{"id":171,"date":"2008-09-22T16:08:35","date_gmt":"2008-09-22T15:08:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/09\/22\/berthele-raoul-1886-1918\/"},"modified":"2021-09-09T17:17:12","modified_gmt":"2021-09-09T16:17:12","slug":"berthele-raoul-1886-1918","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/09\/22\/berthele-raoul-1886-1918\/","title":{"rendered":"Berthel\u00e9, Raoul (1886-1918)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>D&rsquo;une famille ayant des racines dans l&rsquo;Aisne, Raoul Berthel\u00e9 est n\u00e9 \u00e0 Niort, le 6 juin 1886, o\u00f9 son p\u00e8re occupait le poste d&rsquo;archiviste d\u00e9partemental des Deux-S\u00e8vres. L&rsquo;archiviste Joseph Berthel\u00e9 fut nomm\u00e9 \u00e0 Montpellier en 1891. C&rsquo;est l\u00e0 que Raoul fit ses \u00e9tudes, pour devenir ing\u00e9nieur chimiste. Au service militaire, il suivit la formation des \u00e9l\u00e8ves officiers d&rsquo;administration, et obtint sa promotion en avril 1910. Mobilis\u00e9 \u00e0 Lunel le 2 ao\u00fbt 1914, il partit en qualit\u00e9 d&rsquo;officier d&rsquo;approvisionnement de l&rsquo;ambulance 15 du 16<sup>e<\/sup> Corps d&rsquo;arm\u00e9e (la 15\/16) o\u00f9 il resta jusqu&rsquo;au 30 septembre 1916. Le JMO de cette ambulance n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 aux archives du Val de Gr\u00e2ce. Elle se trouvait dans la r\u00e9gion d&rsquo;Amiens d&rsquo;avril \u00e0 ao\u00fbt 1915, puis \u00e0 Cuperly (Marne, pr\u00e8s de Suippes) d&rsquo;octobre 1915 \u00e0 mai 1916, et \u00e0 Fleury-sur-Aire, au nord de Bar-le-Duc jusqu&rsquo;au d\u00e9part de Berthel\u00e9. Celui-ci fut alors nomm\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ambulance 3\/15 en octobre 1916, secteur de Dieue-sur-Meuse. Le JMO de cette ambulance existe mais il est fort laconique. Il signale cependant l&rsquo;arriv\u00e9e et le d\u00e9part de l&rsquo;officier gestionnaire Berthel\u00e9. Affect\u00e9 au service m\u00e9t\u00e9o en mars 1917, il fit un stage \u00e0 Dugny, r\u00e9gion parisienne, \u00e0 partir d&rsquo;avril 1917, avec un s\u00e9jour \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital du Val de Gr\u00e2ce dans la deuxi\u00e8me quinzaine d&rsquo;avril. A partir du 12 juin 1917, il dirige la station m\u00e9t\u00e9o de la 6<sup>e<\/sup> Arm\u00e9e \u00e0 Berzy (Aisne), se replie lors de l&rsquo;avance allemande, puis suit les arm\u00e9es alli\u00e9es dans l&rsquo;offensive finale, jusqu&rsquo;en Belgique. Le JMO de l&rsquo;ambulance 1\/64 signale que cette unit\u00e9 m\u00e9dicale s&rsquo;est fix\u00e9e \u00e0 Roulers en Belgique le 28 octobre, dans les b\u00e2timents du Petit S\u00e9minaire, et qu&rsquo;elle s&rsquo;est sp\u00e9cialis\u00e9e dans les soins aux gripp\u00e9s. Atteint de la maladie, Raoul Berthel\u00e9 y a \u00e9t\u00e9 admis. Il y est mort de la grippe espagnole, le 22 d\u00e9cembre 1918.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage <\/strong><\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas ici d&rsquo;un t\u00e9moignage \u00e9crit, mais photographique. Il existait un lien entre chimie et photo. Raoul Berthel\u00e9 a fait de la photo avant la guerre (sujets familiaux, Montpellier, Palavas&#8230;). Ses premiers clich\u00e9s du temps de guerre datent d&rsquo;avril 1915 ; sans doute \u00e9tait-il parti sans son mat\u00e9riel. Le fonds Berthel\u00e9 contient 1 500 plaques de verre n\u00e9gatives ou positives dans leurs bo\u00eetes, et les tirages contacts correspondants coll\u00e9s sur des albums, plus 500 autres tirages sur papier \u00e0 chlorure d&rsquo;argent. Les formats vari\u00e9s laissent entendre que Raoul Berthel\u00e9 a utilis\u00e9 au moins deux appareils dont un de type jumelle permettant de tirer des vues st\u00e9r\u00e9o ou des panoramiques. Le fonds a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 aux Archives Municipales de Toulouse par la s\u0153ur de Raoul qui a v\u00e9cu dans cette ville. Il a \u00e9t\u00e9 inventori\u00e9 r\u00e9cemment dans le cadre des travaux sur 1914-1918 des \u00e9tudiants en histoire de l&rsquo;universit\u00e9 de Toulouse Le Mirail (master de Julie Maisonhaute). Une exposition a lieu aux Archives municipales de Toulouse du 8 novembre 2008 au 31 janvier 2009, accompagn\u00e9e de la publication d&rsquo;un livre aux \u00e9ditions Privat :<\/p>\n<p>&#8211; <em>1914-1918 Images de l&rsquo;arri\u00e8re-front. Raoul Berthel\u00e9, lieutenant et photographe<\/em>, ouvrage pr\u00e9par\u00e9 par R\u00e9my Cazals, pr\u00e9face de Genevi\u00e8ve Dreyfus-Armand, Toulouse, Privat, 2008, 128 p., 140 illustrations, index des noms de lieux.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Tous les mobilis\u00e9s de 14-18 ne se sont pas trouv\u00e9s dans la zone des Arm\u00e9es. Certains n&rsquo;ont jamais quitt\u00e9 les d\u00e9p\u00f4ts de <em>l&rsquo;arri\u00e8re<\/em>. Parmi ceux de <em>l&rsquo;avant<\/em>, certains ne stationnaient pas sur <em>le front<\/em> proprement dit (lignes de tranch\u00e9es, artillerie de campagne), mais \u00e0 quelques kilom\u00e8tres des premi\u00e8res lignes. On peut appeler cette zone <em>l&rsquo;arri\u00e8re-front<\/em>. Elle fait cependant partie de la zone des Arm\u00e9es. A l&rsquo;arri\u00e8re-front, se trouvent les ambulances. Le personnel d&rsquo;une ambulance comprend les m\u00e9decins, les infirmiers et les officiers d&rsquo;administration (fonction de Berthel\u00e9 qui a pris de nombreux clich\u00e9s de la vie \u00e0 l&rsquo;ambulance). Les ambulances doivent suivre les troupes dans leurs mouvements, mais au cours de la guerre des tranch\u00e9es elles fonctionnent dans les m\u00eames b\u00e2timents pendant plusieurs mois. L&rsquo;unit\u00e9 change de secteur en m\u00eame temps que le Corps d&rsquo;Arm\u00e9e auquel elle appartient. L&rsquo;officier gestionnaire s&rsquo;occupe des approvisionnements de l&rsquo;ambulance. Il a aussi pour t\u00e2che de faire creuser les tombes pour enterrer les bless\u00e9s d\u00e9c\u00e9d\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ambulance, en arrivant du champ de bataille, ou des suites des op\u00e9rations (pratiqu\u00e9es quelquefois dans l&rsquo;urgence, et qui \u00e9taient souvent sans espoir ; nombreuses photos de tombes, d&rsquo;enterrements). L&rsquo;arri\u00e8re-front est une zone de passage. Les fantassins la traversent, montant au front ou en descendant. Passent aussi des convois de prisonniers allemands. Berthel\u00e9 les a photographi\u00e9s assez souvent. Il a \u00e9t\u00e9 sensible \u00e0 l&rsquo;exotisme et a photographi\u00e9 goumiers, tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais, Indochinois&#8230; Il a photographi\u00e9 aussi les pi\u00e8ces d&rsquo;artillerie de tous calibres. L&rsquo;arri\u00e8re-front subit des bombardements qui d\u00e9truisent des b\u00e2timents (le fonds contient de nombreuses photos de ruines). Mais le risque n&rsquo;est pas permanent. La vie civile se poursuit. Civils et militaires vivent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Certains militaires sont parfois log\u00e9s chez des civils. Raoul Berthel\u00e9 est jeune, c\u00e9libataire, officier. Il b\u00e9n\u00e9ficie du prestige de l&rsquo;uniforme, et celui-ci n&rsquo;est pas couvert de la boue des tranch\u00e9es. Ses \u00ab conqu\u00eates f\u00e9minines \u00bb, photographi\u00e9es, sont nombreuses. Les officiers d&rsquo;administration, toujours propres, vivant loin des lignes et pr\u00e8s des femmes, \u00e9taient d\u00e9test\u00e9s des hommes des tranch\u00e9es.<\/p>\n<p>Un officier gestionnaire d&rsquo;ambulance dispose de temps libre. Les terrains d&rsquo;aviation sont \u00e9videmment situ\u00e9s dans l&rsquo;arri\u00e8re-front. Photographe et passionn\u00e9 d&rsquo;aviation, Raoul Berthel\u00e9 a fr\u00e9quent\u00e9 les pilotes et pris de nombreux clich\u00e9s des machines volantes, la plupart du temps au sol. Il s&rsquo;est photographi\u00e9 debout devant le train d&rsquo;atterrissage, ou dans le poste de pilotage. Il a effectu\u00e9 des \u00ab promenades en a\u00e9roplane \u00bb au cours desquelles il a pris des clich\u00e9s. A Berzy-le-Sec, ses fonctions l&rsquo;ont conduit \u00e0 quelques \u00ab acrobaties a\u00e9riennes \u00bb, suspendu \u00e0 un ballon captif, peut-\u00eatre pour prendre les clich\u00e9s de divers types de nuages qui se trouvent dans le fonds photographique qu&rsquo;il a constitu\u00e9. En octobre 1917, l&rsquo;attaque fran\u00e7aise sur le secteur de la Malmaison, partie occidentale du Chemin des Dames, a permis d&rsquo;avancer les premi\u00e8res lignes fran\u00e7aises. Les anciennes premi\u00e8res lignes deviennent ainsi partie de l&rsquo;arri\u00e8re-front. Les officiers de l&rsquo;arri\u00e8re-front viennent, comme en touristes, photographier le paysage ravag\u00e9 et les anciennes lignes allemandes (en particulier du c\u00f4t\u00e9 du moulin de Laffaux). La s\u00e9rie se termine par les photos prises en suivant l&rsquo;offensive finale des Alli\u00e9s : ruines ; cadavres ; tanks d\u00e9truits et deux photos assez rares repr\u00e9sentant un tank allemand captur\u00e9 par les Australiens, par la suite envoy\u00e9 en Australie comme troph\u00e9e de guerre.<\/p>\n<p><strong>4. Autres informations<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Etat des services de Raoul Berthel\u00e9, au SHD \u00e0 Vincennes.<\/p>\n<p>&#8211; JMO des ambulances 3\/15 (bo\u00eete 889) et 1\/64 (bo\u00eete 906), Archives du Val de Gr\u00e2ce, Paris.<\/p>\n<p>&#8211; Voir dans ce dictionnaire les notices BLAYAC, MARTIN, VIGUIER.<\/p>\n<p>R\u00e9my Cazals, septembre 2008<\/p>\n<p>Une photo prise par Berthel\u00e9 dans <em>500 T\u00e9moins de la Grande Guerre<\/em>, p. 68.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin D&rsquo;une famille ayant des racines dans l&rsquo;Aisne, Raoul Berthel\u00e9 est n\u00e9 \u00e0 Niort, le 6 juin 1886, o\u00f9 son p\u00e8re occupait le poste d&rsquo;archiviste d\u00e9partemental des Deux-S\u00e8vres. L&rsquo;archiviste Joseph Berthel\u00e9 fut nomm\u00e9 \u00e0 Montpellier en 1891. C&rsquo;est l\u00e0 que Raoul fit ses \u00e9tudes, pour devenir ing\u00e9nieur chimiste. 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