{"id":1128,"date":"2013-02-12T14:25:23","date_gmt":"2013-02-12T13:25:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1128"},"modified":"2021-09-15T17:57:57","modified_gmt":"2021-09-15T16:57:57","slug":"kern-eugene-1882-1915-lucien-1889-1920-et-aime-1891-1954","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/02\/12\/kern-eugene-1882-1915-lucien-1889-1920-et-aime-1891-1954\/","title":{"rendered":"Kern (famille : 3 t\u00e9moins)"},"content":{"rendered":"<p>1. Les t\u00e9moins<\/p>\n<p>Eug\u00e8ne Kern (1882-1915) ; Lucien Kern (1889-1920) ; Aim\u00e9 Kern (1891-1954)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernEug\u00e8ne1.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1131 alignleft\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernEug\u00e8ne1-151x300.jpg\" alt=\"\" width=\"151\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernEug\u00e8ne1-151x300.jpg 151w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernEug\u00e8ne1-517x1024.jpg 517w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernEug\u00e8ne1.jpeg 696w\" sizes=\"auto, (max-width: 151px) 100vw, 151px\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernLucienetAim\u00e91.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1132\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernLucienetAim\u00e91-186x300.jpg\" alt=\"\" width=\"186\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernLucienetAim\u00e91-186x300.jpg 186w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernLucienetAim\u00e91-636x1024.jpg 636w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/KernLucienetAim\u00e91.jpeg 736w\" sizes=\"auto, (max-width: 186px) 100vw, 186px\" \/><\/a>Eug\u00e8ne Kern \u00e0 Epinal le 19 janvier 1915\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lucien et Aim\u00e9 Kern \u00e0 Saint-Aubin-sur-Mer le 28 novembre 1915<\/p>\n<p>Eug\u00e8ne Kern, Alsacien n\u00e9 le 3 avril 1856 \u00e0 Rammersmatt (Haut-Rhin), \u00e9pouse le 18 juillet 1881 \u00e0 Moyenmoutier Constantine Cuny, n\u00e9e \u00e0 Anould (Vosges) le 20 juin 1862. Tous deux sont ouvriers papetiers. Ancien combattant fran\u00e7ais de la guerre de 1870, il s\u2019installe en Lorraine avec plusieurs membres de sa famille comme \u00ab\u00a0<em>optants<\/em> \u00bb pour la France apr\u00e8s l\u2019annexion de l\u2019Alsace en 1871. De leur union naissent trois fils et une fille, Marguerite (le 4 f\u00e9vrier 1888). Apr\u00e8s la mort du p\u00e8re \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Senones (Vosges), \u00e0 la suite d\u2019un accident du travail le 19 mars 1900, Constantine et ses enfants s\u2019\u00e9tablissent en 1906 comme colons dans le Manitoba, au centre du Canada. Famille aux racines alsaciennes catholiques, il semble qu\u2019ils soient tr\u00e8s bien accept\u00e9s par la communaut\u00e9 canadienne, participant activement \u00e0 la vie religieuse de Saint-L\u00e9on. \u00ab\u00a0<em>Engag\u00e9s dans les activit\u00e9s de la paroisse et dans les efforts d\u00e9ploy\u00e9s pour la sauvegarde de la langue fran\u00e7aise, Eug\u00e8ne (sous le nom de Lorrain) et Lucien sont aussi devenus correspondants pour le journal <\/em>La Libert\u00e9\u00a0(\u2026), <em>hebdomadaire catholique de langue fran\u00e7aise fond\u00e9 en 1913 par Mgr Ad\u00e9lard Langevin, archev\u00eaque du dioc\u00e8se de Saint-Boniface<\/em> \u00bb (page 11) indique Claude de Moissac, historien, pr\u00e9sentateur des lettres des trois fr\u00e8res Kern.<\/p>\n<p>Eug\u00e8ne L\u00e9on Kern na\u00eet \u00e0 Moyenmoutier (Vosges) le 4 mai 1882. On ne sait rien de son enfance, manifestement \u00e9lev\u00e9 dans une profonde culture religieuse, le pr\u00e9sentateur nous indique qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 23 ans, il est \u00ab\u00a0<em>s\u00e9duit par la publicit\u00e9 faisant l\u2019\u00e9loge des terres disponibles au Manitoba<\/em> \u00bb (page 9), au Canada, et qu\u2019il traverse l\u2019Atlantique en 1905 pour prendre la mesure de cette aventure. En 1906, il convainc toute la famille qui s\u2019\u00e9tablit \u00e0 Saint-L\u00e9on, petite paroisse canadienne, dans la r\u00e9gion de la Montagne Pembina, et deviennent ainsi agriculteurs. Eug\u00e8ne, 2<sup>e <\/sup>classe au 170<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie d\u2019Epinal (Vosges), est port\u00e9 disparu au nord de Mesnil-l\u00e8s-Hurlus (Marne) en Champagne le 21 mars 1915.<\/p>\n<p>Lucien Kern na\u00eet \u00e9galement \u00e0 Moyenmoutier le 13 f\u00e9vrier 1889. Il est le premier des trois fr\u00e8res \u00e0 aller au front en novembre 1914, est bless\u00e9 en 1915, fait Verdun et reste au front jusqu\u2019en mars 1917, date \u00e0 laquelle il obtient une permission pour retourner au Canada. Dans des circonstances non pr\u00e9cis\u00e9es, mais tr\u00e8s certainement dues \u00e0 son \u00e9tat de sant\u00e9 tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9 par la guerre, il ne retournera jamais en France. On sait qu\u2019il \u00e9pouse au Manitoba Corinne Pellerin le 8 janvier 1918 et qu\u2019il succombe de la grippe espagnole \u00e0 Saint-L\u00e9on le 8 mars 1920.<\/p>\n<p>Aim\u00e9 Kern, le cadet, nait dans la m\u00eame commune le 3 octobre 1891. En 1915, il est \u00ab\u00a0<em>bless\u00e9 par une balle fran\u00e7aise tir\u00e9e derri\u00e8re lui<\/em> \u00bb (page 101) pr\u00e8s de Soissons. Convalescent, il est finalement r\u00e9form\u00e9 pour un an en juillet 1917 mais en fait ne retournera jamais au feu. Aim\u00e9 \u00e9pouse \u00e0 Lons-le-Saunier (Jura) \u00e0 cette date Marie-Th\u00e9r\u00e8se Boulet, ni\u00e8ce du cur\u00e9 Manitobin de Saint-L\u00e9on. Il s\u2019\u00e9tablit dans cette ville et y d\u00e9c\u00e8de le 15 ao\u00fbt 1954 sans jamais \u00eatre revenu au Canada.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage :<\/p>\n<p>Kern, Lucien, Eug\u00e8ne et Aim\u00e9, <em>Lettres de tranch\u00e9es. Correspondance de guerre de Lucien, Eug\u00e8ne et Aim\u00e9 Kern, trois fr\u00e8res manitobains, soldats de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale<\/em>. Montr\u00e9al, \u00e9ditions du Bl\u00e9, 2007, 238 pages, collection <em>Les Cahiers d&rsquo;histoire de la Soci\u00e9t\u00e9 historique de Saint-Boniface<a href=\"#_ftn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em>.<\/p>\n<p>Ayant laiss\u00e9 m\u00e8re et s\u0153ur au Canada, les trois fr\u00e8res Kern multiplient les correspondances, exp\u00e9diant ainsi plus de 300 lettres et cartes postales de 1914 \u00e0 1917, leur prodiguant des conseils pour tenir la ferme en leur absence. Ils s\u2019\u00e9changent \u00e9galement leurs impressions du front. Leur premi\u00e8re lettre t\u00e9moigne de leur voyage vers la France, via Montr\u00e9al et New-York, et de leur travers\u00e9e commune sur l\u2019<em>Espagne<\/em>, un navire qui les d\u00e9barque le 14 septembre 1914 au Havre, o\u00f9 ils se s\u00e9parent pour rejoindre leurs d\u00e9p\u00f4ts respectifs. Eug\u00e8ne est incorpor\u00e9 \u00e0 la 31<sup>e<\/sup> compagnie du 170<sup>e <\/sup>RI d\u2019Epinal et ne quitte la caserne qu\u2019\u00e0 la mi-f\u00e9vrier 1915. Sa derni\u00e8re lettre, adress\u00e9e de Somme-Tourbe \u00e0 sa m\u00e8re le 11 mars 1915, lui d\u00e9crit le fourmillement du front et l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de ce qu\u2019\u00ab <em>endurent ces fils de France<\/em> \u00bb (page 91). Lucien est affect\u00e9 quant \u00e0 lui dans l\u2019autre r\u00e9giment d\u2019Epinal, le 149<sup>e<\/sup>, apr\u00e8s un entra\u00eenement de 2 mois au camp de Rolampont, pr\u00e8s de Langres. Il rejoint le front en novembre 1914. C\u2019est lui qui r\u00e9dige le plus grand nombre de lettres, g\u00e9n\u00e9ralement didactiques, de ce qu\u2019il vit au front. Apr\u00e8s les combats d\u2019Artois et la terrible affaire du Fond de Buval, il est affect\u00e9 le 29 juillet 1915 \u00e0 une compagnie de mitrailleuses. Il est gravement bless\u00e9 par un obus en septembre 1915 dans le secteur de Souchez et se retrouve dans des formations sanitaires de Normandie, Caen et Saint-Aubin-sur-Mer, o\u00f9 il va retrouver Aim\u00e9, lui aussi en convalescence. Ils vont d\u2019ailleurs se trouver \u00e0 Barfleur une marraine de guerre. Aim\u00e9 a en effet enfin rejoint le 44<sup>e<\/sup> RI de Lons-le-Saunier apr\u00e8s une formation au Valdahon. Il est alors incorpor\u00e9 au 5<sup>e<\/sup> BCP et arrive sur le front en janvier 1915. Il est bless\u00e9 aux fesses d\u00e9but mai par un tir ami dans l\u2019Aisne et transport\u00e9 \u00e0 l\u2019ambulance Carrel de Compi\u00e8gne dans l\u2019Oise. Il revient \u00e0 son d\u00e9p\u00f4t \u00e0 Lons-le-Saunier pour ne plus en ressortir avant sa r\u00e9forme en 1917. Lucien poursuit seul maintenant la guerre. Apr\u00e8s une nouvelle p\u00e9riode de formation de mitrailleur \u00e0 Chaumont, il revient au front dans les Vosges, secteur du Violu et de la T\u00eate des Faux, le 27 mai 1916, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 au 163<sup>e<\/sup> RI de Nice. Il fait une demande de permission pour rentrer au Canada au d\u00e9but de f\u00e9vrier 1917, qu\u2019il obtient le mois suivant. Le 25 avril 1917, \u00ab <em>il est re\u00e7u en h\u00e9ros \u00e0 Saint-L\u00e9on<\/em> \u00bb (page 221) et c\u2019est vraisemblablement du fait d\u2019une sant\u00e9 tr\u00e8s alt\u00e9r\u00e9e par la guerre qu\u2019il ne reviendra jamais en France pour la terminer.<\/p>\n<p>3. Analyse<\/p>\n<p>Publi\u00e9 au Queb\u00e9c, le fonds Kern est particuli\u00e8rement \u00e9clairant sur le parcours singulier des fran\u00e7ais mobilis\u00e9s hors du territoire et rappel\u00e9s par la Patrie. Les trois fr\u00e8res Kern, Alsaciens d\u2019origine, n\u00e9s dans une commune frontali\u00e8re avec la province perdue, et farouchement catholiques, entrent en guerre bellicistes et volontaires. Lucien surtout est le plus virulent dans ce sentiment. Il est heureux de son affectation dans une compagnie de mitrailleuses\u00a0: \u00ab\u00a0<em>\u00e0 mon grand plaisir, car depuis longtemps, j\u2019aimais, si on peut appeler ce beau mot \u00e0 cette arme, j\u2019aimais, dis-je cet engin de destruction, pour les services qu\u2019elle est appel\u00e9e \u00e0 fournir, pour la terreur qu\u2019elle inspire \u00e0 l\u2019assaillant, et la confiance illimit\u00e9 qu\u2019elle donne au soldat, se sachant prot\u00e9g\u00e9 par son feu meurtrier<\/em> \u00bb (page 129). Il y revient plus loin (page 184), allant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9quivoque : \u00ab\u00a0<em>Souvent je lui rends visite ma mitrailleuse et je la caresse et je l\u2019essaie pour voir si elle fonctionne comme il faut<\/em> \u00bb (page 205). Alliant didactisme et introspection permanente, Lucien ne tait pas grand chose de l\u2019horreur de son exp\u00e9rience, malgr\u00e9 la censure qui le frappe parfois (voir le caviardage des toponymes sur une reproduction d\u2019une de ses lettres page 192)\u00a0; nombreuses sont les pages o\u00f9 la violence de la pulv\u00e9risation des corps (pages 104, 107 ou 212) le dispute \u00e0 la folie (pages 99, 125 ou 217). Lucien prodigue aussi quelques belles descriptions, telle celle de la vie souterraine de la r\u00e9serve de 1<sup>\u00e8re<\/sup> ligne (page 209) ou de la cagna (page 214). Il ne cache pas non plus sa lassitude de la guerre, d\u00e8s f\u00e9vrier 1916\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Plus de discipline chez les bless\u00e9s, des paroles de r\u00e9volte et de d\u00e9go\u00fbt montent de ces c\u0153urs meurtris. Des inscriptions s\u00e9ditieuses s\u2019\u00e9crivent partout. C\u2019est la paix qu\u2019ils veulent. Et puis l\u2019autorit\u00e9 veut aussi se montrer trop dure, pas assez d\u2019\u00e9gards et de reconnaissance envers les pauvres qui ont tant souffert, vers\u00e9 leur sang pour le pays. On les laisse croupir dans les d\u00e9p\u00f4ts de longs mois, des mutil\u00e9s, des b\u00e9quillards\u00a0; c\u2019est honteux. Soumis \u00e0 la dure discipline de l\u2019arm\u00e9e, astreints \u00e0 ob\u00e9ir \u00e0 des pleutres officiers trop l\u00e2ches pour aller au feu. Je m\u2019arr\u00eate\u00a0; j\u2019en ai m\u00eame trop dit d\u00e9j\u00e0<\/em> \u00bb (p. 167-168). Car il constate que la guerre est aussi sociale\u00a0; alors qu\u2019il apprend qu\u2019il retourne au front malgr\u00e9 ses blessures, Lucien fustige ceux qui \u00ab\u00a0<em>ont des influences sur lesquelles ils peuvent s\u2019appuyer ou ce sont des capitalistes ou des pleutres. Ce sont toujours les m\u00eames qui vont au front, le cultivateur, l\u2019ouvrier, l\u2019artisan, le petit commer\u00e7ant. Voici les castes qui en France comme partout portent le plus gros poids de la guerre<\/em> \u00bb (page 175). C\u2019est en fait la caserne qui le<br \/>\nd\u00e9prime\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La vie de d\u00e9p\u00f4t n\u2019a rien de ressortissant, plut\u00f4t monotone, emb\u00eatante. Vous \u00eates trait\u00e9s comme des gosses ou comme des \u00eatres priv\u00e9s de volont\u00e9 ou de raison\u00a0; c\u2019est r\u00e9voltant. Tous sont unanimes \u00e0 le proclamer et l\u00e9gion sont les pr\u00e9ventions en conseil de guerre, o\u00f9 la prison est toujours pleine et c\u2019est identique dans toutes les garnisons<\/em> \u00bb (page 175). Apprenant son retour au front, il en vient comme nombre de poilus, \u00e0 esp\u00e9rer la fine blessure\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je t\u00e2cherai de me comporter vaillamment sans toutefois faire d\u2019imprudence mais je ne serai pas l\u00e2che non plus. Ce n\u2019est pas en se cachant ni en tirant au flanc que l\u2019on \u00e9vite d\u2019\u00eatre touch\u00e9 par les projectiles, mais s\u2019il m\u2019\u00e9tait accord\u00e9 une bonne petite blessure oh\u00a0! c\u2019est cela qui serait du bonheur tout plein<\/em> \u00bb (page 186, mais il y revient \u00e9galement pages 213 et 217). D\u00e9courag\u00e9, l\u2019ancien belliciste veut \u00eatre \u00e9vacu\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Nous ne sommes pas construits en fer. L\u2019enthousiasme des premiers jours a depuis longtemps disparu d\u00e9j\u00e0<\/em> \u00bb (page 211). En ao\u00fbt 1916, il place une nouvelle charge contre les officiers\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Plus nous allons dans la guerre, pire c\u2019est\u00a0; plus de service, plus d\u2019ennuis. Des seigneurs ne seraient pas plus autoritaires et m\u00e9prisants pour leurs serfs qu\u2019un nombre respectable de ceux qui ont charge de nous commander. Jamais \u00e0 ce que je puis voir ici, ils ne pr\u00eachent l\u2019exemple\u00a0; au contraire ils sont tr\u00e8s loin en arri\u00e8re \u00e0 l\u2019abri des obus et au meilleur confortable. Naturellement il y a exception et il y en a de vraiment bons et dignes de ce nom d\u2019officiers. Voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 plus de deux ans que \u00e7a dure\u00a0; deux ann\u00e9es de souffrances ininterrompues<\/em> \u00bb (page 202). En fait, la guerre a d\u00e9truit sa personnalit\u00e9\u00a0; il s\u2019en confie \u00e0 sa s\u0153ur Marguerite le 5 mars 1917\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je ne suis plus comme avant\u00a0; il me semble que je deviens fou, comme tous les soldats du front d\u2019ailleurs. Je r\u00eave toujours\u00a0; je ne vis que de r\u00eaves et de pens\u00e9es. Je suis neurasth\u00e9nique. La guerre m\u2019aura bris\u00e9 et transform\u00e9. J\u2019ai trop souffert et ce n\u2019est pas fini. Il me semble que la vie est finie pour moi\u00a0; mon avenir est compromis\u00a0; l\u2019ambition est morte en moi<\/em> \u00bb (page 217). L\u2019ouvrage s\u2019ach\u00e8ve sur la reproduction d\u2019un article de presse \u00ab\u00a0<em>La Libert\u00e9<\/em> \u00bb du 25 avril 1917, sur le retour en h\u00e9ros au Manitoba de Lucien, qui d\u00e9montre la r\u00e9alit\u00e9 francophile du Canada (page 226).<\/p>\n<p>Yann Prouillet \u2013 f\u00e9vrier 2013<\/p>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div>\n<div>\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> L\u2019ensemble de la correspondance et des archives de la famille Kern a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 au centre du patrimoine de la Soci\u00e9t\u00e9 historique de Saint-Boniface, consultable sur <a href=\"http:\/\/shsb.mb.ca\/en\/node\/1912\">http:\/\/shsb.mb.ca\/en\/node\/1912<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Les t\u00e9moins Eug\u00e8ne Kern (1882-1915) ; Lucien Kern (1889-1920) ; Aim\u00e9 Kern (1891-1954) Eug\u00e8ne Kern \u00e0 Epinal le 19 janvier 1915\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lucien et Aim\u00e9 Kern \u00e0 Saint-Aubin-sur-Mer le 28 novembre 1915 Eug\u00e8ne Kern, Alsacien n\u00e9 le 3 avril 1856 \u00e0 Rammersmatt (Haut-Rhin), \u00e9pouse le 18 juillet 1881 \u00e0 Moyenmoutier Constantine Cuny, n\u00e9e \u00e0 Anould &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/02\/12\/kern-eugene-1882-1915-lucien-1889-1920-et-aime-1891-1954\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Kern (famille : 3 t\u00e9moins)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[204,249,105,103,153,10,6],"tags":[281,603,274,272,451],"class_list":["post-1128","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-149e-ri","category-163e-ri","category-170e-ri","category-103","category-5e-bcp","category-combattant-infanterie","category-correspondance-unique","tag-bonne-blessure","tag-canada","tag-censure","tag-embusques","tag-paix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1128","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1128"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1128\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4053,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1128\/revisions\/4053"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1128"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1128"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1128"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}