{"id":1821,"date":"2016-04-11T15:13:08","date_gmt":"2016-04-11T14:13:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=1821"},"modified":"2016-04-15T19:17:21","modified_gmt":"2016-04-15T18:17:21","slug":"duhamel-marcel-1885-1970","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/04\/11\/duhamel-marcel-1885-1970\/","title":{"rendered":"Duhamel, Marcel (1885-1970)"},"content":{"rendered":"<p>Quatorzi\u00e8me et dernier enfant d\u2019une famille de cultivateurs normands demeurant \u00e0 Brionne, dans l\u2019Eure, Marcel Duhamel quitte tr\u00e8s jeune sa famille pour aller travailler \u00e0 Paris. En 1914, il est devenu propri\u00e9taire d\u2019un magasin de cycles et motos situ\u00e9 dans le 17e arrondissement, au 16 de la rue Jouffroy.<br \/>\nMobilis\u00e9 le 3 ao\u00fbt, c\u00e9libataire, il doit fermer son magasin pour rejoindre le 22e R\u00e9giment d\u2019artillerie \u00e0 Versailles. Son grade de mar\u00e9chal des logis lui permet d\u2019\u00eatre choisi comme agent de liaison cycliste pour l\u2019\u00e9tat-major du groupe.<br \/>\nD\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 la gare de Laon, le r\u00e9giment \u00e9quip\u00e9 de canons de 75 se dirige vers la fronti\u00e8re belge, jusqu\u2019au pont de Solre-sur-Sambre atteint fin ao\u00fbt. Commence ensuite la retraite harassante vers le sud jusqu\u2019\u00e0 Villers-Saint-Georges, pr\u00e8s de Provins. \u00c0 partir du 8 septembre, le r\u00e9giment remonte vers le nord et s\u2019arr\u00eate devant Berry-au-Bac, o\u00f9 il reste dix-sept jours. Se retrouvant sans directives apr\u00e8s la mort de ses chefs, Marcel Duhamel laisse sa fonction de cycliste et prend d\u2019autorit\u00e9 la place de chef de la 7e pi\u00e8ce (3 caissons, 18 hommes, 20 chevaux) de la 24e batterie.<br \/>\nD\u2019octobre 1914 \u00e0 mai 1915, il est cantonn\u00e9 dans le secteur de Suzanne-Maricourt, pr\u00e8s de P\u00e9ronne. Par amiti\u00e9 pour un brigadier, il accepte d\u2019\u00e9changer sa place de chef de la 7e pi\u00e8ce pour devenir chef de la 3e pi\u00e8ce, \u00e0 la batterie de tir. Une attaque contre les positions allemandes men\u00e9e en d\u00e9cembre se solde par un \u00e9chec. En mai 1915, il quitte ce secteur pour participer \u00e0 l\u2019offensive d\u2019Artois. Dix des douze canons y seront d\u00e9truits. En septembre 1915, il participe \u00e0 l\u2019offensive de Champagne et, en juillet 1916, \u00e0 l\u2019offensive de la Somme. Le 7 juillet, fortement commotionn\u00e9 et atteint de surdit\u00e9, il est mis au repos dans une unit\u00e9 anti-a\u00e9rienne.<br \/>\nC\u2019est seulement \u00e0 la fin de sa vie, vers 1968, que Marcel Duhamel r\u00e9dige ses souvenirs des ann\u00e9es 1914-1916 \u00e0 la demande de son fils. Publi\u00e9 par la famille en 2014, le r\u00e9cit est compl\u00e9t\u00e9 de divers documents (photos, citation attribu\u00e9e le 15 juillet 1916, carte retra\u00e7ant l\u2019itin\u00e9raire de son r\u00e9giment). Rien n\u2019est dit de ses ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s-guerre sinon qu\u2019en 1956 il \u00e9tait le pr\u00e9sident des Anciens Combattants de Brionne.<br \/>\nLe titre de la publication, <em>\u00c7a jamais, mon Lieutenant !<\/em>, reprend un cri du c\u0153ur exprim\u00e9 par Marcel Duhamel pendant la retraite de 1914 : un lieutenant lui demandait d\u2019utiliser son revolver pour emp\u00eacher les fantassins (\u00e9puis\u00e9s de fatigue et ne pouvant plus marcher) de s\u2019asseoir sur les caissons de l\u2019artillerie tir\u00e9s par des chevaux ; certains s\u2019endormaient, tombaient et passaient sous les roues des voitures suivantes. La r\u00e9ponse vigoureuse de Marcel Duhamel d\u00e9contenan\u00e7a le lieutenant. La description de la retraite rapportant l\u2019\u00e9puisement des hommes et des chevaux, le manque de ravitaillement et de sommeil, les villages incendi\u00e9s, correspond au t\u00e9moignage donn\u00e9 par Paul Lintier, mar\u00e9chal des logis au 44e RAC, dans <em>Ma pi\u00e8ce<\/em>.<br \/>\nPlusieurs remarques mentionnent les souffrances endur\u00e9es par \u00ab les pauvres fantassins \u00bb ; ainsi, pour r\u00e9conforter un canonnier : \u00ab Je le consolai de mon mieux et lui remontai le moral en lui faisant valoir la chance qu\u2019il avait de ne pas avoir \u00e9t\u00e9 vers\u00e9 dans l\u2019infanterie \u00bb. Il note l\u2019efficacit\u00e9 du mat\u00e9riel allemand, comme les obus explosifs, ou l\u2019importance du r\u00e9seau de barbel\u00e9s que les Allemands mettent en place la nuit en toute s\u00e9curit\u00e9 contrairement aux Fran\u00e7ais, vite rep\u00e9r\u00e9s par les fus\u00e9es \u00e9clairantes allemandes. Il relate un malheureux tir, qui a tu\u00e9 un fantassin fran\u00e7ais dans la tranch\u00e9e de premi\u00e8re ligne ; l\u2019erreur r\u00e9sultait de ce que les obus, \u00e0 poids \u00e9gal, n\u2019avaient pas tous la m\u00eame puissance de tir selon qu\u2019ils provenaient de tel ou tel fournisseur. \u00c0 la fin de ses souvenirs, il ironise sur les officiers qui restaient dans leurs abris pendant les canonnades, et s\u2019indigne de l\u2019attribution des m\u00e9dailles \u00e0 des soldats non m\u00e9ritants : \u00ab Puis j\u2019ajoutai que, de ce jour, je consid\u00e9rais que la Croix de Guerre avait \u00e9t\u00e9 institu\u00e9e, non pour r\u00e9compenser, mais pour d\u00e9courager les meilleures volont\u00e9s. \u00bb<br \/>\nIssu du monde rural, Marcel Duhamel a conserv\u00e9 un regard bienveillant sur les vaches ou les chevaux, et note l\u2019intelligence d\u2019un cheval rentr\u00e9 seul aux \u00e9chelons, signalant ainsi la mort du lieutenant qui le montait.<\/p>\n<p>* Marcel Duhamel, <em>\u00e7a jamais, mon Lieutenant ! Guerre 1914-1918<\/em>, Paris, L&rsquo;Harmattan, \u00ab\u00a0M\u00e9moires du XXe si\u00e8cle &#8211; Premi\u00e8re Guerre mondiale\u00a0\u00bb, 2014, 77 p.<\/p>\n<p>Isabelle Jeger, avril 2016<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quatorzi\u00e8me et dernier enfant d\u2019une famille de cultivateurs normands demeurant \u00e0 Brionne, dans l\u2019Eure, Marcel Duhamel quitte tr\u00e8s jeune sa famille pour aller travailler \u00e0 Paris. En 1914, il est devenu propri\u00e9taire d\u2019un magasin de cycles et motos situ\u00e9 dans le 17e arrondissement, au 16 de la rue Jouffroy. 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