{"id":1815,"date":"2016-04-06T21:29:23","date_gmt":"2016-04-06T20:29:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1815"},"modified":"2016-04-15T19:21:45","modified_gmt":"2016-04-15T18:21:45","slug":"plante-alban-1882-1919","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/04\/06\/plante-alban-1882-1919\/","title":{"rendered":"Plant\u00e9, Alban (1882-1919)"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9 \u00e0 Valence-sur-Ba\u00efse (Gers), le 16 avril 1882. \u00c9tudes au s\u00e9minaire d\u2019Auch. Cur\u00e9 de Margouet-Meymes. Nomm\u00e9 \u00e0 Cassaigne le 18 avril 1914, il ne peut occuper son poste que pendant quelques mois car il est mobilis\u00e9 et affect\u00e9 \u00e0 la 17e section d\u2019infirmiers militaires de la 67e division de r\u00e9serve (celle du docteur Voivenel, voir ce nom).<br \/>\nHenri Faget a retrouv\u00e9 dans sa famille et autour les lettres envoy\u00e9es \u00e0 ses paroissiens notables par le cur\u00e9 devenu soldat (\u00ab d\u00e9guis\u00e9 en soldat \u00bb, comme il le dit lui-m\u00eame dans sa lettre du 28 ao\u00fbt 1914, lettre qui demande aussi des nouvelles de \u00ab Monsieur Maurice \u00bb, Maurice Faget, fils de ses correspondants principaux, et p\u00e8re d\u2019Henri). Voir la notice Faget Maurice. Les lettres sont r\u00e9unies dans un petit livre \u00e0 compte d\u2019auteur d\u2019Henri Faget, publi\u00e9 sous le titre <em>Alban Plant\u00e9, Lettres d\u2019un pr\u00eatre-soldat \u00e0 ses paroissiens, avril 1914-d\u00e9cembre 1916<\/em>, chez l\u2019auteur (henri.faget459@orange.fr), 2014, 102 p.<br \/>\nDans ses lettres, le cur\u00e9 emploie un ton de respectueuse et amicale plaisanterie. Il se pr\u00e9occupe de la d\u00e9coration de sa ch\u00e8re \u00e9glise ; il lance quelques piques \u00e0 certains confr\u00e8res \u00e0 propos du denier du culte. Il demande l\u2019envoi de son calice pour pouvoir dire la messe, mais il doit y renoncer car le paquet risquerait de s\u2019\u00e9garer. De Cassaigne, ces dames lui envoient une \u00e9trenne qu\u2019il utilise pour venir en aide \u00e0 une famille \u00e9prouv\u00e9e (p. 46 et 50). Lors des grandes f\u00eates chr\u00e9tiennes, il adresse des lettres pastorales \u00e0 ses paroissiens pour les r\u00e9conforter.<br \/>\nAu d\u00e9but de la guerre, il passe quelque temps \u00e0 Toulouse (p. 10), mais il arrive \u00e0 Suippes en Champagne le 16 ao\u00fbt, il gagne l\u2019Argonne, puis se replie vers Verdun avant que la victoire de la Marne ne r\u00e9tablisse la situation (p. 88). Il \u00e9crit : \u00ab Les services de la voirie n\u2019ont plus de secrets pour moi, puisque j\u2019ai pass\u00e9 un peu par tous : j\u2019ai racl\u00e9 la boue, cass\u00e9 des cailloux, cur\u00e9 des foss\u00e9s, enlev\u00e9 des fumiers, d\u00e9charg\u00e9 du sable et du ciment, charri\u00e9 du gravier avec la brouette pour la reconstruction d\u2019un pont. [\u2026] Enfin, le 8 d\u00e9cembre, j\u2019\u00e9tais \u00e0 ma grande joie affect\u00e9 comme infirmier-major \u00e0 la salle des fi\u00e9vreux dans notre ambulance de Sommedieue. \u00bb Il lui arrive de dormir dans un grenier infest\u00e9 de souris et de rats (p. 30-31), mais il est souvent accueilli dans des couvents (p. 20 et 38) car \u00ab les bonnes s\u0153urs n\u2019ont pas voulu que je couche dans le foin \u00bb.<br \/>\nLes lettres contiennent une fois l\u2019expression \u00ab maudite guerre \u00bb (13 novembre 1914, p. 30), et reconnaissent l\u2019existence du \u00ab cafard \u00bb qui est l\u2019\u00e9quivalent du spleen ou de l\u2019ennui (p. 35). Mais il ne cesse de dire que la sant\u00e9 morale de l\u2019arm\u00e9e est bonne (30 octobre 1914), que les soldats sont \u00e9tonnants d\u2019enthousiasme (17 janvier 1915), alors que les Allemands connaissent la faim (d\u2019apr\u00e8s la lettre d\u2019un prisonnier qui aurait \u00e9crit : \u00ab assi lou pan coummen\u00e7o \u00e0 manca \u00bb). D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, c\u2019est Dieu qui dirige les op\u00e9rations : \u00ab les fautes de la France p\u00e8sent bien lourd dans un plateau de la balance de Dieu \u00bb, mais cela peut \u00eatre compens\u00e9 par les pleurs, les pri\u00e8res, les sacrifices (p. 25). Dans tous les cas, le Christ aime les Francs (p. 43) et Dieu ne voudra pas imposer \u00e0 la France des \u00e9preuves trop dures (p. 47). Quant \u00e0 la religion, \u00ab elle nous r\u00e9conforte en ce sens qu\u2019elle nous apprend \u00e0 accepter la souffrance de la main de Dieu (p. 49).<br \/>\nLa lettre pastorale pour \u00eatre lue le 25 d\u00e9cembre 1915 (p. 75-80) revient sur \u00ab le courage incontestable de nos valeureux soldats et le g\u00e9nie incontest\u00e9 des chefs qui les commandent \u00bb. Elle expose les raisons de ne pas faire la paix \u00ab dans l\u2019\u00e9tat actuel des choses \u00bb et elle souhaite \u00ab que notre Patrie sorte de l\u2019\u00e9preuve actuelle grandie moralement aux yeux du monde entier \u00bb.<br \/>\nLa lettre du 5 avril 1916 est envoy\u00e9e de Dax o\u00f9 le cur\u00e9 Plant\u00e9 est soign\u00e9 par les P\u00e8res Lazaristes. Son \u00e9tat de sant\u00e9 s\u2019est d\u00e9grad\u00e9 \u00e0 un tel point qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9. De l\u00e0, il s\u2019insurge contre la \u00ab rumeur inf\u00e2me \u00bb expos\u00e9e par un journal de Toulouse (<em>La D\u00e9p\u00eache<\/em>, dont il ne cite pas le titre) qui pr\u00e9tend que les pr\u00eatres ne font pas leur devoir militaire de Fran\u00e7ais. \u00ab Tous les pr\u00eatres-soldats de France ont magnifiquement rempli jusqu\u2019au bout le r\u00f4le qui leur a \u00e9t\u00e9 d\u00e9parti au d\u00e9but de la campagne. \u00bb Que les journalistes qui font la guerre \u00e0 Toulouse viennent passer quelque temps dans les tranch\u00e9es !<br \/>\nLa derni\u00e8re lettre retrouv\u00e9e, de d\u00e9cembre 1916, envoy\u00e9e aux paroissiens, \u00e9voque son d\u00e9part pour l\u2019arm\u00e9e d\u2019Orient. Il en profite pour faire l\u2019histoire des premi\u00e8res ann\u00e9es du si\u00e8cle, ouvertes par l\u2019Exposition universelle et les affirmations de \u00ab Science, Civilisation, Progr\u00e8s \u00bb. Mais \u00ab la principale pr\u00e9occupation \u00e9tait le plaisir \u00bb. Puis on a voulu chasser les congr\u00e9gations et imposer la loi de S\u00e9paration \u00ab pour \u00e9trangler l\u2019\u00c9glise de France \u00bb. C\u2019est le danger de la Patrie et la guerre qui ont fait retrouver l\u2019union.<br \/>\nHenri Faget nous informe qu\u2019aucune autre lettre n\u2019a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e. Revenu \u00e0 son presbyt\u00e8re de Cassaigne, Alban Plant\u00e9 y est mort le 5 avril 1919.<br \/>\nR\u00e9my Cazals, avril 2016<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 \u00e0 Valence-sur-Ba\u00efse (Gers), le 16 avril 1882. \u00c9tudes au s\u00e9minaire d\u2019Auch. Cur\u00e9 de Margouet-Meymes. 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