{"id":1555,"date":"2016-02-26T18:56:40","date_gmt":"2016-02-26T17:56:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1555"},"modified":"2026-02-03T09:50:28","modified_gmt":"2026-02-03T08:50:28","slug":"chapatte-auguste-1893-1966","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/02\/26\/chapatte-auguste-1893-1966\/","title":{"rendered":"Chapatte, Auguste (1893-1966)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le t\u00e9moin<\/strong><br \/>\nFils de boulanger, il est n\u00e9 \u00e0 Damprichard (Doubs). Devenu comptable dans une usine d\u2019horlogerie. Service militaire en septembre 1913 ; r\u00e9forme temporaire. Repris du fait de la guerre. Au front en janvier 1915 au 152e RI. Deux fois bless\u00e9 ; la deuxi\u00e8me blessure, grave, lors de l\u2019attaque du 21 d\u00e9cembre 1915 sur l\u2019Hartmannswillerkopf, le fait classer service auxiliaire. Apr\u00e8s la guerre, il devient \u00ab une figure respect\u00e9e \u00bb du monde ancien combattant du Doubs, et il si\u00e8ge pendant vingt-six ans au conseil municipal de Damprichard.<br \/>\n<strong>Le t\u00e9moignage<\/strong><br \/>\nLa r\u00e9daction de son t\u00e9moignage date des ann\u00e9es 30. Il n\u2019y a en effet aucune rupture de ton entre le r\u00e9cit de l\u2019ann\u00e9es 1915 et celui du p\u00e8lerinage au Vieil Armand en f\u00e9vrier 1930. Le texte a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 en 1946 \u00e0 Besan\u00e7on. Il est repris sous le titre <em>Hartmannswillerkopf 1915-1916, Souvenirs d\u2019un poilu du 15-2<\/em>,\u00a0par Bernard Giovanangeli en 2011, 158 p. avec une pr\u00e9sentation par l\u2019\u00e9diteur lui-m\u00eame.<br \/>\nUn \u00ab personnage \u00bb essentiel du livre est le Vieil Armand : il \u00ab entre en \u00e9ruption \u00bb, il a \u00ab un nouvel acc\u00e8s de d\u00e9mence \u00bb. R\u00e9cit d\u00e9taill\u00e9 de l\u2019attaque du 23 mars 1915 (p. 36), de la nuit du 23 au 24 (p. 44), de la nouvelle attaque du 26, de la reprise du sommet par les Allemands (p. 66), de l\u2019attaque du 21 d\u00e9cembre (p. 110). Entre temps, Auguste Chapatte et son r\u00e9giment tiennent le secteur de l\u2019Hilsenfirst en septembre (p. 91).<br \/>\n<strong>Des contradictions ?<\/strong><br \/>\nCe qui saute imm\u00e9diatement aux yeux, c\u2019est l\u2019existence de deux s\u00e9ries de notations, contradictoires et compl\u00e9mentaires \u00e0 la fois. D\u2019une part il aligne tous les clich\u00e9s d\u2019un r\u00e9cit h\u00e9ro\u00efque : il a h\u00e2te de monter vers le front ; mourir pour la patrie est le sort le plus beau ; \u00ab je fais le sacrifice de ma vie \u00bb ; \u00ab la France est en p\u00e9ril, nous partons pour la d\u00e9fendre \u00bb ; \u00ab Alsace ! Que de fois, au cours de mes ann\u00e9es d\u2019enfance et d\u2019adolescence, j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 toi, toi s\u00e9par\u00e9e injustement de la m\u00e8re patrie \u00bb ; \u00ab Ma plus grande fiert\u00e9 est d\u2019avoir combattu dans les rangs de ce magnifique r\u00e9giment \u00bb ; \u00e9vocation des \u00ab morts immortels \u00bb\u2026 D\u2019autre part il pousse des cris de r\u00e9volte contre l\u2019horrible tuerie et ceux qui en portent la responsabilit\u00e9 (sans les nommer, ce qui laisse penser qu\u2019il ne s\u2019agit peut-\u00eatre pas seulement de Guillaume et Fran\u00e7ois-Joseph) ; \u00ab est-il possible qu\u2019en plein vingti\u00e8me si\u00e8cle, si\u00e8cle de progr\u00e8s, on tue des gens \u00e0 bout portant ? \u00bb ; \u00ab qui donc arr\u00eatera cette boucherie ? \u00bb ; \u00ab pourquoi faut-il que cette belle jeunesse soit massacr\u00e9e ? \u00bb\u2026<br \/>\nOn trouve m\u00eame une opposition directe entre deux passages. L\u2019un (p. 67) : \u00ab Que de vies humaines seraient \u00e9conomis\u00e9es si, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre, on renon\u00e7ait \u00e0 conqu\u00e9rir un sommet qui devient intenable pour le vainqueur d\u00e8s qu\u2019il s\u2019en est empar\u00e9. A quoi bon poursuivre une lutte qui n\u2019a d\u2019autre r\u00e9sultat que d\u2019engloutir des r\u00e9giments ? \u00bb L\u2019autre (p. 101) : \u00ab Ce secteur immortalis\u00e9 par des luttes sanglantes, par des actes de d\u00e9vouement, d\u2019h\u00e9ro\u00efsme qui, dict\u00e9s par l\u2019esprit de sacrifice, ont atteint au sublime et peuvent rivaliser, sinon les d\u00e9passer, avec les plus beaux que l\u2019Histoire ait enregistr\u00e9s. \u00bb<br \/>\n<strong>Quelques notations particuli\u00e8res<\/strong><br \/>\n&#8211; p. 23-28 : opposition entre les jeunes pleins d\u2019enthousiasme au d\u00e9part et ceux qui \u00ab y retournent \u00bb (entre guillemets dans le texte) et ceux qui y sont d\u00e9j\u00e0 qui ne demandent qu\u2019une chose, \u00ab un bon tuyau sur la fin de la guerre qu\u2019ils appellent de tous leurs v\u0153ux \u00bb.<br \/>\n&#8211; p. 39 : l\u2019angoisse avant l\u2019attaque.<br \/>\n&#8211; p. 41 : les cris des bless\u00e9s.<br \/>\n&#8211; p. 42 : donner une cigarette \u00e0 un Allemand prisonnier.<br \/>\n&#8211; p. 52 : le tir trop court du 75 brise une attaque fran\u00e7aise.<br \/>\n&#8211; p. 62 : le capitaine distribue de l\u2019argent aux soldats qui ont eu une belle conduite.<br \/>\n&#8211; p. 65 : une tr\u00eave par r\u00e9ciprocit\u00e9.<br \/>\n&#8211; p. 69 et p. 99 : qu\u2019il fait bon vivre en p\u00e9riode de repos (mais les exercices sont d\u00e9sagr\u00e9ables et stupides) ; qu\u2019il est bon de manger chez les civils [id\u00e9e th\u00e9oris\u00e9e par Jules Puech dans sa correspondance publi\u00e9e sous le titre <em>Salet\u00e9 de guerre !<\/em> Voir aussi <em>Manger et boire entre 1914 et 1918<\/em>, sous la direction de Caroline Poulain].<br \/>\n&#8211; p. 72 : les totos font souffrir mais sont un sujet de plaisanteries [voir Louis Barthas et les dessins de Dantoine].<br \/>\n&#8211; p. 75 : la bonne blessure.<br \/>\n&#8211; p. 86 : la stupidit\u00e9 de porter la capote par une chaleur accablante.<br \/>\n&#8211; p. 98 : armistice d\u2019un jour en novembre 1915 \u00e0 cause des intemp\u00e9ries.<br \/>\n&#8211; p. 117 : la grave blessure, le transport du bless\u00e9 par des PG pris comme brancardiers, les soins.<\/p>\n<p><em>R\u00e9my Cazals, f\u00e9vrier 2016<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le t\u00e9moin Fils de boulanger, il est n\u00e9 \u00e0 Damprichard (Doubs). 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