{"id":1188,"date":"2013-03-09T11:00:41","date_gmt":"2013-03-09T10:00:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1188"},"modified":"2021-09-15T19:20:02","modified_gmt":"2021-09-15T18:20:02","slug":"guillaumat-adolphe-1863-1940","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/03\/09\/guillaumat-adolphe-1863-1940\/","title":{"rendered":"Guillaumat, Adolphe (1863-1940)"},"content":{"rendered":"<p>Fils d\u2019officier, il est n\u00e9 le 4 janvier 1863 \u00e0 Bourgneuf (Charente-Maritime). Saint-Cyr, Alg\u00e9rie, Tunisie, Tonkin. En Chine contre les Boxers, il est bless\u00e9 ; soign\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital d\u2019Hiroshima. Successivement professeur \u00e0 Saint-Cyr et \u00e0 l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure de Guerre. Mari\u00e9 en 1906 avec une jeune femme de la bourgeoisie toulousaine ; deux fils, n\u00e9s en 1908 et 1909. Il se pr\u00e9sente comme ami de P\u00e9tain, comme ayant les m\u00eames valeurs r\u00e9publicaines que Sarrail, mais il est bon catholique et va \u00e0 la messe (pourtant il estime que la guerre a \u00e9t\u00e9 \u00ab d\u00e9cha\u00een\u00e9e par les j\u00e9suites d\u2019Autriche \u00bb). Lors de la mobilisation, il est g\u00e9n\u00e9ral de brigade et chef de cabinet du ministre de la Guerre Messimy. Son ordonnance Robillot est le mari de la cuisini\u00e8re des Guillaumat. Les lettres \u00e0 sa femme, \u00e0 Toulouse, ont \u00e9t\u00e9 retranscrites par celle-ci sur deux cahiers en coupant de nombreux passages, mais les 1300 pi\u00e8ces originales ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es, retrouv\u00e9es par un petit-fils et publi\u00e9es en n\u2019op\u00e9rant pas le m\u00eame choix. Promu \u00e0 des fonctions tr\u00e8s importantes, le g\u00e9n\u00e9ral parle peu de son action militaire mais engage avec son \u00e9pouse une conversation sur les \u00e9tudes de leurs fils, les retards de ses promotions, les personnalit\u00e9s que son rang l\u2019oblige \u00e0 rencontrer. Il appr\u00e9cie Abel Ferry (voir ce nom), Albert Thomas et Justin Godart ; il fuit quand on lui annonce Barr\u00e8s ou Loti (voir ce nom). Quand Poincar\u00e9 arrive \u00ab en tenue de chauffeur d\u2019automobile \u00bb, il note son inintelligence, son manque de c\u0153ur et les ridicules de son entourage. On aurait l\u2019impression que l\u2019activit\u00e9 principale d\u2019un g\u00e9n\u00e9ral est de recevoir Clemenceau et Churchill, le roi d\u2019Italie qui ne fait pas bonne impression, des personnalit\u00e9s am\u00e9ricaines et des \u00e9v\u00eaques. Mais il avoue aussi, amus\u00e9, que l\u2019autorit\u00e9 l\u2019a invit\u00e9 \u00e0 provoquer \u00ab discr\u00e8tement \u00bb l\u2019\u00e9tablissement de quelques maisons closes en Champagne en janvier 1916.<br \/>\nFin juillet 14, il d\u00e9crit, depuis le minist\u00e8re, les jours de la marche \u00e0 la guerre ; il a la certitude de la victoire gr\u00e2ce \u00e0 la loi des trois ans ; il est satisfait que le ministre laisse Joffre tout mener \u00e0 sa guise. Il n\u2019accable pas le 15e corps : \u00ab on semble s\u2019\u00eatre acharn\u00e9 sur des positions fortifi\u00e9es et les avoir mal abord\u00e9es. \u00bb Au changement de ministre, il est nomm\u00e9 commandant de la 33e DI du 17e CA en pleine retraite. D\u00e8s la bataille de la Marne, il comprend que cette guerre est celle de l\u2019artillerie ; il constate les \u00e9normes pertes en officiers et en chevaux ; quant aux hommes, ils \u00ab sont \u00e9tonnants de r\u00e9sistance, et je n\u2019aurais pas cru qu\u2019on pouvait demander \u00e0 l\u2019animal humain une pareille \u00e9preuve \u00bb. En d\u00e9cembre, il commande la 4e DI en Argonne o\u00f9 se d\u00e9roule une guerre \u00ab compartiment\u00e9e \u00bb loin des g\u00e9n\u00e9raux. En f\u00e9vrier 15, il est promu chef du 1er CA en Champagne et note, sur le saillant de Saint-Mihiel, des attaques co\u00fbteuses aux r\u00e9sultats minimes (mars), puis il croit au succ\u00e8s de l\u2019offensive de septembre.<br \/>\nEn f\u00e9vrier 16, il est \u00e0 Verdun, sous les ordres de P\u00e9tain. Le secteur \u00e9tait tr\u00e8s mal fortifi\u00e9, les bombardements sont terribles, mais les hommes tiennent. Il r\u00e9sume ainsi la situation : \u00ab toute la question est de savoir qui pourra y manger le plus d\u2019hommes et de munitions. \u00bb Et il critique \u00ab la r\u00e9clame Nivelle pour faire oublier P\u00e9tain \u00bb, tandis que Joffre est \u00ab aimable et inconsistant \u00bb. Lorsque Nivelle prend la place de Joffre, Guillaumat lui succ\u00e8de \u00e0 la t\u00eate de la IIe arm\u00e9e. Il pense que c\u2019est le moment de se d\u00e9barrasser de la \u00ab camarilla odieuse, b\u00eate et m\u00e9chante \u00bb qui entourait Joffre. Mais Nivelle n\u2019en est pas capable. Pendant l\u2019offensive du 16 avril, Guillaumat, commandant \u00e0 Verdun, n\u2019est pas directement concern\u00e9, mais il note, d\u00e8s le 24 avril : \u00ab notre insucc\u00e8s est ind\u00e9niable \u00bb. La nomination de P\u00e9tain \u00e0 la place de Nivelle est le signe d\u2019un grave \u00e9chec. Pas plus que Joffre, Nivelle n\u2019a su s\u2019imposer \u00e0 cette \u00ab bande de galopins que toute l\u2019arm\u00e9e maudit sous le nom de Jeunes Turcs \u00bb. Les conceptions de Mangin et de Nivelle touchaient \u00e0 \u00ab la folie pure \u00bb et ils ne pouvaient \u00eatre aid\u00e9s par ce \u00ab g\u00e9nie d\u00e9sorganisateur qu\u2019est Foch \u00bb ou cette \u00ab vieille baderne \u00bb de Fayolle, etc. Quant aux ministres, mieux vaut que Clemenceau remplace Painlev\u00e9 qualifi\u00e9 de \u00ab hanneton math\u00e9matique \u00bb. On a l\u2019impression que Guillaumat se d\u00e9foule en \u00e9crivant \u00e0 sa femme, et il se met m\u00eame \u00e0 critiquer P\u00e9tain.<br \/>\nLe 6 d\u00e9cembre 1917, Guillaumat est nomm\u00e9 commandant en chef de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Orient. Au cours de son voyage, il visite Rome ; au cours de son s\u00e9jour, il visite Ath\u00e8nes et l\u2019Acropole. Il fait part de son anxi\u00e9t\u00e9 \u00e0 la nouvelle des offensives allemandes du printemps 1918. Lorsqu\u2019il est rappel\u00e9 d\u2019urgence en France le 6 juin, il croit que c\u2019est pour commander en chef les arm\u00e9es fran\u00e7aises \u00e0 la place de P\u00e9tain qui lui-m\u00eame prendrait la place de Foch. Mais il n\u2019est nomm\u00e9 que gouverneur de Paris, puis commandant de la Ve arm\u00e9e. \u00ab Toujours changer, toujours reconstruire, toujours trimer \u00bb, conclut-il.<br \/>\nSur l\u2019armistice, il a une remarque de bon sens : \u00ab Ce n\u2019\u00e9tait pas un trait\u00e9 qu\u2019on leur apportait [aux Allemands], c\u2019\u00e9tait un verdict. \u00bb Mais, dans le cours de sa correspondance, il a parfois hasard\u00e9 des affirmations plus discutables. Par exemple, le 1er f\u00e9vrier 1915 lorsqu\u2019il \u00e9voque ainsi les atrocit\u00e9s allemandes : \u00ab on a trouv\u00e9 des familles le p\u00e8re les yeux crev\u00e9s, la m\u00e8re les seins coup\u00e9s, leur fille de six ans les poignets hach\u00e9s. \u00bb Ou le 25 du m\u00eame mois, lorsqu\u2019il attend beaucoup de l\u2019exp\u00e9dition des Dardanelles. Ou encore, le 21 d\u00e9cembre 1916 : \u00ab Je m\u2019\u00e9nerve plus que jamais \u00e0 la pens\u00e9e que le Boche est \u00e0 bout, et que nous parlons au lieu de l\u2019achever. \u00bb<br \/>\nRC<br \/>\n*<em>Correspondance de guerre du g\u00e9n\u00e9ral Guillaumat<\/em>, transcrite et \u00e9dit\u00e9e par Paul Guillaumat, Paris, L\u2019Harmattan, 2006, 445 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fils d\u2019officier, il est n\u00e9 le 4 janvier 1863 \u00e0 Bourgneuf (Charente-Maritime). Saint-Cyr, Alg\u00e9rie, Tunisie, Tonkin. 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