{"id":1149,"date":"2013-02-19T18:42:12","date_gmt":"2013-02-19T17:42:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1149"},"modified":"2026-02-06T09:27:52","modified_gmt":"2026-02-06T08:27:52","slug":"guy-lucien-1890-1975","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/02\/19\/guy-lucien-1890-1975\/","title":{"rendered":"Guy, Lucien (1890-1975)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/Guy.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1150\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/Guy-214x300.jpg\" alt=\"\" width=\"214\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/Guy-214x300.jpg 214w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/Guy.jpeg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><\/a>Lucien Guy, clich\u00e9 de studio avant la Grande Guerre<\/p>\n<p>Lucien Guy na\u00eet le 10 juillet 1890 \u00e0 Bonneville (Haute-Savoie) de Albert et de Dupuis Madeleine. Il est \u00e9tudiant en droit quand se d\u00e9clenche la Grande Guerre. \u00a0Bless\u00e9 en octobre 1914 et r\u00e9form\u00e9 en 1915, il ne retourne pas au front. Il \u00e9pouse une Suissesse, Louise Andr\u00e9e Thorens (n\u00e9e en 1902), le 14 d\u00e9cembre 1925 \u00e0 Collonge-Bellerive (Suisse). Apr\u00e8s-guerre, il devient directeur de banque. Erudit, il \u00e9crit une histoire de \u00ab\u00a0<em>Bonneville et ses environs<\/em> \u00bb, publi\u00e9e en 1922. Il d\u00e9c\u00e8de le 28 ao\u00fbt 1975 \u00e0 Thonon-les-Bains.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p>Guy, Lucien, <em>Souvenirs de la campagne 1914. Mes 90 jours au 97<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie alpine. Lucien Guy, musicien-brancardier<\/em>, L\u2019Argenti\u00e8re-la-Bess\u00e9e, \u00e9ditions du Fournel, 2007, 127 pages.<\/p>\n<p>L\u2019auteur de ce petit carnet \u00e9voquant 90 jours de campagne commence sa guerre comme musicien-brancardier au 97<sup>e <\/sup>RIA. La reproduction en frontispice de l\u2019ouvrage de courriers dat\u00e9s de 1912 et 1913, \u00e9manant de camarades militaires, semble indiquer qu\u2019il a choisi de faire de la musique pour \u00e9chapper quelque peu aux rigueurs du dressage militaire durant son service militaire. La guerre d\u00e9clar\u00e9e, il suit le r\u00e9giment dans son entr\u00e9e en campagne en Alsace, puis son transport dans le nord du massif et du d\u00e9partement des Vosges pour participer aux combats de La Chipotte, en ao\u00fbt et septembre 1914. Le 15 septembre, au vu des pertes subies, la musique du 97<sup>e<\/sup> est dissoute. Apr\u00e8s une courte p\u00e9riode d\u2019occupation des premi\u00e8res lignes en cours de cristallisation dans le secteur de Badonviller (Meurthe-et-Moselle), il est d\u00e9plac\u00e9 en Artois, o\u00f9 il subit de terribles \u00e9pisodes de bombardements dans le secteur d\u2019Arras. Tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9 par un mur qui s\u2019est abattu sur lui, il obtient une journ\u00e9e de repos dans une ambulance du faubourg Saint-Nicolas \u00e0 Arras. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il est gravement bless\u00e9 le 23 octobre 1914 par un \u00e9clat d\u2019obus au thorax. D\u00e9clar\u00e9 inapte \u00e0 poursuivre la guerre le 16 f\u00e9vrier 1915, il est r\u00e9form\u00e9 n\u00b02 le 1<sup>er <\/sup>septembre suivant et ne retournera jamais au front.<\/p>\n<p>3. Analyse<\/p>\n<p>Lucien Guy est \u00e0 la caserne du 97<sup>e<\/sup> \u00e0 Chamb\u00e9ry quand se d\u00e9clenche la guerre. Il voit une ville patriote et surexcit\u00e9e, f\u00eatant son r\u00e9giment (page 25), et voit \u00ab\u00a0<em>d\u00e9filer une longue caravane d\u2019Italiens, v\u00eatus de d\u00e9froques h\u00e9t\u00e9roclites, portant \u00e0 la main, dans un linge, quelques hardes constituant leur unique richesse<\/em> \u00bb (page 26). Sa campagne d\u00e9but\u00e9e, il glane des balles et des \u00e9quipements allemands (page 35) et d\u00e9crit un accueil des Alsaciens qu\u2019il \u00ab\u00a0<em>lib\u00e8re<\/em> \u00bb diff\u00e9rent selon les g\u00e9n\u00e9rations\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Tandis que mes camarades pr\u00e9parent le repas dans un verger, je vais causer avec ces nouveaux compatriotes. Les vieux sont rest\u00e9s fran\u00e7ais et nous voient d\u2019un bon \u0153il. La nouvelle g\u00e9n\u00e9ration nous accueille assez froidement et semble ignorer compl\u00e8tement l\u2019ancienne langue du pays<\/em> \u00bb (page 36). Son bapt\u00eame du feu \u00e0 Flaxlanden (Haut-Rhin) est une attaque fran\u00e7aise au son de la clique (page 38). Musicien, il est aussi brancardier, assainisseur du champ de bataille et cuisinier. Suivent ainsi quelques description int\u00e9ressantes de l\u2019\u00e9motion d\u2019une primo inhumation (page 55), de la vue du premier mort allemand (page 64), ou d\u2019une marche de 60 kilom\u00e8tres qui \u00e9graine les tra\u00eenards, dont lui, ramass\u00e9s par des bus (page 81). En Artois, il est pris sous un feu roulant, qu\u2019il d\u00e9crit destructeur comme une tornade, bombardement qu\u2019il subit avec angoisse sans \u00e9chappatoire possible (page 92). Sa relation de l\u2019apr\u00e8s combat et de l\u2019aspect du champ de bataille est aussi impressionnante (page 96). Comme nombre de t\u00e9moins, le \u00ab\u00a0<em>tableau grandiose et terrifiant\u00a0!<\/em> \u00bb (page 101) d\u2019un bombardement de nuit sur et autour d\u2019Arras atteste du grand spectacle qu\u2019est parfois la guerre.<\/p>\n<p>Page 4 : Num\u00e9rologie de caserne et conseils d\u2019ancien de faire de la musique<\/p>\n<p>24\u00a0: Vue d\u2019une Chamb\u00e9ry patriote<\/p>\n<p>26\u00a0: Vue d\u2019Italiens en retour chez eux<\/p>\n<p>35\u00a0: Glane des balles et des \u00e9quipements allemands<\/p>\n<p>36\u00a0: Sur l\u2019accueil des Alsaciens<\/p>\n<p>38\u00a0: Vue d\u2019une attaque au son de la clique<\/p>\n<p>46\u00a0: Vue d\u2019espions<\/p>\n<p>53\u00a0: Sur la lettre<\/p>\n<p>54\u00a0: Enterre des morts et des d\u00e9tritus (vap 56, fossoyeur et nettoyeur de champs de bataille)<\/p>\n<p>58\u00a0: Vue de primo inhumations<\/p>\n<p>62\u00a0: Cuisson d\u2019une tonne de viande<\/p>\n<p>64\u00a0: Emotion devant un mort allemand<\/p>\n<p>65\u00a0: Il se trompe de Saint-Blaise<\/p>\n<p>78\u00a0: Voit des bouts du zeppelin LZ8 de La Chapelotte<\/p>\n<p>81\u00a0: Vue d\u2019une longue marche aux tra\u00eenards ramass\u00e9s par des bus<\/p>\n<p>85\u00a0: Vue de goumiers<\/p>\n<p>92\u00a0: Relation \u00e9pique d\u2019un feu roulant d\u00e9crit comme une tornade qu\u2019il subit<\/p>\n<p>96\u00a0: Relation \u00e9pique d\u2019une recherche de bless\u00e9s sur le champ de bataille, vue de corps<\/p>\n<p>98\u00a0: Signalement de tombes allemandes avec des casques<\/p>\n<p>101\u00a0: Tableau grandiose et saisissant du champ de bataille<\/p>\n<p>104\u00a0: Tir ami, 2 morts<\/p>\n<p>110\u00a0: Vue int\u00e9rieure d\u2019un wagon sanitaire<\/p>\n<p><em>Yann Prouillet, f\u00e9vrier 2013<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. 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