{"id":117,"date":"2008-07-22T11:06:11","date_gmt":"2008-07-22T10:06:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/07\/22\/poizot-charles-henri-1891-1966\/"},"modified":"2021-09-09T17:11:46","modified_gmt":"2021-09-09T16:11:46","slug":"poizot-charles-henri-1891-1966","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/07\/22\/poizot-charles-henri-1891-1966\/","title":{"rendered":"Poizot, Charles Henri (1891-1966)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>Il est n\u00e9 \u00e0 Saint-Quentin (Aisne) le 14 mars 1891 dans une famille catholique. A la d\u00e9claration de guerre, il est employ\u00e9 dans une petite entreprise de textile. Au 67<sup>e<\/sup> RI de Soissons, il est sergent dans l&rsquo;\u00e9quipe des t\u00e9l\u00e9phonistes. D\u00e9mobilis\u00e9 le 30 juillet 1919. Il se marie en 1920 \u00e0 Tarare (Rh\u00f4ne) o\u00f9 il choisit de demeurer. Il aura deux filles. Il meurt en 1966.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>La famille a conserv\u00e9 six petits carnets d&rsquo;une \u00e9criture fine et lisible, au crayon ou \u00e0 l&rsquo;encre. Les quatre premiers contiennent des notes assez br\u00e8ves \u00e0 la date du jour, encore plus br\u00e8ves vers la fin de la guerre. La p\u00e9riode couverte va du 28 juillet 1914 au 22 f\u00e9vrier 1919. Les deux autres contiennent diverses listes de noms et adresses, des comptes, le texte de ses deux citations, etc.<\/p>\n<p>Les carnets ont \u00e9t\u00e9 \u00ab retranscrits, comment\u00e9s et pr\u00e9fac\u00e9s par Dominique Bussillet \u00bb, petite-fille de l&rsquo;auteur, sous le titre <em>Histoire d&rsquo;un Poilu. Carnets de Charles-Henri Poizot du 67<sup>e<\/sup> RI<\/em>, Par\u00e7ay-sur-Vienne, Editions Anovi, 2003, 143 pages. Le livre est illustr\u00e9 de photos de l&rsquo;auteur et de pages des carnets.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Au cours des premi\u00e8res semaines de guerre, Poizot revient \u00e0 plusieurs reprises sur la puissance de l&rsquo;artillerie allemande. Il signale un \u00ab acte de sauvagerie \u00bb des Allemands (22 septembre) mais il n&rsquo;en a pas \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin. Le 13 octobre, il dit avoir assist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un soldat du 106, fusill\u00e9 pour abandon de poste. Autres ex\u00e9cutions quelques jours plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>&#8211; Le 11 novembre 1914, malade depuis plusieurs jours, il se pr\u00e9sente \u00e0 la visite. Il est exempt de service avec \u00ab pri\u00e8re de ne pas revenir \u00bb. Il avait en fait la fi\u00e8vre typho\u00efde, et il a quand m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 se faire \u00e9vacuer le18 novembre. Il ne revient sur le front qu&rsquo;en mai 1915, constatant que le r\u00e9giment avait beaucoup souffert.<\/p>\n<p>&#8211; L&rsquo;offensive de Champagne en septembre 1915 est pr\u00e9sent\u00e9e aux soldats comme devant \u00eatre d\u00e9cisive : \u00ab J&rsquo;y vais de bon c\u0153ur car, maintenant que je suis rapproch\u00e9 de mon pays, j&rsquo;ai l&rsquo;espoir que je verrai bient\u00f4t mes parents lib\u00e9r\u00e9s du joug des Allemands \u00bb (23 septembre). Le 67<sup>e<\/sup> est devant Souain, l&rsquo;attaque est terrible, les r\u00e9sultats sont d\u00e9cevants. Nouveau \u00ab calvaire \u00bb, \u00ab carnage \u00bb, \u00e0 Verdun en juin 1916. Et dans la Somme, pr\u00e8s de Suzanne, en septembre : \u00ab 25 septembre. Et puis \u00e7a me d\u00e9go\u00fbte je ne dirai rien, nous avons pass\u00e9 8 jours en premi\u00e8re ligne, couch\u00e9s dans la terre, la boue, la pluie, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 par un obus, la tranch\u00e9e est nivel\u00e9e, des copains tomb\u00e9s \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, quel carnage. \u00bb Aussi, le 12 avril 1917, \u00e0 la veille de l&rsquo;offensive Nivelle, sept points d&rsquo;interrogation expriment son scepticisme : \u00ab On nous fait une conf\u00e9rence sur la grande attaque qui va avoir lieu. Cette fois on va les avoir ??????? A part \u00e7a, les Boches sont toujours \u00e0 Saint-Quentin. Quel cafard. Vivement la fin. \u00bb<\/p>\n<p>&#8211; L&rsquo;originalit\u00e9 de Poizot, c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre un soldat des \u00ab pays envahis \u00bb, coup\u00e9 de sa famille pendant presque toute la dur\u00e9e de la guerre. Il \u00e9voque \u00e0 plusieurs reprises ses parents rest\u00e9s sous la domination allemande. Il n&rsquo;arrive pas \u00e0 leur donner de ses nouvelles. Il n&rsquo;en re\u00e7oit, indirectement, qu&rsquo;en mai 1916. Il ne peut aller chez lui en permission. Il passe sa convalescence \u00e0 Paris apr\u00e8s la typho\u00efde. Il va en permission dans le Gers, chez M. Cartan, h\u00f4telier \u00e0 L&rsquo;Isle-Jourdain, qui l&rsquo;accueille comme s&rsquo;il \u00e9tait un membre de sa famille (13 janvier 1916), puis chez Mme Ducos \u00e0 Gimont (16 ao\u00fbt 1916). Tous les retours de permission produisent un \u00ab cafard intense \u00bb. Une br\u00e8ve \u00e9claircie, lorsque le r\u00e9giment d\u00e9barque \u00e0 F\u00e8re-en-Tardenois (19 juillet 1916) : \u00ab Nous sommes dans l&rsquo;Aisne. Il me semble que les pays sont plus beaux et les gens moins arrogants. \u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9my Cazals, juillet 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Il est n\u00e9 \u00e0 Saint-Quentin (Aisne) le 14 mars 1891 dans une famille catholique. 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