{"id":183,"date":"2008-11-21T10:41:59","date_gmt":"2008-11-21T09:41:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/11\/21\/surleau-frederic-1884-1972\/"},"modified":"2021-09-09T17:20:24","modified_gmt":"2021-09-09T16:20:24","slug":"surleau-frederic-1884-1972","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/11\/21\/surleau-frederic-1884-1972\/","title":{"rendered":"Surleau, Fr\u00e9d\u00e9ric (1884-1972)"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0   21                         MicrosoftInternetExplorer4 <\/xml><![endif]--> <!--    --><!--[if gte mso 10]>\n<mce:style><!    \/* Style Definitions *\/  table.MsoNormalTable \t{mso-style-name:\"Tableau Normal\"; \tmso-tstyle-rowband-size:0; \tmso-tstyle-colband-size:0; \tmso-style-noshow:yes; \tmso-style-parent:\"\"; \tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; \tmso-para-margin:0cm; \tmso-para-margin-bottom:.0001pt; \tmso-pagination:widow-orphan; \tfont-size:10.0pt; \tfont-family:\"Times New Roman\";}  --><\/p>\n<p><!--[endif] --><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 le 2 juin 1884 \u00e0 Noum\u00e9a (Nouvelle-Cal\u00e9donie), fils d&rsquo;un inspecteur des \u00e9coles. Apr\u00e8s des \u00e9tudes secondaires au lyc\u00e9e de Brest, c&rsquo;est \u00e0 Paris qu&rsquo;il acheva sa formation. Ing\u00e9nieur des Ponts-et-Chauss\u00e9es sans \u00eatre polytechnicien, il exer\u00e7a dans les chemins de fer de 1919 \u00e0 1939, notamment les lignes contr\u00f4l\u00e9es par l&rsquo;Etat (r\u00e9seau de l&rsquo;Etat et chemins de fer d&rsquo;Alsace-Lorraine) puis \u00e0 la SNCF dont il fut directeur g\u00e9n\u00e9ral de 1937 \u00e0 1939. Administrateur extraordinaire de la ville de Marseille en 1939 et 1940, pr\u00e9fet des Bouches-du-Rh\u00f4ne en 1940, ing\u00e9nieur des Ponts-et-Chauss\u00e9es de 1941 \u00e0 1944, conseiller d&rsquo;Etat de 1944 \u00e0 1954, il a assum\u00e9 alors diverses fonctions dans l&rsquo;administration ou dans l&rsquo;\u00e9conomie. Parmi ses distinctions et engagements, notons qu&rsquo;il fut membre de la fondation Carnegie.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Le but explicite de l&rsquo;auteur est de retracer sa carri\u00e8re \u00e0 \u00ab&nbsp;[s]es chers petits-enfants&nbsp;\u00bb. Il part m\u00eame de sa notice dans le <em>Who&rsquo;s Who<\/em> pour se mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;une autobiographie largement professionnelle qu&rsquo;il intitule \u00ab&nbsp;Causeries du grand-p\u00e8re&nbsp;\u00bb. La Grande Guerre n&rsquo;est trait\u00e9e que dans l&rsquo;\u00e9quivalent de 5 des 203 pages de ce texte dont la r\u00e9daction a \u00e9t\u00e9 termin\u00e9e en ao\u00fbt 1970 (p. 50-56), dont une page sur une captivit\u00e9 qui a dur\u00e9 plus de quatre ans.<\/p>\n<p>Les m\u00e9moires de Fr\u00e9d\u00e9ric Surleau ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es, avec celles d&rsquo;un de ses coll\u00e8gues plus jeune d&rsquo;une dizaine d&rsquo;ann\u00e9e, Robert L\u00e9vi [voir notice L\u00e9vi], dans la <em>Revue d&rsquo;histoire des chemins de fer<\/em>, Hors s\u00e9rie n\u00b08, <em>M\u00e9moires d&rsquo;ing\u00e9nieurs, destins ferroviaires. Autobiographies professionnelles de Fr\u00e9d\u00e9ric Surleau (1884-1972) et Robert L\u00e9vi (1895-1981)<\/em>, 2007, 346 p. (p. 7-210 pour le texte de Fr\u00e9d\u00e9ric Surleau), \u00e9dition pr\u00e9sent\u00e9e et annot\u00e9e par Marie-No\u00eblle Polino.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>La guerre commence alors que l&rsquo;auteur, d\u00e9j\u00e0 \u00e2g\u00e9 de 30 ans, vient de terminer avec succ\u00e8s deux ans de formation \u00e0 l&rsquo;Ecole des Ponts-et-Chauss\u00e9es. Mobilis\u00e9 comme sous-lieutenant du 23<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d&rsquo;infanterie coloniale, il doit la veille du d\u00e9part, le 6 ao\u00fbt 1914, rejoindre l&rsquo;\u00e9tat-major de la division coloniale o\u00f9 sa qualification professionnelle serait d&rsquo;une grande utilit\u00e9 dans le g\u00e9nie. Apr\u00e8s quelques instants d&rsquo;h\u00e9sitation, il demande \u00e0 son \u00e9pouse d&rsquo;informer l&rsquo;\u00e9tat-major qu&rsquo;il n&rsquo;a pas re\u00e7u la note de service l&rsquo;y affectant&nbsp;: \u00ab&nbsp;J&rsquo;avais form\u00e9 ma section au 23<sup>e<\/sup> colonial, choisi mes grad\u00e9s, fait connaissance avec mes hommes&nbsp;: les abandonner \u00e0 l&rsquo;heure du d\u00e9part aux fronti\u00e8res pour aller dans un de ces \u00e9tats-majors que les combattants consid\u00e8rent -\u00e0 tort bien souvent- comme \u00e9tant le refuge des pistonn\u00e9s et des froussards me parut \u00eatre une l\u00e2chet\u00e9&nbsp;\u00bb (p. 51). Plong\u00e9 dans les combats du d\u00e9but de la guerre, il est fait prisonnier fin ao\u00fbt. Il doit alors attendre la fin de la guerre au camp de Torgau-sur-Elbes puis \u00e0 celui de Strasburg-Westpreussen, bien plus \u00e0 l&rsquo;Est. Intern\u00e9 en Suisse en juillet 1918, il arrive \u00e0 Paris o\u00f9 il retrouve sa famille le 11 novembre.<\/p>\n<p>Exercice commun dans ce type de texte, loin de se limiter \u00e0 ce conflit, il note ses rencontres avec des personnages importants (Joffre) et il insiste sur les rapports hi\u00e9rarchiques, citant ainsi un de ses subordonn\u00e9s agonisant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon lieutenant, mon lieutenant, j&rsquo;ai une balle dans les reins&nbsp;\u00bb (p.53). La bri\u00e8vet\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience des combats explique peut-\u00eatre l&rsquo;absence de description des souffrances des soldats. Quelques passages de ce court texte insistent sur des d\u00e9tails (comme la description des imperfections de sa tenue du sous-lieutenant au moment de la mobilisation, p.51) sans grand int\u00e9r\u00eat, un peu comme si ce grand-p\u00e8re devait allonger un peu le r\u00e9cit d&rsquo;une guerre qui, pour lui, n&rsquo;a pas dur\u00e9 un mois. Ce texte, \u00e9crit pour les petits-enfants de l&rsquo;auteur, se veut alors une le\u00e7on d&rsquo;histoire et n&rsquo;oublie pas l&rsquo;attentat de Sarajevo ni les diff\u00e9rents plans mis au point par l&rsquo;\u00e9tat-major ou l&rsquo;origine du verbe \u00ab&nbsp;limoger&nbsp;\u00bb, limitant ainsi la partie la plus personnelle. Ecrit un demi-si\u00e8cle plus tard, ce court r\u00e9cit de la Grande Guerre de Fr\u00e9d\u00e9ric Surleau est aussi largement r\u00e9dig\u00e9 en fonction de ce qui est survenu ult\u00e9rieurement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je dirai seulement que, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les militaires allemands de l&rsquo;\u00e9poque de Guillaume II ne d\u00e9shonoraient pas l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, alors que cela a \u00e9t\u00e9 trop souvent le cas \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque hitl\u00e9rienne&nbsp;\u00bb (p.55-56). Il serait n\u00e9anmoins int\u00e9ressant de confronter ce texte \u00e0 d&rsquo;autres document pour percevoir la mani\u00e8re dont s&rsquo;est construite la m\u00e9moire de l&rsquo;auteur&nbsp;: qu&rsquo;en fut-il ainsi de ces \u00ab&nbsp;plusieurs [cas d&rsquo;insolation] mortels [qui] jalonn\u00e8rent cette route interminable&nbsp;\u00bb (p.52) lorsque les soldats de son r\u00e9giment colonial marchaient \u00e0 la mi-ao\u00fbt 1914 en direction de la Belgique&nbsp;?<\/p>\n<p>Christian Chevandier, novembre 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; 1. Le t\u00e9moin N\u00e9 le 2 juin 1884 \u00e0 Noum\u00e9a (Nouvelle-Cal\u00e9donie), fils d&rsquo;un inspecteur des \u00e9coles. Apr\u00e8s des \u00e9tudes secondaires au lyc\u00e9e de Brest, c&rsquo;est \u00e0 Paris qu&rsquo;il acheva sa formation. 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