{"id":1640,"date":"2016-03-28T16:26:44","date_gmt":"2016-03-28T15:26:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1640"},"modified":"2021-09-23T17:02:05","modified_gmt":"2021-09-23T16:02:05","slug":"rous-gabrielle-1873-1963-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/03\/28\/rous-gabrielle-1873-1963-2\/","title":{"rendered":"Brusson, Gabrielle (1873-1963)"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9e Gabrielle Rous. \u00c9pouse d\u2019Antonin Brusson, patron de l\u2019entreprise de p\u00e2tes alimentaires Brusson Jeune de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) ; elle a trois enfants, Andr\u00e9 qui est mobilis\u00e9 et \u00e0 qui elle \u00e9crit, Jeanne et Marie-Louise (voir les notices Brusson).<br \/>\nPendant la guerre, on manque de personnel qualifi\u00e9, et la femme d\u2019Antonin doit s\u2019improviser caissi\u00e8re \u00e0 la rentr\u00e9e des vacances d\u2019\u00e9t\u00e9 de 1916 : \u00ab Quand on revient ici, on rentre dans la fournaise ; adieu les moments de libert\u00e9 et de farniente. Il faut toujours songer \u00e0 la lutte pour la vie, aux affaires, aux ennuis de toutes sortes qui surgissent de partout. D\u00e8s le lendemain de notre arriv\u00e9e, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e \u00e0 remplacer M. Gourdou \u00e0 la caisse. \u00bb Un peu plus tard, elle ajoute&nbsp;: \u00ab Aujourd\u2019hui, c\u2019\u00e9tait jour de quinzaine. Pr\u00e8s de dix mille francs de monnaie me sont pass\u00e9s entre les doigts, et je t\u2019assure que la t\u00e2che n\u2019est pas commode avec ces horribles billets de 1 franc et de 0,50, sales et d\u00e9go\u00fbtants, ainsi que ces tickets de carton qui remplacent la monnaie de billon. Je suis tr\u00e8s satisfaite parce que ma caisse tous les soirs est juste. J\u2019aime assez mon nouveau m\u00e9tier, mais il absorbe tous mes instants. Je te dirai que je signe maintenant par procuration ; ton P\u00e8re m\u2019a donn\u00e9 cette marque de confiance que je ferai tous mes efforts pour conserver et accro\u00eetre constamment. \u00bb<br \/>\nDans une lettre du 27 mars 1917, c\u2019est-\u00e0-dire avant le grand mouvement d\u2019indiscipline dans l\u2019arm\u00e9e, Gabrielle d\u00e9crit \u00e0 son fils \u00ab la mutinerie des ouvri\u00e8res \u00bb : \u00ab Elles ont pass\u00e9 toute la semaine chez elles, essayant de comploter et d\u2019amener la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, ce \u00e0 quoi elles n\u2019ont pas r\u00e9ussi. Mercredi matin, \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du train de Bessi\u00e8res, tout le groupe \u00e9tait \u00e0 la gare pour attendre les ouvri\u00e8res, les interpeller et chercher querelle et bataille. Mais un seul gendarme, qui s\u2019\u00e9tait rendu l\u00e0 tout expr\u00e8s, a suffi pour les tenir en respect. L\u2019une d\u2019elles a essay\u00e9 de lui tenir t\u00eate, il l\u2019a menac\u00e9e de la prison, cela a servi de le\u00e7on. Tout est rentr\u00e9 dans le calme. Elles comptaient sur le maire pour se faire donner raison. Il n\u2019est arriv\u00e9 de Montauban que vendredi. Une grande r\u00e9union a eu lieu \u00e0 la mairie, apr\u00e8s laquelle M. Ourgaud est venu rendre compte \u00e0 ton P\u00e8re, essayer de le fl\u00e9chir pour obtenir quelque chose et lui demander de bien vouloir se rendre \u00e0 la mairie pour discuter avec ces fortes t\u00eates. Mais ton P\u00e8re a refus\u00e9 carr\u00e9ment de s\u2019y rendre et n\u2019a fait que de tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8res concessions qu\u2019il a autoris\u00e9 le maire \u00e0 leur soumettre. Sur ce, elles sont toutes rentr\u00e9es lundi matin sans tambour ni trompette et, dans les ateliers o\u00f9 je me suis rendue deux fois, elles sont silencieuses et ne l\u00e8vent pas les yeux de sur leur travail, au moins pendant ma pr\u00e9sence. Je crois qu\u2019elles auront eu une bonne le\u00e7on et qui leur servira. Une semaine de ch\u00f4mage \u00e0 cette \u00e9poque n\u2019est pas d\u00e9sirable. [\u2026] Maintenant, tout a repris le cours normal ; l\u2019usine donne son plein. \u00bb<br \/>\nR\u00e9my Cazals<br \/>\n*R\u00e9my Cazals, \u00ab Lettres du temps de guerre \u00bb dans le livre collectif du CAUE de la Haute-Garonne, <em>La Chanson des bl\u00e9s durs, Brusson Jeune 1872-1972<\/em>, Toulouse, Loubati\u00e8res, 1993, p. 70-128, illustrations. Photo de Gabrielle Rous et de ses deux filles dans <em>500 T\u00e9moins de la Grande Guerre<\/em>, p. 102.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9e Gabrielle Rous. \u00c9pouse d\u2019Antonin Brusson, patron de l\u2019entreprise de p\u00e2tes alimentaires Brusson Jeune de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) ; elle a trois enfants, Andr\u00e9 qui est mobilis\u00e9 et \u00e0 qui elle \u00e9crit, Jeanne et Marie-Louise (voir les notices Brusson). 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