{"id":186,"date":"2008-12-29T10:48:48","date_gmt":"2008-12-29T09:48:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/12\/29\/deverin-edouard\/"},"modified":"2021-09-09T17:20:42","modified_gmt":"2021-09-09T16:20:42","slug":"deverin-edouard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/12\/29\/deverin-edouard\/","title":{"rendered":"D\u00e9verin, Edouard (1881-1946)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>Appartenance 48<sup>e<\/sup> BCP (mention de cette unit\u00e9 p 139). Soldat d&rsquo;origine parisienne. Devient t\u00e9l\u00e9phoniste dans le courant de l&rsquo;ann\u00e9e 1915. Aucun \u00e9l\u00e9ment dans le t\u00e9moignage ne permet de d\u00e9terminer l&rsquo;origine sociale du t\u00e9moin qui para\u00eet plut\u00f4t \u00eatre un intellectuel et peut-\u00eatre m\u00eame un homme de plume. Termine sa guerre \u00e0 partir de fin 1917 &#8211; sans que le t\u00e9moignage ne dise le moindre mot des raisons de cette affectation &#8211; au G.Q.G. \u00e0 Compi\u00e8gne (\u00ab&nbsp;Mais simplement un hasard s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 que je n&rsquo;ai pas repouss\u00e9.&nbsp;\u00bb, p 159) puis \u00e0 Provins o\u00f9 il fait partie de l&rsquo;\u00e9quipe charg\u00e9e de la r\u00e9daction des communiqu\u00e9s. Semble terminer d\u00e9finitivement sa guerre \u00e0 Metz (Pierrefeu \u00e9voque ce d\u00e9placement critiqu\u00e9 du G.Q.G&nbsp;dans <em>GQG Secteur 1<\/em>, tome 2, Edition fran\u00e7aise illustr\u00e9e, 1920, p. 241-242). N&rsquo;\u00e9voque ni les conditions ni les termes de sa d\u00e9mobilisation.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p><em>Du Chemin des Dames au G.Q.G. R.A.S. 1914-1918, <\/em>Les Etincelles, 1931, 169 p. constitue la r\u00e9\u00e9dition enrichie de <em>Feuillets (1914-1918), <\/em>Maison d&rsquo;Art et d&rsquo;Edition, 1919, 124 p., ouvrage tir\u00e9 \u00e0 500 exemplaire qui n&rsquo;eut qu&rsquo;une diffusion restreinte aupr\u00e8s des amis et camarades du front de l&rsquo;auteur. Elle fut donc assez rapidement \u00e9puis\u00e9e.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la seconde \u00e9dition que nous analyserons ici, faute d&rsquo;avoir pu consulter la premi\u00e8re et donc d&rsquo;avoir pu mesurer la part de r\u00e9\u00e9criture de cette \u00e9dition revue et augment\u00e9e.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;auteur, la premi\u00e8re \u00e9dition \u00e9tait constitu\u00e9e de \u00ab&nbsp;notes directes et volontairement non romanc\u00e9es [qui] ne sont et ne veulent \u00eatre qu&rsquo;un <em>choix de souvenirs et d&rsquo;images<\/em>, de la retraite \u00e0 l&rsquo;armistice, en passant par les tranch\u00e9es de l&rsquo;Aisne et la Somme.&nbsp;\u00bb&nbsp; (pr\u00e9face de la seconde \u00e9dition, p. 13). Elle semble donc naturellement trouver sa place dans la collection de t\u00e9moignages des Etincelles, maison d&rsquo;\u00e9dition qui accepta en 1929 la publication du controvers\u00e9 <em>T\u00e9moins <\/em>de Jean-Norton Cru. La pr\u00e9face de cette seconde \u00e9dition rend compte de l&rsquo;accueil dans la presse de l&rsquo;\u00e9dition de 1919 (pp 14-16).<\/p>\n<p>Une d\u00e9dicace&nbsp;: \u00ab&nbsp;A mes camarades des 26<sup>e<\/sup> et 48<sup>e<\/sup> B.C.P. je d\u00e9die ce choix de souvenirs et d&rsquo;images.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Illustrations en t\u00eate de chapitre par Richard Maguet.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Ouvrage elliptique qui, comme l&rsquo;indiquent sa d\u00e9dicace et sa pr\u00e9face, privil\u00e9gie \u00ab&nbsp;un choix de souvenirs et d&rsquo;images.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Evocation de la guerre de la mobilisation jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;armistice. Des va-et-vient chronologiques (\u00e9vocation du plateau de Craonne en ao\u00fbt 1914, p 35) montrent \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence que si ces souvenirs ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits \u00e0 partir d&rsquo;un carnet de route, celui-ci n&rsquo;interdit pas \u00e0 l&rsquo;auteur de toujours privil\u00e9gier une vision r\u00e9capitulative de l&rsquo;ensemble de la guerre (voir \u00e9galement p. 111-112).<\/p>\n<p>Les t\u00eates de chapitres poss\u00e8dent parfois des indications spatio-temporelles mais la chronologie et la topographie de l&rsquo;ensemble demeurent parfois assez lacunaires, comme il en est souvent pour le genre r\u00e9trospectif. Ces souvenirs sont, sous la plume de D\u00e9verin, \u00e9galement empreints d&rsquo;une certaine forme de nostalgie. L&rsquo;auteur \u00e9voque assez peu sa personne ou son ressenti face \u00e0 la guerre. Ses descriptions portent sur ce qu&rsquo;il voit ou ceux qui l&rsquo;entourent directement. Seules les pages narrant un projet d&rsquo;attaque de la ligne Hindenburg en mars 1917 et, par la suite, son affectation au G.Q.G. laissent entendre un jugement critique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du haut commandement.<\/p>\n<p>Des groupes de chapitres forment des parties distinctes&nbsp;de l&rsquo;ouvrage \u00e0 partir du chapitre 7 : L&rsquo;Aisne (1915-1916), chapitres 7 \u00e0 12&nbsp;; la Somme (juin-octobre 1916), chapitres 13 \u00e0 17&nbsp;; Des abords de Saint-Quentin \u00e0 Metz (1917-1918), chapitres 18 \u00e0 25.<\/p>\n<p>pp 23-29&nbsp;: chapitre 2&nbsp;: Le pillage et la pagaye (Noisy-le-Sec, 3-5 ao\u00fbt 1914)<\/p>\n<p>Mention du carnet de notes qui servit \u00e0 la r\u00e9daction de l&rsquo;ouvrage (p 17).<\/p>\n<p>Evocation du saccage d&rsquo;une laiterie Maggi par des civils en ao\u00fbt 1914 (li\u00e9e \u00e0 des rumeurs d&#8217;empoissonnement d&rsquo;enfants par les Allemands). \u00ab&nbsp;Ebahis, mais impassibles comme des Parigots qui se respectent, nous assistons \u00e0 ce saccage-pillage &#8211; preuve \u00e9vidente de l&rsquo;imb\u00e9cillit\u00e9 et de la passivit\u00e9 populaire.&nbsp;\u00bb (p 24)<\/p>\n<p>D\u00e9part par la gare du Bourget&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous n&rsquo;avons gu\u00e8re envie de chanter la <em>Marseillaise<\/em> ou le <em>Chant du D\u00e9part<\/em>.&nbsp;\u00bb (p 28)<\/p>\n<p>pp 31-37&nbsp;: chapitre 3&nbsp;: Chimay et la retraite (ao\u00fbt 1914)<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e en Belgique&nbsp;: \u00ab&nbsp;Jusqu&rsquo;ici, ce n&rsquo;est qu&rsquo;une impression de man\u0153uvres, un optimisme certain&nbsp;; beaucoup d&rsquo;insouciance juv\u00e9nile, le vague plaisir de l&rsquo;aventure et de l&rsquo;inconnu.&nbsp;\u00bb (p 32) A Chimay, premier contact avec les r\u00e9alit\u00e9s de la guerre&nbsp;: les trains de bless\u00e9s. Pas d&rsquo;engagement de son unit\u00e9 dans la bataille de Charleroi, repli imm\u00e9diat sur Vervins, Orbais, Villiers-Saint-Georges puis Montmirail.<\/p>\n<p>pp 39-44&nbsp;: chapitre 4&nbsp;: Reims (13-14 septembre 1914)<\/p>\n<p>D\u00e9part de Ch\u00e2teau-Thierry pour Reims o\u00f9 l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;auteur cantonne. D\u00e9but des bombardements de la ville.<\/p>\n<p>pp 45-48&nbsp;: chapitre 5&nbsp;: T.S.F.<\/p>\n<p>pp 49-54 chapitre 6&nbsp;: la maison des cercueils<\/p>\n<p>Description d&rsquo;une menuiserie \u00e0 Jonchery-sur-Vesles (Marne) servant \u00e0 fabriquer les cercueils pour l&rsquo;h\u00f4pital de cette localit\u00e9.<\/p>\n<p>pp 57-61&nbsp;: chapitre 7&nbsp;: Au cr\u00e9neau (Soupir)<\/p>\n<p>S\u00e9jour au pied du Chemin des Dames en p\u00e9riode calme, sans doute au printemps 1915.<\/p>\n<p>pp 63-67&nbsp;: chapitre 8&nbsp;: r\u00e9glage de tir<\/p>\n<p>Promu t\u00e9l\u00e9phoniste dans le m\u00eame secteur, apparemment \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p>Un camarade, Letourn\u00e9, \u00e9voque une tr\u00eave entre Fran\u00e7ais et Allemands pour aller ramasser les cadavres entre les lignes. Cette sc\u00e8ne qui confine \u00e0 une fraternisation (deux majors de chaque camp se seraient serr\u00e9 la main) est interrompue par un officier observateur qui en rend compte \u00e0 la brigade.<\/p>\n<p>Du fait de sa nouvelle affectation, l&rsquo;auteur est amen\u00e9 \u00e0 r\u00e9gler par t\u00e9l\u00e9phone le tir de batteries<\/p>\n<p>pp 69-73&nbsp;: chapitre 9&nbsp;: 14 juillet devant la ferme Saint-Victor<\/p>\n<p>Evocation du secteur de la ferme de Saint-Victor dans l&rsquo;Oise.<\/p>\n<p>pp 75-79&nbsp;: chapitre 10&nbsp;: nocturne<\/p>\n<p>Evocation d&rsquo;un secteur agit\u00e9 &#8211; o\u00f9 les bombardements par artillerie de tranch\u00e9e coupent r\u00e9guli\u00e8rement les lignes t\u00e9l\u00e9phoniques (les bombardements sporadiques mais intenses par torpilles d&rsquo;artillerie de tranch\u00e9e sont l&rsquo;une des caract\u00e9ristiques du secteur des environs de la ferme de Confr\u00e9court).<\/p>\n<p>pp 81-88&nbsp;: chapitre 11&nbsp;: rel\u00e8ve \u00e0 Confr\u00e9court<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Saison fun\u00e8bre. Tout s&rsquo;\u00e9croule sous la pluie \u00e9ternelle, les talus eux-m\u00eames s&rsquo;\u00e9boulent. On ne peut d\u00e9sirer et r\u00e9aliser qu&rsquo;une chose&nbsp;: ne pas vivre absolument dans un cloaque.&nbsp;\u00bb (p 82)<\/p>\n<p>Evocation des difficult\u00e9s \u00e0 maintenir les liaisons t\u00e9l\u00e9phoniques dans un tel bourbier. Une \u00e9vocation de ce secteur \u00e0 la p. 111 la situe en d\u00e9cembre 1915.<\/p>\n<p>pp 89-92&nbsp;: chapitre 12&nbsp;: secteur calme<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Chaque jour est un jour de gagn\u00e9 sur le risque de la mort &#8211; m\u00eame dans ce secteur en apparence tranquille &#8211; et le rythme se d\u00e9ploie, impitoyablement r\u00e9gulier. Trop de petites choses quotidiennes enserrent les soldats pour qu&rsquo;ils puissent s&rsquo;offrir le luxe de remuer des id\u00e9es.&nbsp;\u00bb (pp 89-90) Sur \u00ab&nbsp;le luxe de remuer des id\u00e9es&nbsp;\u00bb, on trouve une \u00e9vocation toute \u00e0 fait oppos\u00e9e \u00e0 celle qui est exprim\u00e9e ici chez Etienne Giran (<em>Parmi les Zouaves, <\/em>Edition du Nouveau Monde, 1923) dont l&rsquo;unit\u00e9 se trouve dans le m\u00eame secteur et \u00e0 une p\u00e9riode imm\u00e9diatement post\u00e9rieure \u00e0 celle \u00e9voqu\u00e9e ici, visiblement mat\u00e9riellement beaucoup moins p\u00e9nible.<\/p>\n<p>Evocation des loisirs des combattants&nbsp;: parties de cartes, r\u00e9daction de la correspondance. La guerre et son spectacle rompent parfois la monotonie&nbsp;et \u00ab&nbsp;animent&nbsp;\u00bb le paysage : \u00ab&nbsp;Plus loin, au faite de la colline, un spectacle attire&nbsp;: les arriv\u00e9es des gros noirs. Combien risible para\u00eet l&rsquo;\u00e9tonnement des gens d&rsquo;en face sur un inoffensif repli de terrain. Puissance de l&rsquo;assimilation&nbsp;: j&rsquo;\u00e9prouve un \u00e9trange mais r\u00e9el plaisir, \u00e0 voir monter avec un sifflement plaintif les trombes de fum\u00e9e, de terre et les morceaux d&rsquo;acier.&nbsp;\u00bb (p 92)<\/p>\n<p>pp 95-99&nbsp;: chapitre 13&nbsp;: l&rsquo;espoir de la Somme<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir transit\u00e9 par le Valois, l&rsquo;unit\u00e9 de D\u00e9verin rejoint la Somme (Rosi\u00e8res, Marcelcave). Les pr\u00e9paratifs d&rsquo;offensive semblent prometteurs&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pourquoi ne serait-ce pas le dernier acte, le commencement de la ru\u00e9e finale&nbsp;?&nbsp;\u00bb (p 96)<\/p>\n<p>pp 101-104&nbsp;: chapitre 14&nbsp;: Le \u00ab&nbsp;105&nbsp;\u00bb devant Belloy<\/p>\n<p>Engag\u00e9 dans l&rsquo;offensive, l&rsquo;auteur subit les effets d&rsquo;un bombardement dont il ressort miraculeusement indemne&nbsp;: \u00ab&nbsp;A distance, on rem\u00e2che mieux cette id\u00e9e de mort. Cela fut proche. Mais pourquoi faire tant d&rsquo;histoires&nbsp;? Nous reposerions en un cimeti\u00e8re sans faste. Il resterait deux noms sur les croix de bois noir&nbsp;; cela ne serait m\u00eame pas le tragique lamentable du papier dans la bouteille des premiers temps de guerre. Et l&rsquo;oubli serait fait si vite. Un homme remplace un autre homme.&nbsp;\u00bb (p 104)<\/p>\n<p>pp 105-109&nbsp;: chapitre 15&nbsp;: En r\u00e9serve, au \u00ab&nbsp;Chancelier&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Evocation de la mort \u00ab&nbsp;voici d\u00e9j\u00e0 deux mois (&#8230;) [de] ce charmant Marcel Et\u00e9v\u00e9&nbsp;\u00bb (l&rsquo;auteur des <em>Lettres d&rsquo;un combattants (ao\u00fbt 1914-juillet 1916), <\/em>Hachette, 1917, cf. J.N. Cru, <em>T\u00e9moins, <\/em>Les Etincelles, 1929, pp 516-518)<em> <\/em>dans cette m\u00eame tranch\u00e9e des Chanceliers reconquise par l&rsquo;unit\u00e9 de D\u00e9verin.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Quant aux prisonniers, adolescents pour la plupart, nous les regardons sans haine, mais sans indulgence. Physique ingrat, l&rsquo;air absent, abruti par la prodigieuse rafale d&rsquo;acier qui, depuis plusieurs jours, s&rsquo;abat sur eux. Ils d\u00e9filent, identiques. Je leur dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Kriegsende&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em> Ils s&rsquo;\u00e9panouissent largement (&#8230;) Ce qui nous frappe, c&rsquo;est leur mine humble et souvent sournoise, sous cet affreux calot. A l&rsquo;un d&rsquo;eux, un biffin arrache violemment sa patte d&rsquo;\u00e9paule. Pas un geste, ni un mot de r\u00e9volte.&nbsp;\u00bb (p 107)<\/p>\n<p>Evocation d&rsquo;un bless\u00e9 allemand, dans ce contexte particulier \u00e0 l&rsquo;offensive&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pauvre type, il est bien amoch\u00e9&nbsp;; on devine des moignons sanglants sous la toile de tente tach\u00e9e de grandes plaques rouges. On le plaint un peu.&nbsp;\u00ab&nbsp;Oui, c&rsquo;est dommage, dit Pernin, mais ils ont fait le sale coup si souvent de faire semblant de se rendre et de nous balancer une \u00ab&nbsp;citron&nbsp;\u00bb dans le blair&nbsp;!&nbsp;\u00bb Chacun est devenu assez dur&nbsp;; la piti\u00e9 ne se prodigue plus qu&rsquo;\u00e0 bon escient.&nbsp;Et d&rsquo;ailleurs toute sensibilit\u00e9 s&rsquo;\u00e9mousse. Il faut, pour la toucher, que l&rsquo;horreur atteigne un certain degr\u00e9, soit proche et directe. Combien de fois avons-nous devis\u00e9 gaiement le long de tombes inconnues. \u00bb (p 108)<\/p>\n<p>pp 111-115&nbsp;: chapitre 16&nbsp;: Beno\u00eet, t\u00e9l\u00e9phoniste<\/p>\n<p>Evocation r\u00e9trospective de tous les secteurs parcourus et des camarades de combats rencontr\u00e9s (des t\u00e9l\u00e9phonistes). Evocation &#8211; l\u00e0 encore r\u00e9trospective &#8211; de la mort d&rsquo;un camarade proche&nbsp;: Beno\u00eet.<\/p>\n<p>pp 117-120&nbsp;: chapitre 17&nbsp;: Faune<\/p>\n<p>Evocation r\u00e9trospective des animaux crois\u00e9s pendant la guerre, qu&rsquo;ils soient aim\u00e9s ou d\u00e9test\u00e9s&nbsp;: chevaux, chats, rats, poux, chiens, \u00e2nes.<\/p>\n<p>pp 123-124&nbsp;: chapitre 18&nbsp;: Le repli (mars 1917)<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une p\u00e9riode de repos, avance sur Lassigny&nbsp;: \u00ab&nbsp;Partout des entonnoirs, partout les routes sont barr\u00e9es par les arbres coup\u00e9s, les poteaux renvers\u00e9s.&nbsp;\u00bb (p. 126)<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;A Guiscard, \u00e0 Guivry, ce qui reste de la population &#8211; des vieillards et des femmes &#8211; nous regarde d\u00e9filer, sans manifester d&rsquo;ailleurs aucun enthousiasme. Ces gens l\u00e0 semblent encore plong\u00e9s dans une certaine h\u00e9b\u00e9tude. Un seul geste \u00e9mouvant&nbsp;: \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;un village, des gamins bl\u00eames, au visage osseux, accourent nous prendre les mains.&nbsp;\u00bb (p 127)<\/p>\n<p>pp 131-132&nbsp;: chapitre 19&nbsp;: Benay<\/p>\n<p>Occupation de nouvelles positions, particuli\u00e8rement inconfortables du fait de l&rsquo;avance.<\/p>\n<p>pp 135-140&nbsp;: chapitre 20&nbsp;: La ferme Lambay<\/p>\n<p>Installation un peu moins pr\u00e9caire dans une ferme d\u00e9truite. Le projet d&rsquo;attaque de la ligne Hindenburg au niveau de Saint-Quentin est jug\u00e9 comme une \u00ab&nbsp;folie&nbsp;\u00bb. Un lieutenant du 48<sup>e<\/sup> d\u00e9clare&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vous voyez D\u00e9verin, les g\u00e9n\u00e9raux qui pr\u00e9parent froidement des attaques aussi ridicules, tout en sifflant une bonne fine, au coin du feu, ce sont des assassins.&nbsp;\u00bb (p 139)<\/p>\n<p>pp 141-144&nbsp;: chapitre 21&nbsp;: Pernin &#8211; dit \u00ab&nbsp;le petit&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Portrait-\u00e9pitaphe &nbsp;du \u00ab&nbsp;parigot&nbsp;\u00bb Pernin, sergent-fourrier d\u00e9brouillard&nbsp;: \u00ab&nbsp;C&rsquo;est l&rsquo;homme-bricole&nbsp;; il sait tout faire, hormis les \u00e9critures. D&rsquo;ailleurs il affiche un profond m\u00e9pris des papiers et des bouquins. Quand il nous voit manier la pelle ou la pioche, il regarde avec condescendance, puis tout \u00e0 coup, enlevant sa vareuse&nbsp;: &#8211; Vous me faites mal au ventre. Passez-moi \u00e7a.&nbsp;\u00bb (p 142)<\/p>\n<p>pp 145-149&nbsp;: chapitre 22&nbsp;: Chemin des Dames<\/p>\n<p>Ce chapitre \u00e9voque un moment de la bataille dite des observatoires, \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1917&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comme je gagnais le secteur par ces chemins sinueux o\u00f9, de place ne place, des avis intiment&nbsp;: \u00ab&nbsp;Passage dangereux. Faites vite&nbsp;\u00bb, j&rsquo;ai rencontr\u00e9 un bless\u00e9, conduit au poste de secours le plus proche. Ensemble nous f\u00eemes halte en un endroit moins expos\u00e9. Il me dit&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;J&rsquo;suis de la 9<sup>e <\/sup>; c&rsquo;est infernal l\u00e0-haut. Pour ainsi dire plus de sapes, plus de boyaux. Tout le temps des coups de main, des bombardements. On ne roupille quasi plus. Tant qu&rsquo;\u00e0 la soupe, on se met souvent la bride (&#8230;) On en a d\u00e9j\u00e0 vu, mon poteau, mais pas comme ici. Et soi-disant la division ne d\u00e9marrera que quand elle aura atteint un certain chiffre de pertes&#8230;&nbsp;\u00bb (p 146)<\/p>\n<p>La sortie de ce secteur difficile est v\u00e9cue comme une lib\u00e9ration miraculeuse&nbsp;: \u00ab&nbsp;(&#8230;) j&rsquo;atteins une premi\u00e8re \u00e9tape, Villers-en-Pray\u00e8res, o\u00f9 les roulantes stationnent sous les arbres frais (&#8230;) La zone des privil\u00e9gi\u00e9s, de ceux que le sort a touch\u00e9 du doigt, commence ici.&nbsp;\u00bb (p 149)<\/p>\n<p>pp 151-155&nbsp;: chapitre 23&nbsp;: Le communiqu\u00e9 (G.Q.G.)<\/p>\n<p>Affectation au G.Q.G. de Compi\u00e8gne, probablement vers fin 1917. Membre de l&rsquo;\u00e9quipe charg\u00e9 de la r\u00e9daction des communiqu\u00e9s (mais ne donne aucune description d\u00e9taill\u00e9e des services de Pierrefeu).<\/p>\n<p>pp 157-163&nbsp;: chapitre 24&nbsp;: Les derniers jours de Compi\u00e8gne<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Chose singuli\u00e8re, j&rsquo;ai eu de la peine \u00e0 m&rsquo;accoutumer \u00e0 ce milieu nouveau. On sent qu&rsquo;ici on a perdu le contact et cela cr\u00e9e comme un malaise. Par instants, il vous manque la rude camaraderie, l&rsquo;insouciance parfois gaie de front et aussi ce partage \u00e9mouvant de tout ce qui est quotidien, du tabac aux pens\u00e9es. Il y a bien un foss\u00e9 entre ceux qui ont connu la tranch\u00e9e, et tous les autres.&nbsp;\u00bb (p 158)<\/p>\n<p>L&rsquo;offensive allemande sur Noyon et les fr\u00e9quentes alertes a\u00e9riennes entra\u00eenent un d\u00e9m\u00e9nagement complet du G.Q.G. pour Provins.<\/p>\n<p>Pp 165-169&nbsp;: chapitre 25&nbsp;: Metz (la farandole et les prisonniers)<\/p>\n<p>La journ\u00e9e du 11 novembre est d\u00e9cevante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais quel manque d&rsquo;\u00e9motion en ce Provins assoupi, en ce Grand Quartier sans flamme et sans coh\u00e9sion. Car nous ne connaissons ici ni la gravit\u00e9 recueillie du front, ni le d\u00e9lire de Paris. Cette journ\u00e9e unique nous para\u00eet morne et vide. Je l&rsquo;avais r\u00eav\u00e9e toute autre.&nbsp;\u00bb (p 166) Pierrefeu, quant \u00e0 lui, en dit tout le contraire&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Le jour de l&rsquo;armistice fut, \u00e0 Provins, un jour de folie comme dans toute la France.&nbsp;\u00bb (<em>GQG Secteur 1<\/em>, tome 2, p 238)<\/p>\n<p>D\u00e9part pour la Lorraine. Cantonne \u00e0 Metz et participe aux festivit\u00e9s de la ville lib\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re vision de guerre \u00e9voque gravement le retour de prisonniers fran\u00e7ais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ah&nbsp;! ceux-l\u00e0 n&rsquo;avaient pas le droit aux fleurs et aux musiques, \u00e0 l&rsquo;accueil triomphal. Pas de d\u00e9fil\u00e9 pompeux, pas de sympathie. Encadr\u00e9s militairement, ils semblaient plut\u00f4t un troupeau de suspects ou de condamn\u00e9s. H\u00e2ves, le regard fixe, ils allaient, charg\u00e9s de ballots et de caisses. Etrange th\u00e9orie o\u00f9 tous les uniformes se m\u00ealaient, o\u00f9 certains soldats &#8211; ceux du d\u00e9but &#8211; portaient encore des pantalons et des k\u00e9pis d&rsquo;un rouge \u00e9teint.&nbsp;\u00bb (pp 168-169)<\/p>\n<p>J.F. Jagielski, d\u00e9cembre 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Appartenance 48e BCP (mention de cette unit\u00e9 p 139). Soldat d&rsquo;origine parisienne. Devient t\u00e9l\u00e9phoniste dans le courant de l&rsquo;ann\u00e9e 1915. Aucun \u00e9l\u00e9ment dans le t\u00e9moignage ne permet de d\u00e9terminer l&rsquo;origine sociale du t\u00e9moin qui para\u00eet plut\u00f4t \u00eatre un intellectuel et peut-\u00eatre m\u00eame un homme de plume. Termine sa guerre \u00e0 partir de &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/12\/29\/deverin-edouard\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">D\u00e9verin, Edouard (1881-1946)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[98,869,165,10,36,21],"tags":[284,756,870,330,305,349],"class_list":["post-186","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-1931-1945","category-26e-bcp","category-48e-bcp","category-combattant-infanterie","category-gqg","category-souvenirs","tag-armistice","tag-critique-du-haut-commandement","tag-generaux-assassins","tag-mort","tag-prisonniers","tag-treves"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/186","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=186"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/186\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3792,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/186\/revisions\/3792"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=186"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=186"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=186"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}