{"id":1498,"date":"2016-01-14T17:53:33","date_gmt":"2016-01-14T16:53:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1498"},"modified":"2021-09-23T16:57:16","modified_gmt":"2021-09-23T15:57:16","slug":"hobey-louis-1892-1960","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/01\/14\/hobey-louis-1892-1960\/","title":{"rendered":"Hobey, Louis (1892-1960)"},"content":{"rendered":"<p>Les \u00e9ditions Plein Chant \u00e0 Bassac (www.pleinchant.fr) viennent de r\u00e9\u00e9diter le livre de Louis Hobey, <em>La Guerre ? C\u2019est \u00e7a ! \u2026, <\/em>Collection \u00ab Voix d\u2019en bas \u00bb, 2015, 350 p. Le texte proprement dit (302 pages) est suivi d\u2019une \u00ab Documentation \u00bb tr\u00e8s utile pour conna\u00eetre et comprendre l\u2019auteur. Cette partie se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 <em>T\u00e9moins<\/em> de Jean Norton Cru, \u00e0 <em>500 T\u00e9moins de la Grande Guerre<\/em>, \u00e0 Louis Barthas, Jacques Meyer, Pierre Paraf, Joseph Jolinon.<\/p>\n<p><strong>L\u2019auteur<\/strong><br \/>\nLouis Hobey est n\u00e9 au Havre le 10 mai 1892. Son p\u00e8re \u00e9tait chaudronnier. Des malheurs familiaux conduisent Louis et sa s\u0153ur \u00e0 l\u2019Assistance publique qui les place chez des paysans du Pays de Caux. Bon \u00e9l\u00e8ve du primaire, il est orient\u00e9 vers l\u2019\u00e9cole normale et devient instituteur. Il se marie et enseigne pendant deux ans avant de faire le service militaire. Il est class\u00e9 \u00ab service auxiliaire \u00bb, puis il est \u00ab r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 \u00bb pour faire la guerre dans l\u2019infanterie. Fait prisonnier le 16 juillet 1918. Apr\u00e8s la guerre, il reprend son m\u00e9tier et devient adepte de la p\u00e9dagogie Freinet (celui-ci lui-m\u00eame t\u00e9moin de la Grande Guerre, voir ce nom dans notre dictionnaire). Louis Hobey milite dans le syndicalisme ; en 1936, il figure parmi les \u00ab Amis de l\u2019\u00e9cole \u00e9mancip\u00e9e \u00bb avec Robert Jospin, F\u00e9licien Challaye, S\u00e9bastien Faure, etc. Son pacifisme lui vaut des ennuis en 1939 et la r\u00e9vocation par Vichy en 1940. Il meurt le 15 f\u00e9vrier 1960 \u00e0 \u00c9toile-sur-Rh\u00f4ne.<br \/>\nIl a \u00e9crit des brochures de <em>La Libre Pens\u00e9e <\/em>dans les ann\u00e9es 1950 ; le r\u00e9cit de sa jeunesse parait un an apr\u00e8s sa mort (<em>Un d\u2019en bas<\/em>, Amiti\u00e9 par le Livre, 1961). Le livre sur la Grande Guerre est publi\u00e9 en 1937 \u00e0 la Librairie du Travail de Marcel Hasfeld qui annonce un tirage de trois mille exemplaires (note ci-dessous). La r\u00e9\u00e9dition de 2015 donne le texte de la recension du livre par Maurice Dommanget dans<em> L\u2019\u00e9cole \u00e9mancip\u00e9e<\/em>, 14 novembre 1937.<\/p>\n<p>Roman ou t\u00e9moignage ?<br \/>\nCe livre appartient \u00e0 la cat\u00e9gorie des romans autobiographiques. Le h\u00e9ros, Louis Moreau, n\u2019est autre que Louis Hobey. On sait que ce dernier a combattu dans les rangs des 113e et 131e RI, mais le roman se refuse \u00e0 donner des num\u00e9ros d\u2019unit\u00e9s. On ignore si l\u2019auteur a tenu pendant la guerre des carnets de notes. Voici un passage qui n\u2019est \u00e9videmment pas un t\u00e9moignage visuel \u00e0 propos d\u2019un camarade (p. 22) : \u00ab Bless\u00e9 une deuxi\u00e8me fois, rest\u00e9 sur le champ de bataille, il tira sur le premier Allemand qui vint pour le panser (on vit de ces exemples stupides et d\u00e9cevants) puis se fit sauter le cervelle, pr\u00e9venant ainsi le coup de ba\u00efonnette vengeur. \u00bb Malgr\u00e9 l\u2019hostilit\u00e9 \u00e0 la guerre de Hobey, Moreau est pr\u00e9sent\u00e9 comme un v\u00e9ritable h\u00e9ros qui remplit avec succ\u00e8s les missions les plus p\u00e9rilleuses, qui re\u00e7oit quatre citations, devient caporal puis sergent, un vieux briscard \u00e0 qui l\u2019aspirant ob\u00e9it. En m\u00eame temps, le livre se pr\u00e9sente clairement comme un pamphlet contre la guerre, \u00ab pour que CELA ne soit plus \u00bb. \u00ab On ne tue pas la guerre avec des fusils, des canons, des gaz. C\u2019est dans l\u2019esprit qu\u2019il faut tuer la guerre. FAIRE PENSER ! Tout le but de ce livre est l\u00e0 \u00bb, \u00e9crit-il dans l\u2019Avertissement. Dans le cours du texte (p. 240), il souligne \u00ab la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un enseignement que donneraient, en plein accord, \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re, les instituteurs du monde \u00bb. Dans le mot \u00ab les salauds \u00bb, \u00ab il englobait tous les hommes qui, de pr\u00e8s comme de loin, sur tous les points de l\u2019Europe, avaient voulu la guerre, toutes les puissances, les politiciens et leurs ma\u00eetres : le Capital, l\u2019Industrie, rouages de la machine monstrueuse qui ne marchait qu\u2019avec du sang, qui ne se graissait qu\u2019avec des larmes. \u00bb<\/p>\n<p>Un authentique poilu<br \/>\nLe pamphlet de Louis Hobey s\u2019appuie sur les descriptions bien connues, rencontr\u00e9es dans les t\u00e9moignages des fantassins. Bombardements, attaques, coups de main, mines, cadavres, horreurs, destructions. Bourrage de cr\u00e2ne, critique des profiteurs et des embusqu\u00e9s, mais souhait de trouver soi-m\u00eame un filon. Refus des couteaux \u00e0 la veille du 25 septembre 1915 (p. 42) : \u00ab Sommes-nous des bouchers ? Sommes-nous des apaches ? \u00bb L\u2019h\u00f4pital o\u00f9 on a int\u00e9r\u00eat \u00e0 aller \u00e0 la messe. L\u2019Argonne, la Somme, le 16 avril 1917, le \u00ab cimeti\u00e8re des tanks \u00bb au pied du Chemin des Dames. Le camp de prisonniers en Allemagne et la faim intol\u00e9rable jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des colis familiaux.<br \/>\nLors de la mobilisation, Louis Hobey d\u00e9crit le \u00ab coup douloureux \u00bb de l\u2019assassinat de Jaur\u00e8s : \u00ab La grande figure n\u2019\u00e9tait plus. Avec elle disparaissait l\u2019espoir de ces humbles qui avaient foi en elle, qui sentaient l\u2019immensit\u00e9 de la perte qu\u2019ils venaient de faire, et \u00e0 qui il ne restait plus que le souvenir et le regret. \u00bb Il \u00e9pingle Barr\u00e8s et Jouhaux qui avaient annonc\u00e9 leur engagement et qui sont rest\u00e9s \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Il montre ceux qui sont pr\u00eats \u00e0 toutes les combines pour ne pas partir ou pour retarder leur d\u00e9part, et les soldats qui s\u2019en prennent aux femmes (p. 74) : \u00ab Elles pouvaient nous emp\u00eacher de partir\u2026 \u00bb<br \/>\nJ\u2019ai encore not\u00e9 une belle formulation au 24 septembre 1915 (p. 43) : \u00ab Le colonel, devant le bataillon rassembl\u00e9, lut des phrases choisies pour l\u2019oreille, et non pour le cerveau : l\u2019ordre du jour du g\u00e9n\u00e9ral en chef. \u00bb<br \/>\nCurieusement, \u00e0 part la mention qu\u2019en 1917 les soldats souhaitaient \u00ab faire comme les Russes \u00bb (p. 167), le livre ne d\u00e9crit pas les mutineries, pas plus que les fraternisations ou les ex\u00e9cutions de soldats fran\u00e7ais par leurs camarades. Il serait int\u00e9ressant de creuser le pourquoi de ces lacunes.<br \/>\nR\u00e9my Cazals, janvier 2016<\/p>\n<p>Note : Voir Marie-Christine Bardouillet,<em> La Librairie du Travail<\/em>, Collection du Centre d&rsquo;histoire du syndicalisme, Paris, Maspero, 1977. Dans une lettre du 8 avril 1979, adress\u00e9e \u00e0 R\u00e9my Cazals, Marcel Hasfeld \u00e9crivait : \u00ab\u00a0Quant au livre de Barthas, je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 lu avec beaucoup d&rsquo;int\u00e9r\u00eat car c&rsquo;est la guerre qu&rsquo;il d\u00e9crit qui est \u00e0 l&rsquo;origine de la Biblioth\u00e8que du Travail, puis de la Librairie et enfin des \u00e9ditions.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9ditions Plein Chant \u00e0 Bassac (www.pleinchant.fr) viennent de r\u00e9\u00e9diter le livre de Louis Hobey, La Guerre ? C\u2019est \u00e7a ! \u2026, Collection \u00ab Voix d\u2019en bas \u00bb, 2015, 350 p. Le texte proprement dit (302 pages) est suivi d\u2019une \u00ab Documentation \u00bb tr\u00e8s utile pour conna\u00eetre et comprendre l\u2019auteur. Cette partie se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/01\/14\/hobey-louis-1892-1960\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Hobey, Louis (1892-1960)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[421,174,98,10,20],"tags":[422,423,424],"class_list":["post-1498","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-113e-ri","category-131e-ri","category-1931-1945","category-combattant-infanterie","category-roman","tag-assassinat-de-jaues","tag-contre-la-guerre","tag-contre-les-responsables-de-la-guerre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1498","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1498"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1498\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4150,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1498\/revisions\/4150"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1498"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1498"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1498"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}