{"id":1306,"date":"2013-04-24T09:07:02","date_gmt":"2013-04-24T08:07:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1306"},"modified":"2021-09-16T19:29:42","modified_gmt":"2021-09-16T18:29:42","slug":"richebe-gaston-1895-1963","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/04\/24\/richebe-gaston-1895-1963\/","title":{"rendered":"Richeb\u00e9, Gaston (1895-1963)"},"content":{"rendered":"<p><em>Souvenirs de guerre d\u2019un fantassin<\/em><br \/>\nArras, Imprimerie centrale de l\u2019Artois, 1956 et 1962<\/p>\n<p>Appartenant \u00e0 une famille bourgeoise de B\u00e9thune, Gaston Richeb\u00e9, arri\u00e8re-petit-fils d\u2019un maire de Lille, est \u00e9tudiant en 1\u00e8re ann\u00e9e de math\u00e9matiques sp\u00e9ciales en 1914. Classe 15, il est ajourn\u00e9 au d\u00e9but 1915, puis incorpor\u00e9 au d\u00e9p\u00f4t du 33e RI (Arras\/Cognac) en septembre. Il est re\u00e7u \u00e0 un concours pour l\u2019\u00e9cole d\u2019aspirants de Joinville (stage de janvier \u00e0 avril 1916). Il monte au front dans l\u2019Aisne \u00e0 Vendresse-Beaulne (juin-juillet). Transf\u00e9r\u00e9 sur la Somme le 8 ao\u00fbt, le 33\u00e8me RI commence sa marche d\u2019approche le 3 septembre. Au moment d\u2019une rel\u00e8ve (10 septembre 1916), l\u2019aspirant Richeb\u00e9 est bless\u00e9 au bras par de petits \u00e9clats ; apr\u00e8s une convalescence, il rejoint son unit\u00e9 \u00e0 Pontavert en f\u00e9vrier 1917. Il participe \u00e0 l\u2019offensive d\u2019avril en r\u00e9serve d\u2019Arm\u00e9e derri\u00e8re le 201e RI. Dans les Flandres pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 et l\u2019automne, le 33e revient \u00e0 Craonne en janvier 1918. Richeb\u00e9 est fait prisonnier le 12 juin lors de la perc\u00e9e allemande du Chemin des Dames ; prisonnier \u00e0 Rastatt puis \u00e0 Graudenz (Prusse Orientale), il est rapatri\u00e9 en janvier 1919 par Copenhague et Cherbourg et d\u00e9mobilis\u00e9 en septembre 1919.<\/p>\n<p>Richeb\u00e9 \u00e9crit ses souvenirs (1952) plus de trente ans apr\u00e8s les faits, plut\u00f4t \u00ab pour son plaisir personnel que pour tout autre motif. \u00bb Il souhaite, dans sa pr\u00e9face, compl\u00e9ter l\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale par l\u2019\u00e9nonciation de faits particuliers. Il s\u2019essaie \u00e0 la pr\u00e9cision, se servant de carnets de poche o\u00f9 il notait les \u00e9v\u00e9nements au jour le jour (cependant certains se sont perdus). Une 2e \u00e9dition (1962) fait quelques corrections secondaires, supprime quelques noms propres, et pr\u00e9cise dans l\u2019introduction : \u00ab je compte surtout sur la compr\u00e9hension, sinon toujours sur l\u2019adh\u00e9sion, des hommes de mon \u00e2ge ; les jeunes ont d\u2019autres soucis, mais s\u2019ils me lisent, je souhaitent qu\u2019ils appr\u00e9cient l\u2019immense sacrifice consenti par ceux de 1914 \u2013 1918. \u00bb<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit de Gaston Richeb\u00e9 est neutre, assez mesur\u00e9 dans ses descriptions, et peu pr\u00e9cis sur les \u00e9tats d\u2019\u00e2me de l\u2019auteur. Celui-ci est aspirant et parle d\u2019un grade assez d\u00e9cevant, peu consid\u00e9r\u00e9 mais entra\u00eenant pas mal d\u2019inconv\u00e9nients (r\u00f4le de chef de section assez ingrat selon lui), avec notamment celui d\u2019\u00eatre dans certaines compagnies assimil\u00e9 aux sous-officiers (popote). Il est assez vite d\u00e9sabus\u00e9, \u00e9voquant par exemple les ivresses fr\u00e9quentes de son commandant de compagnie (Aisne, printemps 1916). Il \u00e9voque la bataille de la Somme, le marmitage permanent et l\u2019impossibilit\u00e9 de sortir \u00e0 l\u2019assaut, \u00e0 cause de la difficult\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire les mitrailleuses allemandes. Le r\u00e9cit se fait ici plus vivant, plus pr\u00e9cis : \u00ab Je ne sais comment cette rel\u00e8ve s\u2019est effectu\u00e9e sans grosse casse. La lune s\u2019\u00e9tait lev\u00e9e dans un ciel assez clair, et les tirailleurs allemands n\u2019\u00e9taient pas loin. La compagnie, mal dirig\u00e9e, se trouve \u00e0 la file indienne debout sur ce terrain battu par les mitrailleuses. Il y a de la pagaille, des bruits d\u2019armes entrechoqu\u00e9es, des ordres cri\u00e9s trop haut. Les boches devaient \u00eatre bien fatigu\u00e9s, eux aussi, pour ne pas nous avoir inqui\u00e9t\u00e9s. \u00bb<br \/>\nIl est ensuite bless\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement au bras : \u00ab nous avions ce qu\u2019on appelait la fine blessure .\u00bb<br \/>\nL\u2019attaque du 16 avril 1917 est d\u00e9crite depuis une position de 2\u00e8me ligne. Richeb\u00e9 dit voir du plateau o\u00f9 il se trouve br\u00fbler les chars du commandant Bossut, lanc\u00e9s \u00e0 sa droite dans la plaine de Corbeny. L\u2019avanc\u00e9e du 33\u00e8me, en soutien du 201\u00e8me RI, est tr\u00e8s difficile et les hommes sont bloqu\u00e9s \u00e0 contre-cr\u00eate, avec une artillerie plac\u00e9e en contre-bas et qui ne peut les aider efficacement. Le combat est dur \u00ab je vois encore un de nos sergents, debout sur les parapets, lan\u00e7ant des grenades dans les abris et me demande toujours comment il en est sorti \u00bb, la progression d\u00e9cevante et apr\u00e8s le 19, journ\u00e9e confuse, un calme relatif s\u2019\u00e9tablit. Richeb\u00e9 r\u00e9sume : \u00ab cette p\u00e9riode reste pour moi un cauchemar. \u00bb<br \/>\nLe r\u00e9cit \u00e9voque ensuite le transfert en Belgique et le soutien \u00e0 l\u2019offensive anglaise dans les Flandres (bois d\u2019Houthulst, ao\u00fbt 1917). Il \u00e9voque les d\u00e9sagr\u00e9ments li\u00e9s \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau, le bombardement a\u00e9rien de nuit par l\u2019aviation allemande : \u00ab A 10 ou 15 km du front, nous n\u2019avions pas de tranch\u00e9es, et aux alertes nous devions quitter pr\u00e9cipitamment nos cantonnements trop expos\u00e9s, nous \u00e9gailler dans la campagne et passer, en somme, une fort mauvaise nuit. \u00bb<br \/>\nL\u2019auteur d\u00e9crit ensuite la vie de tranch\u00e9e de retour dans le secteur de Berry-au-Bac puis de Craonne, puis l\u2019entra\u00eenement en liaison avec les chars Ft 17 (mai 1918). L\u2019esprit \u00ab militaire \u00bb est absent chez lui, \u00ab j\u2019en avais assez de rester sous-officier avec mon grade d\u2019aspirant, bien que j\u2019eusse le commandement d\u2019une section. \u00bb<br \/>\nFait prisonnier le 12 juin 1918 vers Soissons (Vertefeuille) \u00e0 la fin de la perc\u00e9e allemande, il insiste sur le r\u00f4le positif de la Croix-Rouge qui, au long de sa captivit\u00e9, contribue \u00e0 adoucir sa vie mat\u00e9rielle. Transf\u00e9r\u00e9 en d\u00e9cembre 1918 en France, il rencontre de Gaulle en passant au d\u00e9p\u00f4t de Cognac, capitaine hautain et distant, rentrant aussi de captivit\u00e9 \u00ab Il ne fr\u00e9quentait pas grand monde .\u00bb<br \/>\nAu total un r\u00e9cit int\u00e9ressant surtout pour la description du combat de la Somme, de l\u2019Aisne et la reprise de la guerre de mouvement en 1918.<\/p>\n<p>Vincent Suard<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvenirs de guerre d\u2019un fantassin Arras, Imprimerie centrale de l\u2019Artois, 1956 et 1962 Appartenant \u00e0 une famille bourgeoise de B\u00e9thune, Gaston Richeb\u00e9, arri\u00e8re-petit-fils d\u2019un maire de Lille, est \u00e9tudiant en 1\u00e8re ann\u00e9e de math\u00e9matiques sp\u00e9ciales en 1914. Classe 15, il est ajourn\u00e9 au d\u00e9but 1915, puis incorpor\u00e9 au d\u00e9p\u00f4t du 33e RI (Arras\/Cognac) en septembre. &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2013\/04\/24\/richebe-gaston-1895-1963\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Richeb\u00e9, Gaston (1895-1963)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[99,172,113,10,33,21],"tags":[295,281,462],"class_list":["post-1306","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-1946-1965","category-201e-ri","category-33e-ri","category-combattant-infanterie","category-prisonnier","category-souvenirs","tag-attaque","tag-bonne-blessure","tag-ivresse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1306","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1306"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1306\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4102,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1306\/revisions\/4102"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1306"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1306"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1306"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}