{"id":121,"date":"2008-07-26T15:30:18","date_gmt":"2008-07-26T14:30:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/07\/26\/delbeye-b-1888\/"},"modified":"2026-02-06T12:09:04","modified_gmt":"2026-02-06T11:09:04","slug":"delabeye-b-1888","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/07\/26\/delabeye-b-1888\/","title":{"rendered":"Delabeye, Beno\u00eet (1888-1962)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p><a title=\"Lien direct vers le fichier\" href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2008\/07\/delabeyeportrait.JPG\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2008\/07\/delabeyeportrait.thumbnail.JPG\" alt=\"L'auteur lieutenant\" width=\"99\" height=\"128\" \/><\/a><br \/>\nBeno\u00eet Delabeye est n\u00e9 le 7 avril 1888 \u00e0 Pont-de-Beauvoisin (Savoie), de Jean et de Clotilde Millon. Apr\u00e8s avoir fait ses classes au 140<sup>e<\/sup> R.I. de Grenoble, d\u2019o\u00f9 il sort au grade de caporal, il parvient \u00e0 revenir \u00e0 ce r\u00e9giment \u00e0 la mobilisation malgr\u00e9 des probl\u00e8mes de vue. Nomm\u00e9 sergent sous le feu, le 27 ao\u00fbt 1914, il est affect\u00e9 \u00e0 l\u2019instruction des jeunes soldats en mars 1915 et est lieutenant en 1916. Affect\u00e9 ensuite au 89<sup>e<\/sup> puis au 131<sup>e<\/sup> R.I., il continue la campagne aux confins alg\u00e9ro-marocains, dans le Sahara. En 1918, il est nomm\u00e9 chef du 2<sup>e<\/sup> bureau de l\u2019\u00e9tat-major des territoires du Sud. D\u00e9mobilis\u00e9 en ao\u00fbt 1919, il reste en Alg\u00e9rie, o\u00f9 il s\u2019est mari\u00e9 le 1<sup>er <\/sup>mars 1919, avec Ren\u00e9e Juliette Marie Moureau. Il est encore domicili\u00e9 \u00e0 Alger, o\u00f9 il tient un commerce de vins et alcools \u00e0 son nom, en 1952, date \u00e0 laquelle il re\u00e7oit la L\u00e9gion d\u2019Honneur. Il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 \u00e0 deux reprises en juillet et septembre 1919 et d\u00e9cor\u00e9 de la Croix du Combattant Volontaire en 1931. Il semble avoir termin\u00e9 sa carri\u00e8re apr\u00e8s 23 ann\u00e9es de services et campagnes comme lieutenant d\u2019artillerie. Il d\u00e9c\u00e8de le 14 septembre 1962 \u00e0\u00a0Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise).<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p>Delabeye, Beno\u00eet (Lt), <em>Avant la ligne Maginot. Admirable r\u00e9sistance de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> arm\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re des Vosges. H\u00e9ro\u00efque sacrifice de l&rsquo;infanterie fran\u00e7aise<\/em>. Montpellier, Causse, Graille &amp; Castelnau, 1939, 278 pages, non illustr\u00e9, portrait en frontispice.<\/p>\n<p><a title=\"Lien direct vers le fichier\" href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2008\/07\/delabeye.JPG\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2008\/07\/delabeye.thumbnail.JPG\" alt=\"L'ouvrage\" width=\"150\" height=\"163\" \/><\/a><\/p>\n<p>Sous le nom d\u2019auteur de l\u2019ouvrage est ajout\u00e9 \u00ab <em>combattant volontaire de l\u2019infanterie<\/em> \u00bb. L\u2019ouvrage de souvenirs, tr\u00e8s pr\u00e9cis, car bas\u00e9 sur un carnet de route dont il est fait mention en derni\u00e8re page, comporte une datation \u00e9pisodique. La chronologie peut toutefois \u00eatre ais\u00e9ment reconstitu\u00e9e jour par jour du 3 ao\u00fbt au 12 septembre 1914, p\u00e9riode concern\u00e9e par le t\u00e9moignage. Bien que r\u00e9dig\u00e9e en 1934, la retranscription des souvenirs du caporal n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9form\u00e9e par les apports anachroniques de l&rsquo;Histoire, post\u00e9rieurs aux sentiments sp\u00e9cifiques de 1914, comme pourrait le laisser pr\u00e9sager le titre. Toutefois, l\u2019auteur ne se prive pas de quelques analyses a posteriori. Beno\u00eet Delabeye annonce en fin d\u2019ouvrage un deuxi\u00e8me volume, reprenant le reste de sa campagne. Ce livre n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 notre connaissance.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Le 3 ao\u00fbt 1914, le caporal Delabeye se voit signifier qu&rsquo;il ne pourra faire la campagne qui s&rsquo;annonce du fait d&rsquo;une myopie particuli\u00e8rement incapacitante. Loin d&rsquo;agr\u00e9er \u00e0 cette d\u00e9cision, il va user d&rsquo;un stratag\u00e8me pour faire son devoir et, au quatri\u00e8me jour de la mobilisation, int\u00e9grer le 140<sup>e<\/sup> R.I. Le lendemain, le train va l&#8217;emmener de Grenoble \u00e0 Bruy\u00e8res, dans les Vosges, pour un cantonnement \u00e0 L\u00e9panges-sur-Vologne o\u00f9 le r\u00e9giment d\u00e9file devant le g\u00e9n\u00e9ral Dubail. D\u00e8s lors, le 140<sup>e<\/sup> va marcher vers l&rsquo;Alsace et faire halte \u00e0 Fraize, au pied du Bonhomme le 11 ao\u00fbt. Le bapt\u00eame du feu, terrible, aura lieu le 14 au col de Sainte-Marie, o\u00f9 l&rsquo;auteur est pris dans la tourmente d&rsquo;un d\u00e9luge d&rsquo;artillerie qui fera ses premiers tu\u00e9s et bless\u00e9s. Le r\u00e9giment toutefois peu de jours plus tard \u00e0 Sainte-Marie-aux-Mines, libre de l&rsquo;ennemi qui a retrait\u00e9 devant les troupes fran\u00e7aises. Deux jours d&rsquo;accalmie pr\u00e9c\u00e8dent vite un reflux allemand, contenu, mais qui va porter le r\u00e9giment vers d&rsquo;autres cimes vosgiennes par Provench\u00e8res-sur-Fave et le col de Saales dans la vall\u00e9e de la Bruche. Le 22 ao\u00fbt, Delabeye re\u00e7oit l&rsquo;ordre de retraite sur le massif du Donon, entre les cols du Hantz et de Pray\u00e9. La 27<sup>e<\/sup> division toute enti\u00e8re recule et descend lentement la vall\u00e9e du Rabodeau et Delabeye fait halte \u00e0 La Petite-Raon. Cette retraite se poursuit alors que s&rsquo;engage le 25 ao\u00fbt la bataille de la Meurthe. A cette date, il gravit le massif de la Haute-Pierre au dessus de Moyenmoutier et regarde sans agir la bataille de Saint-Blaise qui co\u00fbtera la vie \u00e0 de nombreux cadres et soldats du 140<sup>e<\/sup>. La retraite se poursuit le long de la Meurthe, travers\u00e9e pr\u00e8s de La Hollande et qu&rsquo;il faut mettre en \u00e9tat de d\u00e9fense. Nous sommes le 27 ao\u00fbt et dans l&rsquo;action, le caporal est nomm\u00e9 sergent et le bataillon rejoint Saint-Michel-sur-Meurthe qui va tr\u00e8s bient\u00f4t \u00eatre la cible de l&rsquo;artillerie ennemie. La 28<sup>e<\/sup> D.I. se situe elle vers Saint-Di\u00e9 quand va s&rsquo;engager la bataille de \u00ab\u00a0<em>la Combe de Nompatelize<\/em>\u00a0\u00bb et que la compagnie de Delabeye ne compte plus que 148 fusils sur 232 embarqu\u00e9s \u00e0 Grenoble. \u00ab\u00a0<em>Je croyais entendre le glas sonner au clocher des villages de ceux qui gisaient l\u00e0&#8230;<\/em>\u00a0\u00bb (page 130). Cette d\u00e9fense de Saint-Michel, le sergent y participe \u00e0 sa mani\u00e8re, par une fuite \u00e9perdue sous le feu de l&rsquo;ennemi qui presse et qui le suit jusqu&rsquo;au massif de la Mortagne, vers la Croix Idoux. \u00ab\u00a0<em>Engourdis, courbatur\u00e9s, \u00e9puis\u00e9s par la dure \u00e9preuve, les anciens roulent plut\u00f4t qu&rsquo;ils ne marchent&#8230;<\/em>\u00a0\u00bb Les deux divisions d\u00e9cim\u00e9es du 14<sup>e<\/sup> Corps d&rsquo;Arm\u00e9e mettent les cr\u00eates du massif de la Mortagne en \u00e9tat pour l&rsquo;ultime d\u00e9fense sur la route d&rsquo;Epinal. Mais la grande bataille ne survient pas, l&rsquo;ennemi a d\u00e9croch\u00e9 au cours de la nuit du 9 au 10 septembre. Les Fran\u00e7ais peuvent souffler et parcourir \u00e0 nouveau le terrain laiss\u00e9 libre par un ennemi que l&rsquo;on croit en retraite, vision d&rsquo;un champ de bataille d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;Apocalypse. Delabeye d\u00e9couvre alors que toutes les divisions ont \u00e9t\u00e9 durement \u00e9prouv\u00e9es et que le 21<sup>e<\/sup> Corps a subi d&rsquo;\u00e9normes pertes dans le massif de la Chipotte. Pourtant, toute la 1<sup>\u00e8re<\/sup> Arm\u00e9e sort victorieuse d&rsquo;avoir soutenu et r\u00e9sist\u00e9 aux coups de butoirs allemands dans ces journ\u00e9es terribles. A 15 heures le 11 septembre 1914, le 2<sup>e<\/sup> bataillon du 140<sup>e<\/sup> R.I. s&rsquo;engage dans la vall\u00e9e du Rabodeau en reconnaissance vers Senones. Il d\u00e9couvre que l&rsquo;ennemi ne s&rsquo;y est pas install\u00e9 et rebrousse chemin, faute de combat. Le r\u00e9giment fait alors une pause, laissant l&rsquo;ennemi souffler comme lui-m\u00eame. Delabeye fait alors le constat douloureux du petit nombre des officiers restants apr\u00e8s la tuerie. Le bilan, tragique, est de 19 officiers tu\u00e9s, 12 bless\u00e9s, 4 disparus soit 35 sur 58 et 1 500 hommes sur 3 400 arriv\u00e9s de Grenoble ont \u00e9t\u00e9 mis hors de combat. Il d\u00e9couvre \u00e9galement que depuis 6 jours s&rsquo;est engag\u00e9e, de Paris \u00e0 Verdun, une formidable rencontre qui tourne actuellement \u00e0 l&rsquo;avantage des Fran\u00e7ais mais qui r\u00e9v\u00e8le que les Allemands ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 Meaux et Ch\u00e2lons-sur-Marne, \u00ab\u00a0<em>dans les plaines de France<\/em>\u00ab\u00a0. L&rsquo;ordre de bataille qui vient d&rsquo;\u00eatre signifi\u00e9 par le colonel rappelle notre caporal \u00e0 la dure r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;ennemi doit \u00eatre rejet\u00e9 au-del\u00e0 des Vosges et la bataille annonc\u00e9e pour le lendemain risque de proroger l&rsquo;h\u00e9catombe. Mais en m\u00eame temps que survient la nouvelle d&rsquo;une future nomination au grade de sous-lieutenant de notre h\u00e9ros lui arrive, le 11 septembre 1914 \u00e0 minuit, l&rsquo;ordre de repli qui pr\u00e9c\u00e8de le d\u00e9part vers l&rsquo;autre bataille qui s&rsquo;amorce ; la Course \u00e0 la Mer.<\/p>\n<p>Un ouvrage formidable \u00e0 tous les points de vue et dans tous les domaines. D&rsquo;abord le style, que l&rsquo;auteur a voulu naturel et sans emphase. Il d\u00e9montre par sa spontan\u00e9it\u00e9 et sa simplicit\u00e9 tous les aspects d&rsquo;un simple combattant de premi\u00e8re ligne parmi des millions d&rsquo;autres, certes lettr\u00e9, mais \u00e9loign\u00e9 de toute connaissance strat\u00e9gique d&rsquo;ensemble. D\u00e8s lors, Delabeye regarde, non pas avec ses yeux de myope, mais avec sa petite connaissance de l&rsquo;humain et son souci d&rsquo;une vie qu&rsquo;il tient \u00e0 garder. Et dans l&rsquo;ouvrage de rapporter fid\u00e8lement non seulement ses faits d&rsquo;armes, bien petits dans l&rsquo;immense tourmente qui l&rsquo;entoure, mais aussi et surtout les d\u00e9tails qui peuvent para\u00eetre futiles mais qui rendent le r\u00e9cit si vivant et expressif que sa lecture en est \u00a0particuli\u00e8rement fluide. Parfois tragi-comique, le caporal Delabeye a fourni \u00e0 l&rsquo;historien un des r\u00e9cits de souvenirs de combattants les plus attrayants et les plus vivants. L&rsquo;auteur nous d\u00e9crit assez pr\u00e9cis\u00e9ment les lieux travers\u00e9s, les combats auxquels il prend part (ou qu&rsquo;il subit), les personnes qu&rsquo;il c\u00f4toie (les noms ne sont pas occult\u00e9s), avec une belle d\u00e9votion pour les officiers qu&rsquo;il envie, et enfin les actes qu&rsquo;il ex\u00e9cute. Ceci dans un soucis de d\u00e9tail qui, loin d&rsquo;apporter de la lourdeur inutile, anime l&rsquo;ouvrage. Ainsi, il est possible de suivre Delabeye chronologiquement et g\u00e9ographiquement de mani\u00e8re pr\u00e9cise, ce qui permet de v\u00e9rifier et de confronter cette richesse de renseignements avec les autres textes existant sur le m\u00eame sujet. Sans conteste, l&rsquo;ouvrage de Delabeye est une r\u00e9f\u00e9rence premi\u00e8re dans le t\u00e9moignage sur les op\u00e9rations de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> arm\u00e9e dans la Haute Meurthe. Sa qualit\u00e9 exclut de surcro\u00eet les clich\u00e9s habituels repris par les mauvais t\u00e9moins qui all\u00e8guent les cruaut\u00e9s allemandes achevant les bless\u00e9s, les espions de tous poils et les milliers de morts qui tapissent les champs de batailles. M\u00eame si ces sentiments et ces craintes sont r\u00e9els chez le combattant d&rsquo;ao\u00fbt-septembre 1914 et que Delabeye en fait une allusion rapide (voir page 274 pour les habitants d&rsquo;Etival) \u00e0 la fin de l&rsquo;ouvrage.<\/p>\n<p>Sur les enseignements \u00e0 tirer dans l&rsquo;\u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e des combats et des faits de guerre du 140<sup>e<\/sup> R.I., <em>Avant la ligne Maginot<\/em> fait \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rence en ce domaine par la relative pr\u00e9cision des dates (sans \u00eatre toutefois un carnet de route) voire des heures et l&rsquo;excellente pr\u00e9cision des lieux parcourus. Une multitude tr\u00e8s riche de renseignements d&rsquo;ensemble ou de d\u00e9tails sont donc \u00e0 puiser de ces pages. Ainsi la mention d&rsquo;une notice pour la distribution de pain et de caf\u00e9 aux premiers prisonniers allemands, ceci pour tuer les l\u00e9gendes des prisonniers maltrait\u00e9s (page 125). Enfin, la pr\u00e9sentation, class\u00e9e en parties (mobilisation &#8211; concentration, bapt\u00eame du feu &#8211; combats en Alsace, repli &#8211; bataille d&rsquo;arr\u00eat sur la Meurthe &#8211; repli de l&rsquo;arm\u00e9e allemande) divis\u00e9es en 32 chapitres courts (4 pages en moyenne) rend la lecture rapide et claire. L&rsquo;ouvrage n&rsquo;est pas illustr\u00e9 (sauf le portrait de l&rsquo;auteur) ni dot\u00e9 d&rsquo;une table des mati\u00e8res. Toutefois, le recadrage des \u00e9v\u00e8nements par les dates oblige le lecteur \u00e0 suivre le texte de tr\u00e8s pr\u00e8s, les faits d\u00e9crits \u00e9tant souvent \u00e0 prendre dans une continuit\u00e9 temporelle longue (plusieurs jours d\u00e9crits heure par heure) et ininterrompue. Aucun flou ni impr\u00e9cision pr\u00e9judiciables n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cel\u00e9s sauf l&rsquo;affaire du g\u00e9n\u00e9ral Stenger, appel\u00e9 <em>Stanger<\/em>, plac\u00e9e anachroniquement le 12 ao\u00fbt 1914.<\/p>\n<p><em>Avant la ligne Maginot<\/em> est donc \u00e0 classer dans le panel tr\u00e8s restreint des ouvrages dont l&rsquo;utilisation pour l&rsquo;\u00e9tude est indispensable tant les enseignements sont \u00e0 retirer dans l&rsquo;ensemble de cet ouvrage qui offre un t\u00e9moignage de tout premier ordre sur les op\u00e9rations d&rsquo;Alsace et la bataille de la Haute Meurthe.<\/p>\n<p><strong>4. Autres informations<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage est \u00e0 rapprocher de<a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/07\/26\/roux-franck-1893-1964\/\"> Franck Roux, <em>Ma campagne d&rsquo;Alsace-Lorraine<\/em>. <em>1914. (Les sapins rouges).<\/em> Lacour-Redividia (N\u00eemes), 1997, 47 pages<\/a>, qui fournit les d\u00e9placements et des caract\u00e9ristiques similaires, bien que nettement plus sommaires, dans la description du 52<sup>\u00e8me<\/sup> R.I., r\u00e9giment fr\u00e8re du 140<sup>\u00e8me<\/sup> en ao\u00fbt et septembre 1914.<\/p>\n<p>Delabeye est revenu apr\u00e8s guerre sur les lieux de ses combats de la Meurthe et a fait poser une plaque comm\u00e9morative sous le porche de l&rsquo;\u00e9glise de Saint-Michel-sur-Meurthe, elle porte les inscriptions suivantes\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le Lieutenant Delab\u00e8ye a offert cette plaque en m\u00e9moire &amp; \u00e0 la gloire de ses 620 camarades du 140<sup>e<\/sup> R\u00e9g. d&rsquo;inf. Alpine (27<sup>e<\/sup> division), SAVOYARDS, DAUPHINOIS, tomb\u00e9s au Champ d&rsquo;Honneur\u00a0 dans les sanglants combats du 27 Ao\u00fbt au 7 Septembre 1914 pour la d\u00e9fense de Saint Michel sur Meurthe o\u00f9 ils ont arr\u00eat\u00e9 et fix\u00e9 l&rsquo;invasion Allemande sur ce point. Puisse leur exemple inspirer aux g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir l&rsquo;Amour du Sacrifice et le Culte de la PATRIE. Requiescant in pace<\/em>.\u00a0En frontispice du texte est plac\u00e9 une croix latine surmontant de deux palmes entrecrois\u00e9es et l&rsquo;inscription <em>DIEU HONNEUR PATRIE<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Page 51 : Mobilisation et habillement le 3 ao\u00fbt 1914 (fin page 54)<\/p>\n<p>57 : Louis d&rsquo;or cach\u00e9s dans la doublure d&rsquo;une ceinture<\/p>\n<p>: Sc\u00e8ne d&rsquo;habillement<\/p>\n<p>60 : Les femmes et la guerre<\/p>\n<p>62 : Cigares Londr\u00e8s \u00e0 15 centimes<\/p>\n<p>66 : Distribution, avant le d\u00e9part de manchons bleus pour couvrir le k\u00e9pi rouge, rabat des capotes, abandon des tuniques des officiers qui rev\u00eatent des capotes de troupe avec cousus leurs galons<\/p>\n<p>67 : Escouade = 16 hommes. 140<sup>\u00e8me<\/sup> R.I. est \u00e0 12 compagnies + une C.H.R. soit 3 000 hommes<\/p>\n<p>command\u00e9s le 5 ao\u00fbt 1914 par le colonel Maillot et en garnison \u00e0 Grenoble depuis 1874 environ.<\/p>\n<p>75 : 120 cartouches forment la dotation de guerre de chaque soldat<\/p>\n<p>88 : Epinal, point de d\u00e9barquement du 14<sup>\u00e8me<\/sup> C.A.<\/p>\n<p>92 : Jeudi 11 ao\u00fbt, escarmouche vers Fraize relat\u00e9e par M. Demange, n\u00e9gociant en vins<\/p>\n<p>97 : Delabeye relate la connaissance de l&rsquo;ordre du g\u00e9n\u00e9ral Stenger \u00e0 la date du 12 ao\u00fbt !<\/p>\n<p>108 : Lebel et ba\u00efonnette, leurs vices<\/p>\n<p>: Bapt\u00eame du feu au Col de Bonhomme les 14 et 15 ao\u00fbt<\/p>\n<p>124 : Delabeye entend les premiers \u00ab\u00a0<em>boches<\/em>\u00a0\u00bb le 16 ao\u00fbt<\/p>\n<p>125 : Notice de distribution de pain et de caf\u00e9 aux 1<sup>ers<\/sup>\u00a0 prisonniers allemands, non maltrait\u00e9s<\/p>\n<p>126 : Comparaison d&rsquo;\u00e9quipements<\/p>\n<p>130 : \u00ab\u00a0<em>Je croyais entendre le glas sonner au clocher des villages de ceux qui gisaient l\u00e0<strong>&#8230;<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>133 : Contraste entre les campagnards endurcis et les citadins en campagne<\/p>\n<p>143 : Raccommodages nombreux dus \u00e0 la mauvaise qualit\u00e9 du fil<\/p>\n<p>148 : Histoire d&rsquo;espion \u00e0 la faux, mis hors de cause mais r\u00e9v\u00e9lant la psychose de l&rsquo;espionnite<\/p>\n<p>163 : Delabeye fait feu \u00ab\u00a0<em>\u00e0 magasin ouvert<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>169 : Le 22 ao\u00fbt, en arri\u00e8re du ch\u00e2teau de Salm, tirs sur un avion<\/p>\n<p>171 : Etat-Major \u00e0 la Haute Loge, en pleine for\u00eat, pr\u00e8s de La Chatte Pendue<\/p>\n<p>172 : Travaux du g\u00e9nie et organisation de la tranch\u00e9e par abattis<\/p>\n<p>173 : Enrayages des Lebels<\/p>\n<p>175 : Description des Hautes Chaumes, de la Chatte Pendue. Consid\u00e9rations sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du site. Combat du col de Salm tuant 2 officiers sur une compagnie (peut-\u00eatre du 3<sup>\u00e8me<\/sup> bataillon). Temps mauvais.<\/p>\n<p>: V\u00e9g\u00e9tation. Guerre d&#8217;embuscade avec chiffres. Tirs sur officiers<\/p>\n<p>176 : Blanches Roches et signal en bois abattu. Panorama topographique et situation. Menu du soir<\/p>\n<p>177 : Vu d&rsquo;ennemis sur la route foresti\u00e8re du Donon \u00e0 Pray\u00e9 et engagement contre une batterie attel\u00e9e puis contre une section d&rsquo;infanterie (fin 181)<\/p>\n<p>188 : La Petite-Raon<\/p>\n<p>192 : Avoine grill\u00e9e dans les chaussures pour les faire s\u00e9cher<\/p>\n<p>193 : Lebels graiss\u00e9s au lard non sal\u00e9<\/p>\n<p>194 : Pertes du r\u00e9giment<\/p>\n<p>198 : Senones en exode<\/p>\n<p>199 : T\u00e9l\u00e9phone toujours en fonction<\/p>\n<p>204 : Limogeage du \u00ab\u00a0<em>vieux colonel<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>205 : Moyenmoutier et la Haute-Pierre<\/p>\n<p>210 : La Voivre<\/p>\n<p>215 : G\u00e9n\u00e9ral Blazer<\/p>\n<p>225 : Topographie alentours de Saint-Michel-sur-Meurthe<\/p>\n<p>226 : Pertes et situations<\/p>\n<p>246 : Creusement d&rsquo;une tranch\u00e9e aux baraques<\/p>\n<p>247 : Aspect des combattants<\/p>\n<p>262 : Commandement<\/p>\n<p>263 : Chaussures enduites de lard et mass\u00e9es avec la crosse du fusil<\/p>\n<p>: Pertes \u00e0 la section Delabeye : 14 hommes sur 38<\/p>\n<p>264 : Pertes \u00e0 la compagnie : 47 tu\u00e9s<\/p>\n<p>271 : Tableau du front apr\u00e8s la retraite allemande<\/p>\n<p>273 : Nouveau tableau plus d\u00e9taill\u00e9<\/p>\n<p>274 : Les stivaliens auraient masqu\u00e9 les troupes sous le feu. Fait rapport\u00e9.<\/p>\n<p>274 : Retour vers Ravines<\/p>\n<p>275 : A Moyenmoutier en attente<\/p>\n<p>: Quatre Saint-Cyriens dans le r\u00e9giment avant le d\u00e9part<\/p>\n<p>276 : Pertes au r\u00e9giment de 3 400 hommes au d\u00e9part : 35 officiers sur 58 et 1 500 hommes sur 3 400<\/p>\n<p>278 : Evacuation vers Denipaire et remplacement du r\u00e9giment par le 21<sup>\u00e8me<\/sup> C.A.<\/p>\n<p><em>Yann Prouillet, juillet 2008<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Beno\u00eet Delabeye est n\u00e9 le 7 avril 1888 \u00e0 Pont-de-Beauvoisin (Savoie), de Jean et de Clotilde Millon. Apr\u00e8s avoir fait ses classes au 140e R.I. de Grenoble, d\u2019o\u00f9 il sort au grade de caporal, il parvient \u00e0 revenir \u00e0 ce r\u00e9giment \u00e0 la mobilisation malgr\u00e9 des probl\u00e8mes de vue. 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