{"id":1156,"date":"2013-02-23T12:11:16","date_gmt":"2013-02-23T11:11:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1156"},"modified":"2021-09-15T19:18:18","modified_gmt":"2021-09-15T18:18:18","slug":"buthine-m-a-boulanger-hubinet-emma-1875-1969","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/02\/23\/buthine-m-a-boulanger-hubinet-emma-1875-1969\/","title":{"rendered":"Hubinet, Emma (1875-1969)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<\/p>\n<p>Emma Hubinet na\u00eet le 11 novembre 1875 \u00e0 Glageon (Nord) d\u2019une famille bourgeoise et industrielle&nbsp;; les tissage et corderie Louis Hubinet, fond\u00e9e par son grand-p\u00e8re. Charles Hubinet, son p\u00e8re, filateur, ancien combattant volontaire de la guerre de 1870, d\u00e9cor\u00e9 de la L\u00e9gion d\u2019Honneur (1906) et son \u00e9pouse, Emma Dubois, ont eu trois enfants&nbsp;; Louis (1870-1944), Emma et Nelly (1878-1966). Emma se marie le&nbsp;6 mars 1905 \u00e0 Achille Boulanger, n\u00e9gociant en laine, avec lequel elle aura deux enfants&nbsp;; Roseline (1905-1994) et Didier (1907-1947). A la mort de son p\u00e8re le 2 novembre 1913, elle aide sa m\u00e8re \u00e0 diriger la filature familiale, laquelle sera d\u00e9truite par les Allemands qui l\u2019incendient en quittant le territoire le 6 novembre 1918. Elle b\u00e9n\u00e9ficiera des dommages de guerre pour reconstruire l\u2019usine qui deviendra la filature du Petit Glageon en 1929. La suite de la vie du couple n\u2019est pas connue et Emma Boulanger-Hubinet d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Montmorency (Val-d\u2019Oise) le&nbsp;13 f\u00e9vrier 1969.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p>Buthine, M.-A. <em>Entre l\u2019enclume et le marteau (1914-1918)<\/em>. Paris, imprimerie Paul Dupont, 1932, 343 pages, non illustr\u00e9.<\/p>\n<p>Sous un nom d\u2019emprunt, form\u00e9 par l\u2019anagramme de son patronyme et les initiales phon\u00e9tiques de son pr\u00e9nom, Emma Hubinet met un z\u00e8le tout particulier dans l\u2019ouvrage \u00e0 prot\u00e9ger le v\u00e9ritable \u00e9tat-civil de sa famille et le nom de sa commune, Glageon, gros village de pr\u00e8s de 2 850 habitants (1911) presque limitrophe \u00e0 la Belgique. Les quelques \u00e9l\u00e9ments fournis dans l\u2019ouvrage confirment toutefois que sont bien \u00e9voqu\u00e9s sa m\u00e8re, son p\u00e8re, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1913, et ses deux enfants, \u00e2g\u00e9s de 9 et 7 ans \u00e0 la d\u00e9claration de guerre. De fait, c\u2019est \u00e9galement l\u2019histoire de Glageon et de la filature Louis Hubinet pendant la Grande Guerre qui sont racont\u00e9s par Emma. Pass\u00e9s les premiers jours d\u2019ao\u00fbt 1914, o\u00f9 elle assiste \u00e0 la mobilisation de cette commune de l\u2019Avesnois, au sud de Maubeuge, elle est prise en voiture dans l\u2019exode des populations frontali\u00e8res et belges (page 17) alors qu\u2019arrivent les Anglais en renfort. Mais Maubeuge capitule, Achille, son mari, part alors pour la captivit\u00e9, et la r\u00e9gion est envahie d\u00e8s les premiers jours de septembre 1914. Commence alors une longue et douloureuse occupation et le lent d\u00e9pe\u00e7age de ses biens et de l\u2019usine familiale \u00e0 coups de perquisitions (une vingtaine en tout) et de r\u00e9quisitions de tout ce qui peut servir \u00e0 l\u2019occupant. En mai 1915, pour avoir critiqu\u00e9 le fait que \u00ab&nbsp;<em>dans les r\u00e9gions envahies, nous \u00e9tions empoisonn\u00e9s par la<\/em> Gazette des Ardennes&nbsp;\u00bb (page 91), elle \u00e9cope de 10 jours de prison au Ch\u00e2teau des Carmes de Tr\u00e9lon, car elle refuse de payer une amende de 100 marks. De forte personnalit\u00e9, elle multiplie les actes de \u00ab&nbsp;r\u00e9sistance&nbsp;\u00bb par \u00ab&nbsp;<em>un esprit frondeur qui se manifeste en toutes occasions<\/em> \u00bb (page 113), et qui lui vaut, le 5 f\u00e9vrier 1916, une nouvelle condamnation, cette fois-ci \u00e0 3 mois de prison \u00e0 purger en Allemagne, \u00e0 la prison de Trier (Tr\u00eaves) puis Siegburg. De retour \u00e0 Glageon, elle continue de s\u2019opposer \u00e0 l\u2019exhaustion de son patrimoine industriel et \u00e9cope d\u2019une nouvelle condamnation de 3 mois de prison, en avril 1917, pour sa mauvaise volont\u00e9 devant les \u00ab&nbsp;r\u00e9quisitions&nbsp;\u00bb, ainsi que du surnom de \u00ab&nbsp;<em>madame Capitaliste<\/em> \u00bb (page 208). En effet, politiquement, elle dit des socialistes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Tous nos conseillers municipaux sont socialistes, Les belles doctrines du parti&nbsp;; l\u2019\u00e9galit\u00e9 des classes, le partage int\u00e9gral, l\u2019entr\u2019aide sociale, nul parmi eux ne les a pratiqu\u00e9es&nbsp;; elles se sont effrit\u00e9es sur les pierres de touche de l\u2019\u00e9go\u00efsme, et du n\u00e9potisme. La guerre a arrach\u00e9 leurs masques<\/em> \u00bb (page 329). 1917 est une ann\u00e9e difficile au point de vue alimentaire \u2013 en t\u00e9moignent les tableaux comparatifs des rations des aliments de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 reproduits pages 257 et 258 \u2013 aussi \u0153uvre-t-elle par p\u00e9titions \u00e0 la C.R.B. (Commission for Relief in Belgium) \u00e0 am\u00e9liorer le sort de ses compatriotes. Le 6 novembre 1918, elle assiste accabl\u00e9e \u00e0 l\u2019incendie de la filature familiale et aux destructions d\u2019une arm\u00e9e allemande en retraite. La lib\u00e9ration apporte en effet des exactions que l\u2019occupation n\u2019avait pas vu commettre. La fin de la guerre n\u2019arr\u00eate pas son r\u00e9cit qui \u00e9voque l\u2019\u00e9puration, jusqu\u2019au proc\u00e8s de Lille, o\u00f9 elle est convoqu\u00e9e comme t\u00e9moin en avril 1921. Elle ressort de cet imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre avec le sentiment d\u2019un \u00ab&nbsp;<em>assainissement<\/em> \u00bb inachev\u00e9 (page 339). Elle termine son r\u00e9cit sur des phrases pr\u00e9monitoires, \u00e9crites en mars 1932, et frapp\u00e9es au coin de la fatalit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>On n\u2019est bien persuad\u00e9 \u00e0 pr\u00e9sent qu\u2019une nouvelle guerre est in\u00e9vitable. L\u2019Allemagne ne se r\u00e9signe pas, elle \u00e9l\u00e8ve ses enfants dans le culte de la revanche. A la t\u00eate des agitateurs, l\u2019\u00e9pileptique Hitler domine la masse populaire, et d\u00e9cha\u00eenera l\u2019abominable cataclysme<\/em> \u00bb (page 343).<\/p>\n<p>3. Analyse<\/p>\n<p>L\u2019histoire de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise pendant la Grande Guerre reste \u00e0 \u00e9crire. Le journal d\u2019Emma Hubinet en est une ind\u00e9niable contribution par le t\u00e9moignage d\u2019une r\u00e9sistante inertielle d\u2019une chef d\u2019entreprise en zone occup\u00e9e. Car elle est v\u00e9ritablement une personnalit\u00e9&nbsp;; bourgeoise cultiv\u00e9e et volontaire, elle repr\u00e9sente les rares prises de parole du monde industriel <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> qui fut lui aussi victime de la Grande Guerre et qui a concouru \u00e9galement pour une large part \u00e0 la r\u00e9sistance int\u00e9rieure sous l\u2019occupation, en tentant de limiter l\u2019apport forc\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de guerre allemande. Elle multiplie donc, outre sa mauvaise volont\u00e9 permanente, les soustractions de mati\u00e8res premi\u00e8res aux perquisitions, et d\u00e9veloppe des tr\u00e9sors de ressources pour en dissimuler le plus possible aux visites domiciliaires, jusqu\u2019aux linges <em>\u00ab&nbsp;cach\u00e9s dans les jardins, dissimul\u00e9s dans les haies, ou confi\u00e9s aux voisins d\u00e9j\u00e0 perquisitionn\u00e9s<\/em> \u00bb (page 278). C\u2019est tr\u00e8s souvent le motif qui va occasionner ses condamnations \u00e0 la prison, augment\u00e9 d\u2019un comportement d\u2019opposition syst\u00e9matique et de bravade exasp\u00e9rant pour l\u2019occupant. En fait, elle effectue un travail de sape psychologique qu\u2019elle pense effectif quand elle constate que \u00ab&nbsp;<em>les soldats partent d\u00e9moralis\u00e9s, sans entrain, l\u2019\u00e2me endeuill\u00e9<\/em>e&nbsp;\u00bb (page 280) apr\u00e8s ses entrevues. Alors qu\u2019elle \u00e9crit en 1932, elle confie&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>M\u00eame \u00e0 l\u2019heure actuelle, \u00e9crivant apr\u00e8s de longues ann\u00e9es le r\u00e9cit de mes souvenirs de guerre, j\u2019ai un tel respect pour les cachettes, rest\u00e9es inviol\u00e9es, que je n\u2019en livre pas le secret, me souvenant des difficult\u00e9s accrues en France libre les moyens dont on usait pour tromper les Allemands&nbsp;; ceux-ci \u00e9taient finalement renseign\u00e9s par leurs espions<\/em> \u00bb (page 64). Elle enterre en effet le vin (page 107) ou ses tuyaux de cuivre&nbsp;; \u00ab&nbsp;<em>ce cuivre-l\u00e0 au moins ne fut pas converti en munitions<\/em> \u00bb (page 85). C\u2019est tr\u00e8s vraisemblablement le statut social de la r\u00e9fractaire qui lui \u00e9vitera la d\u00e9portation et les camps de travail. Toutefois, sa non participation \u00e0 un r\u00e9seau actif de r\u00e9sistance ne lui conf\u00e8re pas toutefois le statut d\u2019une Louise de Bettignies avec laquelle elle sera par ailleurs incarc\u00e9r\u00e9e (page 163). Sa vision des Allemands est bien entendu sans complaisance&nbsp;; \u00ab&nbsp;<em>les jeunes officiers ressemblent pour la plupart au Kronprinz&nbsp;; sans doute copient-ils ses mani\u00e8res et accommodent-ils leurs visages dans ce but<\/em> \u00bb (page 42). Plus loin, elle revient sur les images d\u2019Epinal&nbsp;d\u2019un Allemand voleur mais qui \u00ab&nbsp;<em>avait \u00e9pargn\u00e9 la pendule. Ce proc\u00e9d\u00e9 confirme la remarque faite depuis l\u2019invasion. Les Allemands que l\u2019on a appel\u00e9s, apr\u00e8s la guerre de 1870, LES VOLEURS DE PENDULES, n\u2019ont garde de les prendre au cours de cette campagne&nbsp;; elles sont sacr\u00e9es, ils n\u2019y touchent pas, d\u2019accord sans doute avec les ordres des chefs<\/em> \u00bb (pages 227-228). Elle rapporte la francophobie aliment\u00e9e par l\u2019arm\u00e9e allemande&nbsp;: \u00ab&nbsp;(\u2026) <em>je rappelle un ordre donn\u00e9 \u00e0 la population allemande, par le g\u00e9n\u00e9ral teuton Liebert, dont j\u2019ai eu connaissance apr\u00e8s la guerre&nbsp;:<\/em> \u00ab&nbsp;Quiconque sur le sol allemand pr\u00eate \u00e0 un Fran\u00e7ais un toit ou un abri, quiconque serre sa main maudite, quiconque ne le m\u00e9prise, et ne le hait pas jusqu\u2019\u00e0 la mort, quiconque le juge digne d\u2019un regard, doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un mis\u00e9rable sans honneur&nbsp;\u00bb (pages 241-242). Elle \u00e9voque enfin, comme nombre d\u2019autres t\u00e9moins, l\u2019odeur de l\u2019ennemi<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, sentant \u00ab&nbsp;<em>autant que des fauves<\/em> \u00bb (page 302). Mais \u00e9galement, elle leur trouve quelques similitudes avec les combattants fran\u00e7ais&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il y a un antagonisme profond entre les soldats du front, et les embusqu\u00e9s des services de l\u2019arri\u00e8re<\/em> \u00bb (page 209). Elle d\u00e9crit aussi les prisons et leur population&nbsp;; otages, inculp\u00e9s, prisonniers, ayant des conditions de r\u00e9clusions sp\u00e9cifiques (page 101) ou des v\u00eatements personnalis\u00e9s (page 138). Emma liste les raisons possibles d\u2019une peine d&rsquo;incarc\u00e9ration : \u00ab&nbsp;<em>refus du salut, insoumission au travail, carte d\u2019identit\u00e9 oubli\u00e9e ou perdue, utilisation d\u2019objets r\u00e9quisitionn\u00e9s, course sans passeport, commerce d\u2019aliments de fraude<\/em> \u00bb (page 214) mais aussi conservation de lait ou de beurre pour les fermiers, utilisation du mot boche, etc. Elle note une diff\u00e9rence de traitement entre les populations belges et fran\u00e7aises envahies (page 211). Elle d\u00e9voile les multiples subterfuges dont elle use pour tromper la censure et la surveillance des courriers, change de nom, de profession (page 194), de statut, de style d\u2019\u00e9criture, passant la correspondance par la Belgique toute proche (page 104). Des ruses similaires sont employ\u00e9es pour faire passer des victuailles aux prisonniers (page 213). Le conflit durant et malgr\u00e9 l\u2019aide de la C.R.B. du comit\u00e9 hispano-am\u00e9ricain, l\u2019alimentation et la vie quotidienne deviennent de plus en plus difficiles&nbsp;; augmentation du prix des denr\u00e9es (notamment pages 243 et 257), les feuilles s\u00e9ch\u00e9es de noyer remplacent le tabac (page 253), il n\u2019y a plus de chaussures (page 267), les inconfortables matelas \u00ab&nbsp;<em>en poils de b\u00eates<\/em> \u00bb (page 279), etc. Bien entendu, elle garde, m\u00eame apr\u00e8s-guerre&nbsp; une profonde aversion contre l\u2019occupant&nbsp;: \u00ab&nbsp;(\u2026) <em>des \u00e9quipes de prisonniers allemands, sous la direction de gardiens inflexibles, r\u00e9parent les d\u00e9g\u00e2ts des leurs<\/em>. (\u2026) <em>J\u2019\u00e9prouve m\u00eame un r\u00e9confort intense \u00e0 voir ces pelotons peiner, suer, car je les ai vus \u00e0 l\u2019\u0153uvre et je sais comment ils traitaient les n\u00f4tres<\/em> \u00bb (page 332).<\/p>\n<p>Yann Prouillet, f\u00e9vrier 2013<\/p>\n<hr size=\"1\">\n<div>\n<div>\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Emma Hubinet rappelle le t\u00e9moignage de Marie Cuny, industrielle vosgienne de la zone libre. Voir sa notice dans le pr\u00e9sent dictionnaire ou sur <a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/12\/03\/marie-cuny-nee-boucher-1884-1960-et-georges-cuny-1873-1946\/\">http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/12\/03\/marie-cuny-nee-boucher-1884-1960-et-georges-cuny-1873-1946\/<\/a>.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Lire \u00e0 ce sujet l\u2019\u00e9tude de Courmont, Juliette, <em>L\u2019odeur de l\u2019ennemi<\/em>. Paris, Armand Colin, 2010, 184 pages.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Emma Hubinet na\u00eet le 11 novembre 1875 \u00e0 Glageon (Nord) d\u2019une famille bourgeoise et industrielle&nbsp;; les tissage et corderie Louis Hubinet, fond\u00e9e par son grand-p\u00e8re. 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