{"id":110,"date":"2008-06-05T18:11:35","date_gmt":"2008-06-05T17:11:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/06\/05\/muzart-georges-1869-1961\/"},"modified":"2021-09-09T17:10:47","modified_gmt":"2021-09-09T16:10:47","slug":"muzart-georges-1869-1961","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/06\/05\/muzart-georges-1869-1961\/","title":{"rendered":"Muzart, Georges (1869-1961)"},"content":{"rendered":"<p><strong> 1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 le 11 mars 1869 \u00e0 Fismes (Marne). G\u00e9om\u00e8tre-expert de formation (fonction qu&rsquo;il remplira jusqu&rsquo;en 1927). Service militaire au 3<sup>e<\/sup> G\u00e9nie d&rsquo;Arras. S&rsquo;installe \u00e0 Soissons en 1898. Elu conseiller municipal de cette ville en avril 1912. Mobilis\u00e9 du 2 au 31 ao\u00fbt 1914 comme G.V.C. puis de d\u00e9cembre 1916 \u00e0 f\u00e9vrier 1917 (rappel de la classe 1889). Maire de Soissons en 1915 par d\u00e9l\u00e9gation pr\u00e9fectorale jusque fin 1916. Conseiller d&rsquo;arrondissement \u00e0 partir de 1919 (radical-socialiste). Re\u00e7oit la L\u00e9gion d&rsquo;Honneur pour son comportement durant la Grande Guerre (d\u00e9cret publi\u00e9 au  J.O. du 10 janvier 1921). Premier adjoint au maire en 1925. Occupe diff\u00e9rentes fonctions durant l&rsquo;entre deux guerres : pr\u00e9sident de la chambre des g\u00e9om\u00e8tres experts de l&rsquo;Aisne, pr\u00e9sident du syndicat agricole de petite et moyenne culture, pr\u00e9sident de la soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative de reconstruction. Suite au d\u00e9c\u00e8s du maire de Soissons, Fernand Marquigny, prend la succession de celui-ci en 1942. Se retire de la vie publique apr\u00e8s la fin de la Seconde Guerre mondiale. D\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1961.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>La premi\u00e8re version publi\u00e9e de ce t\u00e9moignage l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 dans le journal <em>La D\u00e9p\u00eache de l&rsquo;Aisne<\/em>.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re version \u00e9dit\u00e9e de ce t\u00e9moignage s&rsquo;intitule <em>Soissons pendant la guerre, <\/em>Editions Soissonnais 14-18, 1998, 261 p., ISBN 2-9508870-2-3 (pr\u00e9face de Denis Rolland et Jean-Luc Pamart, illustrations photographiques). Cette \u00e9dition comprend deux annexes qui ne font pas partie du t\u00e9moignage de Muzart : \u00ab Visite de Georges Clemenceau en 1919 \u00bb (p 241-249) et \u00ab Visite de Raymond Poincar\u00e9, le 12 f\u00e9vrier 1920 et remise de la Croix de la L\u00e9gion d&rsquo;Honneur \u00e0 la ville \u00bb (pp 249-260). L&rsquo;\u00e9dition de 1998 ne respecte pas la version pr\u00e9sent\u00e9e dans la presse : elle ne traite que de la p\u00e9riode allant de 1914 \u00e0 1925 alors que le manuscrit (conserv\u00e9 par la famille) couvre la p\u00e9riode allant jusqu&rsquo;en 1944 ; un red\u00e9coupage en chapitres a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli, d\u00e9coupage que nous reprenons dans l&rsquo;analyse de ce t\u00e9moignage. Les pr\u00e9faciers indiquent la suppression de \u00ab rares passages \u00bb tout en pr\u00e9cisant que \u00ab la forme, malgr\u00e9 certaines lourdeurs, n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e. \u00bb (voir pr\u00e9face p 5)<\/p>\n<p>Notons enfin que ce t\u00e9moignage cite r\u00e9guli\u00e8rement le contenu de certains documents officiels (affiches, d\u00e9lib\u00e9rations, comptes-rendus de conseil municipaux, etc&#8230;) et rapporte le contenu d&rsquo;autres t\u00e9moignages de civils et militaires (oraux ou \u00e9crits) qui ont \u00e9t\u00e9 confi\u00e9s sans doute tardivement \u00e0 l&rsquo;auteur (pp 55-56, 78-80, 109-118 par exemple). Il se veut \u00e9galement un t\u00e9moignage visant \u00ab \u00e0 r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9 historique \u00bb (p 122), notamment lorsque les propos du t\u00e9moin ou des t\u00e9moins cit\u00e9s contredisent les versions officielles d\u00e9fendues par les militaires (affaire de Crouy).<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ce t\u00e9moignage de semi-civil (quittant assez rapidement son affectation de G.V.C) repose sur deux aspects qui nous paraissent essentiels : la dur\u00e9e sur laquelle porte ce t\u00e9moignage (des pr\u00e9mices de la guerre jusqu&rsquo;en 1919) et la place qu&rsquo;occupe ce t\u00e9moin dans une ville de province o\u00f9 la quasi totalit\u00e9 des \u00e9diles abandonnent la ville face \u00e0 la menace ennemie ou aux conditions de vie extr\u00eamement d\u00e9licates puisque Soissons, jusqu&rsquo;en 1917, est une ville qui se trouve en premi\u00e8re ligne.<\/p>\n<p>Pr\u00e9mices et occupation allemande (p 6-57)<\/p>\n<p>La relation de la p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;occupation de la ville par les Allemands est particuli\u00e8rement riche. On y voit l&rsquo;entr\u00e9e en guerre d&rsquo;une petite ville de province qui se trouve sur la route de Paris. La description de cette p\u00e9riode abonde en notations relatant la mobilisation et le d\u00e9part de la garnison locale (67<sup>e<\/sup> R.I.), les premi\u00e8res mesures prises par les autorit\u00e9s municipales face \u00e0 la menace de guerre (comit\u00e9 de secours), l&rsquo;attitude des Soissonnais en cette p\u00e9riode de tension (br\u00e8ves manifestations patriotiques et ambiance d&rsquo;union sacr\u00e9e, mont\u00e9e de l&rsquo;angoisse face \u00e0 l&rsquo;absence de nouvelles et \u00e0 l&rsquo;afflux de r\u00e9fugi\u00e9s colportant les premi\u00e8res rumeurs d&rsquo;atrocit\u00e9s allemandes, rapide apparition de l&rsquo;espionnite) et la premi\u00e8re prise de contact avec les r\u00e9alit\u00e9s de la guerre (trains de bless\u00e9s, mise en place d&rsquo;ambulances, mobilisation des services hospitaliers, premi\u00e8res inhumations).<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;arriv\u00e9e des Allemands, le t\u00e9moignage se pr\u00e9cise encore : abandon de la ville par les troupes franco-anglaises, disparition des \u00e9diles locales \u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, peur et violence des troupes allemandes envers les civils (boucliers humains, pillages, viols, menaces de br\u00fbler la ville, ex\u00e9cutions sommaires, prise d&rsquo;otages). Muzart fait alors partie des rares \u00e9lus qui sont demeur\u00e9s en ville et qui d\u00e9cident, par la force des choses, de devenir les interlocuteurs de l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;occupation. Les Allemands se servent (vins, vivres) ou ont recours aux r\u00e9quisitions que l&rsquo;auteur doit essayer de satisfaire au mieux sans toutefois aller trop loin et devenir ainsi complice de l&rsquo;ennemi. La position est d\u00e9licate et ce, d&rsquo;autant plus, qu&rsquo;il faut remettre en \u00e9tat de fonctionnement les commerces ou les industries de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 (boulangeries, moulins) pour nourrir la population civile qui est rest\u00e9e dans la ville ainsi que les r\u00e9fugi\u00e9s (populations venant de Belgique et du Nord, Verdunois). B\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;un laisser-passer lui permettant d&rsquo;aller r\u00e9quisitionner la campagne, Muzart d\u00e9crit \u00e9galement les violences que subissent les fermes aux alentours de Soissons.<\/p>\n<p>L&rsquo;apparition de convois allemands se dirigeant vers le nord, bient\u00f4t suivis de soldats, laisse entendre aux habitant de la ville que la situation \u00e9volue. Le reflux des troupes allemandes s&rsquo;accompagne d&rsquo;un renforcement des pillages. Les nouvelles r\u00e9quisitions ne pouvant \u00eatre satisfaites, l&rsquo;autorit\u00e9 allemande se raidit et menace d&#8217;emmener le t\u00e9moin pour en faire un prisonnier. Ce dernier est alors contraint \u00e0 la fuite.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la Marne (pp 59-108)<\/p>\n<p>Les Fran\u00e7ais entrent dans la ville le 13 septembre. Les Allemands font sauter l&rsquo;ensemble des ponts qui permettent le franchissement de l&rsquo;Aisne. Un groupe de sapeurs allemands, victime d&rsquo;une panne de camion, est fusill\u00e9 sommairement. Ces destructions bloquent l&rsquo;avance des poursuivants et les contraignent \u00e0 construire des ponts provisoires au moment o\u00f9 les Allemands s&rsquo;installent sur les hauteurs septentrionales qui dominent la ville. Soissons conna\u00eet alors une premi\u00e8re vague de bombardements intenses, obligeant les populations civiles \u00e0 s&rsquo;installer durablement dans les caves des habitations. La position des troupes fran\u00e7aises demeure inconfortable. Domin\u00e9es par un ennemi qui a d\u00e9cid\u00e9 de s&rsquo;installer durablement en creusant les premi\u00e8res tranch\u00e9es, \u00e9prouv\u00e9es par les r\u00e9cents combats de la Marne, elles ne parviennent pas \u00e0 d\u00e9loger les Allemands des hauteurs de Pasly et Cuffies. L&rsquo;\u00e9tat-major de la 45<sup>e<\/sup> D.I. (g\u00e9n\u00e9ral Arrivez) s&rsquo;installe \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de ville qui est copieusement arros\u00e9 d&rsquo;obus. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que se r\u00e9pandent les premi\u00e8res et tenaces rumeurs d&rsquo;espionnite comport\u00e9es tant par les civils que par les militaires. L&rsquo;une d&rsquo;entre elles pr\u00e9tend que le maire de Soissons, Becker, aurait \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9 pour avoir, avant la guerre, pr\u00e9par\u00e9 l&rsquo;installation de l&rsquo;artillerie ennemie dans les carri\u00e8res de Pasly. En fait, depuis l&rsquo;arriv\u00e9e des Allemands, le maire de Soissons a quitt\u00e9 la ville et c&rsquo;est sans doute cet \u00ab abandon \u00bb qui est \u00e0 l&rsquo;origine de la \u00ab l\u00e9gende inf\u00e2me \u00bb.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;installation des \u00e9tats-majors apparaissent rapidement des tensions entre le pouvoir civil et militaire. Les militaires, qui ont tendance \u00e0 voir des espions partout, se m\u00e9fient des civils. Muzart intervient aupr\u00e8s de Maunoury (commandant la VI<sup>e<\/sup> arm\u00e9e) pour sauver du peloton d&rsquo;ex\u00e9cution deux de ses concitoyens accus\u00e9s \u00e0 tort d&rsquo;espionnage.<\/p>\n<p>Il prend \u00e0 nouveau en charge la d\u00e9licate question du ravitaillement des civils et des militaires dans la ville en r\u00e9organisant le \u00ab Fourreau \u00e9conomique \u00bb. Cette question est d&rsquo;autant plus sensible que la ville ne poss\u00e8de plus les fonds qui ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s par le receveur municipal au moment de l&rsquo;avance des Allemands. Ne sont rest\u00e9s \u00e0 Soissons que \u00ab les habitants qui n&rsquo;avaient pas les ressources suffisantes pour entreprendre un voyage vers un but incertain. \u00bb Ces habitants pauvres &#8211; femmes, vieillards et enfants &#8211; ne peuvent subvenir \u00e0 leurs besoins que par leur travail. Or toutes les activit\u00e9s \u00e9conomiques ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es. Un ravitaillement public est organis\u00e9. Le prix des denr\u00e9es de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 est contr\u00f4l\u00e9 afin d&rsquo;\u00e9viter toute sp\u00e9culation. Les services municipaux sont en cours de r\u00e9organisation. Ils assurent l&rsquo;\u00e9vacuation des cadavres de chevaux ainsi que le d\u00e9blaiement des maisons incendi\u00e9es ou bombard\u00e9es. Le manque de ravitaillement et d&rsquo;argent oblige les plus n\u00e9cessiteux \u00e0 s&rsquo;engager dans ces travaux de premi\u00e8re urgence. Du travail contre des denr\u00e9es, tel est le syst\u00e8me adopt\u00e9, faute d&rsquo;argent&#8230;<\/p>\n<p>La ville de Soissons re\u00e7oit la premi\u00e8re visite du pr\u00e9fet de l&rsquo;Aisne. A cette occasion Muzart est nomm\u00e9 maire de la ville et le pr\u00e9fet lui demande de r\u00e9voquer les fonctionnaires municipaux qui ont d\u00e9sert\u00e9 leur poste, ce que refuse l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9. Muzart apprend qu&rsquo;un comit\u00e9 de solidarit\u00e9 en faveur de la ville &#8211; il s&rsquo;agit du <em>Comit\u00e9 central des R\u00e9fugi\u00e9s de l&rsquo;Aisne<\/em> &#8211; est en train de se constituer \u00e0 Paris. Quelques jours plus tard, Muzart re\u00e7oit la visite du pr\u00e9sident de ce comit\u00e9, Gabriel Hanotaux. Peu de temps apr\u00e8s cette visite arrivent les premiers colis de v\u00eatements et de vivres de ce comit\u00e9 dont la distribution est r\u00e9serv\u00e9e aux plus n\u00e9cessiteux. Un comit\u00e9 de secours est constitu\u00e9 dans la ville pour assurer \u00e9quitablement la distribution de ces dons. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Soissons, Mgr P\u00e9chenard, en prend la direction.<\/p>\n<p>Le sous-pr\u00e9fet Andrieux qui avait \u00e9vacu\u00e9 ses services sur Oulchy-le-Ch\u00e2teau, se r\u00e9installe \u00e0 Soissons. Les services postaux sont \u00e9galement r\u00e9organis\u00e9s. En cette p\u00e9riode de r\u00e9am\u00e9nagement des services de l&rsquo;Etat, le nouveau maire est amen\u00e9 \u00e0 prendre une s\u00e9rie d&rsquo;arr\u00eat\u00e9s visant \u00e0 organiser la vie des Soissonnais dans une ville \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate du front. L&rsquo;installation d&rsquo;un nouveau g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Ville, d\u00e9tend les relations entre les autorit\u00e9s militaires et civiles. L&rsquo;arriv\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9tat-major du g\u00e9n\u00e9ral Legay du d\u00e9put\u00e9 du Nord Cochin permet de mettre \u00e0 l&rsquo;abri les objets de valeur du mus\u00e9e ou de la cath\u00e9drale ainsi que l&rsquo;\u00e9vacuation des manuscrits de la biblioth\u00e8que vers la B.N. Une passerelle et un pont de bateaux sont jet\u00e9s sur l&rsquo;Aisne par les Anglais, permettant ainsi de relier le quartier Saint-Waast au reste de la ville.<\/p>\n<p>De nouvelles rumeurs s&rsquo;installent dans la ville. L&rsquo;une d&rsquo;elles pr\u00e9tend que les carri\u00e8res qui dominent la ville auraient \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9es par l&rsquo;arm\u00e9e allemande bien avant la guerre pour leur servir de base de repli. Muzart d\u00e9ment clairement ces all\u00e9gations pourtant reprises dans les m\u00e9moires de Mgr P\u00e9chenard qui se contente alors de paraphraser les all\u00e9gations de L\u00e9on Daudet.<\/p>\n<p>Les civils constatent l&rsquo;inefficacit\u00e9 des attaques partielles pour reconqu\u00e9rir les cr\u00eates ou des tentatives de destruction des r\u00e9seaux allemands par le G\u00e9nie \u00e0 l&rsquo;aide de cisailles. L&rsquo;inexp\u00e9rience et l&rsquo;ent\u00eatement du commandement sont criants&#8230;<\/p>\n<p>Le retour du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la mairie \u00e0 la fin septembre provoque un mini scandale parmi le personnel municipal rest\u00e9 en poste. Muzart l&rsquo;\u00e9carte d\u00e9finitivement. L&rsquo;autorit\u00e9 militaire \u00e9vacue sans m\u00e9nagement la population civile du quartier de Vauxrot qui se trouve en premi\u00e8re ligne et qui doit servir \u00e0 l&rsquo;installation d&rsquo;une t\u00eate de pont au nord de l&rsquo;Aisne (pr\u00e9paration de \u00ab l&rsquo;affaire de Crouy \u00bb). Des renforts coloniaux arrivent pour cette op\u00e9ration. Les enfants de moins de 14 ans et les vieillards doivent \u00e9vacuer la ville.<\/p>\n<p>L&rsquo; \u00ab affaire de Crouy \u00bb (pp 109-123)<\/p>\n<p>Muzart relate les \u00e9v\u00e9nements de la bataille de Crouy en s&rsquo;appuyant sur le t\u00e9moignage du commandant Schneider du 231<sup>e<\/sup> R.I. \u00ab qui s\u00e9journa avec son r\u00e9giment \u00e0 Soissons du 13 septembre au 1<sup>er<\/sup> mai 1915. \u00bb Cette relation souligne combien le manque de pr\u00e9paration pour cette attaque \u00e9tait criant : cartographie du secteur d&rsquo;attaque plus qu&rsquo;approximative, encombrement extr\u00eame des boyaux avant m\u00eame que l&rsquo;attaque n&rsquo;ait d\u00e9marr\u00e9, mauvais positionnement des troupes d&rsquo;assaut par rapport aux plans \u00e9tablis, impr\u00e9paration des postes de commandement, dotation en mat\u00e9riels de guerre nettement insuffisante, liaisons entre les unit\u00e9s d&rsquo;assaut quasi inexistante&#8230; Comme pour la plupart des offensives fran\u00e7aises de la Grande Guerre, l&rsquo;effet de surprise est nul : avant m\u00eame le d\u00e9clenchement de l&rsquo;offensive, les Allemands bombardent copieusement les pentes et am\u00e8nent imm\u00e9diatement des renforts. Chez les assaillants, dans l&rsquo;obscurit\u00e9 de la nuit du 8 au 9 janvier, souffle un vent de panique qui augure mal pour la suite car les pertes sont d\u00e9j\u00e0 s\u00e9v\u00e8res. Ne pouvant avancer, les Fran\u00e7ais peuvent tout au plus conserver les tranch\u00e9es qui ont \u00e9t\u00e9 conquises au d\u00e9but de l&rsquo;offensive par les troupes marocaines. La situation empire encore lorsque les Allemands contre-attaquent et atteignent la saillant de Saint-Paul aux abords de la ville. Seule l&rsquo;intervention tr\u00e8s tardive de la 14<sup>e<\/sup> D.I. parvient \u00e0 contrecarrer l&rsquo;attaque allemande et emp\u00eache que la situation ne tourne \u00e0 une v\u00e9ritable d\u00e9b\u00e2cle fran\u00e7aise. Le t\u00e9moignage du commandant Schneider souligne enfin que l&rsquo;\u00e9chec de cette offensive est d\u00fb plus \u00e0 la m\u00e9sentente entre deux divisionnaires qu&rsquo;aux cons\u00e9quences de la crue de l&rsquo;Aisne qui furent pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque comme la raison principale de ce revers.<\/p>\n<p>Le 14 janvier, Muzart rencontre Maunoury et lui demande un ordre \u00e9crit lui intimant de faire \u00e9vacuer Soissons. La r\u00e9ponse orale du commandant de la VI<sup>e<\/sup> arm\u00e9e va dans ce sens. Toutefois Maunoury fait parvenir \u00e0 Muzart un courrier contredisant ses propos et lui conseillant uniquement \u00ab de faire pression \u00bb sur les Soissonnais pour \u00e9vacuer d\u00e9finitivement la ville. Comme le souligne \u00e0 juste titre l&rsquo;auteur, \u00ab en ins\u00e9rant au communiqu\u00e9 que la ville de Soissons avait \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9e, n&rsquo;allait-on pas affoler l&rsquo;opinion publique ? \u00bb L&rsquo;autorit\u00e9 militaire &#8211; en pleine bataille &#8211; ne peut (et ne veut&#8230;) accorder son concours \u00e0 l&rsquo;\u00e9vacuation massive des civils et ne sont finalement \u00e9vacu\u00e9s que les vieillards et les infirmes. Il faut attendre l&rsquo;arriv\u00e9e de la 63<sup>e<\/sup> D.I. pour que l&rsquo;organisation d&rsquo;un r\u00e9el syst\u00e8me d\u00e9fensif aux abords de la ville soit mis en place.<\/p>\n<p>La guerre au quotidien (pp 125-156)<\/p>\n<p>Les efforts de l&rsquo;artillerie allemande se concentrent sur l&rsquo;usine \u00e9l\u00e9vatoire de Villeneuve-Saint- Germain afin de priver la ville en eau courante. L&rsquo;usine, plac\u00e9e sur une \u00e9minence, est prot\u00e9g\u00e9e par une enceinte b\u00e9tonn\u00e9e. Une seconde captation d&rsquo;eau est organis\u00e9e. L&rsquo;h\u00f4tel de ville, rep\u00e9r\u00e9 par les Allemands, est en partie abandonn\u00e9. Les archives municipales sont d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 Hartennes. Seule une permanence est maintenue dans les locaux de la mairie. Malgr\u00e9 la remise en \u00e9tat du moulin de Chevreux, l&rsquo;approvisionnement en bl\u00e9 et farine demeure probl\u00e9matique. Il en est de m\u00eame pour la viande. Les \u00e9piceries sont rares mais parviennent \u00e0 satisfaire le ravitaillement. Les Soissonnaises sont mises \u00e0 contribution pour la fabrication de masques \u00e0 gaz vou\u00e9s aux civils. Des abris contre bombardement sont r\u00e9alis\u00e9s, notamment dans les caves d&rsquo;une banque et celles de l&rsquo;h\u00f4tel de ville. Les services hospitaliers sont r\u00e9organis\u00e9s. C&rsquo;est un m\u00e9decin militaire qui assure l&rsquo;essentiel des consultations.<\/p>\n<p>La qualit\u00e9 des relations entre autorit\u00e9s militaires et civiles d\u00e9pend fortement des interlocuteurs sollicit\u00e9s. Muzart d\u00e9nonce les agissements d&rsquo;un commandant major de la garnison qui, ayant senti que des tensions existaient entre le pr\u00e9fet et le sous-pr\u00e9fet, cherche \u00e0 \u00ab donner libre cours \u00e0 ses instincts d&rsquo;autoritarisme \u00bb que lui autorise l&rsquo;\u00e9tat de si\u00e8ge. Ce repr\u00e9sentant de l&rsquo;autorit\u00e9 militaire affirme son pouvoir en jouant avec la d\u00e9livrance des laisser-passer qui ne sont accord\u00e9s qu&rsquo;\u00e0 ceux qu&rsquo;il peut soudoyer.<\/p>\n<p>Le charbon fait d\u00e9faut. Des stocks appartenant \u00e0 la Compagnie du Nord sont rachet\u00e9s par la ville et distribu\u00e9s aux habitants sur pr\u00e9sentation d&rsquo;un bon sign\u00e9 du maire. La situation empire lorsque le pr\u00e9fet d\u00e9cide de r\u00e9quisitionner ces stocks, d\u00e9cision contre laquelle Muzart ne peut agir. Du fait de cette d\u00e9cision autoritaire, les relations entre la ville et l&rsquo;autorit\u00e9 pr\u00e9fectorale se d\u00e9gradent \u00e9galement. Muzart intervient cependant avec succ\u00e8s aupr\u00e8s de Franchet d&rsquo;Esperey pour se d\u00e9barrasser d\u00e9finitivement du major de garnison.<\/p>\n<p>Certains habitants de Soissons op\u00e8rent des d\u00e9m\u00e9nagements de leurs biens meubles. Muzart encourage cette d\u00e9marche et parvient m\u00eame \u00e0 organiser un service r\u00e9gulier autorisant l&rsquo;am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de ces transports. L&rsquo;autorit\u00e9 militaire consent, de son c\u00f4t\u00e9, \u00e0 \u00e9vacuer certains stocks pr\u00e9cieux laiss\u00e9s \u00e0 l&rsquo;abandon, notamment des cuirs. Les convois sont organis\u00e9s nuitamment pour ne pas \u00e9veiller l&rsquo;attention des artilleurs allemands. Des collections arch\u00e9ologiques du mus\u00e9e et des ouvrages de la biblioth\u00e8que sont \u00e0 nouveau mis \u00e0 l&rsquo;abri.<\/p>\n<p>A l&rsquo;image de Reims, Soissons devient une ville-martyre. Elle est fr\u00e9quent\u00e9e par \u00ab des visiteurs de marque. \u00bb Hommes politiques (Sarraut, Damimier, Klotz), hommes de lettres (Loti, Kipling, Ginisty) et journalistes (Babin de l&rsquo;<em>Illustration<\/em>) la parcourent et narrent dans de nombreuses publications le quotidien d&rsquo;une ville du front. C&rsquo;est aussi l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 Muzart est sollicit\u00e9 pour t\u00e9moigner en faveur de tel ou tel civil susceptible de recevoir &#8211; \u00e0 tort ou \u00e0 raison &#8211; la croix de guerre qui est accord\u00e9e \u00e0 une certains  nombres de femmes pour leur r\u00e9el d\u00e9vouement (\u00e9pouse du sous-pr\u00e9fet, directrices d&rsquo;h\u00f4pitaux, etc).<\/p>\n<p>Les tiraillements au sein de l&rsquo;autorit\u00e9 civile, entre le pr\u00e9fet et le sous-pr\u00e9fet, se poursuivent et entra\u00eene la constitution de \u00ab clans \u00bb qui s&rsquo;entred\u00e9chirent, tout en favorisant leur client\u00e8le respective&#8230; L&rsquo;autorit\u00e9 du maire est m\u00eame quelque peu \u00e9corn\u00e9e par ces querelles de palais o\u00f9 l&rsquo;attribution de d\u00e9corations ou de prix aux civils para\u00eet pr\u00e9pond\u00e9rante (affaire Macherez pour l&rsquo;attribution du prix Audiffred d\u00e9cern\u00e9 par l&rsquo;<em>Acad\u00e9mie des Sciences morales et politiques<\/em>).<\/p>\n<p>Conseil municipal de guerre (pp 157-184)<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 de r\u00e9unir dans la ville en \u00e9tat de si\u00e8ge un conseil municipal oblige Muzart \u00e0 convoquer cette r\u00e9union, le 4 novembre 1916, \u00e0 Paris dans les locaux de la mairie du 10<sup>e<\/sup> arrondissement qui accueillait d\u00e9j\u00e0 le <em>Comit\u00e9 de l&rsquo;Aisne<\/em>. Les m\u00e9moires de Muzart reproduisent ici <em>in extenso<\/em> le proc\u00e8s-verbal de ce conseil municipal transplant\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e 1917 (pp 185-206)<\/p>\n<p>Les querelles au sein de l&rsquo;autorit\u00e9 civile ne se sont pas \u00e9teintes. Loin s&rsquo;en faut. En novembre 1916, Muzart, qui est entr\u00e9 en conflit ouvert avec le pr\u00e9fet au moment de l&rsquo;attribution du prix Audiffred \u00e0 Mme Macherez en lui refusant son soutien, se voit menac\u00e9 par ce dernier de mettre fin \u00e0 son sursis d&rsquo;appel qui lui a \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9 afin d&rsquo;exercer les fonctions de maire. Muzart (qui appartient \u00e0 la classe 89 !) acquiesce \u00e0 la d\u00e9cision pr\u00e9fectorale et se rend au d\u00e9p\u00f4t du 9<sup>e<\/sup> Territorial \u00e0 Dreux dans lequel il demeure affect\u00e9 jusqu&rsquo;en f\u00e9vrier 1917. Un nouveau maire est nomm\u00e9 par le pr\u00e9fet. Muzart est finalement mis en sursis d&rsquo;appel comme agriculteur et revient dans le Soissonnais \u00e0 Arcy-Sainte-Restitue o\u00f9 il dirige une exploitation agricole. Conservant sa qualit\u00e9 de conseiller municipal, il reste en contact avec sa ville (dans laquelle il semble r\u00e9sider assez fr\u00e9quemment) et se tient parfaitement au courant des \u00e9v\u00e9nements du quotidien qu&rsquo;il continue \u00e0 relater pour la p\u00e9riode o\u00f9 il n&rsquo;occupe plus les fonctions de maire, tout en participant aux diff\u00e9rents conseils en tant que conseiller municipal \u00ab mobilis\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;an\u00e9antissement (pp 207-213)<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l&rsquo;enfoncement du front sur le Chemin des Dames le 27 mai 1918, Muzart est contraint d&rsquo;abandonner avec sa famille la ferme d&rsquo;Arcy-Sainte-Restitue. Les r\u00e9fugi\u00e9s si dirigent vers Oulchy-Le-Ch\u00e2teau puis Fossoy (environs de Ch\u00e2teau-Thierry). Contraints d&rsquo;\u00e9vacuer du fait de la violence des combats, ils quittent l&rsquo;Aisne pour la r\u00e9gion d&rsquo;Auxerre. L\u00e0, Muzart intervient aupr\u00e8s du pr\u00e9fet afin d&rsquo;am\u00e9liorer le sort des axonais nouvellement arriv\u00e9s. Apprenant le recul des arm\u00e9es allemandes sur l&rsquo;Aisne, il d\u00e9cide de repartir pour Arcy-Sainte-Restitue. La ferme n&rsquo;a subi que des d\u00e9g\u00e2ts mineurs mais les cultures ont souffert des combats. Les champs \u00ab sont d\u00e9barrass\u00e9s de tout ce qui pouvait g\u00eaner le passage de la moissonneuse. \u00bb De retour \u00e0 Soissons, Muzart ne peut que constater les nouveaux et importants d\u00e9g\u00e2ts qu&rsquo;ont provoqu\u00e9s les bombardements a\u00e9riens.<\/p>\n<p>La vie repend (pp 215-240)<\/p>\n<p>La ville n&rsquo;est plus qu&rsquo;un champ de ruines o\u00f9 ne demeurent que certains b\u00e2timents \u00e9pargn\u00e9s. Le retour des Soissonnais est p\u00e9nible : \u00ab Leur consternation \u00e9tait navrante \u00e0 voir, la plupart revenaient du centre ou des c\u00f4tes, ne pouvaient malgr\u00e9 quelques nouvelles re\u00e7ues, se faire \u00e0 la vision qu&rsquo;ils avaient de nos ruines. \u00bb<\/p>\n<p>Le retour de la municipalit\u00e9 permet d&rsquo;organiser les premiers secours. \u00ab Chacun se loge comme il peut dans ce qui reste de maisons, se confectionne un abri avec les d\u00e9bris utiles qu&rsquo;il peut trouver. \u00bb Un h\u00f4tel \u00e9pargn\u00e9 rouvre ses portes. Muzart, dont le domicile a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit, r\u00e9acqui\u00e8re un nouveau domicile \u00e0 Soissons. En f\u00e9vrier 1919, Fernand Marquigny, premier adjoint d\u00e9mobilis\u00e9, prend les fonctions de maire et pr\u00e9side le premier conseil municipal d&rsquo;apr\u00e8s guerre. Les priorit\u00e9s sont naturellement d&rsquo;organiser la reconstruction de la ville : intervention des S.T.P.U, construction de baraquements provisoires pour l&rsquo;accueil des ouvriers de la reconstruction, r\u00e9ouverture des commerces, remise en \u00e9tat des infrastructures essentielles. C&rsquo;est la p\u00e9riode o\u00f9 chaque propri\u00e9taire qui a subi des dommages de guerre doit constituer un dossier d&rsquo;indemnisation qui devra \u00eatre adress\u00e9 aux commissions de r\u00e9parations que l&rsquo;Etat vient d&rsquo;instituer.<\/p>\n<p>Fin 1919 sont organis\u00e9es les \u00e9lections municipales. Le vote des Soissonnais se porte majoritairement sur les anciens membres de la municipalit\u00e9 et tout particuli\u00e8rement sur ceux qui eurent des responsabilit\u00e9s durant la guerre. Muzart est facilement r\u00e9\u00e9lu (y compris aux \u00e9lections du conseil d&rsquo;arrondissement). Sur proposition de Fernand Marquigny, il refuse cependant la charge de maire qu&rsquo;il estime ne pouvoir remplir convenablement et soutient la candidature de ce dernier.<\/p>\n<p>La reconstruction permet de modifier la ville \u00ab en lui donnant de belles et grandes places, de larges avenues, des grandes rues permettant le roulage nouveau en assurant la s\u00e9curit\u00e9 et la commodit\u00e9 aux pi\u00e9tons \u00bb. Manquant d&rsquo;argent, l&rsquo;Etat fran\u00e7ais incite les villes d\u00e9truites \u00e0 contracter des emprunts de d\u00e9marrage aupr\u00e8s de banques \u00e9trang\u00e8res. En 1921, le Canada est sollicit\u00e9. Le 14 f\u00e9vrier de la m\u00eame ann\u00e9e, la ville re\u00e7oit la Croix de Guerre, \u00ab cons\u00e9quence directe de la distinction de la L\u00e9gion d&rsquo;Honneur qui lui avait \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e le 12 f\u00e9vrier 1920. \u00bb Soissons s&rsquo;enrichit \u00ab d&rsquo;un stade de toute beaut\u00e9 permettant aux habitants de se d\u00e9lasser, de se distraire \u00bb. Le nouveau maire devient d\u00e9put\u00e9, la ville est ainsi \u00ab repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Chambre des D\u00e9put\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p><strong>4. Autres informations<\/strong><\/p>\n<p>Anonyme, <em>Soissons avant et pendant la guerre, <\/em>Guide illustr\u00e9 Michelin des champs de bataille, 1919, 63 p.<\/p>\n<p>Babin Gustave, \u00ab Soissons sous le canon \u00bb, <em>L&rsquo;Illustration <\/em>du 6 mars 1915.<\/p>\n<p>Barbusse Henri, <em>Lettres de Henri Barbusse \u00e0 sa femme 1914-1917, <\/em>Flammarion, 1937, 261 p.<\/p>\n<p>Baudelocque, <em>Une \u0153uvre de guerre &#8211; 1914-1920 &#8211; Le Comit\u00e9 Central des R\u00e9fugi\u00e9s de l&rsquo;Aisne. Son organisation &#8211; Ses ressources &#8211; Son action, <\/em>Imprimerie Risch, s.d., 202 p.<em> <\/em><\/p>\n<p>P\u00e9chenard P.L. (Mgr), <em>Le Martyr de Soissons. Ao\u00fbt 1914-juillet 1918, <\/em>Gabriel<em> <\/em>Beauchesnes, 1918, 432 p.<\/p>\n<p>J.F. Jagielski, juin 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 le 11 mars 1869 \u00e0 Fismes (Marne). 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