{"id":1240,"date":"2013-03-20T22:12:48","date_gmt":"2013-03-20T21:12:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1240"},"modified":"2021-09-15T19:22:01","modified_gmt":"2021-09-15T18:22:01","slug":"clermont-theodore-1888-1973","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/03\/20\/clermont-theodore-1888-1973\/","title":{"rendered":"Clermont, Th\u00e9odore (1888-1973)"},"content":{"rendered":"<p>Fils de cultivateurs, il est n\u00e9 \u00e0 Sabaillan (Gers) le 18 f\u00e9vrier 1888. Titulaire du certificat d\u2019\u00e9tudes primaires, il travaille sur l\u2019exploitation familiale. Au cours du service militaire \u00e0 Montauban, il devient ordonnance du colonel de la Ruelle, et il le suit dans sa retraite en Bretagne. C\u2019est l\u00e0 que la mobilisation le trouve et il descend vers la caserne du 20e RI \u00e0 Marmande. Il se marie apr\u00e8s la guerre (deux enfants) et tient une ferme \u00e0 Seysses-Sav\u00e8s (Gers). Pendant la guerre, il a pris des notes et les a mises au propre, visiblement de mani\u00e8re fid\u00e8le sur un gros cahier de 340 pages, format 18&#215;23, qui d\u00e9bute ainsi : \u00ab Ces quelques lignes qui vont suivre ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites au jour le jour pendant la Grande Guerre. Elles ne contiennent que l\u2019emploi de mon temps, les impressions personnelles sur les faits de guerre qui m\u2019ont le plus frapp\u00e9. Vous ne trouverez donc pas ici le r\u00e9cit de grandes op\u00e9rations, le but que j\u2019ai poursuivi en \u00e9crivant mon carnet de route a \u00e9t\u00e9 celui de vous renseigner au jour le jour dans le cas o\u00f9 la bonne fortune ne m\u2019aurait pas favoris\u00e9 ; dans le cas o\u00f9 comme tant de bons camarades que j\u2019ai eus, j\u2019aurais pu rester sur quelque champ de bataille. \u00bb Et se termine ainsi : \u00ab Tels sont les souvenirs que je garde du 2 ao\u00fbt 1914 au 1er janvier 1920, temps pendant lequel l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9e par la plus terrible des guerres qu\u2019un tyran \u00e0 la t\u00eate d\u2019une nation militaris\u00e9e a enclench\u00e9e. Transcrit des carnets de route pendant l\u2019hiver 1920 et l\u2019hiver 1920-21. Termin\u00e9 le 25 novembre 1921. \u00bb La copie au propre reste bien dat\u00e9e et localis\u00e9e ; les notes de certains jours sont tr\u00e8s br\u00e8ves.<br \/>\nFin juillet, en Bretagne, le colonel de la Ruelle est inquiet, et sa cuisini\u00e8re aussi car elle a vu 1870. Il faut partir au milieu de Bretons que le cidre rend fort joyeux, puis tr\u00e8s malades. Le 22 ao\u00fbt, c\u2019est le spectacle atroce des bless\u00e9s lors de la bataille de Bertrix. Le r\u00e9giment passe l\u2019hiver en Champagne et le suivant en Artois. En d\u00e9cembre 1915, Th\u00e9odore signale la pluie, mais pas de sortie des tranch\u00e9es ou de fraternisation. En janvier 1916, il passe \u00e0 la compagnie de mitrailleuses. En mai, il signale le travail intense des soldats pour assurer \u00e0 un lieutenant un confort qui choque : \u00ab Ils [les officiers] ne sont en g\u00e9n\u00e9ral que des \u00e9go\u00efstes qui ne pensent qu\u2019\u00e0 leur bien-\u00eatre propre et se soucient peu du bonheur de leurs subordonn\u00e9s. \u00bb Lui-m\u00eame devient ordonnance du sous-lieutenant Archinard. \u00c0 Verdun, le 26 juillet, l\u2019officier et l\u2019ordonnance sont bless\u00e9s, Th\u00e9odore par un \u00e9clat d\u2019obus. Courte convalo et le voici en septembre \u00e0 la c\u00f4te du Poivre o\u00f9 la vie est fort triste, le ravitaillement arrivant mal. Le 9 f\u00e9vrier 1917, il note, sachant de quoi il parle : \u00ab Les officiers, qui sont comme des petits seigneurs dans un secteur calme, exigent de leur subordonn\u00e9 une exactitude qui ne peut \u00eatre possible que dans un int\u00e9rieur o\u00f9 rien ne manque. Si ces messieurs trouvent des ordonnances, cuisiniers et autres employ\u00e9s, c\u2019est que ceux-ci, uniquement pour leur bien-\u00eatre et pour la s\u00e9curit\u00e9, mais pas compl\u00e8te, de leur existence, pr\u00e9f\u00e8rent souffrir ces petits ennuis de tout moment que de monter la garde \u00e0 la tranch\u00e9e. \u00bb<br \/>\nLe 17 avril 1917, pr\u00e8s de la ferme de Moscou, il am\u00e9nage les tranch\u00e9es allemandes de 1\u00e8re ligne tout juste prises. Apr\u00e8s la rel\u00e8ve, le 28, les soldats grognent parce qu\u2019on parle de les faire remonter pour attaquer. Alors, situation insolite, \u00ab pour punir la compagnie, nous sommes priv\u00e9s de confitures \u00bb. Le lendemain, tandis que Th\u00e9odore et les autres montent, il y a des mutins qui se d\u00e9filent (la moiti\u00e9 de l\u2019effectif, dit-il). Le 1er mai, tandis que quelques mutins reviennent, les autorit\u00e9s enqu\u00eatent pour identifier les meneurs. L\u2019\u00e9pisode du 20e RI est consid\u00e9r\u00e9 comme le premier de la crise de 1917 ; il est assez grave pour que 6 condamnations \u00e0 mort soient prononc\u00e9es (mais non ex\u00e9cut\u00e9es). Th\u00e9odore n\u2019en parle pas, mais signale que les mutins vont \u00eatre dispers\u00e9s dans d\u2019autres unit\u00e9s. Lorsqu\u2019il part et revient de permission, il ne dit rien des troubles dans les trains. Aurait-il supprim\u00e9 quelques notes lors de la mise au propre de son texte ?<br \/>\nLe 23 juillet 1918, il est bless\u00e9 au bras par un nouvel \u00e9clat, et pris en charge par \u00ab des gentilles Am\u00e9ricaines \u00bb \u00e0 Paris et il re\u00e7oit \u00e0 l\u2019h\u00f4pital la visite du colonel de la Ruelle. Retour \u00e0 la compagnie fin septembre, o\u00f9 manquent beaucoup de camarades : \u00ab Que de vies que la derni\u00e8re offensive y a vol\u00e9es ! \u00bb Sa demande pour servir dans les tanks est accept\u00e9e et il part pour le camp de Cercottes pr\u00e8s d\u2019Orl\u00e9ans, o\u00f9 l\u2019instruction doit durer trois semaines. Au cours de la premi\u00e8re : \u00ab nous n\u2019avons rien fait. \u00bb Au cours de la seconde, les instructeurs donnent des explications tr\u00e8s claires. L\u2019armistice survient au cours de la troisi\u00e8me.<br \/>\nRC<br \/>\n*\u00ab Journal de guerre de Th\u00e9odore Clermont \u00bb, dans <em>Sav\u00e8s-Patrimoine<\/em>, 3e et 4e trimestres 2008, 207 p. format A4. Contient un tableau tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9 des lieux et des dates.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fils de cultivateurs, il est n\u00e9 \u00e0 Sabaillan (Gers) le 18 f\u00e9vrier 1888. 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