{"id":1589,"date":"2016-03-27T18:24:33","date_gmt":"2016-03-27T17:24:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1589"},"modified":"2021-09-23T17:01:46","modified_gmt":"2021-09-23T16:01:46","slug":"ballot-francois-xavier-1886-1954","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/03\/27\/ballot-francois-xavier-1886-1954\/","title":{"rendered":"Ballot, Fran\u00e7ois-Xavier (1886-1954)"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9 \u00e0 Vincey (Vosges) le 13 mars 1886 de p\u00e8re inconnu et de Marie-Jos\u00e9phine Ballot. Avant la guerre, il est contr\u00f4leur \u00e0 la Compagnie Lorraine d\u2019\u00c9lectricit\u00e9. Il rejoint le 146e RI de Toul lors de la mobilisation. R\u00e9form\u00e9 n\u00b02 fin novembre de la m\u00eame ann\u00e9e, on le retrouve apr\u00e8s la guerre directeur de la brasserie-restaurant Mollard-Wepler \u00e0 Paris. En 1919, il \u00e9pouse la directrice du Negresco de Nice, \u00e9tablissement dans lequel il est chef de rang. Mais le Negresco p\u00e9riclite et le couple se s\u00e9pare ; Fran\u00e7ois-Xavier rentre \u00e0 Vincey o\u00f9 il devient comptable. Profond\u00e9ment pieux et marqu\u00e9 par deux guerres, il publie entre 1945 et 1948 sept ouvrages touchant \u00e0 la religion et \u00e0 la paix dans une Europe qu\u2019il souhaite pacifi\u00e9e. Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Nancy le 27 f\u00e9vrier 1954 (merci \u00e0 Bernard Visse pour les \u00e9l\u00e9ments biographiques fournis).<br \/>\nSon t\u00e9moignage de guerre est publi\u00e9 sous un nom d\u2019emprunt, form\u00e9 par l\u2019anagramme de son patronyme : Tollab, Fran\u00e7ois-Xavier, <em>Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Infini<\/em>, Nancy, Imprimerie nanc\u00e9ienne, 1931, 229 p. Le texte \u00e9voque un mois et demi de campagne en Lorraine d\u2019un sergent fourrier, agent de liaison, du 2 ao\u00fbt au 11 septembre 1914, date \u00e0 laquelle il est \u00e9vacu\u00e9. De sant\u00e9 fragile, un \u00ab \u00e9tat pulmonaire et g\u00e9n\u00e9ral \u00bb d\u00e9grad\u00e9 lui vaut d\u2019\u00eatre r\u00e9form\u00e9 n\u00b02. S\u2019il quitte le front, il reste mobilis\u00e9 et \u00ab vers\u00e9 dans l\u2019auxiliaire en avril 1915, puis affect\u00e9 le 1er octobre de la m\u00eame ann\u00e9e \u00e0 la 22e section de COA [Commis et Ouvriers d\u2019Administration], caserne Latour-Maubourg \u00bb \u00e0 Paris. En f\u00e9vrier 1916, une rechute l\u2019envoie au sanatorium de Bligny, et une longue convalescence  s\u2019ach\u00e8ve par une r\u00e9forme d\u00e9finitive en mars 1917.<br \/>\nSouvenirs d\u00e9lay\u00e9s et teint\u00e9s de gouaille fran\u00e7aise, Ballot \u00e9voque sa guerre par tableaux, m\u00ealant dialogues, impressions et panoramas. Ainsi sont m\u00e9lang\u00e9s in\u00e9galement fictions inutiles, bourrage de cr\u00e2ne (bien que la publication date de 1930), et touches r\u00e9alistes et opportunes de la description de la bataille des fronti\u00e8res en Lorraine, \u00e0 l\u2019est de Nancy. Sans \u00eatre exceptionnelle, la partie r\u00e9ellement testimoniale de son parcours est \u00e0 prendre en compte. Sa description de l\u2019habillement des r\u00e9servistes est \u00e9pique, comme celle des quolibets et invectives au croisement de r\u00e9giments de l\u2019Est avec ceux du Midi, souvent stigmatis\u00e9s dans les t\u00e9moignages. Les poncifs du bourrage de cr\u00e2ne sont pr\u00e9sents, avec leur lot d\u2019exactions plus suppos\u00e9es que constat\u00e9es, d\u2019espionnite et de trahisons des populations locales : \u00ab C\u2019est un fait, et les psychologues l\u2019expliqueront s\u2019ils le peuvent. \u00bb Il recherche tous les signes prouvant la pr\u00e9paration allemande \u00e0 la guerre bien avant qu\u2019elle soit d\u00e9clar\u00e9e. Alors qu\u2019il est d\u00e9sign\u00e9 comme agent de liaison entre deux compagnies, et qu\u2019il effectue une patrouille au nord de Ch\u00e2teau-Salins, il rencontre \u00ab tout un r\u00e9seau de fils de fer rouill\u00e9s et dont personne n\u2019aurait pu d\u00e9celer la pr\u00e9sence. Ici encore, les Allemands avaient bien pr\u00e9vu la guerre ! \u00bb Il y revient plus loin : \u00ab Nous savions tr\u00e8s bien que les Allemands, auteurs de la guerre, avaient su s\u2019y pr\u00e9parer. De nombreuses tranch\u00e9es avaient \u00e9t\u00e9 creus\u00e9es d\u00e8s juin 1914, m\u00eame avec le concours de civils de la r\u00e9gion. Ces derniers durent s\u2019ex\u00e9cuter parfois sous la menace du revolver. Nous savions aussi que les retranchements organis\u00e9s sur les hauteurs dominant Pr\u00e9vocourt, Fr\u00e9mery, Chicourt et bien au-del\u00e0, \u00e9taient d\u2019une puissance formidable. Pour nous, soldats et chefs, c\u2019\u00e9tait le massacre \u00e0 coup s\u00fbr ; n\u00e9anmoins, il fallait aller de l\u2019avant. \u00bb La r\u00e9alit\u00e9 de la guerre est tout autre ; il subit son bapt\u00eame du feu le 20 ao\u00fbt \u00e0 Fr\u00e9mery, terrible : \u00ab \u00c0 l\u2019appel, sur le plateau de la Marchande, le 20 ao\u00fbt \u00e0 la nuit, la 12e compagnie du 146e r\u00e9giment d\u2019infanterie put d\u2019abord pr\u00e9senter quatorze hommes et onze qui arriv\u00e8rent peu apr\u00e8s ; soit au total vingt-cinq hommes sur trois cents environ qu\u2019ils \u00e9taient \u00e0 l\u2019aube, avant la bataille ; les autres compagnies du r\u00e9giment, r\u00e9duites \u00e0 l\u2019\u00e9tat squelettique, avaient perdu presque tous leurs officiers. \u00bb Est-ce pour cela que les pages du 17 au 21 ao\u00fbt 1914 sont manquantes dans le JMO ? Lui-m\u00eame indique qu\u2019un obus lui a fr\u00f4l\u00e9 la joue, se fichant en terre \u00e0 ses pieds sans exploser, que son uniforme est trou\u00e9 de multiples balles, qu\u2019il a \u00e9vit\u00e9 de justesse d\u2019\u00eatre embroch\u00e9 par la ba\u00efonnette d\u2019un soldat fran\u00e7ais devenu fou et qu\u2019il a sauv\u00e9 la vie d\u2019un autre en s\u2019interposant entre un tra\u00eenard et un officier qui voulait lui br\u00fbler la cervelle. V\u00e9ritable traumatisme, l\u2019\u00e9chec de Morhange l\u2019interroge sur l\u2019h\u00e9ro\u00efsme vain des soldats trahis par les erreurs commises, et entra\u00eene le raccourcissement des galons des officiers. Lui-m\u00eame supprime ses galons de fourrier pour \u00e9viter de tomber sous les balles des bons tireurs allemands. La bataille achev\u00e9e, il fait le bilan d\u2019un ennemi forc\u00e9ment d\u00e9loyal ; ici un bless\u00e9 achev\u00e9 par un Allemand, l\u00e0 des balles dum-dum ou explosives, ailleurs un mort \u00ab brandissant vers le ciel son revolver \u00bb ou d\u2019autres \u00ab debout et abrit\u00e9s derri\u00e8re une haie, \u00e9paulant encore leur fusil \u00bb et souvent des artilleurs qui tirent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment sur les ambulances. Il voit aussi des 77 qui n\u2019\u00e9clatent pas, des soldats qui jouent \u00ab aux cartes par le plus fort du bombardement \u00bb et des Allemands s\u2019exprimant en fran\u00e7ais pour tromper les d\u00e9fenseurs. Malade, il entre le 11 septembre dans une ambulance install\u00e9e dans un bateau sur le canal de la Marne au Rhin \u00e0 Varangeville et cet \u00e9pisode est riche d\u2019enseignements : \u00ab Nous \u00e9tions plus de cent qui reposions dans la cale ; une trentaine de bless\u00e9s allemands \u00e9taient des n\u00f4tres et, pour la premi\u00e8re fois, face \u00e0 face, nous fraternis\u00e2mes pour le bien de l\u2019humanit\u00e9. \u00bb Une conclusion d\u00e9j\u00e0 amorc\u00e9e quelques dizaines de pages auparavant : \u00ab Est-il possible de se faire une guerre aussi cruelle pour quelques m\u00e9galomanes notoires ? \u00bb<br \/>\nYann Prouillet<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 \u00e0 Vincey (Vosges) le 13 mars 1886 de p\u00e8re inconnu et de Marie-Jos\u00e9phine Ballot. Avant la guerre, il est contr\u00f4leur \u00e0 la Compagnie Lorraine d\u2019\u00c9lectricit\u00e9. Il rejoint le 146e RI de Toul lors de la mobilisation. 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