{"id":1123,"date":"2013-02-10T17:09:57","date_gmt":"2013-02-10T16:09:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1123"},"modified":"2021-09-15T17:56:59","modified_gmt":"2021-09-15T16:56:59","slug":"merand-emile-1873-1943","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/02\/10\/merand-emile-1873-1943\/","title":{"rendered":"M\u00e9rand, Emile (1873-1943)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/M\u00e9rand.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1124 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/M\u00e9rand-98x300.jpg\" alt=\"\" width=\"98\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/M\u00e9rand-98x300.jpg 98w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/M\u00e9rand.jpeg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 98px) 100vw, 98px\" \/><\/a>Emile Alexandre M\u00e9rand na\u00eet \u00e0 Ven\u00e8re (Haute-Sa\u00f4ne) le 20 mai 1873. Cultivateur, il est appel\u00e9 sous les drapeaux le 13 novembre 1894 et incorpor\u00e9 au 21<sup>e<\/sup> RI de Langres, r\u00e9giment dans lequel il reste jusqu\u2019au 25 septembre 1895. Le 7 octobre 1907, il est plac\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e territoriale et c\u2019est ainsi qu\u2019il est affect\u00e9 le 2 ao\u00fbt 1914 au 51<sup>e<\/sup> RIT de Langres ; il a 41 ans. De retour de la guerre, il reste c\u00e9libataire et d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Ven\u00e8re le 23 mars 1943.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p>Biagini, Daniel (pr\u00e9s), <em>La \u00a0Grande Guerre. <\/em><em> T\u00e9moignage<\/em><em> de monsieur Emile M\u00e9rand de Ven\u00e8re, Haute-Sa\u00f4ne, 1914-1918<\/em>, Vesoul, ONAC, 2004, non pagin\u00e9, 69 pages.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 son livret militaire, Emile M\u00e9rand se rend au 2<sup>e<\/sup> jour de la mobilisation au d\u00e9p\u00f4t du 51<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie territoriale de Langres. Il part d\u00e8s le lendemain dans l\u2019ouest du d\u00e9partement des Vosges, secteur de Bulgn\u00e9ville, o\u00f9 il a pour mission de garder les espions et les<br \/>\n\u00e9trangers\u00a0; \u00ab\u00a0<em>ramassis de tous les peuples <\/em>(\u2026) <em>de 19 nationalit\u00e9s<\/em> \u00bb (page 3). Apr\u00e8s un bref retour \u00e0 Langres, il rejoint le front cristallis\u00e9 dans<br \/>\nle secteur de Saint-Di\u00e9 (Vosges), ville de l\u2019imm\u00e9diat arri\u00e8re-front o\u00f9, le 6 novembre, il subit un bombardement qui est son bapt\u00eame du feu. Il va rester dans ce secteur, entre la Chapelotte au nord et le Violu au sud jusqu\u2019\u00e0 la dissolution du 51<sup>e<\/sup> RIT le 2 juillet 1918. Il est alors vers\u00e9 au 1<sup>er<\/sup> BTCA (Bataillon Territorial de Chasseurs Alpins) et rejoint le secteur de Moosch (Haut-Rhin) en Alsace, puis il revient \u00e0 la Chapelotte pour y occuper la fonction de t\u00e9l\u00e9phoniste (juillet 1918). Le 10 novembre suivant, il change \u00e0 nouveau d\u2019affection, est vers\u00e9 au train C de combat pour trois jours et rejoint le lendemain de l\u2019Armistice le 87<sup>e<\/sup> RIT. Sur le 11 novembre, il dit : \u00ab <em>Il faudrait une plume plus \u00e9loquente que la mienne, pour d\u00e9crire cette journ\u00e9e inoubliable<\/em> \u00bb et note, fait rare dans l\u2019exp\u00e9rience combattante, qu\u2019il voit la fin de la guerre \u00ab\u00a0<em>au lieu m\u00eame o\u00f9 je l\u2019avais commenc\u00e9e en 1914<\/em> \u00bb (page 57). Quelques jours plus tard (le 20), il est hospitalis\u00e9 du fait d\u2019une grippe infectieuse, certainement espagnole, puisqu\u2019il va rester \u00ab\u00a0<em>quinze jours entre la vie et la mort<\/em> \u00bb (page 57), avant d\u2019\u00eatre d\u00e9mobilis\u00e9 le 16 janvier 1919.<\/p>\n<p>3. Analyse<\/p>\n<p>Particuli\u00e8rement repr\u00e9sentatif d\u2019un soldat de l\u2019arm\u00e9e territoriale, Emile M\u00e9rand occupe de nombreuses fonctions au sein de cette unit\u00e9 aux t\u00e2ches multiples, tour \u00e0 tour gardien de camp, ouvrier, voltigeur signaleur, observateur, brancardier, t\u00e9l\u00e9phoniste, il s\u2019initie \u00e9galement \u00e0 la t\u00e9l\u00e9graphie. Cl\u00e9rical patriote d\u2019origine pl\u00e9b\u00e9ienne, M\u00e9rand, un peu botaniste et artiste, offre un t\u00e9moignage utile du fait de son emploi, dans un r\u00e9giment, le 51<sup>\u00e8me<\/sup> territorial, et un secteur, l\u2019Ormont, dans les Vosges, tous deux sous \u00e9voqu\u00e9s par la litt\u00e9rature testimoniale. Toutefois, on ne sait \u00e0 qui attribuer les multiples impr\u00e9cisions de ce r\u00e9cit tant il est desservi par une transcription et une pr\u00e9sentation confinant \u00e0 l\u2019imp\u00e9ritie, qui auraient pu \u00eatre ais\u00e9ment corrig\u00e9es \u00e0 la lecture d\u2019une simple carte d\u2019\u00e9tat-major. Les toponymes sont erron\u00e9s, les patronymes parfois fantaisistes (cas du \u00ab\u00a0<em>brave<\/em> \u00bb soldat Kalferdings (page 24), devenu \u00ab\u00a0<em>Volferding, traitre, fusill\u00e9 au col d\u2019Hermanp\u00e8re<\/em> \u00bb (page 27) puis enfin \u00ab\u00a0<em>Roi de Kalferdings, tu\u00e9 le 23 septembre 1915 \u00e0 la ferme de Hermonp\u00e8re<\/em> \u00bb page 63) et la typographie d\u00e9plorable. De m\u00eame, les pr\u00e9sentateurs de l\u2019ouvrage indiquent qu\u2019il est capitaine (page 61) alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un homonyme d\u2019une compagnie voisine qu\u2019Emile M\u00e9rand cite lui-m\u00eame, page 46. Malgr\u00e9 ces approximations tr\u00e8s pr\u00e9judiciables \u00e0 la publication, ce t\u00e9moignage, augment\u00e9 encore par des croquis int\u00e9ressants, rev\u00eat pourtant pour l\u2019historien de la zone d\u00e9crite, un remarquable attrait. Certes, il rapporte des faits inexacts, tels ces \u00ab\u00a0<em>180 soldats fran\u00e7ais que l\u2019on avait fusill\u00e9 <\/em>[sic] <em>pour avoir fui devant l\u2019ennemi<\/em> \u00bb, dont il voit la fosse commune \u00e0 Vom\u00e9court (Vosges) en septembre 1914 (page 5), ou contemple des \u00ab\u00a0<em>d\u00e9bris humains \u00e0 demi-calcin\u00e9s<\/em> \u00bb des Allemands ayant \u00ab\u00a0<em>jet\u00e9 leurs morts pour les br\u00fbler<\/em> \u00bb dans l\u2019\u00e9glise de Mandray (page 6), mais confront\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du front, son t\u00e9moignage se pr\u00e9cise et gagne en cr\u00e9dibilit\u00e9. Comme la plupart des soldats, il teinte de mysticisme le fait d\u2019\u00eatre encore en vie apr\u00e8s son bapt\u00eame du feu\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le 3 mars <\/em>[1915]<em> a \u00e9t\u00e9 pour nous une terrible journ\u00e9e, mais je remercie la divine Providence qui m\u2019a pr\u00e9serv\u00e9 de tout mal. Le matin de ce jour, j\u2019avais re\u00e7u la Sainte communion \u00e0 l\u2019\u00e9glise de Ban de Lavelines <\/em>[sic] <em>au milieu des rires des camarades, mais cela m\u2019a port\u00e9 bonheur<\/em> \u00bb (page 17), il y revient en ces termes page 57, attribuant \u00e0 cette divine Providence d\u2019avoir vu la fin de la guerre. Mais il confesse\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je suis bien familiaris\u00e9 avec les choses de la guerre et c\u2019est cette certitude qui est mon ressort et ma chance. Cette m\u00eame certitude nous p\u00e9n\u00e8tre tous<\/em> \u00bb (page 25). Il \u00e9voque, le 20 juin 1915, une r\u00e9bellion due \u00e0 l\u2019alcool lors de la revue d\u2019un g\u00e9n\u00e9ral (page 20), la guerre par le feu de for\u00eat (page 24), sp\u00e9cifique aux Vosges, et \u00e9voqu\u00e9e dans d\u2019autres t\u00e9moignages. Il y c\u00f4toie des figures de femmes peu am\u00e8nes\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Nous logeons dans un grenier chez une esp\u00e8ce de gouipe (!). Nous l\u2019appelons la grande Nina. Si dans ma vie j\u2019ai rencontr\u00e9 une salope, c\u2019est celle l\u00e0. Passons<\/em> \u00bb (page 31) et fustige les officiers\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le 8 mars 1917, nous avons la joie d\u2019apprendre le d\u00e9part du lieutenant Burtey, notre commandant de compagnie. C\u2019\u00e9tait le type de la brute. Officier sans valeur et sans \u00e9ducation, il n\u2019a pas laiss\u00e9 un seul regret \u00e0 la compagnie. Il n\u2019\u00e9tait bon qu\u2019\u00e0 faire un garde champ\u00eatre et un mauvais<\/em> \u00bb (page 40), et la b\u00eatise militaire\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Pendant le jour, nous allons travailler \u00e0 la cime du Spitzemberg \u00e0 la vue de l\u2019ennemi. Le colonel est un mis\u00e9rable d\u2019exposer aussi b\u00eatement des hommes pour faire des travaux idiots et stupides qui ne serviront jamais \u00e0 rien mais c\u2019est la b\u00eatise militaire. Il ne faut pas chercher \u00e0 comprendre<\/em> \u00bb (page 40).<br \/>\nYann Prouillet, f\u00e9vrier 2013<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moinEmile Alexandre M\u00e9rand na\u00eet \u00e0 Ven\u00e8re (Haute-Sa\u00f4ne) le 20 mai 1873. Cultivateur, il est appel\u00e9 sous les drapeaux le 13 novembre 1894 et incorpor\u00e9 au 21e RI de Langres, r\u00e9giment dans lequel il reste jusqu\u2019au 25 septembre 1895. 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