Soldats paralys\u00e9s par la peur : p. 147 ; d\u00e9couverte d&rsquo;un soldat allemand terrifi\u00e9 : p. 271 ; effet terrifiant des chars sur les fantassins allemands : (p. 274)<\/p>\n<p>Les soldats des services de l&rsquo;arri\u00e8re sont raill\u00e9s : p. 186-187 ; p. 189-191<\/p>\n<p>Enfant de l&rsquo;ennemi :  p. 202 (<em>Cf.<\/em> S. Audoin-Rouzeau, <em>L&rsquo;enfant de l&rsquo;ennemi<\/em>, Paris, Aubier, 1995)<\/p>\n<p>53 ans plus tard, les <em>Commentaires<\/em> insistent sur la peur et la solitude ressenties (p. 213). Bion \u00e9prouve ce que l&rsquo;on appelle le syndrome du survivant, m\u00e9lange de d\u00e9pression et de sentiment de culpabilit\u00e9 d&rsquo;avoir surv\u00e9cu : \u00ab [&#8230;] je ne me suis jamais remis d&rsquo;avoir surv\u00e9cu \u00e0 la bataille d&rsquo;Amiens \u00bb (p. 219)<\/p>\n<p><em>Amiens<\/em> est un texte r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la suite d&rsquo;un voyage effectu\u00e9 \u00e0 Amiens le 3 ao\u00fbt 1958 ; dans le <em>Pr\u00e9lude<\/em> Bion \u00e9met cette r\u00e9flexion qui peut sembler contredire la teneur essentielle du \u00ab Journal \u00bb: \u00ab [&#8230;] pourra-t-on jamais de nouveau rassembler un aussi grand nombre d&rsquo;hommes \u00e0 l&rsquo;esprit et au physique aussi splendides ? Est-il possible, s&rsquo;ils se rassemblaient de nouveau, qu&rsquo;ils soient impr\u00e9gn\u00e9s d&rsquo;une telle d\u00e9votion pour la guerre, d&rsquo;une foi si mystique et si totale en sa capacit\u00e9 \u00e0 gu\u00e9rir les maux du monde [&#8230;] ? Les merveilleuses exp\u00e9riences du temps de paix n&rsquo;\u00e9taient vraiment rien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ou plut\u00f4t elles d\u00e9tenaient en elles les germes d&rsquo;une sorte de malaise qui ne serait purg\u00e9 que par le processus de la guerre. \u00bb (p. 226)<\/p>\n<p>Le texte de souvenirs qui suit est r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la troisi\u00e8me personne. A nouveau, Bion revient sur la peur \u00e9prouv\u00e9e lors d&rsquo;une reconnaissance la veille de l&rsquo;attaque (p. 233-234) ; \u00ab Il se ressentait des activit\u00e9s d la matin\u00e9e et il \u00e9tait en particulier en proie \u00e0 la crainte anxieuse que sa d\u00e9t\u00e9rioration [nerveuse], dont il \u00e9tait maintenant persuad\u00e9, ne se r\u00e9v\u00e8le de mani\u00e8re spectaculaire dans la bataille \u00e0 venir. En fait, sa crainte \u00e9tait plut\u00f4t que ce ne soit pas quelque chose de spectaculaire, mais simplement cette sorte de terrible d\u00e9clin qu&rsquo;il avait vu si souvent chez d&rsquo;autres&#8230; \u00bb, p. 236-237 ; p. 248 ;<\/p>\n<p>Nettoyage d&rsquo;un village [Berle aux Bois, 8 ao\u00fbt 1918]: \u00ab Au bout d&rsquo;un moment, les troupes fran\u00e7aises de t\u00eate [&#8230;] p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent dans le village qui tombait entre leurs mains en un quart d&rsquo;heure. Elles proc\u00e9d\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ration de nettoyage qui consistait \u00e0 passer de maison en maison en lan\u00e7ant des grenades dans les escaliers menant aux caves pour s&rsquo;assurer de ne pas \u00eatre tracass\u00e9 de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0 non plus \u00bb (p. 270).<\/p>\n<p>Allusion \u00e0 la plume blanche que certaines femmes anglaises tendaient aux gar\u00e7ons pour les incliner \u00e0 s&rsquo;engager en leur faisant honte : p. 302. (<em>Cf. <\/em>Nicoletta F. Gullace, <em>The Blood of our sons, Men, Women, and the Renegociation of British Citizenship During the Great War<\/em>, London, Palgrave Macmillan, 2002, p. 73 et ss.)<\/p>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Rousseau, mai 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 aux Indes, Wilfred Bion est revenu en Angleterre \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 8 ans pour y suivre sa scolarit\u00e9. Il s&rsquo;engage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 18 ans au sortir d&rsquo;une public school (\u00e9cole priv\u00e9e). Durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, W. Bion sert dans les chars (5e bataillon de blind\u00e9s) comme sous-lieutenant, lieutenant puis &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/06\/03\/bion-wilfred-1897-1979\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Bion, Wilfred (1897- 1979)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[102,136,15,21],"tags":[676,918,919,723],"class_list":["post-109","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-1991-2000","category-armee-britannique","category-officier-infanterie","category-souvenirs","tag-chars","tag-decoration","tag-demoralisation","tag-strategie-devitement"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=109"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3743,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions\/3743"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=109"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=109"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=109"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}