{"id":137,"date":"2008-07-27T15:36:38","date_gmt":"2008-07-27T14:36:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/07\/27\/gomez-carrillo-enrique-1873-1927\/"},"modified":"2021-09-09T17:13:03","modified_gmt":"2021-09-09T16:13:03","slug":"gomez-carrillo-enrique-1873-1927","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/07\/27\/gomez-carrillo-enrique-1873-1927\/","title":{"rendered":"G\u00f3mez Carrillo, Enrique (1873-1927)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>Enrique G\u00f3mez Carrillo<strong> <\/strong>est n\u00e9 \u00e0 Guatemala le 27 f\u00e9vrier 1873. Critique litt\u00e9raire, chroniqueur, journaliste diplomatique, il est le fils de l&rsquo;historien Agust\u00edn G\u00f3mez Carrillo, recteur de l&rsquo;universit\u00e9 de San Carlos et de Jos\u00e9phine Tible Machado, d&rsquo;origine belge, de laquelle il tient sa connaissance de la langue fran\u00e7aise. Il travaille en 1890 au <em>Courrier du Soir<\/em> du Guatemala et rejoint Paris o\u00f9 il est nomm\u00e9 consul de ce pays (1898) et d&rsquo;Argentine (1899). C&rsquo;est au double titre de diplomate et de correspondant de guerre qu&rsquo;il parvient \u00e0 effectuer plusieurs visites \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re du front de France en 1914-1915, desquelles il va tirer un ouvrage testimonial paru en 1915. Il effectuera d&rsquo;autres voyages, suivis d&rsquo;ouvrages tout au long du conflit. Apr\u00e8s une grande carri\u00e8re litt\u00e9raire, il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Paris le 29 novembre 1927 o\u00f9 il est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re du P\u00e8re Lachaise.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p><a title=\"Lien direct vers le fichier\" href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2008\/07\/gomez-carillo.JPG\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2008\/07\/gomez-carillo.thumbnail.JPG\" alt=\"gomez-carillo.JPG\" width=\"85\" height=\"128\"><\/a><a title=\"Lien direct vers le fichier\" href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2008\/07\/gomez-carillo.JPG\"><\/a><\/p>\n<p>Enrique G\u00f3mez Carrillo<strong>, <\/strong><em>Parmi les ruines. De la Marne au Grand Couronn\u00e9<\/em>. Paris, Berger-Levrault, 1915, 381 p., non illustr\u00e9.<\/p>\n<p>Le texte est traduit de l&rsquo;espagnol par J.-N. Champeaux, journaliste \u00e0 <em>L&rsquo;Information<\/em> qui nous renseigne d\u00e8s l&rsquo;envoi sur le ton de l&rsquo;ouvrage, suite de \u00ab&nbsp;<em>pages justici\u00e8res<\/em> \u00bb issues de voyages au front du 15 novembre 1914 au 10 mars 1915.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>G\u00f3mez Carrillo, diplomate et correspondant de guerre espagnol, parcourt le front et ses arri\u00e8res du 15 novembre 1914 au mois de mars 1915. Il consigne et d\u00e9crit ses visions et ses impressions du conflit bien qu&rsquo;il ne le c\u00f4toie que post\u00e9rieurement ou ne s&rsquo;en approche que de mani\u00e8re tr\u00e8s relative. D\u00e8s lors, de la banlieue parisienne \u00e0 Pont-\u00e0-Mousson, nous suivons ce tr\u00e8s francophile t\u00e9moin dans son parcours qui nous am\u00e8ne sur les ruines de la Marne, la for\u00eat d&rsquo;Argonne, Verdun, le Grand Couronn\u00e9 et les abords de Metz. Pendant son p\u00e9riple, Gomez Carrillo retrace en forme de journal d&rsquo;impressions dat\u00e9es les \u00e9v\u00e8nements, petits ou grands et reporte les l\u00e9gendes et les anecdotes de l&rsquo;invasion. Il fait \u00e9galement de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences et r\u00e9trospectives historiques sur les sites travers\u00e9s, fustigeant l&rsquo;Allemand et magnifiant l&rsquo;esprit fran\u00e7ais et ses valeurs. Quelques r\u00e9flexions opportunes de cet \u00e9minent lettr\u00e9 imagent ce r\u00e9cit \u00e0 la fois personnel et emprunt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Histoire.<\/p>\n<p>Nous sommes donc avec cet ouvrage aux limites de la litt\u00e9rature testimoniale, bien qu&rsquo;il s&rsquo;ouvre sur cette phrase&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>15 novembre 1914<\/em>. <em>Nos visions de guerre commencent aux portes de Paris&#8230;<\/em> \u00bb, ce \u00ab&nbsp;<em>t\u00e9moin civil<\/em> \u00bb est \u00e0 la marge de ce genre litt\u00e9raire. Les envol\u00e9es lyriques, les nombreuses r\u00e9trospectives historiques ou les aspects touristiques des sites que l&rsquo;auteur dit traverser ne font toutefois pas oublier &#8211; et rehaussent plut\u00f4t &#8211; la pauvret\u00e9 documentaire de ce p\u00e9riple et de l&rsquo;ouvrage. Fort bien \u00e9crit et tr\u00e8s \u00e9rudit, ce livre n&rsquo;est en fait qu&rsquo;une image tr\u00e8s d\u00e9monstrative des intoxications patriotiques du moment de sa r\u00e9daction. En effet, outre des erreurs g\u00e9ographiques grossi\u00e8res (G\u00f3mez-Carrillo semble placer la commune vosgienne de Raon-l&rsquo;\u00c9tape entre Commercy et Sermaize-les-Bains, sur la route de l&rsquo;Argonne, page 138), l&rsquo;auteur se fait surtout le rapporteur des clich\u00e9s populaires et ineptes de la propagande du d\u00e9but du conflit. Prisonniers ennemis qui se rendent pour de la nourriture, fraternisations multiformes (pages 94, 124, 207) et accords tacites r\u00e9p\u00e9t\u00e9s entre les bellig\u00e9rants, espionnite exacerb\u00e9e (pages 103), prisonniers volontaires en nombre (pages 94, 184, 205) exactions allemandes sans nom, etc., se multiplient \u00e0 chaque chapitre et r\u00e9v\u00e8lent qu&rsquo;en fait de correspondance ou de t\u00e9moignage de guerre, Gomez Carrillo n&rsquo;a vu du front et des sites de l&rsquo;invasion que ce que l&rsquo;autorit\u00e9 militaire a bien voulu lui laisser voir et que ce que la propagande a bien voulu lui laisser dire. Un livre finalement bien pauvre d&rsquo;enseignements mais riche d&rsquo;un bourrage de cr\u00e2ne qui repr\u00e9sente en soi un mod\u00e8le du genre et une des meilleures illustrations de ce type de litt\u00e9rature de guerre. On note toutefois une r\u00e9flexion sur le Miracle de la Marne : \u00ab\u00a0<em>Pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire, la France avait appris dans le cours d&rsquo;un d\u00e9sastre \u00e0 organiser le triomphe<\/em>\u00a0\u00bb (page 354).<\/p>\n<p><strong>4. Autres informations<\/strong><\/p>\n<p>Rapprochement bibliographique<\/p>\n<p>Cet ouvrage est \u00e0 comparer \u00e0 celui de Courtin-Schmidt, <em>De Nancy aux Vosges. Reportages de guerre<\/em>, Nancy, Dupuis, 1918, 265 pages.<\/p>\n<p>Bibliographie de l&rsquo;auteur<\/p>\n<p>Gomez Carrillo Enrique <em>Parmi les ruines. De la Marne au Grand Couronn\u00e9<\/em>. Nancy, Berger-Levrault, 1915, 381 pages.<\/p>\n<p>Gomez Carrillo Enrique <em>Au c\u0153ur de la trag\u00e9die. Sur le front anglais<\/em>. Nancy, Berger-Levrault, 1917.<\/p>\n<p>Gomez Carrillo Enrique <em>Le sourire sous la mitraille. De la Picardie aux Vosges<\/em>. Nancy, Berger-Levrault, 1916, 348 pages.<\/p>\n<p>Gomez Carrillo Enrique <em>Le myst\u00e8re de la vie et de la mort de Mata Hari<\/em>. Paris, Charpentier-Fasquelle, 1925, 227 pages.<\/p>\n<p>Yann Prouillet, juillet 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Enrique G\u00f3mez Carrillo est n\u00e9 \u00e0 Guatemala le 27 f\u00e9vrier 1873. Critique litt\u00e9raire, chroniqueur, journaliste diplomatique, il est le fils de l&rsquo;historien Agust\u00edn G\u00f3mez Carrillo, recteur de l&rsquo;universit\u00e9 de San Carlos et de Jos\u00e9phine Tible Machado, d&rsquo;origine belge, de laquelle il tient sa connaissance de la langue fran\u00e7aise. 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