{"id":111,"date":"2008-06-29T09:41:15","date_gmt":"2008-06-29T08:41:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/06\/29\/bon-lacombe-de-la-tour-paul-1889-1940\/"},"modified":"2021-09-09T17:10:54","modified_gmt":"2021-09-09T16:10:54","slug":"bon-lacombe-de-la-tour-paul-1889-1940","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/06\/29\/bon-lacombe-de-la-tour-paul-1889-1940\/","title":{"rendered":"Lacombe de La Tour, Bon (1889-1940)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1) Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 le 19 novembre 1889 \u00e0 Paris (18<sup>e<\/sup> arrondissement). P\u00e8re : Alphonse Eug\u00e8ne Elie Lacombe de la Tour, militaire de carri\u00e8re ; chef d&rsquo;escadron de hussards puis commandant de l&rsquo;Ecole de Guerre puis commandement d&rsquo;une division de cavalerie pendant la Grande Guerre. Gouverneur militaire de la province de Luxembourg apr\u00e8s la guerre. M\u00e8re : Marie-Madeleine Martelet.<\/p>\n<p>Diff\u00e9rentes affectations dues \u00e0 son statut de militaire de carri\u00e8re. 21 septembre 1910, 2<sup>e<\/sup> classe au 21<sup>e<\/sup> R\u00e9giment de Chasseurs \u00e0 cheval. Brigadier puis mar\u00e9chal des logis en 1911. Entre \u00e0 Saint-Cyr le 12 d\u00e9cembre 1911. Sous-lieutenant le 10 juillet 1913. Affect\u00e9 au 3<sup>e<\/sup> Chasseur \u00e0 cheval. A la d\u00e9claration de guerre, appartient au 4<sup>e<\/sup> Chasseur \u00e0 cheval. Nomm\u00e9 lieutenant le 1<sup>er<\/sup> octobre 1914.<\/p>\n<p>Appartient au 10<sup>e<\/sup> BCP durant la guerre. Le corps franc est constitu\u00e9 d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes provenant du Centre d&rsquo;instruction divisionnaire et de diff\u00e9rentes unit\u00e9s constituant la 170<sup>e<\/sup> D.I. (3<sup>e<\/sup> et 10<sup>e<\/sup> B.C.P., 17<sup>e<\/sup> et 116<sup>e<\/sup> R.I.). L&rsquo;auteur mentionne des \u00ab chasseurs \u00bb, des \u00ab cavaliers \u00bb et m\u00eame des territoriaux lorsqu&rsquo;il est charg\u00e9 d&rsquo;occuper et diriger le centre de r\u00e9sistance de la Reni\u00e8re (le front est tenu de fa\u00e7on discontinue gr\u00e2ce \u00e0 ces multiples C.R. du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais comme du c\u00f4t\u00e9 allemand). Pour une op\u00e9ration particuli\u00e8re, le corps franc peut \u00eatre renforc\u00e9 par des pelotons d&rsquo;\u00e9lite d&rsquo;autres unit\u00e9s (voir, par exemple, p 20) ou des unit\u00e9s ayant des comp\u00e9tences particuli\u00e8res (sapeurs du G\u00e9nie pour destruction des r\u00e9seaux, p 21).<\/p>\n<p>Nomm\u00e9 capitaine le 26 juillet 1918.Mari\u00e9 le 17 d\u00e9cembre 1934 \u00e0 C\u00e9cile Ker-Saint-Gilly. Campagne en Syrie et au Levant. Affect\u00e9 au 1<sup>er<\/sup> R\u00e9giment de Spahi Marocain puis au 21<sup>e<\/sup> Spahi en 1921. En 1932, est nomm\u00e9 chef d&rsquo;escadron au 6<sup>e<\/sup> R\u00e9giment de Spahis alg\u00e9riens. Rentre en France en 1939, prend le commandement d&rsquo;un groupe de l\u00e9gionnaires volontaires du 1<sup>er<\/sup> R\u00e9giment Etranger de Cavalerie. Mortellement frapp\u00e9 au combat le 9 juin 1940 dans le bois de Noroy (Oise).<\/p>\n<p><strong>2) Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p><em>La Vosgienne 1917-1918. Une compagnie franche dans la Grande Guerre. Souvenirs du lieutenant-colonel Bon De la Tour<\/em>, Soci\u00e9t\u00e9 philomatique vosgienne (collection \u00ab Temps de Guerre \u00bb), 2000, 104 p.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sentation et pr\u00e9face : Jean-Claude Fombaron et Yann Prouillet.<\/p>\n<p>3 cartes, photos, 3 annexes.<\/p>\n<p><strong>3) Analyse<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9cembre 1917 &#8211; janvier 1918 : patrouilles spatialement tr\u00e8s restreintes dans le secteur de la ferme de la Plan\u00e9e (ouest de la for\u00eat communale de Celles-sur-Plaine) puis, dans un premier temps, prudentes patrouilles aux lisi\u00e8res du \u00ab bois Neutre \u00bb. Occupe et dirige parall\u00e8lement le centre de r\u00e9sistance dit de la Reni\u00e8re (avec P.C \u00ab au ch\u00e2teau d&rsquo;eau \u00bb). L&rsquo;exploration du bois Neutre est faite lors d&rsquo; \u00ab une vaste op\u00e9ration \u00bb sans aller jusqu&rsquo;au lignes allemandes.Cantonne au village de Nompatelize (lieu qu&rsquo;il conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 pour y avoir combattu en 1914).<\/p>\n<p>F\u00e9vrier 1918 : patrouilles dans le secteur de Launois et du Ban-de-Sapt.<\/p>\n<p>Mars 1918 : \u00e0 partir du 1<sup>er<\/sup>, pr\u00e9paration d&rsquo;un coup de main d&rsquo;envergure dans le secteur de Saint-Jean-d&rsquo;Ormont. R\u00e9p\u00e9titions et entra\u00eenements dans le secteur de Nompatelize. L&rsquo;op\u00e9ration pr\u00e9vue pour la nuit du  8 au 9 est finalement d\u00e9clench\u00e9e puis annul\u00e9e face aux difficult\u00e9s techniques. L&rsquo;auteur part vers le Moulin de Frabois pour continuer la pr\u00e9paration du coup de main qui a \u00e9chou\u00e9. Le projet de coup de main est reprogramm\u00e9 pour la nuit du 12 au 13. Les choses ne se passent pas comme \u00e0 l&rsquo;entra\u00eenement et on ne parvient pas \u00e0 mettre en place les charges allong\u00e9es avant le d\u00e9clenchement des tirs de l&rsquo;artillerie.<\/p>\n<p>21 au 31 mars : r\u00e9gion de la Faite, cote 604, pour la pr\u00e9paration d&rsquo;un autre coup de main visant \u00e0 faire des prisonniers. L&rsquo;op\u00e9ration qui \u00e9choue dans la nuit du 31 au 1er est remont\u00e9e la nuit suivante et r\u00e9ussit.<\/p>\n<p>Avril 1918 : du 7 au 15 avril, pr\u00e9paration d&rsquo;un coup de main sur le bois de Laitre (Ban-de-Sapt). L&rsquo;op\u00e9ration initialement pr\u00e9vue pour la nuit du 15 au 16 est abandonn\u00e9e du fait d&rsquo;un orage. L&rsquo;op\u00e9ration est accomplie le 15, de jour, \u00e0 la faveur d&rsquo;un brouillard. Entre temps, Bon de La Tour a modifi\u00e9 ses plans et obtenu l&rsquo;aval du g\u00e9n\u00e9ral Rondeau.<\/p>\n<p>Nuit du 15 au 16 : constatant que l&rsquo;unit\u00e9 allemande qui est face \u00e0 lui n&rsquo;a pas encore op\u00e9r\u00e9 de patrouille, il pr\u00e9f\u00e8re tendre une embuscade \u00e0 cette \u00e9ventuelle patrouille (secteur Saint Jean d&rsquo;Ormont &#8211; Vercoste). Une patrouille allemande sort de la tranch\u00e9e de la Sane par le point 53-36 mais \u00e9chappe \u00e0 l&#8217;embuscade fran\u00e7aise qui n&rsquo;a pas su respecter les plans initiaux. Le coup de main est reprogramm\u00e9 pour le 17 au soir dans le m\u00eame secteur, avec soutien d&rsquo;artillerie. Il r\u00e9ussit et permet de ramener 3 prisonniers.<\/p>\n<p>19 avril : La Vosgienne doit \u00e9pauler un autre corps franc sur le secteur de la Chapelotte mais la 170<sup>e<\/sup> D.I. est avis\u00e9e qu&rsquo;elle doit changer de secteur. L&rsquo;op\u00e9ration est annul\u00e9e.<\/p>\n<p>Mai 1918 : d\u00e9placement de la 170<sup>e<\/sup> D.I. dans la r\u00e9gion d&rsquo;Epinal puis transport jusque dans la r\u00e9gion de Senlis (Fleurines). Le corps franc est entra\u00een\u00e9 comme troupe de choc en vue d&rsquo;une offensive ou contre offensive.<\/p>\n<p>Septembre 1918 : mention de la dissolution de \u00ab la Vosgienne \u00bb.<\/p>\n<p>Les souvenirs du lieutenant colonel Bon de La Tour constituent un t\u00e9moignage d&rsquo;une belle tenue et d&rsquo;une grande pr\u00e9cision chronologique pour appr\u00e9hender le fonctionnement d&rsquo;une compagnie franche dans les Vosges en 1917-18. Le premier m\u00e9rite de ce t\u00e9moignage est  sans doute de montrer combien il est d\u00e9licat et complexe de monter un coup de main afin de ramener des prisonniers. P\u00e9n\u00e9trer dans les lignes adverses d\u00e9fendues par des r\u00e9seaux atteignant par endroit plusieurs dizaines de m\u00e8tres d&rsquo;\u00e9paisseur et gard\u00e9s par des petits postes n&rsquo;est pas chose simple. Parvenir \u00e0 capturer des prisonniers qui ont re\u00e7u l&rsquo;ordre de se replier en cas d&rsquo;attaque, dans des lignes tr\u00e8s faiblement occup\u00e9es l&rsquo;est encore moins. Les objectifs des premi\u00e8res patrouilles sont donc modestes mais permettent \u00e0 la troupe et \u00e0 son commandement de s&rsquo;aguerrir. Pour un type d&rsquo;op\u00e9ration plus ambitieuse, une pr\u00e9paration minutieuse s&rsquo;impose. Les membres du corps franc passent bien plus de temps \u00e0 observer les habitudes de l&rsquo;ennemi, pr\u00e9parer et r\u00e9p\u00e9ter l&rsquo;op\u00e9ration qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;accomplir. Ils se construisent patiemment un savoir-faire technique : analyse du renseignement pris au contact de l&rsquo;ennemi, neutralisation des r\u00e9seaux et coordination de l&rsquo;action avec l&rsquo;artillerie.<\/p>\n<p>Le second m\u00e9rite de ce t\u00e9moignage est de montrer que l&rsquo;\u00e9chec est un param\u00e8tre incontournable de ce genre d&rsquo;entreprise : l&rsquo;action respecte rarement les sc\u00e9narios r\u00e9p\u00e9t\u00e9s au cours des entra\u00eenements. L&rsquo;impr\u00e9vu fait partie int\u00e9grante de l&rsquo;op\u00e9ration et menace sans cesse ses chances de r\u00e9ussite. Les \u00e9checs sont au c\u0153ur de ce t\u00e9moignage. C&rsquo;est l&rsquo;analyse de leurs causes qui permet d&rsquo;am\u00e9liorer la pr\u00e9paration de l&rsquo;op\u00e9ration suivante.Loin des clich\u00e9s litt\u00e9raires (<em>Capitaine Conan<\/em> de Vercel), Bon de la Tour montre aussi que les corps francs ne sont pas exclusivement constitu\u00e9s de soldats d&rsquo;\u00e9lite et que les d\u00e9faillances de certains soldats ne sont pas si exceptionnelles que cela. La compagnie franche  ne s&rsquo;aguerrit qu&rsquo;avec le temps et chaque \u00e9chec permet d&rsquo;en \u00e9liminer les maillons les plus faibles. Et m\u00eame lorsque le corps franc ne sera plus constitu\u00e9 que d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments tri\u00e9s, notre t\u00e9moin montre qu&rsquo;il tol\u00e8re chez ses hommes une d\u00e9faillance ponctuelle. Tol\u00e9rance d&rsquo;autant plus naturelle que l&rsquo;auteur de ces souvenirs sait \u00e9galement objectivement mesurer les siennes (cf. p 62).<\/p>\n<p>Soulignons enfin combien l&rsquo;existence de ces compagnies atypiques est pr\u00e9caire : leur long\u00e9vit\u00e9 au sein d&rsquo;une division est souvent li\u00e9e \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9ussir les difficiles missions qui leur sont confi\u00e9es.<\/p>\n<p>J.F. Jagielski, juin 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1) Le t\u00e9moin N\u00e9 le 19 novembre 1889 \u00e0 Paris (18e arrondissement). P\u00e8re : Alphonse Eug\u00e8ne Elie Lacombe de la Tour, militaire de carri\u00e8re ; chef d&rsquo;escadron de hussards puis commandant de l&rsquo;Ecole de Guerre puis commandement d&rsquo;une division de cavalerie pendant la Grande Guerre. 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